Rencontrez le Fellow en science du comportement de l’UII : Maria Peddle
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Maria est fellow en science du comportement à l’Unité de l’impact et de l’innovation, où elle travaille au Projet d’amélioration des mesures d’adaptation avec Emploi et Développement social Canada.
Avant de se joindre au Programme de fellowship, Maria a pratiqué à titre de travailleuse sociale clinique au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO), où elle fournissait des services de thérapie et de gestion de crise aux patients et aux familles. Plus récemment, elle a travaillé au Département d’économie comportementale de l’Agence du revenu du Canada dans le cadre d’initiatives de mobilisation du public visant à améliorer le respect des règles fiscales au Canada.
Maria est titulaire d’un baccalauréat ès arts (avec distinction) en psychologie avec une spécialisation en développement et d’une maîtrise en travail social de l’Université Carleton.
Sur la base de vos compétences et de votre expérience, quelles perspectives uniques apportez-vous à ce travail?
En tant que travailleuse sociale, je trouve extrêmement enrichissant de travailler directement avec les gens. Mon expérience pour une ligne d’écoute téléphonique, de travailleuse sociale au service d’urgence du CHEO et de superviseure de programme pour Services à la famille Ottawa m’ont permis de perfectionner des compétences interpersonnelles, comme l’écoute active, l’empathie et la résolution de conflits. Ces compétences étaient essentielles dans mon travail antérieur auprès des populations vulnérables que j’accompagnais lorsqu’elles traversaient des crises et que j’aidais à obtenir les ressources nécessaires. La capacité de rester calme malgré la pression, d’évaluer rapidement les situations et d’offrir des solutions pratiques m’a permis d’avoir une incidence immédiate dans les milieux difficiles où les enjeux sont de taille.
En plus de mon expérience pratique, j’ai une grande passion pour la recherche et sa possibilité de donner lieu à des changements significatifs. Lorsque j’étais analyste qualitative à l’Agence du revenu du Canada, j’ai acquis une précieuse expérience quant à la complexité du travail au sein de l’administration publique. Non seulement ce poste a amélioré mes compétences en recherche, notamment pour les entrevues qualitatives et l’analyse thématique, mais il m’a permis d’apprendre à mieux utiliser la recherche pour éclairer les améliorations systémiques.
Grâce à ces expériences, j’apporte une perspective unique qui allie le travail social pratique à la connaissance approfondie de l’importance de la recherche fondée sur des données probantes. Ma capacité à m’adapter à des postes de service direct comme en recherche me permet de contribuer à des projets qui ont comme priorité d’outiller les communautés, de favoriser la prise de décisions éclairées et de produire des effets durables.
Qu’est-ce qui vous a amené à présenter une demande dans le cadre du programme de Fellowship?
En février 2024, je suis tombée sur la demande du Programme de fellowship pour Impact Canada. Au début, je n’étais pas sûre que ce rôle me convienne. J’avais les qualifications requises; pourtant, je me suis demandé si et en quoi une travailleuse sociale serait utile à un tel poste. Cependant, après avoir lu un billet du blogue d’un ancien fellow qui expliquait comment son expérience en travail social avait contribué à sa réussite à ce poste, j’ai décidé de postuler. Ce fellow décrivait en quoi sa formation en travail social, en particulier sa connaissance des théories sociales et ses compétences interpersonnelles, s’était avérée essentielle à l’application des principes de la science du comportement. Réaliser cela m’a aidée à voir le poste à Impact Canada comme l’occasion idéale de fusionner mon métier en travail social avec ma passion pour la recherche.
À l’heure actuelle, en tant que fellow pour le Programme d’amélioration des mesures d’adaptation, je continue de discuter directement avec les gens de leurs besoins et de leurs difficultés en matière d’adaptation, tout en mettant à profit mes compétences en recherche et mes connaissances en science du comportement pour suggérer des améliorations pratiques dans le cadre du processus d’adaptation.
De quelle manière pensez-vous que l’application de la science comportementale peut soutenir efficacement la réponse à certains des défis auxquels nous sommes confrontés en tant que société?
En explorant le « pourquoi » des actions des gens, la science du comportement révèle des idées qui peuvent guider l’élaboration de solutions efficaces à des problèmes sociaux. Autrement dit, le fait de comprendre comment les gens pensent, agissent et ce qu’ils ressentent – et connaître les intersections parmi ces comportements – permet d’effectuer des interventions ciblées qui sont à la fois significatives et efficaces.
Par exemple, une difficulté notable est l’écart entre la recherche et la pratique, qui fait que les nouvelles recherches sont souvent peu mises en pratique en raison de leur manque perçu de pertinence ou d’applicabilité dans des contextes réels. La science du comportement peut aider à éliminer cette lacune en appliquant ses techniques pour affiner et mettre en œuvre les résultats des travaux de recherche d’une manière qui soit harmonisée avec la façon dont les gens se comportent et prennent des décisions dans leur vie courante. En tenant compte des facteurs comme les biais cognitifs, les influences sociales et les processus de prise de décisions, la science du comportement peut formuler des recommandations que les gens et communautés seront plus susceptibles d’adopter, ce qui permet de traduire la recherche en changements concrets.
Quel est votre biais, heuristique ou effet préféré en science du comportement? Expliquez votre réponse.
What is your favourite behavioural science bias, heuristic, or effect – and why?/
Un préjugé de la science du comportement qui me frappe est le préjugé du conformisme, qui fait référence à notre tendance à harmoniser nos attitudes, nos croyances et nos comportements avec ceux d’un groupe. Je ne résiste vraiment pas bien à la pression sociale et je me fais souvent influencer facilement par mes amis et ma famille. Mais même si cela peut avoir des inconvénients – il m’arrive par exemple de suivre des tendances ou opinions qui ne sont pas toujours dans mon intérêt – je crois aussi que le pouvoir de la pression sociale peut avoir des effets positifs. Cela peut nous motiver à adopter des habitudes saines, à nous en tenir à nos objectifs, voire favoriser des comportements sociaux positifs. Par conséquent, lorsque nous sommes entourés de personnes qui encouragent la croissance et le soutien, la pression sociale peut nous aider à réaliser tout notre potentiel!
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