Rapport

PRAAC étude longitudinale vague 1

Le niveau de base des connaissances, des attitudes et des comportements des Canadiens à l’égard du changement climatique

Environnement et Changement climatique Canada
Ressources naturelles Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Incendie de forêt

Aperçus clés

Principaux résultats Le présent rapport porte sur les résultats du premier cycle de cette recherche. Entre le 13 décembre 2021 et le 6 janvier 2022, 2 104 Canadiens âgés de 18 ans et plus ont été interrogés. Les données ont été pondérées par région, groupe d’âge, genre et niveau de scolarité afin de s’assurer que la distribution de l’échantillon représente la population adulte canadienne réelle selon les données de recensement de Statistique Canada.

Comme les participants ont été recrutés par un panel en ligne assemblé par échantillonnage probabiliste multiphase, il est approprié d’avoir une marge d’erreur qui y est associée. Pour un échantillon de cette taille, la marge d’erreur est de +/ 2,14 %, 19 fois sur 20. Nous n’avons pas suréchantillonné de populations spécifiques dans cette vague, bien que cette option soit à notre disposition et sera explorée lors de la vague 2.

  • Perspectives sur les changements climatiques : La moitié des Canadiens sont très inquiets au sujet des changements climatiques et rares sont ceux qui sont optimistes.
  • Comportements d’atténuation : Bien que la plupart des Canadiens croient que l’industrie et les institutions devraient faire beaucoup plus pour freiner les changements climatiques, ils sont tout de même réceptifs à l’idée d’apporter certains changements dans leur propre vie pour contribuer à limiter les changements climatiques. La plupart des Canadiens reconnaissent également qu’il est possible de limiter davantage les changements climatiques par des actions collectives.
  • Comportements d’adaptation : Les Canadiens se préparent le plus souvent aux effets des changements climatiques en cherchant à obtenir des informations.
  • Appui aux politiques environnementales et climatiques : Les répondants sont très favorables à ce que le Canada développe des ressources renouvelables et s’éloigne du pétrole et du charbon. La grande majorité des répondants appuient fortement de nombreuses politiques climatiques, mais pas nécessairement les plus efficaces en matière d’atténuation.
  • Confiance et sources d’information : La majorité des Canadiens font confiance aux scientifiques et à leurs amis en matière de changements climatiques et se méfient de tous les ordres de gouvernement. Les Canadiens reçoivent des informations sur les changements climatiques provenant d’une grande variété de sources. La télévision canadienne, les chaînes de radio et leurs sites Web sont les sources les plus courantes.

Contexte

En septembre 2021, l’Unité de l’impact et de l’innovation a lancé, en partenariat avec Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et Ressources naturelles Canada (RNCan), un programme pluriannuel de recherche sur les changements climatiques. Le Programme de recherche appliquée sur l’action pour le climat au Canada (PRAAC Canada) combinera les connaissances et les méthodes de la science du comportement à une solide analyse stratégique afin de favoriser l’action pour le climat.

En collaboration avec ECCC et RNCan, nous allons acquérir des connaissances sur les réflexions et le ressenti des Canadiens, ainsi que sur les gestes qu’ils posent face aux changements climatiques et aux risques qu’ils engendrent. Puis, nous concevrons et mettrons à l’essai, en ligne et dans le monde réel, des solutions sur mesure fondées sur la science du comportement susceptibles de réduire les émissions de GES et de favoriser l’adaptation climatique tant sur le plan individuel que communautaire. Le travail accompli permettra de générer rapidement de nouvelles connaissances et de les mettre à profit pour élaborer des politiques, des programmes et des communications publiques.

Méthodologie

L’étude est menée à l’aide d’un échantillon populationnel aléatoire selon un modèle longitudinal (c’est à dire que les mêmes participants, dans la mesure du possible, répondront à l’enquête à chaque cycle) et d’un suréchantillonnage des populations sous représentées et d’autres populations cibles d’intérêt. Cette première étude comportera huit cycles répartis entre décembre 2021 et mars 2023. Les données seront recueillies tous les deux mois afin de permettre un suivi optimal.

  • Comité consultatif

    L’enquête longitudinale est conçue en concertation avec un comité consultatif composé d’universitaires et de praticiens. Ce comité est formé d’experts en la matière issus de divers horizons, notamment de la science du comportement, de la psychologie environnementale, des communications, des sciences politiques, de l’anthropologie, de la politique climatique et de la durabilité.

  • Objectifs de l’enquête

    L’étude longitudinale du PRAAC Canada est une recherche sur l’opinion publique qui utilise un large échantillon représentatif de la population canadienne pour recueillir des données sur les réflexions et le ressenti des Canadiens, ainsi que sur les gestes qu’ils posent face aux changements climatiques et à ses effets et suivre les changements au fil du temps. Les solides données quantitatives découlant de cette étude permettront de déterminer dans quels domaines il est possible de favoriser une plus grande action pour le climat et l’environnement sur le plan individuel.

  • Collecte et analyse des données

    Les enquêtes sont menées en ligne, en anglais et en français, par Advanis, une importante société canadienne d’études de marché. Les répondants sont recrutés au moyen d’appels téléphoniques à composition aléatoire et sont invités à répondre à l’enquête en ligne. Il faut environ 20 minutes pour répondre aux questions de chaque cycle, après quoi on demande aux participants s’ils peuvent être contactés pour les prochains cycles.

    Afin de s’assurer que l’échantillon est largement représentatif de la population canadienne et de permettre des analyses au sein et entre les sous groupes d’intérêt (p. ex. les régions, les provinces, les groupes d’âge, les groupes vulnérables), il y aura 2 000 participants à chaque cycle. L’échantillon comprend des répondants de la population générale (n=1 500) pondérés par région, groupe d’âge, sexe et éducation à l’aide des données du recensement de 2016, ainsi qu’un suréchantillon (n=500) de populations cibles d’intérêt, qui peut changer d’un cycle à l’autre. Lors du premier cycle, le suréchantillon a été utilisé pour que l’échantillon de la population générale s’élève à 2 000 participants.

    Impact Canada effectue des analyses exploratoires et de confirmation des données en utilisant des statistiques descriptives et déductives pour cerner les tendances émergentes et vérifier les rapports entre les variables.

Considérations

Données recueillies du 13 décembre 2021 au 6 janvier 2022.

Taille de l’échantillon : 2 104 répondants

Lors de l’interprétation des résultats du PRAAC Canada, il convient de garder à l’esprit le contexte de la période de collecte des données qui peut avoir influencé les réponses des participants à l’enquête. Pendant la période de collecte des données du premier cycle :

  • La Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de 2021, également connue sous le nom de CdP26, avait récemment eu lieu du 31 octobre au 13 novembre 2021. Un nouvel accord mondial, soit le Pacte de Glasgow pour le climat, a été signé lors de ce sommet. Pour la première fois, l’accord comprend un pacte visant à « réduire progressivement » l’utilisation du charbon. Le premier ministre Trudeau a également exhorté tous les pays à convenir d’une tarification mondiale du carbone lors d’une séance de discussion.
  • Des événements météorologiques extrêmes se sont récemment produits au Canada :
    • Le 14 novembre 2021, des pluies torrentielles ont entraîné des inondations et des glissements de terrain catastrophiques dans le sud de la Colombie Britannique.
    • En décembre 2021, un vortex polaire est passé au dessus de l’Ouest canadien, provoquant des périodes de froid extrême. o Plus tôt en 2021, la Colombie Britannique a également connu des cycles de chaleur extrême, des feux incontrôlés et de la fumée de feux incontrôlés.
  • Les élections fédérales canadiennes ont eu lieu le 20 septembre 2021 et se sont soldées par un gouvernement libéral minoritaire. Le programme électoral du Parti libéral exposait son plan pour lutter contre les changements climatiques, notamment en éliminant les subventions à l’industrie pétrolière et gazière, en instaurant des crédits d’impôt pour les technologies propres, en élaborant des cartes des inondations pour les zones à risques élevés, en créant de nouveaux parcs nationaux et en formulant d’autres promesses liées au climat.

Veuillez noter que certains chiffres peuvent ne pas totaliser 100 % en raison des arrondis et des non réponses.

Attitudes et perceptions à l’égard des changements climatiques

La croyance que le changement climatique est réel, causé par l'homme et grave n'est pas universelle

Bien que la majorité des personnes interrogées soient tout à fait d’accord pour dire que le changement climatique est réel (74 %), qu’il aura des conséquences négatives graves (60 %), et qu’il est principalement causé par l’activité humaine (55 %), les opinions ne sont pas uniformes. Notamment, 25 % des personnes interrogées sont plutôt d’accord pour dire que la principale cause du changement climatique est anthropique, tandis que 6 % ne sont ni d’accord ni en désaccord. Le niveau d’accord sur la proximité des répercussions climatiques est mitigé. Seulement 41 % des personnes interrogées sont tout à fait d’accord pour dire que leur région sera touchée et seulement 42 % sont fortement en désaccord pour dire qu’il faudra beaucoup de temps avant que les conséquences du changement climatique ne se fassent sentir.

La moitié des Canadiens sont très préoccupés par le changement climatique, et peu d'entre eux sont optimistes

La moitié (51 %) des personnes interrogées sont très ou extrêmement préoccupées par les changements climatiques, tandis que 34 % se sentent très ou extrêmement anxieuses à ce sujet. Les personnes qui se sentent très ou extrêmement optimistes représentent une petite minorité (15 %) et un quart (23 %) des répondants n’expriment aucun espoir. Seul un faible pourcentage (13 %) se sent très ou extrêmement perplexe à ce sujet, mais plus de la moitié (55 %) exprime au moins une faible perplexité.

Le degré de forte croyance aux changements climatiques varie d’une région à l’autre.

De toutes les caractéristiques démographiques, c’est la région d’appartenance qui influe le plus fortement sur la croyance aux changements climatiques. Les répondants de la région Alb./T.N.-O. et de la région Man./Sask./Nt présentaient des niveaux de croyance aux changements climatiques considérablement moins élevés que ceux de la région C.-B./Yn, de l’Ontario et de la région de l’Atlantique. Veuillez noter que ces résultats se rapportent à une forte croyance, et qu’un autre groupe s’identifie à une croyance plus modérée aux changements climatiques. Pour ce qui est des autres facteurs démographiques, les répondants qui possèdent un niveau d’éducation plus élevé tendent davantage à croire aux changements climatiques, tandis que les hommes, en particulier ceux âgés entre 35 et 54 ans, le sont moins.Remarque : On regroupe habituellement le Manitoba et la Saskatchewan, mais dans ce cas-ci, la Sask. présentait un niveau de croyance aux changements climatiques considérablement moins élevé (60 %) que celui du Manitoba (78 %). La taille de l’échantillon de la vague 1 dans le Nord (Yn/T.N.-O./Nt) ne permettait pas de comptabiliser la région séparément. Cela dit, il est prévu de suréchantillonner la région dans le cadre d’une prochaine vague.

Consensus : Les Canadiens sous-estiment la croyance aux changements climatiques chez la population canadienne en général.

En moyenne, seulement 58 % des répondants estiment que les changements climatiques requièrent que des mesures urgentes soient prises, bien que 81 % d’entre eux indiquent qu’ils croient que les perturbations auront de graves conséquences. Les répondants estiment par ailleurs que les gens de leur entourage sont plus préoccupés par les changements climatiques que la moyenne des Canadiens.

À votre avis, quel pourcentage de personnes dans chacun des groupes suivants est convaincu que les changements climatiques sont une menace qui exige des mesures urgentes?

Groupe Moyenne (%) Median (%)
Climatologues 88 98
Mes amis et ma famille 67 80
Canadiens 58 60

La norme : La plupart des Canadiens sont d’accord pour dire que les gens comme eux se soucient de la nature et des changements climatiques.

La plupart des répondants sont d’accord ou plutôt d’accord que les gens comme eux souhaitent protéger la nature (85 %) et se soucient des changements climatiques (74 %).Néanmoins, ils sont moins susceptibles d’être d’accord pour dire que les gens autour d’eux posent des gestes pour freiner les changements climatiques.De nombreux répondants (41 %) sont dans une certaine mesure d’accord que les gens comme eux savent que les changements climatiques font partie d’un cycle naturel. Le sujet sera creusé davantage au cours des prochaines vagues de sondage.

Si les Canadiens considèrent que l'action individuelle a un certain rôle à jouer, ils sont plus nombreux à penser que l'industrie et les institutions sont responsables

Environ deux tiers des répondants pensent que le gouvernement fédéral, les entreprises et les organismes internationaux devraient faire beaucoup plus pour freiner les changements climatiques. Ils sont moins nombreux à croire que les citoyens ordinaires du Canada devraient en faire beaucoup plus pour atténuer les changements climatiques (45 %), bien qu’une majorité d’entre eux soient favorables à ce que les Canadiens prennent des mesures. Ces résultats laissent entendre que de nombreux Canadiens (près de la moitié) croient que les citoyens ne doivent pas être les principaux responsables de l’atténuation des changements climatiques (c.àd. par des actions individuelles plutôt que par des stratégies gouvernementales ou des initiatives de l’industrie).

Comportements en matière d’atténuation des changements climatiques

Les Canadiens sont ouverts à l'idée d'apporter quelques changements dans leur propre vie pour limiter la poursuite du changement climatique

Trois quarts (75 %) des personnes interrogées dans le cadre de notre étude sont ouvertes à l’idée d’apporter des changements dans leur propre vie pour contribuer à limiter le changement climatique, bien que la moitié d’entre elles ne soient que plutôt d’accord avec cet énoncé. Deux tiers (63 %) des répondants disent avoir déjà apporté des changements pour contribuer à limiter les changements climatiques. Il convient de noter que 14 % des personnes interrogées indiquent qu’elles sont tout à fait ou plutôt d’accord avec l’idée que l’homme n’est pas la principale cause des changements climatiques et qu’elles n’ont donc pas besoin d’apporter de changements dans leur vie.

La plupart des Canadiens croient qu'il est possible de limiter la poursuite des changements climatiques par une action collective

La majorité des personnes interrogées croient qu’il est possible de freiner les changements climatiques par des actions collectives (78 %) et personnelles (68 %). La plupart des répondants (86 %) pensent qu’ils agissent actuellement de manière écologique. Même si 41 % des personnes interrogées sont d’accord ou plutôt d’accord avec le fait que les changements climatiques sont un phénomène naturel, très peu de répondants (16 %) estiment que le fait de prendre des mesures liées aux changements climatiques n’aura aucun effet.

L'alimentation : La réduction du gaspillage alimentaire est assez courante, mais les régimes entièrement végétaux sont rares

Parmi la série d’habitudes personnelles favorables à l’atténuation du changement climatique évaluées dans cette enquête, les efforts visant à adopter un régime alimentaire plus riche en végétaux sont parmi les moins courants. Les régimes à base de plantes sont plus courants chez les femmes que chez les hommes et chez les personnes ayant un niveau de scolarité élevé. Les régimes à base de plantes sont également liés à la possession de valeurs biosphériques, à une forte volonté d’agir pour atténuer le changement climatique et à la conviction que les actions personnelles peuvent avoir un effet positif.

Au cours des DEUX DERNIERS MOIS, à quelle fréquence avez-vous fait des efforts pour adopter une diète plus riche en aliments d’origine végétale (toujours/fréquemment)?

Énergie domestique : Niveaux mitigés sur l'adoption et la planification de l'amélioration de l'habitat

Plus des trois quarts (79 %) des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête qui sont propriétaires de maison ont déclaré avoir rénové au moins un élément de leur maison pour en améliorer l’efficacité énergétique. Ces éléments varient toutefois considérablement d’une rénovation à une autre. Les éléments les plus courants installés pour favoriser l’efficacité énergétique sont les portes et fenêtres écoénergétiques (59 %), suivis des thermostats intelligents ou adaptatifs (43 %).

Le transport : Forte dépendance à l'égard des véhicules privés pour les activités quotidiennes

Actuellement, 10 % des Canadiens utilisent régulièrement les transports publics, et 35 % utilisent régulièrement les transports actifs. Ces pourcentages sont faibles par rapport aux deux tiers (64 %) des répondants qui utilisent des véhicules privés pour se rendre au travail et faire les courses. Remarque : Le comportement en matière de transport, notamment la fréquence et la part modale, a été affecté par la pandémie et pourrait changer considérablement à moyen terme.

Transports : Peu de Canadiens possèdent des VE ou des véhicules hybrides, une minorité pourrait en acheter l'année prochaine

Environ 10 % des personnes interrogées ont déclaré posséder ou louer un véhicule électrique (VE) ou un véhicule hybride, mais près de la moitié d’entre elles possédaient également un véhicule à essence ou diesel. Bien que le taux actuel de possession d’un VE soit faible (5 %), 15 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles prévoyaient en acheter un au cours de l’an prochain, ce qui semble indiquer une demande croissante (une tendance qui sera surveillée dans les prochaines vagues de l’enquête). Un cinquième (21 %) des personnes interrogées prévoient acheter un VE ou un véhicule hybride au cours de l’an prochain.

Les véhicules électriques et hybrides sont fortement associés au revenu familial et le taux de possession augmente.

Le fait de posséder un véhicule électrique (VE) ou hybride est fortement lié au revenu familial. Un répondant sur cinq (22 %) dont le revenu annuel familial dépasse 200 000 $ possède ou loue déjà un véhicule électrique ou hybride. La proportion est beaucoup moins élevée (entre 6 % et 12 %) chez les personnes dont le revenu annuel familial est inférieur.On observe en outre certaines variations régionales. En effet, les résidents la C.B. sont en tête pour ce qui est de posséder un véhicule hybride ou électrique. Le Qc présente aussi des niveaux de possession relativement supérieurs. Les deux provinces et, plus récemment, toutes les provinces de l’Atlantique, offrent des remises à la location ou à l’achat.Lorsque les résultats sont comparés à ceux d’une étude réalisée par le BCP il y a un an sur les véhicules sans émissions, le taux de possession d’un véhicule hybride ou électrique a de manière générale augmenté. Les véhicules hybrides demeurent plus répandus que les VE.

Veuillez indiquer si vous possédez un véhicule électrique :

Les déchets : De nombreux Canadiens recyclent, mais la réparation et l'achat de produits d'occasion sont moins courants

Une très forte majorité des personnes interrogées déclarent recycler toujours ou fréquemment (92 %) et plus de la moitié font des efforts similaires pour réduire leur utilisation du plastique (62 %). Bien qu’elles soient moins nombreuses à adopter des comportements liés à l’économie circulaire, au moins 50 % d’entre elles déclarent réparer des produits pour en prolonger la durée de vie et acheter ou troquer des objets d’occasion plutôt que d’en acheter des neufs de temps à autre (une ou deux fois par mois).

Comportements d’adaptation aux changements climatiques

Les phénomènes météorologiques extrêmes sont universels, mais leurs effets ne le sont pas

Presque tous les répondants (98 %) déclarent avoir été confrontés à des conditions météorologiques extrêmes au cours des deux dernières années, les plus courantes étant la chaleur et le froid excessifs, les tempêtes de vent et les coupures de courant liées aux conditions météorologiques. Plus du double (55 %) des personnes interrogées déclarent avoir été confrontées à la fumée d’un feu incontrôlé plutôt qu’à un feu incontrôlé dans leur région (26 %). L’effet de ces expériences sur les perceptions des changements climatiques et sur l’appui à la politique climatique sera évalué dans des analyses ultérieures.

Un écart important entre l'intention et l'action dans la préparation des ménages aux situations d'urgence

Moins de la moitié (45 %) des personnes interrogées ont déclaré posséder une trousse d’urgence, tandis que 26 % seulement avaient un plan d’urgence pour leur ménage. Toutefois, un autre tiers d’entre elles déclarent qu’elles prévoient en avoir au cours de l’année prochaine. Les prochains cycles permettront de vérifier si cette intention se confirme à mesure que le souvenir des récentes catastrophes météorologiques s’estompe. Au Canada, les recherches et les politiques liées à l’adaptation ont surtout porté sur la préparation et l’intervention en cas d’urgences (c.-à-d. l’adaptation) et non sur l’adaptation à long terme aux changements climatiques. Les comportements d’adaptation pourront être étudiés de manière plus approfondie à mesure que nos connaissances s’approfondissent.

La recherche d'information est la façon dont les Canadiens se préparent le plus souvent aux impacts des changements climatiques

Plus de la moitié des personnes interrogées (53 %) n’ont pris aucune mesure au cours des deux derniers mois pour se préparer aux conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes et des changements climatiques. Les démarches les plus courantes consistent à chercher des informations. Ainsi, 30 % des personnes interrogées ont cherché à obtenir des informations sur les effets futurs des changements climatiques et les risques de phénomènes météorologiques extrêmes dans leur région.

La plupart des Canadiens peuvent se permettre de payer leurs frais d'énergie, mais une minorité d'entre eux ne le peuvent pas

La grande majorité des répondants (89 %) n’ont éprouvé aucun problème d’abordabilité de l’énergie au cours des deux derniers mois. Les répondants qui disent avoir connu des problèmes d’abordabilité de l’énergie au cours des deux derniers mois vivent le plus souvent dans les régions rurales (18 %), en Alberta (13 %) et dans les provinces de l’Atlantique (16 %).

Appui aux politiques environnementales et climatiques

Niveaux élevés de soutien au développement des ressources renouvelables, résultats mitigés pour le bio et le nucléaire

Les personnes interrogées dans le cadre de notre étude s’accordent largement à dire que le Canada devrait s’éloigner du pétrole et du charbon et se tourner vers le développement des énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire (88 % sont fortement ou plutôt en accord). En revanche, elles s’accordent moins sur les bioénergies, le gaz naturel et l’énergie nucléaire. Par rapport aux résultats de l’enquête du BCP de février 2021, le pourcentage de personnes favorables (plutôt ou fortement) à la poursuite de la mise en valeur du gaz naturel et du pétrole a diminué de 24 % et de 26 %, respectivement. Cette étude n’a pas posé de question à savoir si les répondants étaient favorables à la poursuite de la mise en valeur du charbon.

Un soutien fort à de nombreuses politiques climatiques, mais pas nécessairement aux plus efficaces en matière d'atténuation

La vaste majorité des personnes interrogées soutiennent les efforts visant à protéger les écosystèmes et à accroître les espaces verts. Ces mesures sont suivies de près par l’amélioration de la résilience des infrastructures vitales face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Les politiques directement liées à la réduction des émissions, comme la tarification du carbone et la limitation des GES issus de la production de pétrole et de gaz, sont également soutenues, mais à des niveaux moindres. Il convient de noter que le soutien est plus important (+7 %) et l’opposition moins forte (-6 %) pour une taxe mondiale sur le carbone que pour une taxe nationale sur le carbone.

Confiance et information

Confiance dans les scientifiques et les amis du changement climatique, méfiance dans tous les niveaux de gouvernement

Une forte majorité des personnes interrogées font totalement ou plutôt confiance aux scientifiques – beaucoup plus que tout autre groupe. Elles accordent également une grande confiance aux membres de leur famille et à leurs amis. Cependant, les personnes interrogées ont exprimé leur confiance de manière hésitante – plusieurs d’entre elles ont déclaré faire plutôt confiance à tous les groupes autres que les entreprises de combustibles fossiles. Alors que 79 % des personnes interrogées croient que le gouvernement du Canada devrait faire davantage pour limiter le changement climatique, seulement un tiers d’entre elles accordent une confiance totale (5 %) ou relative (31 %) au gouvernement sur cette question.

Les Canadiens sont exposés à des informations sur le changement climatique provenant d'une grande variété de sources

Les chaînes de télévision et de radio canadiennes, y compris leurs sites Web, sont la source d’information la plus courante sur les changements climatiques (40 % toujours ou fréquemment). Les plateformes de médias sociaux le sont moins (6 à 20 %). Les amis et les membres de la famille restent une source importante d’informations sur le climat (24 %), ce qui est remarquable en raison de la confiance que les répondants leur accordent. Peu de personnes consultent fréquemment les sites Web gouvernementaux pour obtenir des informations (13 %), mais la moitié des répondants le font au moins occasionnellement.

La désinformation : Une minorité non négligeable pense que le changement climatique est en partie un phénomène naturel

Les répondants ont été interrogés sur les causes des changements climatiques dans le cadre de plusieurs questions tout au long de l’enquête. Malgré une forte croyance en l’existence des changements climatiques (74 % des répondants sont tout à fait d’accord pour dire que les changements climatiques sont réels), près de la moitié (41 %) des répondants sont à tout le moins quelque peu d’accord pour dire que les changements climatiques font partie d’un cycle naturel et 25 % seulement sont quelque peu d’accord pour dire que l’activité humaine est la principale cause des changements climatiques. Ces répondants peuvent croire à une combinaison de facteurs, tant humains que naturels. Les rôles des connaissances scientifiques et climatiques élémentaires, notamment de l’exposition à la mésinformation et à la désinformation, seront étudiés plus en détail dans les prochains cycles.

Profil régional

Profil régional Canada (n=2,104) BC/YT (n=325) AB/NT (n=256) MB/SK/NU (n=191) ON (n=557) QC (n=533) ATL (n=242)
Âge
18 à 34 25% 25% 29% 27% 25% 24% 22%
35 à 54 39% 38% 42% 39% 39% 38% 37%
55 ans et plus 36% 37% 29% 34% 35% 38% 41%
Sexe
Homme 49% 49% 49% 49% 48% 49% 49%
Femme 50% 49% 48% 50% 51% 51% 50%
Other 1% 2% 3% 1% 1% 0% 1%
Éducation
École secondaire ou moins 10% 10% 7% 12% 11% 9% 10%
Collège / métiers 36% 36% 45% 34% 31% 40% 40%
Universitaire / post-universitaire 53% 54% 47% 52% 57% 51% 49%
Taille de la communauté
Une grande ville 49% 41% 75% 53% 53% 45% 15%
Une banlieue proche d’une grande ville 18% 26% 9% 3% 15% 31% 10%
Une petite ville, ou un village 23% 24% 11% 30% 23% 18% 47%
Une zone rurale 9% 8% 5% 12% 9% 6% 27%
Emploi
Temps plein (30+ heures par semaine) 53% 49% 52% 59% 54% 53% 47%
Temps partiel (<30 heures par semaine) 5% 7% 7% 7% 4% 6% 3%
Travailleur autonome 11% 13% 14% 4% 13% 8% 10%
Je suis sans emploi 3% 3% 3% 2% 4% 1% 2%
Étudiant à temps plein 4% 2% 4% 4% 4% 4% 4%
Je suis retraité(e) 18% 20% 15% 15% 16% 23% 26%
Je suis une personne au foyer à temps plein 2% 4% 1% 5% 2% 1% 2%
Autre 2% 3% 1% 2% 2% 3% 3%
Revenu
Inférieur à 20 000 $ 4% 5% 4% 4% 3% 3% 5%
De 20 000 $ à un peu moins de 40 000 $ 8% 5% 9% 10% 7% 11% 12%
De 40 000 $ à un peu moins de 60 000 $ 11% 6% 8% 14% 11% 14% 13%
De 60 000 $ à un peu moins de 80 000 $ 12% 12% 12% 7% 11% 14% 14%
De 80 000 $ à un peu moins de 100 000 $ 11% 10% 10% 14% 10% 15% 13%
De 100 000 $ à un peu moins de 150 000 $ 20% 21% 21% 22% 20% 19% 18%
De 150 000 $ à un peu moins de 200 000 $ 10% 10% 12% 9% 11% 9% 7%
De 200 000 $ à un peu moins de 250 000 $ 6% 9% 5% 5% 6% 5% 4%
250 000 $ et plus 7% 11% 5% 4% 9% 3% 3%
Taille du ménage
1-2 51% 45% 55% 50% 49% 55% 56%
3-4 36% 39% 31% 38% 39% 33% 35%
5+ 12% 16% 14% 12% 11% 12% 9%
Parents
Oui 66% 71% 62% 64% 65% 69% 68%
Enfants de moins de 18 ans
Oui 34% 37% 34% 32% 34% 35% 28%
Langue(s) parlée(s) à la maison
Anglais 73% 90% 92% 87% 89% 18% 91%
Français 19% 1% 0% 1% 2% 75% 4%
Mandarin 1% 1% 0% 0% 2% 0% 1%
Espagnol 1% 2% 0% 1% 0% 2% 0%
Russe 1% 1% 1% 1% 1% 0% 1%
Arabe 1% 0% 0% 0% 1% 1% 0%
Autre 4% 4% 5% 6% 5% 3% 2%
Immigration
Je suis né(e) au Canada 75% 73% 82% 76% 69% 80% 91%
Immigrants récents (2001-2021) 9% 13% 7% 5% 12% 6% 2%
Immigrants de longue durée (2000 et avant) 11% 10% 8% 15% 13% 10% 6%
Je préfère ne pas répondre 4% 3% 2% 4% 6% 4% 1%
Ethnicité
Blanc 77% 78% 78% 72% 72% 82% 87%
Noir 3% 1% 2% 1% 4% 6% 2%
Asie du Sud 3% 4% 3% 1% 5% 1% 1%
Chinois 3% 3% 3% 1% 4% 1% 2%
Autochtone 3% 4% 3% 5% 2% 2% 4%
Latino-Américain 2% 3% 2% 2% 2% 3% 1%
Philippin 2% 2% 1% 7% 2% 0% 1%
Arabe 1% 0% 1% 0% 2% 2% 0%
Asie du Sud-Est 1% 0% 1% 0% 1% 1% 0%
Asiatique occidentale 1% 1% 0% 0% 1% 1% 1%
Autre 4% 6% 1% 3% 5% 3% 3%
Je préfère ne pas répondre 5% 3% 8% 9% 5% 3% 2%