Rapport

PRAAC étude longitudinale vague 3

Moins d’attention aux changements climatiques et une moindre volonté d’agir, la plupart des indicateurs étant en légère baisse

Environnement et Changement climatique Canada
Ressources naturelles Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Parc national Banff

Aperçus clés

De manière générale, on constate une tendance à accorder moins d’attention aux changements climatiques et une moindre volonté d’agir, la plupart des indicateurs étant en légère baisse.

  • Perceptions des changements climatiques : Bien que la plupart des répondants conviennent que les changements climatiques sont réels et qu’il aura de sérieuses conséquences négatives à court terme, ces opinions ne sont pas uniformes, et toutes les mesures de la croyance et de la perception des risques liés aux changements climatiques sont en légère baisse (2 à 4 %) depuis la vague 1 (déc. 2021). Si la plupart des répondants sont tout à fait d’accord pour dire que les changements climatiques sont réels, seule la moitié est tout à fait d’accord pour dire qu’ils sont principalement causés par l’activité humaine. Parmi les trois quarts des personnes qui s’attendent à ce que les changements climatiques influencent leur région, la plupart pensent que cela se produira plus tôt que tard.
  • Comportements en matière d’atténuation : Deux tiers des répondants sont prêts à apporter des changements dans leur vie pour limiter les changements climatiques, mais cette volonté d’agir est en baisse depuis la vague 1. Ceux qui ne sont pas disposés à prendre des mesures supplémentaires pensent le plus souvent que d’autres ont plus de responsabilités pour agir ou que leurs propres actions ont peu d’incidence. L’utilisation de la plupart des formes de transport a augmenté en fréquence depuis la vague 2 (févr. 2022), plus particulièrement en ce qui concerne le transport actif et les vols courts ( < 5 heures).
  • Comportements d’adaptation : Les Canadiens ont connu moins de phénomènes météorologiques extrêmes au cours des deux derniers mois qu’avant la vague 2, et on a constaté une diminution de presque tous les types de phénomènes météorologiques extrêmes. L’adoption de comportements d’adaptation a également diminué, deux tiers des répondants déclarant n’avoir eu aucun comportement d’adaptation au cours des deux derniers mois. La recherche d’information reste le comportement le plus courant.
  • Soutien aux politiques : Les répondants ont exprimé un fort soutien aux politiques qui rendent les véhicules électriques plus abordables et pratiques, tandis que les politiques liées à la tarification du carbone et à l’industrie pétrolière et gazière ont été moins soutenues. Le soutien à la tarification du carbone, tant au niveau mondial que national, a diminué depuis la vague 1. Ceux qui soutiennent la tarification nationale du carbone estiment qu’elle est efficace pour inciter à la réduction des émissions, tandis que ceux qui s’y opposent pensent qu’elle impose un fardeau injuste au Canadien moyen et qu’elle est inefficace.
  • Connaissance du climat et désinformation : Les Canadiens sous-estiment les avantages pour le climat de comportements à forte incidence, tels que le passage à un régime végétalien, et surestiment les actions à faible incidence, telles que l’abandon de détritus ou l’achat de produits alimentaires locaux. Les répondants ont pu évaluer correctement la plupart des énoncés concernant les changements climatiques comme étant exacts ou inexacts, mais la plupart des Canadiens ne croient pas que les émissions annuelles de GES du Canada ont été relativement stables au cours des 20 dernières années. Plus d’un tiers des répondants croient à la désinformation selon laquelle la tarification du carbone au Canada a triplé le prix du gaz depuis 2019.
  • Confiance et information : Les scientifiques et la famille et les amis restent les groupes auxquels on fait le plus confiance en matière de changements climatiques, mais on constate une légère baisse du niveau de confiance envers la famille et les amis. La confiance dans le gouvernement du Canada reste stable et relativement faible. Alors que la plupart des répondants n’étaient pas d’accord lors de la vague 2 pour dire que la politique climatique est un gaspillage d’argent, seuls 20 % étaient d’accord lors de la vague 3 pour dire que le gouvernement fédéral dépense efficacement de l’argent pour des initiatives liées aux changements climatiques. Les médias sociaux sont utilisés beaucoup moins fréquemment comme source générale d’information que les médias traditionnels.

Contexte

En septembre 2021, l’Unité de l’impact et de l’innovation a lancé, en partenariat avec Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et Ressources naturelles Canada (RNCan), un programme pluriannuel de recherche sur les changements climatiques. Le Programme de recherche appliquée sur l’action pour le climat au Canada (PRAAC Canada) combinera les connaissances et les méthodes de la science du comportement à une solide analyse stratégique afin de favoriser l’action pour le climat.

En collaboration avec ECCC et RNCan, nous allons acquérir des connaissances sur les réflexions et le ressenti des Canadiens, ainsi que sur les gestes qu’ils posent face aux changements climatiques et aux risques qu’ils engendrent. Puis, nous concevrons et mettrons à l’essai, en ligne et dans le monde réel, des solutions sur mesure fondées sur la science du comportement susceptibles de réduire les émissions de GES et de favoriser l’adaptation climatique tant sur le plan individuel que communautaire. Le travail accompli permettra de générer rapidement de nouvelles connaissances et de les mettre à profit pour élaborer des politiques, des programmes et des communications publiques.

Méthodologie

L’étude est menée à l’aide d’un échantillon populationnel aléatoire selon un modèle longitudinal (c’est à dire que les mêmes participants, dans la mesure du possible, répondront à l’enquête à chaque cycle) et d’un suréchantillonnage des populations sous représentées et d’autres populations cibles d’intérêt. Cette première étude comportera huit cycles répartis entre décembre 2021 et mars 2023. Les données seront recueillies tous les deux mois afin de permettre un suivi optimal.

  • Comité consultatif

    L’enquête longitudinale est conçue en concertation avec un comité consultatif composé d’universitaires et de praticiens. Ce comité est formé d’experts en la matière issus de divers horizons, notamment de la science du comportement, de la psychologie environnementale, des communications, des sciences politiques, de l’anthropologie, de la politique climatique et de la durabilité.

  • Objectifs de l’enquête

    L’étude longitudinale du PRAAC Canada est une recherche sur l’opinion publique qui utilise un large échantillon représentatif de la population canadienne pour recueillir des données sur les réflexions et le ressenti des Canadiens, ainsi que sur les gestes qu’ils posent face aux changements climatiques et à ses effets et suivre les changements au fil du temps. Les solides données quantitatives découlant de cette étude permettront de déterminer dans quels domaines il est possible de favoriser une plus grande action pour le climat et l’environnement sur le plan individuel.

  • Collecte et analyse des données

    Les enquêtes sont menées en ligne, en anglais et en français, par Advanis, une importante société canadienne d’études de marché. Les répondants sont recrutés au moyen d’appels téléphoniques à composition aléatoire et sont invités à répondre à l’enquête en ligne. Il faut environ 20 minutes pour répondre aux questions de chaque cycle, après quoi on demande aux participants s’ils peuvent être contactés pour les prochains cycles.

    Afin de s’assurer que l’échantillon est largement représentatif de la population canadienne et de permettre des analyses au sein et entre les sous groupes d’intérêt (p. ex. les régions, les provinces, les groupes d’âge, les groupes vulnérables), il y aura 2 000 participants à chaque cycle. L’échantillon comprend des répondants de la population générale (n=1 500) pondérés par région, groupe d’âge, sexe et éducation à l’aide des données du recensement de 2016, ainsi qu’un suréchantillon (n=500) de populations cibles d’intérêt, qui peut changer d’un cycle à l’autre. Lors du premier cycle, le suréchantillon a été utilisé pour que l’échantillon de la population générale s’élève à 2 000 participants.

    Impact Canada effectue des analyses exploratoires et de confirmation des données en utilisant des statistiques descriptives et déductives pour cerner les tendances émergentes et vérifier les rapports entre les variables.

Considérations

Collecte de données : du 25 avril au 16 mai 2022

Nombre de participants : 2 081 Canadiens âgés de 18 ans et plus, dont 1 452 sont des répondants de retour qui ont répondu aux vagues 1 ou 2.

Lors de l’interprétation des résultats du PRAAC Canada, il convient de garder à l’esprit le contexte de la période de collecte des données qui peut avoir influencé les réponses des participants à l’enquête.

Avant et pendant la période de collecte des données de la vague 3 :

  • Parmi les phénomènes météorologiques notables au Canada, citons les inondations du printemps, en particulier au Manitoba, et les tempêtes de neige d’avril en Alberta et au Manitoba.
  • L’invasion de l’Ukraine par la Russie et les sanctions contre le pétrole et le gaz russes se sont poursuivies. La hausse des prix de l’énergie et les préoccupations géopolitiques ont suscité de nouveaux appels à augmenter la production de pétrole et de gaz au Canada et à accélérer la transition vers les énergies renouvelables en Europe.
  • Le plan de réduction des émissions (PRE) d’ici 2030 et le budget de 2022 ont été publiés respectivement fin mars et début avril. Le PRE décrit le plan du gouvernement fédéral pour réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre au cours des huit prochaines années afin d’atteindre les objectifs fixés pour 2030, tandis que le budget de 2022 met l’accent sur le financement des véhicules à émission zéro, de l’électricité propre, des technologies propres, ainsi que des océans et de l’eau douce.
  • Le 1er avril, le modèle fédéral de tarification de la pollution par le carbone est passé de 40 à 50 $ par tonne. Plusieurs gouvernements provinciaux ont annoncé des mesures d’allègement des prix élevés de l’essence, notamment des paiements ponctuels et des réductions de taxes temporaires. Les paiements de l’Incitatif à agir pour le climat versés aux Canadiens sont maintenant trimestriels et non plus annuels.
  • Le 4 avril, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies (GIEC) a publié la contribution du groupe de travail III à son sixième rapport d’évaluation, axé sur l’atténuation des changements climatiques. Selon le rapport, le monde n’est pas actuellement en mesure de maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 °C, et des mesures supplémentaires sont nécessaires pour éliminer progressivement l’utilisation du charbon, investir dans de nouvelles technologies telles que le captage et le stockage du carbone, et réduire la demande de biens à forte intensité énergétique.

Les données ont été pondérées par région, groupe d’âge, genre et niveau de scolarité afin de s’assurer que la distribution de l’échantillon représente la population adulte canadienne réelle selon les données de recensement de Statistique Canada. Comme les participants ont été recrutés par un panel en ligne assemblé par échantillonnage probabiliste multiphase, il est approprié d’avoir une marge d’erreur qui y est associée. Pour un échantillon de cette taille, la marge d’erreur est de +/-2,1 %, 19 fois sur 20. Veuillez noter que certains chiffres de cette présentation peuvent ne pas totaliser 100 % en raison des arrondis et des non-réponses.

Attitudes et perceptions à l’égard des changements climatiques

Forte croyance dans les changements climatiques, mais moins en accord sur le rôle de l’activité humaine

Toutes les mesures de la croyance et de la perception des risques liés aux changements climatiques sont en légère baisse (2 à 4 %) depuis la vague 1, mais les différences ne sont pas statistiquement significatives. Si la plupart des répondants (73 %) sont tout à fait d’accord pour dire que les changements climatiques sont réels, seule la moitié (52 %) est tout à fait d’accord pour dire qu’ils sont principalement causés par l’activité humaine. Notamment, un quart (23 %) des répondants ne sont que plutôt d’accord avec une telle cause, tandis que 7 % ne sont ni d’accord ni en désaccord.

Forte perception de la gravité, mais moins en accord sur les répercussions locales et à court terme

Une majorité (57 %) des répondants sont tout à fait d’accord pour dire que le climat va amener de sérieuses conséquences négatives, mais moins de la moitié (41 %) sont tout à fait d’accord pour dire que les changements climatiques auront une influence sur leur région. Parmi les trois quarts (73 %) des répondants qui s’attendent à ce que les changements climatiques influencent leur région, la plupart (82 %) pensent que cela se produira plus tôt que tard. Seuls 8 % de l’ensemble des répondants prévoient des répercussions locales, mais s’attendent à ce qu’elles prennent beaucoup de temps à se manifester.

Les préoccupations et l’anxiété concernant les changements climatiques ont légèrement diminué au cours des quatre derniers mois

Près de la moitié (46 %) des répondants sont très ou extrêmement préoccupés par la question des changements climatiques, tandis qu’environ un tiers (30 %) se sentent très ou extrêmement angoissés, et un tiers (32 %) sont très ou extrêmement en colère à ce sujet. Comme dans la vague 2, les personnes qui se sentent très ou extrêmement optimistes sont une petite minorité (13 %). L’autodéclaration de la perplexité sur la question reste faible, à 13 %. Par rapport à la vague 1, il y a eu des diminutions faibles mais statistiquement significatives des préoccupations et de l’anxiété, bien qu’à un taux plus faible entre les vagues 2 et 3. Cela peut être lié à des changements saisonniers de la perception, à une moindre fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes au cours des derniers mois, ou à une plus grande couverture médiatique des événements non climatiques.

Seulement environ la moitié des Canadiens considèrent l’action en faveur du climat comme une norme sociale parmi leurs proches

La perception de l’auto-efficacité reste stable, deux tiers (64 %) des répondants étant tout à fait d’accord ou plutôt d’accord pour dire que leurs actions sont susceptibles de produire des effets positifs sur le plan des changements climatiques. Par rapport à la vague 2, il y a eu un rebond léger mais significatif des perceptions des normes en faveur du climat. La majorité des répondants sont tout à fait d’accord ou plutôt d’accord pour dire que les personnes de leur entourage attendent d’eux qu’ils fassent leur part pour limiter les changements climatiques (59 %), et que leurs amis et leur famille prennent de telles mesures (56 %).

Comportements en matière d’atténuation des changements climatiques

La volonté des Canadiens de prendre des mesures en faveur du climat est en train de s’effriter

Environ deux tiers (69 %) des répondants restent ouverts à l’idée d’apporter des changements dans leur propre vie pour contribuer à limiter les changements climatiques, bien qu’environ la moitié d’entre eux ne soient que plutôt d’accord avec cet énoncé. La proportion de Canadiens prêts à agir a diminué de 6 % au cours des quatre mois qui ont suivi la vague 1. Cela peut être une indication supplémentaire que des facteurs concurrents, comme l’inflation, ont modéré l’attention portée aux changements climatiques.

Les Canadiens sont les plus disposés à changer leur moyen de transport, à recycler et à réduire les déchets

Les répondants qui ont indiqué qu’ils étaient disposés à apporter des changements dans leur vie pour contribuer à limiter les changements climatiques (tout à fait d’accord ou plutôt d’accord) ont été invités à répondre à une question ouverte afin de l’expliquer dans leurs propres mots. Ces réponses ont ensuite été classées par catégories. Les réponses les plus fréquentes concernent les transports, la réduction des déchets et le recyclage, tandis que les améliorations de l’habitat et la consommation d’énergie sont un peu moins fréquentes. Certains répondants ont fourni des réponses qui n’étaient pas liées à des actions personnelles, mais qui demandaient plutôt aux grands pollueurs d’apporter des changements ou aux gouvernements et autres acteurs de rendre les choix en faveur du climat plus abordables.

Certains Canadiens ne sont pas disposés à agir en raison d’un manque perçu de responsabilité et d’autoefficacité

Les répondants qui ont indiqué qu’ils n’étaient pas disposés à apporter des changements dans leur vie pour contribuer à limiter les changements climatiques (pas du tout d’accord ou plutôt en désaccord) ont été invités à répondre à une question ouverte afin de l’expliquer dans leurs propres mots. Ces réponses ont ensuite été classées par catégories. La première réponse indique que les répondants qui ne sont pas disposés à apporter des changements dans leur vie pensent que les autres doivent changer en premier ou que les actions individuelles auront peu d’incidence. Un quart des répondants (27 %) ont déclaré qu’ils en faisaient déjà assez et qu’il n’était pas nécessaire d’apporter d’autres changements dans leur vie. Très peu de personnes (3 %) ont indiqué qu’elles n’avaient aucune responsabilité, bien que beaucoup plus soient susceptibles de présenter ce point de vue si on leur pose directement la question. Un quart ont indiqué que les changements climatiques ne sont pas réels ou ne sont pas causés par l’activité humaine.

Transports : Forte dépendance à l’égard des véhicules privés, mais le transport actif augmente au fil du réchauffement de la température

La dépendance à l’égard des véhicules privés reste élevée, 86 % des répondants les utilisant pour se déplacer au moins une fois par semaine. Tous les autres moyens de transport ont augmenté légèrement depuis la vague 2, probablement en raison du réchauffement de la température, ainsi que de l’assouplissement des mesures de confinement et autres restrictions depuis janvier et février. L’utilisation du transport actif (marche, course, vélo) a connu la plus forte augmentation (+6 %) depuis la vague 2.

Véhicules privés : L’adoption des VE est stable, mais l’intention d’achat est en baisse

Environ 12 % des répondants déclarent posséder ou louer soit un véhicule électrique (VE) soit un véhicule hybride (rechargeable ou non), bien que seulement environ la moitié (42 %) d’entre eux possèdent également un véhicule à essence ou diesel. Bien que les taux d’adoption des VE soient faibles (4 %) et n’aient pas augmenté depuis la vague 1, 11 % des répondants disent qu’ils prévoient acheter un VE au cours de l’année prochaine. Cette intention est en baisse significative par rapport aux 15 % de la vague 1. Parmi ceux qui ont indiqué une telle intention lors de la vague 1, seuls 10 % y ont donné suite au cours de la période de quatre mois écoulée. Bien que l’adoption actuelle des VE soit plus faible que celle des véhicules hybrides, davantage de personnes prévoient acheter un VE que l’un ou l’autre type de véhicule hybride.

Alimentation et déchets : des comportements stables dans le temps

Le recyclage (92 % toujours ou souvent) et la réduction des déchets alimentaires (78 %) restent deux des actions en faveur de l’environnement les plus courantes, tandis que l’adoption d’un régime alimentaire plus végétal reste la plus faible avec 34 %. Entre la vague 2 et la vague 3, il n’y a pas eu de changement significatif dans la fréquence de ces comportements autodéclarés, contrairement au transport, ce qui indique qu’ils sont peu saisonniers et peu influencés par les événements extérieurs.

Vols : Les voyages en avion ont fortement augmenté au cours des deux derniers mois

Comparé à d’autres comportements de transport, l’utilisation de l’avion reste peu fréquente. Seuls 13 % des répondants ont fait un court vol ( < 5 heures) au cours des deux derniers mois, et 9 % un long vol (> 5 heures). Cependant, le nombre de voyages en avion autodéclarés a augmenté de manière significative depuis la vague 2, probablement en raison de la diminution des restrictions de voyage et du temps plus chaud. L’utilisation de l’avion devrait encore augmenter au cours de la prochaine vague en raison de la saison estivale des voyages.

La plupart des propriétaires connaissent les thermopompes, les coûts de fonctionnement étant considérés à la fois comme un avantage et un inconvénient

On a demandé à tous les propriétaires s’ils avaient entendu parler d’une thermopompe, et ceux qui ont répondu par l’affirmative ont été invités à répondre à une question ouverte sur les avantages et les inconvénients. Trois quarts (75 %) des propriétaires ont entendu parler d’une thermopompe. Les répondants font observer que les thermopompes permettent d’obtenir une température plus constante, de réaliser des économies d’énergie et de réduire les coûts de chauffage et de climatisation des habitations. En revanche, les inconvénients les plus courants sont le coût élevé de fonctionnement et le manque de chaleur en hiver. L’inclusion des coûts de fonctionnement en tant qu’avantage et inconvénient justifie une enquête plus approfondie et diffère probablement selon le système énergétique provincial.

Les taux d’abordabilité de l’énergie sont globalement stables, mais avec des changements régionaux

Les niveaux globaux d’abordabilité de l’énergie sont restés stables au cours des trois vagues depuis décembre 2021, environ 88 % des répondants indiquant qu’ils n’ont eu aucun problème pour se procurer suffisamment d’énergie. Cependant, lorsqu’on les ventile par région et par taille de communauté, on constate certains changements qui méritent d’être approfondis. À l’échelle régionale, le pourcentage de répondants qui ont répondu Non ou Je préfère ne pas répondre a augmenté dans les provinces de l’Atlantique (passant de 11 % à 22 %) et a diminué au Manitoba et en Saskatchewan (passant de 17 % à 11 %) entre les vagues 2 et 3.

Comportements d’adaptation aux changements climatiques

Les Canadiens ont connu moins de phénomènes météorologiques extrêmes au cours des deux derniers mois

Près des deux tiers des répondants (61 %) disent avoir été confrontés à au moins un type de conditions météorologiques extrêmes au cours des deux derniers mois, contre les trois quarts (77 %) lors de la vague 2. Le froid excessif, les tempêtes de vent et les coupures de courant liées à des phénomènes météorologiques ont été les plus fréquents. Notamment, la collecte des données de la vague 3 s’est terminée avant le violent orage (derecho) du mois de mai en Ont. et au Qc. Par rapport à la vague 2, il y a eu une diminution statistiquement significative de toutes les expériences de conditions météorologiques extrêmes au cours des deux derniers mois, à l’exception des tempêtes de vent, des coupures de courant et des ouragans.

Canadiens ayant adopté des comportements d’adaptation au cours des deux derniers mois

Deux tiers (66 %) des répondants N’ONT PAS adopté de comportements d’adaptation au cours des deux derniers mois, contre 58 % lors de la vague 2 et 53 % lors de la vague 1. Les comportements les plus fréquents sont la recherche d’information sur les futurs impacts des changements climatiques (19 %) et sur les risques locaux de phénomènes météorologiques extrêmes (20 %), mais ces taux ont continué à diminuer depuis les vagues 1 et 2.

Soutien aux politiques climatiques

Soutien important aux politiques en matière de véhicules électriques, soutien moindre à la tarification du carbone

Les répondants se sont vus présenter une série de politiques d’atténuation correspondant aux domaines de politiques du plan de réduction des émissions d’ici 2030. Toutes les politiques, à l’exception d’une seule, ont reçu le soutien d’une majorité de répondants, bien que les niveaux de soutien et d’opposition varient considérablement. Les répondants ont exprimé un fort soutien aux politiques qui rendent les véhicules électriques plus abordables et pratiques, tandis que les politiques liées à la tarification du carbone et à l’industrie pétrolière et gazière ont été moins soutenues. Les politiques liées à la tarification nationale du carbone ont suscité la plus forte opposition. Le soutien à la tarification mondiale et nationale du carbone est plus faible que lors de la vague 1, de 6 % et 8 % respectivement. Les trois quarts (75 %) sont favorables à ce que l’on subventionne les équipements à haut rendement énergétique pour les agriculteurs, mais moins de la moitié (41 %) sont favorable à une subvention similaire pour les producteurs de pétrole et de gaz.

Les opposants à la tarification du carbone perçoivent de l’injustice, de l’inefficacité et du scepticisme à l’égard du gouvernement

Les répondants ont été invités à préciser leur soutien ou leur opposition à la tarification nationale du carbone dans un suivi ouvert. Ces réponses ont ensuite été classées par catégories. Les raisons les plus courantes pour soutenir la tarification du carbone sont que cela contribuera à réduire les émissions et obligera les pollueurs à payer pour la solution. La raison la plus courante pour s’opposer à cette politique est qu’elle est injuste pour les Canadiens moyens, alors que les riches ne sont pas aussi touchés par la taxe. Ceux qui s’opposent à la taxe sont plus sceptiques à l’égard du gouvernement et se demandent si la taxe entraînera un changement dans l’industrie. De nombreux répondants, indépendamment de leur soutien ou de leur opposition, conviennent que les plus gros pollueurs doivent payer pour la solution.

Connaissance du climat et désinformation

Connaissance comportementale du climat : Sous-estimation des actions à fort impact et surestimation des actions à faible impact

Les répondants ont classé neuf actions selon leur impact élevé, moyen ou faible sur les émissions de GES. Les regroupements ci-dessous sont classés de ceux qui ont un impact élevé à ceux qui ont un impact faible, sur la base des évaluations des experts. Les Canadiens semblent avoir une compréhension imparfaite de l’incidence relative des différents comportements en faveur du climat. Passer d’un véhicule utilitaire sport aux transports en commun est la seule action à fort impact correctement indiquée par plus d’un tiers (38 %) des répondants, tandis que les impacts des vols long-courriers (26 %) et des régimes végétaliens (20 %) sont largement sous-estimés. Les actions à faible impact sont mieux notées que la plupart des comportements à fort et moyen impact, ce qui indique que beaucoup de Canadiens ne savent pas quelles actions ont un fort impact et surestiment l’effet des actions à faible impact.

La plupart des Canadiens sont mal informés sur la trajectoire des émissions de GES du Canada

Dans l’ensemble, les répondants ont été en mesure d’évaluer correctement la plupart des affirmations vraies des grands titres comme étant très ou plutôt exactes. Toutefois, les trois quarts (73 %) des répondants ont jugé l’affirmation « Avant la pandémie, les émissions annuelles de gaz à effet de serre étaient relativement stables au Canada depuis environ 20 ans » comme étant plutôt ou très inexacte. Seuls 4 % ont déclaré que l’affirmation était très exacte. Cela indique que la plupart des Canadiens sont mal informés sur les émissions annuelles de GES du Canada, qui ont oscillé entre 700 et 750 mégatonnes d’équivalent CO2 de 1999 à 2019 (source). Les émissions ont chuté en 2020 en raison des restrictions liées à la pandémie, parallèlement à leurs effets économiques, mais elles devraient avoir rebondi en 2021.

Le coût de la tarification du carbone est l’idée fausse la plus répandue

De même, la plupart des répondants ont été en mesure d’évaluer correctement les affirmations fausses des grands titres comme étant très ou plutôt inexactes. L’idée fausse la plus répandue est que le prix national sur le carbone du Canada a fait tripler le coût de l’essence à la pompe depuis 2019, 38 % des répondants évaluant cette affirmation comme étant très ou plutôt exacte. Une partie de l’opposition observée à la tarification nationale du carbone peut être due à cette désinformation. Notamment, environ un tiers (30 %) des répondants ont également évalué l’information erronée sur les modifications de l’orbite solaire de la Terre comme étant très ou plutôt exacte.

Confiance et information

La confiance concernant les changements climatiques est stable, mais la confiance dans le GC est limitée

Les scientifiques et la famille et les amis restent les groupes auxquels on fait le plus confiance pour prendre de bonnes décisions sur les changements climatiques (respectivement 79 % et 69 %). Il y a toutefois eu une baisse légère mais statistiquement significative du niveau de confiance dans la famille et les amis. La confiance dans tous les ordres de gouvernement concernant les changements climatiques reste faible et stable. Remarque : Lors de la vague 3, l’échelle est passée de 5 à 7 points afin d’obtenir une analyse plus nuancée. En raison de contraintes liées à la longueur de l’enquête, trois autres groupes qui étaient inclus dans les vagues précédentes ont été omis de cette question lors de la vague 3 (c.-à-d. les sociétés d’énergie et les groupes environnementaux).

La majorité des Canadiens se méfient de l’intégrité du GC en matière de changements climatiques

Deux tiers des répondants se méfient de l’intégrité du gouvernement fédéral en matière de changements climatiques, 65 % indiquant que le gouvernement est trop influencé par l’industrie. La méfiance est un peu plus faible (45 à 50 %) sur d’autres aspects (compétence, écoute, efficacité). Seul un tiers des répondants sont d’accord pour dire que le gouvernement fédéral est suffisamment compétent pour faire face aux changements climatiques (32 %), et que le gouvernement est à l’écoute de ce que les gens ordinaires pensent des changements climatiques (28 %). Seuls 20 % sont d’accord pour dire que le gouvernement fédéral dépense efficacement de l’argent sur les changements climatiques. Cependant, dans une question connexe de la vague 2, la plupart des répondants (54 %) n’étaient pas d’accord avec l’idée que la politique climatique est un gaspillage d’argent. Remarque : Les changements apparents ne sont pas statistiquement significatifs.

La télévision et la radio canadiennes, ainsi que les amis et la famille sont les sources d’information les plus courantes

Les chaînes de télévision et de radio canadiennes, y compris leurs sites Web, continuent d’être la source d’information la plus courante pour les Canadiens (52 % toujours ou fréquemment), tandis que les amis et la famille arrivent en deuxième position (43 %). Par rapport à la vague 2, les conversations avec les amis et la famille ont connu une baisse faible mais statistiquement significative (de 48 % à 43 %), et les balados ont légèrement diminué (de 19 % à 17 %). Les résultats relatifs aux médias sociaux figurent sur la diapositive suivante.

YouTube et Facebook sont en tête des médias sociaux comme sources d’information

Les médias sociaux sont utilisés beaucoup moins fréquemment comme source générale d’information que les médias traditionnels. Seuls les balados et les sites gouvernementaux se situent en dessous de YouTube et de Facebook en matière de fréquence d’utilisation moyenne. Parmi les plateformes de médias sociaux, YouTube (24 % Toujours ou très fréquemment) et Facebook (21 %) sont les plus utilisés. Toutes les plateformes de médias sociaux sont plus couramment utilisées par les 18-34 ans, mais Facebook est plus fréquemment utilisé par les plus de 35 ans. YouTube et Twitter sont plus couramment utilisés par les hommes, tandis qu’Instagram et TikTok sont plus couramment utilisés par les femmes.

Profil régional

Profil régional Canada C.-B./Yn Alb./T.N.-O. Man./Sask./NU Ont. Qc Atl.
(n = 2 080) (n = 286) (n = 231) (n = 664) (n = 497) (n = 195) (n = 207)
Âge
18 à 34 ans 25% 25% 29% 27% 25% 24% 22%
35 à 54 ans 39% 38% 42% 39% 39% 38% 37%
55 ans et plus 36% 37% 29% 34% 35% 38% 41%
Sexe
Homme 49% 49% 49% 48% 48% 49% 49%
Femme 50% 50% 48% 50% 51% 51% 50%
Other 1% 1% 2% 2% 1% 0% 1%
Éducation
École secondaire ou moins 8% 9% 9% 14% 8% 7% 11%
Collège/métiers 38% 39% 43% 34% 33% 41% 41%
Universitaire / post-universitaire 53% 51% 47% 51% 58% 52% 47%
Taille de la communauté
Une grande ville 46% 38% 67% 55% 48% 43% 13%
Une banlieue proche d’une grande ville 20% 19% 9% 3% 19% 35% 16%
Une petite ville, ou un village 23% 34% 14% 26% 21% 15% 43%
Une zone rurale 11% 9% 9% 14% 11% 6% 27%
Emploi
Temps plein (30+ heures par semaine) 54% 49% 54% 57% 55% 56% 51%
Temps partiel ( <30 heures par semaine) 5% 7% 5% 6% 5% 4% 2%
Travailleur autonome 10% 10% 13% 7% 11% 9% 7%
Je suis sans emploi 3% 3% 4% 2% 5% 1% 1%
Étudiant à temps plein 3% 2% 2% 5% 3% 3% 4%
Je suis retraité(e) 20% 24% 16% 18% 18% 23% 25%
Je suis une personne au foyer à temps plein 2% 2% 2% 3% 2% 1% 2%
Other 2% 3% 1% 1% 2% 2% 5%
Revenu
Inférieur à 20 000 $ 4% 6% 6% 2% 4% 3% 6%
De 20 000 $ à un peu moins de 40 000 $ 8% 5% 6% 9% 8% 9% 11%
De 40 000 $ à un peu moins de 60 000 $ 12% 10% 11% 15% 10% 14% 13%
De 60 000 $ à un peu moins de 80 000 $ 11% 11% 10% 12% 10% 11% 12%
De 80 000 $ à un peu moins de 100 000 $ 12% 10% 8% 14% 9% 16% 15%
De 100 000 $ à un peu moins de 150 000 $ 20% 21% 22% 21% 20% 19% 18%
De 150 000 $ à un peu moins de 200 000 $ 12% 10% 15% 11% 13% 12% 8%
De 200 000 $ à un peu moins de 250 000 $ 5% 7% 4% 5% 5% 4% 4%
250 000 $ et plus 7% 10% 5% 2% 9% 4% 2%
Taille du ménage
2022-01-02 53% 50% 58% 45% 53% 55% 60%
2022-03-04 35% 35% 32% 37% 35% 35% 30%
500% 12% 15% 10% 18% 13% 9% 11%
Parents
Oui 66% 71% 60% 71% 63% 72% 66%
Enfants de moins de 18 ans
Oui 32% 33% 31% 35% 29% 36% 24%
Langue(s) parlée(s) à la maison
Anglais 73% 92% 94% 87% 90% 15% 92%
Français 20% 0% 0% 4% 3% 79% 4%
Espagnol 1% 2% 1% 1% 0% 2% 0%
Other 5% 5% 5% 8% 6% 3% 4%
Immigration
Je suis né(e) au Canada 78% 76% 83% 72% 75% 81% 86%
Immigrants récents (2001-2021) 11% 11% 6% 21% 11% 11% 9%
Immigrants de longue durée (2000 et avant) 8% 11% 8% 4% 9% 6% 4%
Je préfère ne pas répondre 3% 2% 3% 3% 5% 2% 1%
Ethnicité
Blanc 78% 77% 80% 67% 75% 85% 86%
Noir 3% 1% 3% 4% 4% 3% 4%
Latino-Américain 3% 4% 1% 2% 2% 4% 3%
Autochtone 3% 6% 2% 6% 1% 1% 4%
Asie du Sud 2% 2% 2% 1% 4% 0% 1%
Chinois 2% 2% 3% 1% 2% 0% 1%
Philippin 1% 2% 2% 7% 1% 0% -
Arabe 1% 0% 1% 1% 1% 1% -
Asiatique occidentale 1% 1% 0% 1% 1% 1% 1%
Asie du Sud-Est 1% 0% - - 1% 0% -
Coréen 0% 0% - - 1% - -
Japonais 0% - 0% - 0% 0% -
Other 4% 4% 1% 7% 6% 3% 4%
Je préfère ne pas répondre 5% 4% 9% 7% 6% 2% 3%