Transcription

[Joseph Kunkel:] Bonjour à tous et bienvenue à notre série de webinaires sur l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones. Je m’appelle Joseph Kunkel, et je suis membre de la Nation Northern Cheyenne, au sud-est du Montana. Aujourd’hui nous allons parler un peu de l’objectif, de l’impact et de l’innovation en ce qui concerne les projets qui ont été réalisés à ce jour; et nous allons examiner les façons dont le développement du logement peut mener à des changements positifs importants dans votre propre communauté. Je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui Patrick Stewart, Luugigyoo, membre de la Nation Nisga'a dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, architecte et professeur auxiliaire à l’École d’architecture McEwan de l’Université Laurentienne. Bienvenue Patrick! Et nous avons avec nous le David Fortin, membre de la Nation métisse de l’Ontario et professeur agrégé et directeur de l’École d’architecture McEwen à Sudbury, en Ontario. S’il y a quelque chose que j’ai oublié, Patrick, aimeriez-vous vous présenter ou parler un peu de vos antécédents? [Patrick Stewart:] Bien sûr, et merci Joseph. Bonjour tout le monde. Comme Joseph l’a dit, mon nom en Nisga'a est Luugigyoo, ce qui signifie « eaux calmes de la maison de l’épaulard de Daxaan et du village Nisga'a de angooskw ». Je suis architecte avec 25 ans d’expérience; je gère mon propre cabinet et je suis heureux d’être ici. [Joseph Kunkel:] Excellent. David, voulez-vous ajouter quelque chose? [David Fortin:] Pas grand-chose. J’aimerais simplement dire bonjour à tous. Je suis un Métis de la Rivière-Rouge; j’ai grandi en Saskatchewan, je suis né à Calgary et les membres de la famille de mon père sont en fait des Whitfords, donc mon nom de famille est adopté. Mais, oui, ma région d’origine est dans les Prairies du Canada et depuis six ans, j’enseigne à l’École d’architecture McEwan; c’est là qu’on est. Je travaille aussi comme architecte, mais ce rôle est assez limité ces temps-ci, en raison de mes responsabilités administratives. [Joseph Kunkel:] C’est parfait. Je suis vraiment heureux qui nous ayons cette discussion aujourd’hui et impatient de plonger. Je pense qu’avec vous deux, nous avons beaucoup à partager en peu de temps. Donc je crois qu’on va s’y mettre sans tarder et parler un peu des expériences passées et du travail que vous avez réalisé dans les milieux professionnel et universitaire et de la façon dont nous pouvons réellement réfléchir aux moyens de faire progresser le logement tribal avec cette initiative. Ainsi, avec vos années d’expérience, si nous pouvions discuter un peu d’un projet sur lequel vous avez travaillé dans le passé, et peut-être simplement l’utiliser comme exemple de la façon dont nous pourrions réfléchir à cette initiative, David, je vous laisse la parole. [David Fortin:] Très bien. Donc je ne vais pas parler de mon propre travail dans cette partie, mais ce que je pensais faire, c’est commencer à parler du studio que j’ai dirigé l’an dernier, et auquel Patrick a participé un peu. Le thème de ce studio d’études supérieures était l’écoute architecturale. Et cette idée de ce que signifie être un designer capable de s’asseoir parmi un groupe de personnes et de contenir ses propres idées sur les approches conceptuelles, de les mettre de côté jusqu’à ce que vous ayez vraiment fini d’écouter les membres de la communauté. En ce qui concerne le logement autochtone, chaque communauté est si unique et renferme tellement de connaissances et de sagesse. C’est une chose vraiment difficile. C’est une chose à laquelle je pense beaucoup ces temps-ci en ce qui concerne les architectes. On a un peu cette idée fausse, je crois, qu’un bon concepteur peut tout simplement atterrir quelque part et réagir efficacement. C’est peut-être vrai dans une certaine mesure. Mais moi, je me demande toujours, quel genre de commentaires obtiens-tu des gens? Combien de temps passes-tu avec les gens? Quel impact culturel apportes-tu à tes dessins et dans quelle mesure es-tu disposé à ajuster l’intégralité de ton approche pour réfléchir à une conception qui répond aux valeurs de cette communauté? C’est donc peut-être assez évident, mais je pense que Douglas Cardinal est un excellent exemple à cet égard parce qu’il est bien connu pour ses bâtiments emblématiques, mais à mon avis, c’est en fait le travail communautaire qui est le plus puissant, d’une certaine façon, lorsqu’il parle du village d’Oujé-Bougoumou dans lequel il a travaillé au Québec. Chaque fois qu’il le présente, le logement en fait partie, mais pas comme une entité distincte. Nous aimons penser, nous aimons classer les maisons en tant que choses. Et c’est vraiment l’idée occidentale avec ses limites de propriété. Vous concevez cet objet qui est dans cet espace ou lui‑même. Mais ce que j’aime quand Douglas parle de logement, c’est qu’il est intégré. À quoi servent le dessin et une belle maison si en bas de la rue votre bâtiment administratif est en acier préfabriqué, et que la remise à côté est votre patinoire, qui tombe en morceaux? Pour moi, c’est cette idée que le logement n’est pas un ensemble d’objets, mais une activité collective. Cela nécessite d’avoir une idée plus large de ce qu’est le logement, en termes d’emplois, et du renforcement économique et communautaire, tout ça est intégré. Et plus précisément, un exemple de Douglas que j’aime vraiment, David, lorsqu’il le montre, c’est la bande indienne de Kamloops quand il parle du cul-de-sac. Ils avaient aménagé le cul-de-sac et ensuite, les grand-mères et les femmes l’ont regardé et ont dit que cet aménagement ne fonctionne pas parce que toutes les cours étaient orientées radialement vers l’extérieur et les maisons étaient à l’intérieur. Alors, ce que j’ai trouvé vraiment formidable, c’est que Douglas a tout simplement inversé l’aménagement. Les maisons se sont retrouvées sur l’extérieur d’un cercle. Les cours formaient toutes un espace commun au milieu, et donc, tout le monde partage l’espace entre eux et peut surveiller les enfants les uns des autres pendant qu’ils jouent dans la cour. Voilà un effet immédiat. Vous pouvez le voir dans la conception de quelqu’un qui écoute les gens et répond à leurs besoins et n’impose pas ses propres idées préconçues. Pour moi, le logement, c’est vraiment de savoir dans quelle mesure vous écoutez et vous pouvez changer votre dessin. [Joseph Kunkel:] C’est fantastique. J’adore ce type de notion le logement est complexe, le développement communautaire est complexe et tout est interrelié. Je pense que vous l’avez bien exprimé et je vous remercie pour ces exemples. Patrick, qu’en pensez-vous? [Patrick Stewart:] Ce dont David a parlé me fait vraiment réfléchir. Donc quand David parle du projet de Douglas, Oujé-Bougoumou, je pense que c’était un projet très spécial parce qu’il avait la latitude de concevoir une bonne partie de la communauté. Je me trouve en situation inverse, je travaille en milieu urbain, par exemple, à Vancouver, nous sommes délimités sur les quatre côtés par des rues et aucune limite de propriété, ce genre de choses. Et c’est un véritable défi, d’essayer d’intégrer tous les besoins de votre client, tous les besoins culturels dans un projet urbain. J’estime qu’il y a un manque de compréhension de la part des gens de la ville, du personnel de la ville, de l’urbanisme. Un de mes projets était le village des enfants autochtones de Dave Pranteau. Ça nous a pris, je crois, plus de deux ou trois ans pour le faire étudier par l’hôtel de ville, tout simplement à cause de la conception, de la forme massive, des couleurs, ce genre de choses. Nous tentions d’exprimer le village de la côte ouest et l’hôtel de ville s’est exaspéré. Je crois qu’ils ont dit, vous savez, ce condominium de l’autre côté de la rue, c’est juste un immeuble gris de trois étages. Ils m’ont dit, faites-le tout simplement ressembler à ça. Et puis « tout sera parfait ». Nous ne l’avons pas fait, mais c’est là ce qu’ils pensaient. C’est donc quelque chose auquel nous sommes constamment confrontés. Avec si peu d’entre nous, architectes autochtones, dans le pays, l’impact est un défi. Le Canada est un grand pays et nous avons 15 ou 16 architectes inscrits dans l’ensemble du pays. Ce n’est pas comme si nous en avions des douzaines sur lesquels nous pouvons compter. Je pense donc que c’est ce qui rend la situation difficile. Dans un sens, nous travaillons de façon isolée dans ce que nous faisons. Il faut donc que cela change. Et je pense que ce qui se passe à l’École d’architecture McEwen, ça va nous aider, c’est certain. Le travail à McEwen forme vraiment les étudiants et c’est ce qu’il nous faut. [Joseph Kunkel:] Oui. Réfléchissant à certains des commentaires que vous avez faits, David, et du travail que vous avez accompli, Patrick, j’aimerais peut-être approfondir un peu plus la conversation sur l’écoute et l’importance des espaces de vie. Comment un demandeur ou une communauté – à quel point est-il important qu’ils expriment ou soulignent cette conversation dans leur demande? Je veux m’assurer que nous réfléchissons de façon critique à la culture de la communauté et au lieu et à cette tangente d’écoute, cette capacité à comprendre que ces espaces que nous créons ont un lien avec notre culture et notre contexte. Et peut-être pourrions-nous décortiquer cette idée un peu plus et s’écarter de la maison en tant que bâtiment, « c’est une maison ou un endroit » et la façon dont elle est reliée à la communauté elle-même. [Patrick Stewart:] Très bien. Je pourrais répondre rapidement là-dessus. Une des choses que j’ai découvertes, c’est l’importance de la participation au niveau communautaire. Plus elle est large dans le projet, c’est-à-dire en termes de mobilisation communautaire, plus le projet en est renforcé. Donc ça dépend simplement de la communauté. Quand on va dans une communauté, toutes les communautés ne sont pas identiques. Quand on arrive pour travailler dans une communauté, on doit comprendre et reconnaître la structure de la communauté, les protocoles, afin que nous travaillions avec le système plutôt que contre. Une communauté dans laquelle j’ai travaillé avait un système de gouvernance familial. Il y avait donc sept grands groupes familiaux dans la communauté et chaque famille avait un représentant au conseil et lorsque nous faisions de la planification dans la communauté, ils choisissaient des représentants de leurs groupes familiaux pour former ces comités de planification. Ce fut un véritable succès. Nous avons eu beaucoup de participation. Donc, chaque groupe familial proposait ses idées et les représentants les réunissaient. On s’est retrouvé avec un plan communautaire extrêmement solide qui a bénéficié d’un soutien tout au long. Nous y avons travaillé. Je pense que cela a pris environ deux ans. À la fin, tout le monde a adhéré à ce plan communautaire et parce qu’il tenait compte de la communauté, les représentants au comité de planification, ils se sont tous présentés au conseil. Et ils sont tous entrés et sont devenus une sorte de nouvelle structure de gouvernance dans le village. Et pour moi, c’était un parfait exemple de ce qui peut se produire dans la communauté quand on bénéficie de ce large soutien. [Joseph Kunkel:] Excellent. OK David – Voulez-vous ajouter quelque chose? [David Fortin:] Oui, alors une des choses sur lesquelles je travaille actuellement, Patrick, fera partie de ce projet aussi. Donc, sur une note positive, le Conseil national de recherches m’a contacté au sujet du logement dans les communautés autochtones des régions nordiques et éloignées au Canada. La première question était, d’une manière ouverte, vous savez, comment pourrions-nous avoir cinq maisons conçues dont les plans pourraient être gardés dans un registre et qui pourraient être construites dans tout le nord du Canada? Enfin, c’est-à-dire, il n’était pas à l’aise avec cette proposition non plus, mais il me demandait, vous savez, que me conseillez-vous à ce sujet? Et je lui ai dit, ça ne m’intéresse pas de faire les plans de cinq maisons qui seront reproduites dans tout le Nord. C’est toujours la même histoire qui arrive. Donc, ce que j’ai dit, c’est que je serais heureux de modéliser cinq processus, dans lesquels les communautés peuvent participer de façon utile et la maison est spécifique, ou la stratégie en matière de logement est spécifique à cette communauté seulement. Et puis on les met à l’arrière du registre et on montre ce qui peut être fait quand on mobilise les communautés de manière concrète. Suite à ça, j’ai formé un conseil consultatif, auquel ont participé plusieurs collègues et sur lequel je travaille maintenant. Alfred Waugh en fait un. Et ce que j’ai essayé de faire, c’est de jumeler des architectes autochtones qui ont une expérience vécue dans la région. Vous savez, ils ne sont peut-être pas de cette communauté, mais ils sont relativement proches. Ainsi Alfred a grandi à Yellowknife et il travaille avec une communauté dans les Territoires du Nord-Ouest, une communauté accessible seulement par avion. Patrick et Kelly Bapts travailleront pour une communauté près de celle d’où ils viennent. Kelly vient de cette communauté. Eladia Smoke est en train de travailler dans une communauté dans le nord du Manitoba. Et puis Brian Porter de Two Row travaille dans une communauté du nord de l’Ontario. J’essaie en quelque sorte de dire avec un projet que je ne suis pas la voix d’autorité pour ces communautés, et donc j’essaie de jumeler les gens qui ont une expérience vécue. Je peux aller dans une communauté et solliciter une vaste mobilisation, ce que je proposerais dans mes recommandations, comme ma proposition, qui a fini par tripler leur budget initial. Comme je l’ai dit, les architectes ne peuvent pas se rendre dans la communauté en avion pour un après-midi, pour une heure, puis retourner chez eux, dessiner le plan d’une maison, puis le rapporter à la communauté et s’attendre à ce que ça fonctionne. J’ai donc dit dès le premier jour, la première visite devrait être de quatre à cinq jours par communauté, et la prochaine visite, après un ou deux mois à travailler sur le plan, on retourne dans la communauté. Attendez, vous avez bien entendu? Retournez, allez passer quelques jours de plus. Au cours de ces deux visites, on participe à autant de festins que possible. Comme Patrick l’a dit, il faut s’assurer qu’il y a un budget pour un agent de liaison avec la communauté qui sait à quels aînés parler, quels sont les intervenants politiques qui doivent être impliqués. Quelqu’un dans la communauté qui facilite la coordination de la visite. D’où devrait venir la nourriture? Comment faisons-nous participer la communauté? Comment faisons-nous participer les enfants? Vous savez, une présence intergénérationnelle. Donc ça devient vraiment un processus communautaire, l’impression d’y participer. En fin de compte, ce que je veux dire, c’est que, bien sûr, j’y accorde de l’importance, j’aime l’architecture, mais ça m’est égal à quoi ressemblera la maison à la fin. Dans la mesure où elle répond techniquement aux fonctions qu’elle doit remplir, et que la communauté a l’impression d’avoir été consultée correctement dans ce processus, alors c’est un point de départ. Et alors, pour moi, j’en reviens à cette notion de complexité et d’encourager le processus de conception à y répondre. Vous comprenez? Donc vous avez Alfred qui est en train de faire de la pêche sous la glace, il passe du temps là, il mange avec d’autres. Oui. Le logement fait partie de ça, mais il y a aussi beaucoup plus de gains pour tous ces gens. De quoi ont-ils besoin lorsqu’ils reviennent de la chasse? Qu’est-ce qui, dans leurs maisons, ne répond pas à leurs activités? Et vous ne pouvez tout simplement pas mettre ça sur un diagramme lors d’une courte visite. Je pense qu’il faut consacrer un certain temps à cette réflexion. [Joseph Kunkel:] Oui, c’est intéressant. Je veux dire qu’il ne s’agit pas nécessairement d’une architecture avec un grand « A », c’est une architecture en tant que processus et je pense que ça, c’est intéressant. Et éloigner en quelque sorte le demandeur de l’idée de proposer un bâtiment ou proposer une « chose » comme une chose matérielle, c’est intéressant d’y réfléchir à un niveau conceptuel. Et je pense que c’est vraiment de l’innovation, repousser les limites de ce que nous connaissons quand nous pensons à l’innovation, définir l’innovation autochtone. Je pense que c’est la conversation que nous voulons avoir, dans le cadre de ces demandes; repousser les limites de ce que cela pourrait signifier. N’est‑ce pas? [David Fortin:] Absolument. Oui. En fait, je pense que ça ne l’est pas, à titre d’exemple. Et puis, j’avais oublié ou je ne savais pas que vous faisiez partie des Northern Cheyennes, mais lorsque j’enseignais dans le Montana, pendant quelques années, il y a environ trois ans, je crois, j’ai travaillé avec Red Feather près de Lame Deer ̶ est-ce bien le mot? [Joseph Kunkel:] Oui. [David Fortin:] Très bien. Donc, ce bâtiment de bottes de paille a vraiment changé mes opinions à ce sujet parce que j’ai trouvé que tout était vraiment bien organisé, où, à la fin de la journée, vous pourriez regarder et dire, c’est une maison, n’est-ce pas? C’est très performant, mais si vous rassemblez tous les éléments à ce sujet, ils utilisent de la paille du Montana. En fin de compte, c’est l’endroit idéal pour avoir de la paille. Ça marche bien sur le plan environnemental. Mais alors c’était le fait que la famille et la collectivité ont bâti cette chose ensemble. N’est-ce pas exact? Le groupe Red Feather, je ne sais pas si vous avez participé à ces constructions, mais vous avez des bénévoles de l’ensemble du pays, et vous campez tous sur le site du chantier. Puis ensuite, ils ont invité des élèves du secondaire à participer à la construction. Ils avaient des étudiants en technologie de la collectivité, comme des étudiants de collège technique, qui construisaient. Il y avait deux gars sur place pour les trois semaines entières de notre séjour; ils étaient récemment sortis de prison et se réintégraient à la communauté. Puis, le soir, nous avions des sueries. Nous, ils donnaient des présentations culturelles. C’était donc un partage culturel. Vous partagez des repas avec la famille. Je suis tout simplement épaté. La complexité de tous ces éléments, ça m’aide à comprendre, selon moi, ce que peut représenter le logement. [Joseph Kunkel:] Oui. En fait, quand vous y réfléchissez et que vous songez à l’incarcération, vous pensez à l’engagement communautaire et à tous les défis que nous voyons dans nos réserves, dans nos réserves ici aux États-Unis et très semblablement au Canada. Plus je songe à cette initiative, plus je comprends ce qui se passe ici. Les problèmes sont très, très semblables et le potentiel est très similaire et je suis vraiment optimiste quant à la façon dont ce défi d’innovation, cette initiative d’innovation peut effectivement repousser les limites de ce que nous connaissons sur le logement des Autochtones, les communautés autochtones, etc. Oh, c’est encourageant. Patrick. [Patrick Stewart:] Ça sera certainement intéressant de voir les idées qui émaneront de l’initiative. [Joseph Kunkel:] Oui. Et comme nous, je veux dire, notre conversation est passée très vite car nous nous approchons déjà des 20 minutes et je voulais simplement vous remercier tous les deux pour le temps que vous nous avez consacré et pour avoir partagé certaines de vos histoires qui sont des sources d’inspiration et le travail qui a été réalisé dans le passé. Parce que je pense qu’en continuant sur cette lancée, si nous pouvons communiquer ces idées et repousser les limites de ce que ces communautés peuvent accomplir, cela influencera notre façon de considérer nos communautés. Voulez-vous ajouter des derniers commentaires ou réflexions, que vous aimeriez transmettre aux demandeurs qui sont en train de préparer des demandes pour cette initiative? [David Fortin:] Je reviendrais simplement, et encore une fois, je me répète un peu, mais vous savez, après avoir lu des ouvrages du monde non autochtone, il y a des gens qui produisent de très bonnes choses. Sur le sujet du logement, je pense au livre en anglais de Christopher Alexander, The production of houses. En fait, c’est un vieux livre, mais il est utile à cette conversation; la maison n’est pas un objet. Vous devez réfléchir à la personne qui la construit. D’où vient le matériel et comment la communauté participe-t-elle à toutes les étapes de sa construction, y compris le processus de conception. Si l’une ou l’autre de ces choses manque, et si la communauté n’est pas impliquée dans ce projet, y compris, disons, dans le profit. Nous savons que le logement est un générateur économique et que le modèle de maison fonctionne comme un générateur économique en nous, qui sommes une sorte de société de consommation, d’accord, mais dans les réserves et dans des endroits éloignés, ça ne fonctionne pas de la même façon. Vous devez donc réfléchir une nouvelle fois à ce qui connecte la maison, le réseau qu’elle dessert, et vous assurer que les Autochtones sont au cœur de tout ça et que ce sont eux qui en bénéficient à tous les niveaux. C’est là la clé, à mon avis. [Joseph Kunkel:] Super. Oui. Merci. Merci. Et vous Patrick, voulez-vous ajouter quelque chose? [Patrick Stewart:] Oui, je pense que si le projet repose vraiment sur des idées de la communauté, le processus conventionnel de l’approvisionnement va subir un renversement complet. Habituellement dans une réserve, le processus dicte que Services aux Autochtones Canada fournit des fonds, la communauté embauche un entrepreneur qui construit des maisons à partir d’un catalogue. Et nous avons vu les résultats d’un océan à l’autre, et ce ne sont pas des résultats heureux. Et je pense que nous avons l’occasion maintenant de mobiliser réellement la communauté, de lancer un défi à la communauté ou de la laisser nous lancer le défi de repenser le processus de conception et de construction. [Joseph Kunkel:] Merci. Et encore une fois, merci à vous deux. Merci à tous ceux qui nous ont écoutés et d’avoir fait cet enregistrement et à titre d’élément important à retenir, je viens juste de me rappeler qu’il s’agit d’une série en quatre parties. Nous avons enregistré trois autres webinaires pour vous aider tous à répondre à la présente demande de propositions. J’ai donc hâte de voir comment cette initiative d’innovation va progresser. Et David, Patrick, merci de nous avoir accordé un peu de votre temps. Merci.