Rencontrez le Fellow en science du comportement de l’UII : Cathy Slavik
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Cathy Slavik est chargée de recherche en sciences du comportement à l’Unité de l’impact et de l’innovation et à Santé Canada, où elle étudie des moyens d’aider aider les Canadiens et Canadiennes à cesser de fumer en soutenant des services et des ressources améliorés.
Avant de travailler pour Impact Canada, elle était boursière postdoctorale Banting à l’Université de l’Oregon, où elle a mis au point et testé des outils d’éducation à la santé visant à sensibiliser le public aux risques pour l’environnement et la santé, tels que la fumée des incendies de forêt et le radon, et à l’inciter à adopter des comportements de protection. Elle a également passé plusieurs années en tant que chercheuse au Centre de recherche sur le cancer professionnel de Santé Ontario, où elle a étudié les modèles spatiaux des polluants industriels et les tendances en matière d’exposition en milieu de travail et de maladies connexes.
Cathy est titulaire d’un doctorat en santé et géographie de l’Université McMaster et d’une maîtrise de santé publique en santé environnementale et santé au travail de l’Université de Toronto.
Quelle(s) perspective(s) unique apportez-vous à ce travail, en tant que personne qui arrive à la fonction publique pour la première fois?
J’ai un mélange particulier de connaissances et de compétences en matière de recherche interdisciplinaire, surtout en santé des populations, avec un accent sur la santé en lien avec l’environnement et la répartition géographique. J’ai également de l’expertise en communication scientifique et en science du comportement, ce qui me permet de traduire efficacement des recherches complexes en idées exploitables pour des publics variés. Par ailleurs, je travaille comme chercheuse pour le gouvernement provincial de l’Ontario depuis plusieurs années, ce qui me permet de bien connaître la recherche universitaire et m’a permis d’acquérir de l’expérience pratique au sein de l’administration publique.
Qu’est-ce qui vous a amené à présenter une demande dans le cadre du programme de Fellowship?
J’ai été attirée par le Programme de fellowship parce qu’il correspond parfaitement à ma passion pour la recherche appliquée, qui offre des solutions pratiques à des problèmes réels. En tant que chercheuse en santé publique, j’ai toujours été profondément engagée à mener des travaux qui favorisent la santé et le bien-être à l’échelle de la population, dans le but d’obtenir des avantages significatifs pour toutes les Canadiennes et tous les Canadiens. J’étais également ravie de la possibilité de collaborer avec des professionnels qui ont les mêmes idées que moi afin d’élaborer des interventions qui ont des effets tangibles sur les communautés et les populations, en particulier dans les régions où il existe des disparités à l’égard de la santé.
De quelle manière croyez-vous que l’application de la science comportementale peut appuyer de manière efficace la réponse du gouvernement du Canada en matière de santé publique?
On estime qu’un quart des décès au Canada pourraient être évités. C’est énorme! Ces décès surviennent en raison de risques que nous savons prévenir, comme la consommation de substances, les maladies du cœur et le cancer. Je suis convaincue que la science du comportement peut jouer un rôle essentiel à l’appui des interventions en santé publique au Canada, en déterminant et en traitant de nombreux facteurs de risque des maladies. En prenant connaissance des facteurs qui influencent les décisions personnelles et collectives sur les plans psychologique, social et environnemental, nous pouvons concevoir des interventions qui encouragent des choix sains et donnent aux gens les moyens de réduire leur risque d’avoir une maladie évitable. Par exemple, la science du comportement peut éclairer les stratégies visant à réduire le tabagisme, à augmenter les analyses de détection du radon et à favoriser la saine alimentation, ce qui peut réduire directement la morbidité associée aux maladies chroniques.
Pouvez-vous nous parler d’un résultat de recherche qui suscite votre fierté?
Grâce à ma bourse de recherches postdoctorales Banting à l’Université de l’Oregon, j’ai dirigé une étude qui analysait différentes infographies sur l’indice de la qualité de l’air afin d’examiner si certaines sont plus efficaces pour motiver les parents à prendre des mesures de protection pour leur famille pendant les feux de forêt qui s’accompagnent de fumée. Dans notre expérience, on a demandé au hasard à 2 100 parents vivant sur la côte Ouest des États-Unis et du Canada de regarder une infographie. Ensuite, on leur a demandé s’ils avaient l’intention de prendre des mesures de sécurité contre la fumée (p. ex. utiliser un purificateur d’air). Les résultats de l’étude suggèrent que les petits nombres (de 1 à 10+) utilisés pour la cote air santé (CAS) canadienne pourraient s’avérer meilleurs pour communiquer le risque et favoriser des comportements protecteurs que les grands nombres (de 0 à 500+) de l’indice de la qualité de l’air (IQA) américain. Cela a suscité des discussions préliminaires parmi les chercheurs et professionnels qui se penchent sur le problème de la fumée que génèrent les feux de forêt aux États-Unis en vue de la possible modification de l’IQA afin d’améliorer la compréhension et la réaction du public en cas de fumée générée par des feux de forêt.