Blogue

Réinventer le rôle du gouvernement en tant que partenaire : améliorer la pratique de la cocréation

Julie Greene, Chef, Capacité et partenariats
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Mains

Bonjour! Je m’appelle Julie Greene et j’ai le plaisir de diriger les travaux de partenariats au sein de l’Unité de l’impact et de l’innovation, au Bureau du Conseil privé.

Dans le cadre de mon dernier emploi à l’Agence de la santé publique du Canada, j’ai eu la chance de faire partie d’une équipe qui a imaginé et créé une nouvelle approche en ce qui a trait aux partenariats plurisectoriels pour la prévention des maladies chroniques, approche qui ce veut centrée sur les principes de la valeur commune, de la cocréation, du financement de contrepartie, des rapports sur les résultats et du paiement au rendement.

On a largement reconnu que les problèmes pernicieux tels que les inégalités en matière de santé qui influent sur la maladie chronique ne peuvent être éliminés qu’au moyen d’une approche axée sur l’ensemble de la société. À l’époque où nous envisagions une nouvelle approche de programme par rapport aux maladies chroniques, les secteurs privé et à but non lucratif faisaient eux aussi des investissements et augmentaient leur visibilité dans des interventions de modes de vie sains. Il s’agissait d’une innovation remarquable, mais qui venait mettre en lumière la nécessité d’une collaboration accrue pour espérer tirer le maximum de la façon dont nous utilisions nos fonds publics et privés pour favoriser la santé.

Sur une période de cinq ans, nous avons transformé notre programme de subventions et contributions et mis en place une trentaine d’interventions fondées sur des données probantes avec de nouveaux partenaires (en anglais seulement), dont plusieurs qui n’avaient jamais travaillé avec le gouvernement. En nouant de nouvelles relations et en redéfinissant les relations existantes, et en co-créant de nouvelles interventions n’ayant pas encore fait leurs preuves dans le monde de la santé publique — par exemple les incitatifs numériques (en anglais seulement) et l’investissement à impact social (en anglais seulement) — nous avons exploré l’utilisation des paiements de transfert pour l’innovation sociale et participé à la réinvention du rôle du gouvernement de bailleur de fonds à partenaire à part entière. Nous avons également obtenu plus de 45 M$ en ressources nouvelles pour nous attaquer aux facteurs de risque des maladies chroniques.

Il s’est avéré que les gens se sont intéressés à ce que nous faisions ainsi qu’à la manière dont nous abordions les choses. Nous savions qu’il nous fallait être en mesure de fournir plus que des preuves anecdotiques du « comment et pourquoi » derrière notre approche de partenariat. Donc, en 2013, j’ai commencé à codiriger un projet de recherche en collaboration qui visait à explorer la motivation, la conception et la pratique derrière le partenariat. Nous avons appris beaucoup de choses au sujet des partenariats plurisectoriels — par exemple, qu’est-ce qui motive les intervenants dans les différents secteurs à travailler ensemble, certaines des caractéristiques efficaces des partenariats et les conditions favorisant les répercussions collectives que le gouvernement peut aider à mettre en place.

Tous ces travaux m’ont menée ici, à l’Unité de l’impact et de l’innovation, où je tente de découvrir comment mettre à profit les approches plurisectorielles fondées sur les résultats dans les différents secteurs de politiques prioritaires en partant de l’Initiative Impact Canada. Mais avant le « comment », il y a le « qui ». J’ai appris que, lorsque nous n’avons qu’une idée comme point de départ, pouvoir compter sur les bonnes personnes constitue un des facteurs déterminants de notre réussite. Voici certaines des choses que j’ai apprises au sujet des partenariats jusqu’à maintenant, ainsi que les liens vers des articles que notre équipe de recherche a publiés au cours des dernières années.

  1. Le gouvernement ne peut être qu’un bailleur de fonds? Simple affaire de transaction. Lorsque des partenaires unissent leurs efforts afin de travailler ensemble, partant d’un rêve et mettant au point tous les détails, on commence à reconnaître la myriade des ressources (en anglais seulement) qu’il est possible de mettre à profit pour obtenir un plus grand impact. C’est là que commence la transformation fondamentale de notre façon de travailler en partenariat.
  2. En quoi notre expérience de l’établissement de nouveaux partenariats sur la prévention des maladies chroniques à l’ASPC est-elle comparable à l’expérience relative à des partenariats efficaces? Nous avons beaucoup appris sur l’importance d’établir une confiance (en anglais seulement) lorsqu’on établit de nouveaux partenariats ou que des partenariats existants évoluent, et sur le rôle essentiel que le gouvernement peut jouer dans l’obtention et à l’exploitation des ressources et dans l’établissement de la fondation et de la capacité nécessaires pour mesurer et comprendre les impacts.
  3. Lorsque nous avons lancé une nouvelle approche de partenariat, nous avions comme but de bâtir de nouveaux partenariats, d’élargir notre portée et d’obtenir des fonds supplémentaires. Mais finalement, nous avons fait beaucoup plus. Nous avons exploré les répercussions imprévues(en anglais seulement) sur nos partenariats et appris ce qu’est la réciprocité des ressources, grâce au partage de compétences uniques pour bâtir une capacité, et que le gouvernement peut être beaucoup plus souple que ce à quoi s’attendaient nos partenaires. Le fait de se présenter comme un collaborateur du secteur public d’une façon qui surprend nos collaborateurs contribue à rehausser notre valeur aux tables de partenariat.
  4. Les partenariats transformationnels exigent un niveau plus élevé d’engagement, de réciprocité des ressources et de complexité en matière de conception. Nous avons une responsabilité ainsi que des risques communs, et notre reconnaissance s’étend au-delà des contributions financières — le savoir et les réseaux constituant une monnaie d’échange précieuse — ce qui permet la participation d’un plus grand nombre de partenaires. Tenant compte de tous les intervenants dans la création, le lancement et la réponse aux prix/défis publics, ou dans la création des obligations à impact social et l’investissement dans ces derniers, ici à l’Unité de l’Impact et de l’Innovation, nous mettons à profit les principes de la cocréation et de la valeur commune.

Articles connexes :

  • Renforcement des données probantes et des mesures relatives aux partenariats plurisectoriels en santé publique : un projet de recherche-action. Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques (CPCMC) : Recherche, politiques et pratiques, Volume 36, numéro 6 (juin 2016)
  • Multi-sectoral partnerships for preventing chronic diseases: understanding structures, processes and outcomes. Evidence and Policy: A Journal of Research, Debate and Practice, Volume 13, numéro 4, p. 623–45 (octobre 2016)
  • Exploring the unanticipated effects of multi-sectoral partnerships in chronic disease prevention. Health Policy, Volume 121, numéro 2, p. 151–168 (février 2017)