Webinaire NASA-ASC 2 : La nourriture dans l’espace

Transcription

CHRIS FRANGIONE : Bienvenue à tous et à toutes. Nous allons commencer maintenant. Il y a d'autres personnes qui vont se joindre à nous. Merci de vous joindre à nous aujourd'hui pour notre défi de l'alimentation dans l'espace. Nous sommes très emballés de vous avoir parmi nous, aujourd'hui. Nous sommes vraiment emballés d'avoir des invités, des experts en alimentation spatiale et des astronautes. Alors, maintenant, nous allons voir l'ordre du jour.

Nous allons vous souhaiter la bienvenue au webinaire. Nous allons vous donner quelques consignes, ensuite, nous allons vous rappeler ce qu'est le défi de l'alimentation dans l'espace lointain. Certains d'entre vous, vous vous êtes joints à nous durant le premier webinaire où on a passé en revue les détails, mais pour ceux et celles d'entre vous qui n'avez pas participé au premier webinaire, nous allons vous donner un aperçu et pourquoi et nous espérons bien, vous allez participer pour résoudre ces défis. Nous allons faire quelques présentations de nos panélistes, suivi d'une discussion avec nos panélistes et ensuite, nous allons avoir la période de questions et de réponses à partir du groupe.

Avant de commencer, l'enregistrement et la transcription du webinaire seront disponibles sur le site du défi deepspacefoodchallenge.org et ça va aussi être disponible en français, sur le site web canadien et Impact Canada. Et j'ai oublié que c'est interprété en français en ce moment. Alors, Clelia, vous pourriez nous donner les instructions, désolé.


CLELIA COTHIER : Bienvenue au deuxième webinaire du défi de l'alimentation dans l'espace lointain. Si vous voulez écouter le webinaire en français et que vous n'êtes pas encore branchés au français, vous pouvez cliquer sur l'icône interprétation, en bas de votre écran et choisir français. Si vous êtes sur une tablette ou sur un téléphone, vous pouvez cliquer sur l'écran, appuyez sur plus, ensuite interprétation et enfin, français. Et vous devriez être capables d'écouter et suivre tout le webinaire en français. Merci beaucoup et bon webinaire.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci beaucoup ! Désolé, j'étais tellement emballé de vous présenter nos panélistes que j'ai oublié cette information très importante. Mais ceci dit, comme je l'ai mentionné, nous allons télécharger l'enregistrement de la transcription du webinaire en français et en anglais. Durant la discussion des panélistes, vous allez être en mesure de poser des questions à un ou l'autre des panélistes. Veuillez vous servir de la section des questions/réponses. Des questions relatives à une solution spécifique proposée, l'admissibilité d'une l'équipe ne recevra pas de réponse aujourd'hui en direct, mais si vous participez aux défis américains ou internationaux, à l'extérieur du Canada, vous pouvez envoyer vos questions à admin@deepspacefoodchallenge.org et pour les participants et participantes canadiennes, vous voyez le site internet, assurez-vous de faire preuve de respect lorsque vous faites des commentaires dans la boîte de discussions.
 Alors, avant de sauter dans le cœur de la matière, nous avons un message extraordinaire d'un ami, Alton Brown. Alors, nous allons entendre ce qu'il a à nous dire.
  
VIDÉO AVEC ALTON BROWN
Recette : nom féminin. Un ensemble d'instructions à suivre pour concocter ou préparer quelque chose, surtout de la nourriture. Ça semble assez simple? Eh bien, il y a beaucoup plus à faire que de rassembler des ingrédients.

Bonjour, ici Alton Brown. Afin de créer une recette réussie, disons un sandwich grillé au fromage fondant, vous avez besoin, bien sûr de pain, de fromage, un réfrigérateur qui garde le fromage frais, un poêlon pour griller le sandwich, une source d'énergie pour chauffer le poêlon, un couteau pour tartiner le beurre, une spatule pour le tourner, des épices provenant des quatre coins du monde. Vous voyez l'idée? Et qu'en est-il des denrées dans notre recette? D'où proviennent-elles? Comment sont-elles arrivées là? Quel est leur point d'origine? Quelles sources étaient nécessaires pour la culture et les faire pousser, les produire, les emballer, les conserver? Un réseau compliqué, extrêmement complexe de processus est nécessaire pour qu'un simple sandwich grillé au fromage fondant puisse être déposé sur table. Mais les humains de la Terre ont fait un excellent travail en établissant des systèmes pour y arriver. Mais qu'en est-il des humains en route vers l'espace? Mis à part les difficultés à la distance, les astronautes de la station spatiale internationale bénéficient d'un régime alimentaire riche en aliments frais et lyophilisés grâce à des livraisons à intervalles fréquentes en provenance de la Terre. Mais pour avoir l'audace d'aller là où personne n'est allé auparavant, nous avons besoin de nouvelles et de meilleures façons de manger dans l'espace. Les futurs astronautes, par exemple, lors d'un voyage à destination de Mars passeront des années loin de la Terre, donc, pas de petits sauts à l'épicerie pour eux. Ils devront apporter à peu près tout ce dont ils auront besoin avec eux. Comme sur la Terre, lorsque nous préparons des repas dans l'espace, nous avons besoin non seulement d'ingrédients nécessaires, mais nous avons aussi besoin d'énergie, d'eau et d'autres matériaux pour transformer les ingrédients en repas nutritifs et appétissants que les astronautes voudront vraiment manger.

Alors, comment réinventer les systèmes de productions alimentaires pour qu'ils soient durables et fonctionnent dans l'espace? C'est pour cela que nous faisons appel à vous. La NASA et l'Agence spatiale canadienne lancent des concours, le défi de l'alimentation dans l'espace et offrent des prix en argent à tous ceux et celles qui peuvent trouver de nouvelles façons de nourrir nos astronautes lors de futures missions d'explorations spatiales de longues durées. Ce qui est vraiment formidable, en plus de nourrir les humains interplanétaires, c'est que ces solutions alimentaires spatiales pourraient avoir des effets transformateurs sur les systèmes alimentaires terrestres en aidant à résoudre l'insécurité, les pénuries alimentaires sur notre propre planète. Le défi d'alimentation dans l'espace lointain, ah, mais c'est extraordinaire et impressionnant !
 
CHRIS FRANGIONE : J'espère bien que ça vous a inspiré et que ça vous donne le goût de participer. Alors, je vais donner la parole à Angela qui est coanimatrice, aujourd'hui. C'est la directrice du défi de l'alimentation dans l'espace de la NASA. Elle va passer au travers d'un aperçu du défi en soi.
 
ANGELA HERBLET : Merci Chris! Et comme Chris l'a mentionné, avant d'entreprendre notre discussion des panélistes, je vais vous donner un aperçu du défi de l'alimentation dans l'espace. C'est ce qui nous a rassemblés ici, aujourd'hui. Alors que nous réfléchissons à l'histoire de l'exploration spatiale, les collaborations internationales ont été essentielles à la réussite d'innombrables missions spatiales. De la même façon, le défi représente une collaboration sans précédent entre la NASA et l'Agence spatiale canadienne pour soutenir les politiques spatiales des deux gouvernements. Donc, nos deux organismes se sont réunis pour organiser des compétitions parallèles autour de sujets importants de l'alimentation au profit des missions d'explorations spatiales et des impacts potentiels, ici, sur la Terre. Au cours du processus du développement, la NASA et l'ASC ont coordonné la conception du défi. Ils se sont mis d'accord pour l'énoncé du défi, des objectifs et des critères.
 
En ce qui a trait à l'administration du défi, la NASA et l'ASC gèrent chacune leurs propres règles, guide du candidat, bourses des prix et critères d'admissibilité. Il est important de noter que l'ASC n'a aucune responsabilité à l'égard du défi mené par la NASA et de même, la NASA n'a aucune responsabilité à l'égard du défi dirigé par l'ASC.
 
Donc, l'objectif du défi de l'alimentation dans l'espace vise la création de nouvelles technologies ou de nouveaux systèmes de productions alimentaires qui requièrent un minimum d'intrants et maximisent la production d'aliments sains, nutritifs et savoureux pour les missions spatiales de longues durées et qui ont aussi le potentiel de profiter aux gens sur la Terre. Dans la phase 1 du défi, les concurrents doivent produire une conception robuste pour un nouveau système de production alimentaire. Les règles de la NASA et le guide du candidat de l'ASC décrivent les contraintes et les critères de ces conceptions. Nous ne recherchons pas un système alimentaire élargi qui répondrait à tous les besoins nutritionnels de l'équipage, mais plutôt les éléments d'un système global qui contribueront de manière significative et seront intégrés dans un système alimentaire.
 Alors, vous voyez ici, pour l'équipe des Etats-Unis et international, la date limite d'inscription se termine le 28 mai et il faut absolument s'inscrire pour les équipes des Etats-Unis et les équipes internationales. Ce n'est pas requis pour les équipes canadiennes. Alors, assurez-vous de vérifier le site internet afin d'aller voir les détails pour l'inscription et les critères d'admissibilité. Les soumissions doivent être envoyées au plus tard le 30 juillet et les gagnants seront annoncés en septembre 2021. Il y a trois pistes que les équipes peuvent sélectionner pour participer au concours. L'un est le prix de la NASA qui attribuera une bourse allant jusqu'à 500 000$ américains et jusqu'à 20 équipes ayant obtenu le meilleur pointage et répondent aux critères d'admissibilité.


L'Agence spatiale canadienne accordera 300 000$ canadiens en subvention jusqu'à 10 équipes recevant chacune 30 000$ et une invitation à être demi-finalistes à la phase 2 du défi. Et les équipes qui participent au concours doivent aussi répondre aux critères d'admissibilité uniques de l'Agence spatiale canadienne. Pour ceux et celles qui ne répondent pas aux critères d'admissibilité du prix de la NASA ou du prix de l'Agence spatiale canadienne, il existe un prix de reconnaissance qui récompensera les dix meilleures équipes internationales choisies par la NASA et l'ASC. Les critères d'admissibilité spécifiques pour chaque catégorie de prix se trouvent dans les documents des règles de la NASA et le guide du candidat de l'ASC.

Je sais que ça, c'était un aperçu rapide, mais si vous avez des questions, Chris vous a présenté l'adresse courriel et n'hésitez pas à communiquer autant que possible pour obtenir des réponses au sujet des critères d'admissibilité.

Maintenant, nous allons sauter dans le cœur de la matière. Nous sommes ici pour parler principalement de nourriture et de repas dans l'espace. Nous remonterons à l'histoire visant à nourrir les équipages de missions au fil des années, les recherches qui ont été effectuées sur l'impact de la nutrition et comment ces recherches ont contribué à la façon dont nous planifions les missions. Et nous voulons aussi parler de la façon dont l'innovation pourrait avoir un incidence sur la production alimentaire à la fois pour les missions futures et pour la Terre. Il est également important de présenter les points de vue des astronautes.

Les documents décrivant les défis présentent en détail les critères de performances, acceptabilité, sécurité, les intrants et extrants en matière de ressources et fiabilité et stabilité. C'est une chose de lire les critères de performance sur papier, mais c'est différent quand on entend ce que ces critères de performances signifient du point de vue de l'utilisateur final.

Nous espérons que cette perspective se révèlera bénéfique lorsque vous réfléchissez à vos créations et votre démarche par rapport au défi.

Je vais maintenant donner la parole à Chris, notre modérateur pour présenter les panélistes.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci! Donc, nous avons cinq panélistes, aujourd'hui. Je vais rapidement vous les présenter. Je vais faire une brève présentation et leur laisser parler d'eux-mêmes lorsqu'ils vont commencer à parler.

Alors, premièrement, Grace qui occupe le poste de chef scientifique principal pour le travail de recherche sur les technologies alimentaires avancées de la NASA, au Centre spatial Johnson. C'est à propos de déterminer des méthodes, des technologies pour développer des systèmes alimentaires sains, nutritifs et appétissants qui vont favoriser la santé des astronautes durant les missions spatiales de longues durées. Elle va vraiment vous enseigner que l'aspect de palatabilité est très important.

Scott dirige le laboratoire de biochimie nutritionnelle au Centre spatial Johnson de la NASA et il s'occupe de garder les équipages en santé.

Natalie est responsable des projets en médecine spatiale opérationnelle à l'Agence spatiale canadienne. Elle appuie les aliments sur les missions canadiennes durant les missions de SSI.

Don est un ancien astronaute de la NASA, scientifique, conférencier, éducateur et auteur de Orbit of Discovery à propos de sa mission STS-70 à bord de la navette spatiale Discovery. Il a passé 44 jours dans l'espace et a tourné autour de la Terre près de 700 fois.

Et Jeremy est l'un des deux astronautes recrutés et sélectionnés par l'Agence spatiale canadienne en mai 2009, dans le cadre de la troisième campagne de recrutement d'astronautes canadiens. Il est l'un des 14 membres de la 20e classe d'astronautes de la NASA. Il travaille au centre de mission de contrôle entre la Terre et la station internationale.

Alors, je vais demander aux panélistes d'allumer leur vidéo afin que nous puissions...

Alors, pour vous rappeler aux panélistes si vous pourriez partager... Parlez-nous un peu de vous, en fait, quand vous allez commencer à répondre aux questions, ce serait très utile.

Alors, Grace, nous aimerions entendre votre expérience dans le développement des recherches pour garantir que les futurs systèmes alimentaires répondent aux exigences de santé des équipages sur les véhicules de vols spatiaux.
 
GRACE DOUGLAS : Oui, merci! Alors, je travaille au laboratoire et nous produisons tous les aliments qui sont envoyés à la Station spatiale internationale et nous travaillons aussi pour déterminer comment nous allons pouvoir nourrir les astronautes lors de toutes les missions spatiales ainsi que les autres missions vers Mars. Alors, une des choses que nous devons nous assurer de faire est de déterminer quels systèmes alimentaires répondent aux objectifs de la mission. Pour arriver à ce système alimentaire, nous devons considérer ce qui nous manque, aujourd'hui. Et le système que nous utilisons en ce moment ne va pas maintenir la nutrition pour une mission très éloignée, par exemple, vers la planète Mars. Donc, quand nous pensons à ces missions, même en ce moment, pour la station spatiale internationale, nous préparons les aliments d'avance. Nous devons les envoyer sur un véhicule qui va être lancé dans l'espace. Il doit y en avoir suffisamment pour l'équipage afin qu'ils aient suffisamment d'aliments en réserve. Donc, même avant que les astronautes puissent consommer les aliments, ça peut prendre six mois, un an. Alors, tous les aliments que nous envoyons doivent avoir une durée de vie d'environ 5 ans.

Notre système alimentaire actuel ne répond pas à ces besoins. Il faut ajouter la réfrigération et les ressources. Donc, nous ne savons pas à quoi les systèmes alimentaires futurs vont ressembler. C'est la raison pour laquelle vous êtes tous ici aujourd'hui. Et ce dont nous devons faire pour pouvoir répondre à toutes ces questions. Est-ce que c'est acceptable? Quelles sont les ressources? Quels sont les intrants, les extrants que ça va nécessiter? Et l'accessibilité, la nutrition du système parce que même si les aliments sont nutritifs, s'ils ne sont pas acceptables ou intéressants à manger, ils ne vont pas les manger. Et tous les astronautes ont plusieurs tâches à exécuter lors des missions, donc, ils doivent être bien nourris. Nous devons alors nous assurer que tous systèmes que nous examinons répondent à toutes ces questions qui font partie du plan de recherche.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci! J'étais en train de visionner une vidéo de l'année 2019 et vous aviez une diapositive qui mentionnait quelque chose comme en ce moment, il y a 65 options alimentaires et seulement quelques-unes d'entre elles peuvent durer pendant 5 ans. Je ne sais pas si c'est une bonne statistique, mais...
 
GRACE DOUGLAS : Oui, ça, c'était particulier à une portion de nos systèmes alimentaires. Il y a différents aliments emballés. En ce moment, il y a des aliments lyophilisés qu'ils vont réhydrater dans l'espace. Essentiellement, il y a des aliments qui sont en sachets et en boîtes de conserve. Nous avons aussi exploré une portion de ces choix alimentaires qui pourraient durer pendant plusieurs années basés sur la dégradation de la qualité. Nous avons déterminé qu'environ seulement 7 sur 65 des aliments en boîte pourraient réussir à avoir une durée de vie de 5 à 7 ans. Alors, ça devient une grande préoccupation parce que si ces aliments ne sont pas acceptables et ne fournissent pas l'apport nutritif, l'équipage ne sera pas en bonne forme et la mission ne réussira pas.
 
CHRIS FRANGIONE : C'est très important, comme vous l'avez mentionné d'avoir plusieurs options. Vous avez mentionné l'aspect de palatabilité. Je vais demander à Don qui a passé 44 jours dans l'espace et nous aimerions entendre parler de ces expériences par rapport aux choix alimentaires, non seulement le goût des aliments, mais la préparation des aliments. Don.
 
DON THOMAS : Oui, merci, Chris. Comme nous l'avons déjà mentionné, j'ai passé 44 jours dans l'espace et durant ce temps, j'ai probablement consommé environ 125 repas. La dernière fois que je suis allé dans l'espace, ça remonte à 24 ans et à ce moment-là, il y avait beaucoup d'aliments thermostabilisés et d'aliments lyophilisés. C'était bien, ce n'était pas nécessairement les aliments les plus savoureux au monde et je ne dirai à personne de consommer des aliments qui seraient servis dans un restaurant des aliments mangés dans l'espace, mais mes aliments préférés étaient du bœuf à la sauce barbecue, le poulet doux-amer et certains autres aliments et plus tard, durant le programme, lorsque j'étais en train de m'entraîner pour la mission 6, à la Station spatiale internationale, j'ai passé quelque temps en Russie et donc, on a pu goûter à certains des aliments russes. Ça nous donnait un peu plus de variétés à bord et ce fut un bon développement.
 
CHRIS FRANGIONE : Excellent, merci! Est-ce que vous pourriez partager, aviez-vous perdu du poids? Est-ce que vous aviez des... des problèmes de santé ou quoi que ce soit?
 
DON THOMAS : Une des choses que j'ai apprises dans l'histoire des voyages spatiaux, c'était Shepherd, alors, c'était les Maggots, la classe des astronautes qui voulaient gagner du poids, mais tous les autres astronautes ont perdu du poids, quelques livres. Moi, j'ai perdu du poids aussi lors de missions. Et Bill Shepherd détient ce record. C'est le seul astronaute qui a gagné du poids dans l'espace.


CHRIS FRANGIONE : Et je ne crois pas qu'il n'y ait aucun autre astronaute qui va le mettre au défi.
 
DON THOMAS : Oui, c'est un record mondial qu'il va garder pour toujours. Mais les missions souvent durent des semaines et donc, au début, on ne mange pas beaucoup parce qu'on s'ajuste à l'apesanteur. Et après quelques semaines, notre corps s'est adapté et on a un appétit normal.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci! Maintenant, je vais demander à Scott de nous partager certains des défis. C'est toujours l'aspect nutritionnel des aliments, mais aussi l'aspect de palatabilité. Pourriez-vous nous parler un peu de cela? Et ensuite, on va poser à Natalie la même question sur ce sujet.
 
SCOTT M. SMITH : Bien, essentiellement, moi, je travaille au laboratoire de Houston. C'est un laboratoire très différent, mais notre travail est semblable. Son équipe travaille à trouver des systèmes alimentaires pendant qu'ils sont dans l'espace et notre travail, c'est de déterminer les apports nutritionnels. Nous passons beaucoup de temps à nous assurer que les équipages sont en santé, qu'ils ont un bon statut de santé, qu'ils mangent bien, qu'ils maintiennent leur masse musculaire et à cet égard, c'est essentiel à la santé de l'équipage. Ils doivent être en bonne forme. Vous savez quand vous visitez le bureau du médecin, il vous pèse, donc, votre masse musculaire est un indice de votre santé en général.

Étant donné que Don a parlé de quelques données, Bill Shepherd a maintenu son poids. Il a fait un excellent travail et il n'est pas seul. Il est peut-être parmi les seuls à avoir gagné du poids, mais les médecins disent que les gens qui maintiennent leur poids mieux, lorsqu'ils atterrissent sur la Terre, que ce soit par la navette qu'ils reviennent au Kazakhstan, les gens ont maintenu leur poids, leur ossature est meilleure et en grande partie, c'est simplement basé sur une bonne nutrition et un bon régime d'exercices. Nous faisons du travail opérationnel pour garder les astronautes en santé. Nous faisons aussi de la recherche pour essayer de comprendre comment le corps change durant les vols et comment atténuer certains des effets négatifs. Nous avons récemment publié notre 30e article issu des choses que nous avons apprises des missions spatiales et nous avons démontré que les équipages qui mangent du poisson perdent moins... ont moins de problèmes avec l'ossature et il y a un certain équilibre et nous avons des données très passionnantes qui sont liées à la nutrition personnalisée où les influences génétiques semblent prédisposer certains astronautes au développement de problèmes visuels. Et essentiellement, c'est une question de la vitamine B, le folate et la vitamine B12. Et nous faisons beaucoup de recherches en ce moment pour déterminer si nous pouvons offrir des suppléments nutritifs et des suppléments de vitamines.

Donc, bref, ça vous donne un aperçu du genre de travail que nous faisons.
  
CHRIS FRANGIONE : Merci! Alors, maintenant, Natalie, si vous pouvez répondre aux questions semblables au sujet de la nutrition et peut-être que vous pouvez nous aider à comprendre le plus grand défi au sujet de la nutrition dans l'espace.
 
NATALIE HIRSCH : Merci, Chris et bonjour à tous et à toutes. Je coordonne le programme de nutrition et d'exercices pour le Canada. Je travaille avec Scott et Grace dans les laboratoires pour NOUS assurer que nous offrons l'appui nutritionnel dont les astronautes ont besoin. Nous nous fions sur l'expertise de Scott et son équipe pour le statut nutritionnel des équipages et nous offrons des suppléments canadiens pour stabiliser leur système lors de missions. En ce qui a trait au défi en matière de nutrition, nous commençons à voir une bonne variété d'aliments en orbite. Une des raisons pour laquelle nous offrons des aliments canadiens, c'est que ça augmente la variété et encourage les astronautes à consommer des aliments pour obtenir les ressources énergétiques dont ils ont besoin. Donc, au fur et à mesure que nous faisons de la recherche, ça va devenir un défi parce que nous voulons maintenir un menu varié pour s'assurer que les astronautes répondent à leurs besoins en énergie.

Une des choses que nous utilisons pour empêcher les changements négatifs, bien, en fait, pour atténuer certains des changements négatifs qui se produisent lors des vols spatiaux et la nutrition est l'une des composantes très importantes pour assurer que les astronautes peuvent avoir un niveau d'énergie adéquat ainsi que les micronutriments pour s'assurer qu'ils maintiennent une bonne santé durant les exercices.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci! Maintenant, Jeremy. Au fur et à mesure que vous vous entraînez, qu'est-ce qui vous passionne le plus et qu'apprenez-vous des astronautes avec qui vous êtes en contact sur la Station spatiale internationale en matière de préparation, de consommation des aliments que vous mangez dans l'espace?
 
JEREMY HANSEN : Bonjour à tous et à toutes. Ça me fait plaisir de me joindre à vous, aujourd'hui. Je suis astronaute pour l'Agence spatiale canadienne et je me prépare pour une mission spatiale depuis longtemps. Je ne suis pas encore allé dans l'espace, mais j'ai consommé des aliments dans des endroits très bizarres et très intéressants, comme les missions NEEMO où nous vivons un habitat en tant qu'équipage sous l'eau. J'ai fait des voyages dans l'Arctique canadien, j'ai étudié la géologie et les cratères ainsi que comme pilote-chasseur, j'ai vécu dans des missions de survie où ça m'a donné une autre perspective en matière d'alimentation.

Une des choses que j'aimerais partager avec vous, aujourd'hui et dont Don a mentionnée, je considère les aliments dans différentes catégories. Parfois, vous essayez tout simplement de survivre, donc, le goût des aliments n'est pas si important, vous voulez tout simplement pouvoir consommer des aliments afin de survivre. À d'autres moments, vous êtes tellement occupés, il y a tellement de choses qui se passent, vous avez besoin de manger tout simplement pour continuer à faire votre travail. Vous voulez que ce soit rapide, vous voulez avoir l'apport nutritionnel dont Natalie a mentionné afin de pouvoir donner un bon rendement. Ça, c'est une différente catégorie. Et il y a une troisième catégorie que nous n'avons pas souvent, mais vous l'avez vu dans la vidéo où vous aimez manger en tant qu'activité communautaire. Ces jours-ci, lors de la formation des astronautes, nous passons beaucoup de temps à discuter du travail en équipe et la communication. Tout comme une famille s'assoit autour de la table et entame une conversation, nous encourageons les astronautes à trouver suffisamment de temps, pas nécessairement tous les soirs, mais à bord de la station spatiale, avoir un repas communautaire et discuter de certains sujets d'améliorations et la nourriture en fait partie. Et donc, préparer les aliments en tant que communauté, c'est une expérience complètement différente. Au fur et à mesure que nous explorons et que nous essayons d'envoyer des aliments sur la Lune et sur la planète Mars que nous allons avoir le temps d'avoir ces expériences, bien, il faut garder ces choses en tête. Les catégories de survie, les catégories alimentaires pour nous aider à faire notre travail et des catégories de nourriture pour partager avec nos coéquipiers. J'ai eu des occasions de participer à des tests de dégustation d'aliments lors d'événements de formations et il y a tellement de variétés. Si je regarde mes notes, il y a beaucoup de repas qui existent. Il semble y en avoir environ 160. Moi, j'ai donné des 8 sur 10 et des 9 sur 10 en tant que notes pour plusieurs différents aliments. Et j'ai l'impression que nous sommes en bonne forme à cet égard.

Et moi, je suis très très emballé au sujet de toutes les personnes qui se joignent à ce défi alimentaire dans l'espace lointain. Premièrement, vous allez nous permettre d'explorer différentes choses et ça, c'est vraiment génial! Et toutes les personnes qui participent à cette séance Zoom adore ceci, mais aussi les bienfaits que vous pouvez accorder à l'humanité sont potentiellement énormes, tout comme un exemple, au Canada, nous parlons beaucoup de sécurité alimentaire dans les régions éloignées du Nord canadien. À cause des changements climatiques, nous voyons que nos ressources alimentaires sont en train de changer, les endroits où le transport est très dispendieux et donc tout ce que nous pouvons faire pour trouver de nouvelles façons d'assurer la sécurité alimentaire dans l'espace pourrait avoir le potentiel de nous aider sur Terre. Alors, je vous félicite de participer à ce défi.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci beaucoup, je l'apprécie énormément. J'aimerais poser une question à qui que ce soit, peut-être une question un peu controversée. Donc, nous avons un défi alimentaire ici. Il y a autant de concurrence que de collaborations. Alors, qui a les meilleurs aliments? Que ce soit des aliments que vous avez consommés ou certains d'entre vous qui avez analysés, mais quels pays sont connus comme ayant les meilleurs aliments ou la meilleure nourriture? Personne ne veut répondre?
 
SCOTT M. SMITH : Bien, moi, je vais y répondre. Vous l'avez déjà entendu auparavant. La plupart des équipages nous disent ceci, ce ne sont pas tous les équipages, mais ils nous disent que le plus grand défi, c'est la variété. Lorsqu'ils sont en mission pendant 6 mois à la Station spatiale internationale, la variété d'aliments se répète aux huit jours peu importe à quel point les aliments sont savoureux ou non, vous mangez la même chose aux huit jours. Donc, tout ce qui pourrait nous aider à augmenter la variété serait très utile. Pendant quelques jours, ils consomment des aliments canadiens, pendant quelques autres jours, ils consomment des mets japonais.
 Si on examine la Station spatiale Mir, dans les années '90, lorsque leur véhicule de ravitaillement arrivait, ils consommaient des agrumes, des tomates, des oignons et à un moment donné, un des membres de l'équipage a dit qu'il essayait de prendre une bouchée d'un oignon et c'est la meilleure chose qu'il avait mangée depuis longtemps parce que je ne sais pas si les oignons sont les meilleurs aliments, mais c'est toujours une question de perspective.
 
CHRIS FRANGIONE : Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre qui aimerait répondre? Oh, allez-y!
 
GRACE DOUGLAS : Moi, j'étais pour ajouter qu'un des grands défis lorsque nous travaillons en laboratoire, comme Scott l'a mentionné, la variété et des aliments frais, plusieurs des légumes et des fruits que nous mangeons sont frais, donc, le défi, c'est de fournir ces aliments de façon acceptable, essentiellement sous forme transformée pour qu'ils puissent perdurer à la température ambiante. Pour les missions futures, la réfrigération est nécessaire et il y a beaucoup de ressources nécessaires. Donc, dans l'espace, il fait froid. Bien, ça dépend de l'orientation par rapport au soleil. Si vous allez utiliser l'aspect froid dans l'espace, vous avez quand même besoin de beaucoup de ressources pour fournir l'infrastructure, la protection et à savoir si c'est mieux que d'utiliser un réfrigérateur est encore inconnu. Mais quand on examine la variété des aliments, nous avons tous des commentaires comme ceci: «Bien, moi, je ne mange pas beaucoup d'aliments moi-même, je ne mange seulement que dix choses dans la journée». Mais le grand défi, c'est qu'il y a plusieurs différentes personnes et vous ne connaissez pas toujours leurs goûts alimentaires, alors nous essayons d'offrir des aliments qui sont acceptables pour tous et toutes et ça, c'est toujours un défi. Ce que vous mangez, autour du repas familier est souvent différent. Donc, quand nous créons des emballages pour envoyer par les véhicules spatiaux, on voit souvent les mêmes menus, alors si nous voulons augmenter la variété des aliments, ça diminuerait la disponibilité parce que nous travaillons dans un système restreint, un système qui a une certaine limite. Alors, en ce moment, il y a deux ou trois sachets d'un type d'aliment. Si vous êtes pour fournir d'autres emballages de quelque chose différent, il faut limiter une autre chose. Donc, si quelqu'un aime beaucoup le brocoli, la personne pourrait consommer trois sachets de brocoli en une période de huit jours.

Alors, si vous voulez offrir davantage de variétés, peut-être que la personne va seulement consommer du brocoli une fois sur une période de huit jours. Alors, voici où c'est un défi. Comment fournir des aliments de façon acceptable en matière de variétés, en matière d'aliments frais lorsque nous avons des ressources limitées dans un système clos. Je crois que c'est un des plus grands défis que nous espérons résoudre.
 
CHRIS FRANGIONE : Don.

DON THOMAS : Oui, pour répondre à cette question à savoir quel pays offre les meilleurs aliments, bien, il y a beaucoup d'aspects culturels, vous savez. On a tous tendance à allier nos préférences à notre culture. Les aliments de la NASA sont très savoureux, mais j'ai apprécié aussi d'autres types d'aliments. C'est important d'avoir une variété au menu, comme tout le monde l'a mentionné.
 
CHRIS FRANGIONE : Excellent! Grace, la façon la plus facile de résoudre ce problème, c'est seulement d'envoyer la classe de deuxième année de ma petite fille parce que tout ce qu'ils mangent, c'est des pâtes avec du beurre. Tant que le fromage parmesan est acceptable, je crois que nous pourrions résoudre le problème de l'alimentation dans l'espace avec des jeunes de 8 ans.

Maintenant, en fait, Grace, je vais vous poser une question. Que voyez-vous comme étant le plus grand défi que nous avons appris du passé et que nous devons appliquer pour le développement futur des systèmes alimentaires? Et ensuite, aux personnes qui participent, nous allons mentionner ce à quoi nous nous attendons.
 
GRACE DOUGLAS : Oui et je crois définitivement que c'est une question de s'assurer que nous ayons de la variété ainsi que du choix malgré les limites du système. Nous devons aussi offrir un apport en vitamines, par exemple. Les vitamines jouent un rôle important pour certaines choses, mais il y a des milliers de produits biochimiques et nous voulons offrir un certain choix. Si nous disons à une personne qu'elle doit consommer la même chose tous les jours pour obtenir un apport en nutriments, mais que la personne ne veut pas faire ça, ça va être un grand défi, ça devient un aspect psychologique, une chose qu'il déteste faire. Quand nous examinons les aliments, au fur et à mesure que les missions vont devenir de plus en plus longues, la saveur des aliments, la stabilité des aliments deviennent de plus en plus importantes pour l'équipage, pour l'aspect de camaraderie et offrir des aliments familiers et acceptables deviennent de plus en plus importants, mais ça cause aussi un défi à cause de la durée des missions.

Donc, si je regarde toutes les missions dans la Station spatiale internationale, nous avons appris qu'il n'y avait pas suffisamment de choix alimentaires. Offrir exactement le nombre de calories dont nous avons besoin n'est pas une bonne façon de l'approcher. Nous devons entrevoir d'autres approches pour créer des choix.
 
CHRIS FRANGIONE : Maintenant, Natalie et Scott, du point de vue de la nutrition, que considérez-vous comme étant le plus grand défi pour des missions de longues durées?
 
NATALIE HIRSCH : Je crois que nous en avons parlé dans l'aspect de la variété. Nous voulons nous assurer que les équipages ont suffisamment d'énergie ainsi que de micro et de macronutriments, alors, la façon de le faire, c'est de s'assurer qu'ils mangent suffisamment à partir d'une bonne variété d'aliments et c'est ce qui va continuer à être un défi à l'avenir.

CHRIS FRANGIONE : Scott, vous avez quelque chose à ajouter?
 
SCOTT M. SMITH : Oui. Oui. Pour les astronautes, la première chose que je leur dis, c'est: «Vous devez manger, vous devez prendre des calories et vous devez maintenir votre poids». Au-delà de cela, nous examinons les macronutriments et les micronutriments. Au fur et à mesure que nous regardons plus loin que l'orbite de la Terre, il va falloir avoir un profil plus élevé, il va falloir commencer à examiner, comme Grace l'a mentionné, des aliments qui contiennent plus de légumes et de fruits. La chose que nous ne comprenons pas, c'est comment ils peuvent aider à être une solution pour le cancer. Nous ne l'avons pas encore trouvée. Mais nous savons que les gens qui mangent plus de brocoli ou plus de fruits et de légumes sont moins susceptibles de développer le cancer. Donc, nous devons adapter les systèmes alimentaires afin de pouvoir les optimiser et qu'il soit un système alimentaire sain qui va être consommable par les équipages.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci! Don et Jeremy, du point de vue d'être ceux qui sont dans l'espace, qui ont 18 000 choses à faire par jour, quels sont les plus grands défis selon vous auxquels les astronautes font face dans la consommation… la consommation, la préparation des aliments. Nous aimerions vous entendre à ce sujet.
 
DON THOMAS : Bien, je vais commencer. Vous savez, sur la navette spatiale, nous avons une heure pour déjeuner, pour dîner, pour souper et il y a une pause, c'est le moment de ramasser les ingrédients pour préparer votre nourriture et ensuite, de manger. C'est un événement auquel les gens ont vraiment hâte d'entreprendre. Même lorsque c'est  une mission brève de 16 jours, les aliments étaient très faciles à préparer et vous ajoutez de l'eau aux aliments lyophilisés. Vous mettez dans un four à convection les autres aliments qui doivent être chauffés. Les aliments sont très faciles à préparer.

Essentiellement, nous voulions manger et ensuite, aller regarder par la fenêtre pour regarder l'espace. Tout comme les Américains regardent la télé, bien dans l'espace, vous voulez tout simplement prendre votre nourriture, aller à la fenêtre et regarder le monde extérieur.
 
CHRIS FRANGIONE : Est-ce qu'il y a une fenêtre qui était meilleure que d'autres?
 
DON THOMAS : Bien, ça dépend de l'orientation de la navette spatiale. Il y avait deux grandes fenêtres et les astronautes regardaient souvent par ces deux fenêtres. Vous partagez un repas ensemble et nous partagions aussi la vue que nous voyions. C'était absolument la planète Terre que nous voyions par la fenêtre.
  
CHRIS FRANGIONE : Jeremy, vous avez quelque chose à ajouter?
 
JEREMY HANSEN : Oui! Les missions de Don étaient très chorégraphiées. C'était des missions du début à la fin sur la navette spatiale. Et dans la Station spatiale internationale, vous avez beaucoup plus de temps. Nous sommes devenus très habiles maintenant parce que nous faisons beaucoup de recherches et donc, les astronautes sont très occupés sur la Station spatiale internationale. Et donc, ils passent beaucoup plus de temps que sur la mission de Don.

Donc, pour répondre à votre question, Chris, ça dépend vraiment. Il y a certains jours où on essaie tout simplement d'avoir un apport alimentaire. Certaines des expériences que j'ai vécues sur Terre, parfois, on veut tout simplement se dépêcher à manger et assurer un apport alimentaire et d'autres jours, on est à la recherche d'une expérience alimentaire. Donc, au fur et à mesure que nous explorons, nous n'avons pas autant de tâches que nous avions auparavant. Donc, c'est d'aller atterrir quelque part. Donc, il pourrait y avoir du temps pour préparer des aliments ou profiter d'un repas. Mais on ne voudrait pas avoir à compter là-dessus à tout moment.

Donc, j'ai remarqué qu'une des questions dans la section des questions/réponses est : Est-ce que le goût des astronautes change au fil du temps? Don, vous seriez en meilleure position pour répondre que moi, mais plusieurs des astronautes ont répondu oui. Vous avez peut-être remarqué que quand les astronautes sont en vol, leur visage devient un peu plus gonflé. C'est à cause du manque de gravité. Et donc, notre système sanguin est dans notre tronc ou dans notre corps, mais en espace, ça se redistribue de façon normale. Et donc, vous perdez un peu le sens du goût. Vous allez probablement vouloir consommer plus d'épices que d'habitude. Alors, il y a beaucoup de gens qui apportent de la pâte wasabi ou de la sauce piquante pour avoir une chose au goût parce que les aliments deviennent un peu plus fades dans l'espace.
 
CHRIS FRANGIONE : Je vais vous poser une dernière question à tous et à toutes. Je vais vous demander d'y répondre en 15 secondes ou moins et ensuite, nous allons ouvrir la section de questions/réponses. Et Angela a surveillé les questions. Elle va commencer à poser ses questions.

Donc, dernière question: Quelle est la chose au fur et à mesure que les gens participent ou planifient participer à ce défi, quelle est la chose la plus importante que vous pensez qu'ils devraient prendre en considération de votre point de vue. Alors, quiconque veut commencer?
 
SCOTT M. SMITH : Je vais y aller. Allez-y en premier.
  
JEREMY HANSEN : Il y a tellement différents aspects. Il y a beaucoup de mentions sur les aliments que nous préparons, mais la chose qui me passionne le plus, c'est comment nous, en tant qu'espèces, nous produisons des aliments dans l'espace sur la Lune ou sur Mars. Si quelqu'un peut briser le moule à ce sujet, peut-être que ça ne devrait pas être aussi conventionnel que possible, mais pensez à l'énergie nécessaire.
 
CHRIS FRANGIONE : Scott.
 
SCOTT M. SMITH : Afin d'être nutritifs, les aliments doivent être mangés, donc, peu importe à quel point votre système alimentaire pourrait être, ça doit être intéressant, ça doit avoir un bon goût, ça doit être savoureux. Vous devez garder ceci en tête.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci! Maintenant, Grace.
 
GRACE DOUGLAS : Le processus peut être tout aussi important que le produit final en termes d'acceptabilité. Si vous pensez à une mission d'exploration par rapport à où il y a des spécialistes, ces missions vers Mars n'auront probablement pas de spécialistes dans l'espace. Alors, qu'est-ce que vous aimeriez préparer chez vous après le travail? Donc, toutes les solutions auxquelles vous pensez, réfléchissez à une solution que les gens voudraient utiliser dans leur foyer.
 
CHRIS FRANGIONE : Natalie.
 
Natalie HIRSCH : Pour ajouter un aspect différent, nous avons aussi besoin d'un système qui est fiable surtout alors que nous nous éloignons de plus en plus de la Terre. Le système doit être robuste et il doit être absolument fiable, c'est très important.
 
CHRIS FRANGIONE : Et Don. Ensuite, je vais donner la parole à Angela.
 
DON DOUGLAS : Bien, la palatabilité veut dire comme c'est consommable et les fèves de Lima goûtent bon, mais moi, je ne vais pas en manger dans l'espace. Donc, il faut s'assurer que les aliments soient savoureux. Si c'est une chose qui va me faire sentir beaucoup mieux psychologiquement, ça va aider la nutrition et ça va aider au bienêtre des astronautes, en général.
  
CHRIS FRANGIONE : Alors, il nous reste environ 10 minutes. Je vais donner la parole à Angela qui va nous partager certaines des questions que nous avons reçues.
 
SCOTT M. SMITH : Rapidement, j'aimerais faire un petit commentaire. Après le commentaire de Don, vous avez raison, mais ça, ça frappe un autre critère. Bien, vous n'aimez peut-être pas les haricots de Lima, mais il pourrait y avoir un autre astronaute qui aime les haricots de Lima et c'est ce qui nous donne un défi parce qu'il y a un certain membre de l'équipage qui a dit: «On a du gruau» et il y en a d'autres qui ont dit: «Non, ne les jetez pas, moi, je vais les manger quand on va arriver à la station spatiale». Alors, plus on creuse dans la matière, plus on voit à quel point c'est difficile.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci, merci d'avoir fait ce commentaire. Angela.
 
ANGELA HERBLET : Oui, absolument. Excellente discussion! Vous avez tous répondu à plusieurs des questions. C'est vraiment génial! Alors, Don en a mentionné quelques-unes.
 Voici la première question avec laquelle je vais commencer. Qu'est-ce que les astronautes disent qu'ils ont le plus de difficulté? Est-ce que c'est le goût, la texture, la variété? Qu'est-ce que vous aviez de la difficulté à surmonter en ce qui a trait à l'acceptabilité des aliments?
 
DON THOMAS : Moi, je vais commencer. Je crois que vous avez touché à plusieurs des choses. Jeremy a mentionné que parfois les aliments sont un peu fades. On veut que ce soit un peu épicé. La constance, vous savez, il y a des aliments qui sont un peu épicés, donc, vous fermez les yeux et vous mangez dans un restaurant, comme des crevettes. Moi, j'aimais certaines choses qui étaient... c'était des fraises, pas comme celles que je mangerais sur la Terre, mais l'arôme, quand j'ouvrais le sachet, je sentais l'odeur de fraises. Et parfois, la saveur, l'arôme, la consistance des aliments sont aussi importantes.
 
JEREMY HANSEN : Oui, moi, j'ai mangé beaucoup d'aliments terrestres sur Terre, mais il y a certaines des choses qui manquent, par exemple, nous évitons des aliments qui créent des miettes, par exemple, comme une tranche de pain. Vous pouvez vous imaginer quand vous prenez une tranche de pain et là, vous voulez la beurrer et là, il y a des miettes qui volent partout. Ou des croustilles, si vous ouvrez un sac de croustilles, vous auriez des miettes de croustilles qui voleraient dans l'air. Donc, il faut éviter certaines de ces choses. Alors, certains des denrées alimentaires pour soutenir votre régime alimentaire n'est tout simplement pas disponible en ce moment.
 
ANGELA HERBLET : Merci! Maintenant, une personne a posé la question qui disait: La nutrition et l'alimentation commencent avec les yeux. Donc, à quoi les aliments ressemblent vous invite à commencer les repas. À quoi ressemblent les repas? Est-ce que vous les voyez quand vous les consommez ou est-ce que tous les aliments ou toute la nourriture est à l'intérieur d'un sachet? Comment est-ce que vous les consommez?
 
GRACE DOUGLAS : J'étais pour mentionner que la nourriture est emballée dans des sachets et la raison, c'est que ça les protège de l'humidité, de l'oxygène et leur donne une durée de vie beaucoup plus longue. Et ce sont tous des aliments transformés à ce stade-ci. Nous essayons d'ajouter différents ingrédients, différents colorants pour la nutrition et pour améliorer l'apparence des aliments et l'acceptabilité des aliments ainsi que leur durée de conservation.
 
DON  THOMAS : Et pour les aliments lyophilisés, ce n'est pas très appétissant, mais vous savez qu'une fois que vous y ajoutez de l'eau, la consistance va s'améliorer et vous allez avoir un meilleur arôme. Donc, en général, je vous dirais que les aliments dans l'espace n'ont pas une apparence appétissante. À ce moment-là, ça ne commence pas avec les yeux. C'est beaucoup plus dans votre esprit, quel va être le goût des aliments et quel va être l'arôme des aliments quand vous allez ouvrir l'emballage.
 
ANGELA HERBLET : Génial, merci! Jeremy, je vais vous poser cette question à vous. Une personne a mentionné qu'il y a une intersection offrant les mêmes genres de nourriture aux troupes. À quoi les aliments ressemblaient lors des missions NEEMO et comment est-ce que cela se compare aux aliments qui sont préparés pour les voyages dans l'espace? Est-ce qu'il y a des technologies semblables et qu'est-ce que vous croyez qui pourrait être amélioré?
 
JEREMY HANSEN : Bien, je vais vous partager mon point de vue et peut-être que Scott et Grace pourraient ajouter leurs commentaires. En plus des aliments qui sont fournis par la NASA et les autres partenaires internationaux, nous avons la capacité de choisir certains aliments pour augmenter notre régime alimentaire. Nous avons le droit de les apporter avec nous lors de missions spatiales. J'ai utilisé des aliments qu'on achèterait pour aller faire du camping, par exemple, pour des aliments qu'on peut réhydrater, des aliments non périssables que nous pouvons apporter avec nous, lors de missions. Certains des aliments dans notre système alimentaire, si je ne me trompe pas Grace, sont des aliments qui sont donnés aux militaires. Donc, il y a certainement certaines technologies qui ont été élaborées pour traiter de la durée de vie, l'accessibilité et la préparation. Donc, c'est très utile dans l'environnement de l'armée, par exemple ou les environnements militaires.
 
ANGELA HERBLET : Merci ! Ah, Grace, est-ce que vous vouliez ajouter un commentaire?
 
GRACE DOUGLAS : Je pourrais ajouter que nous utilisons, oui, des aliments qui sont offerts aux militaires, mais souvent, ils sont très élevés en teneur de sel et même les menus d'aliments préemballés, c'est un défi parce que le sel goûte bon, donc, nous devons nous assurer de maintenir une teneur en sel adéquate et certains des aliments que nous avons développés sont des aliments qui réduisent la teneur en sel.
  
ANGELA HERBLET : Je vais terminer avec cette dernière question. Malheureusement, nous nous rapprochons de la fin de notre webinaire et il y a d'excellentes questions, mais voici une dernière question. Quand vous réfléchissez aux aliments que vous offrez aux astronautes dans un espace clos, est-ce qu'il y a certains aliments comme du chou, des oignons, du chou de Bruxelles qui sont interdits parce qu'ils causent d'autres implications physiques ou est-ce que c'est différent quand vous êtes dans l'espace?
 
JEREMY HANSEN : Bien, une des choses qui me viennent en tête et que j'ai apprises de la part de mes collègues, il y a eu certains repas contenant du poisson qui avaient une odeur très très forte. Une fois qu'on ouvrait le sachet, l'odeur se répandait partout à l'intérieur du module. Donc, il faut penser à l'arôme, je crois.
 
ANGELA HERBLET : Et Natalie ou Scott, avez-vous certains commentaires à cet égard ?
 
SCOTT M. SMITH : Bien, moi, je dirais que les aliments doivent quand même avoir une forte teneur en fibres, donc, il n'y a aucune limite en ce qui a trait à certains aliments en particulier.
 
DON THOMAS : J'aimerais ajouter, et on discute de cela avec les autres membres de l'équipage et à ce moment-là, on a tendance à éviter ces aliments parce qu'on a appris d'autres personnes qu'il faut considérer les autres membres de l'équipage également.
 
ANGELA HERBLET : Excellent point ! D'accord. Alors, voilà la fin de la séance de questions/réponses. Alors, merci, merci beaucoup à nos panélistes. Ce fût une excellente discussion et il y a beaucoup beaucoup de questions qui ont été posées. Nous allons travailler avec les panélistes pour offrir des réponses à ces questions et les afficher sur les sites internet.

Encore une fois, nous vous rappelons que ce webinaire sera disponible en ligne, y compris la version française. Vous allez être en mesure de trouver ces enregistrements et le webinaire sur le site web Impact Canada et celui de la NASA. Et je vais maintenant laisser Chris terminer la séance et merci beaucoup à tous les participants et à toutes les participantes.
 
CHRIS FRANGIONE : Merci à nos panélistes. Quelle discussion intéressante! Nous sommes désolés de ne pas avoir pu répondre à toutes vos questions. Quelles sont les prochaines étapes? Nous aimerions bien que vous participiez à tous ces défis, que ce soit le défi des États-Unis, le défi du Canada ou le défi international. Alors, n'hésitez pas à vous rendre sur le site internet pour apprendre les détails au sujet des défis et des concours. Si vous allez à deepspacechallenge.org, vous allez être en mesure de recevoir les infolettres et les mises à jour. Nous avons également un groupe LinkedIn pour suivre ces conversations. Si vous allez sur le site LinkedIn qui est indiqué sur la diapositive, vous allez pouvoir avoir une discussion. Comme Angela l'a mentionné, le webinaire précédent a déjà été téléchargé, celui au sujet des règles et des admissibilités et pour les Canadiens, le 23 mars, il va y avoir une séance pour le concours canadien sur le site internet d'Impact Canada.

Merci d'avoir pris le temps de participer avec nous. Nous espérons bien voir toutes sortes de solutions qui vont nous aider à résoudre nos défis dans l'espace ainsi que résoudre nos défis sur la Terre. Merci beaucoup !

Questions posées lors du webinaire

ADMISSIBILITÉ ET INSCRIPTION

  • 1. Les individus peuvent-ils soumettre un concept?

    Pour les équipes internationales américaines et non canadiennes, oui, tant que les conditions d’admissibilité sont remplies, un particulier peut participer au Défi et gagner un prix.

    Pour les équipes canadiennes, les individus ou groupes d’individus sont encouragés à soumettre une demande pour le Défi, mais pour être admissibles à recevoir des prix, ils devront créer une entité juridique canadienne (comme une société ou une organisation à but non lucratif) capable de conclure des accords exécutoires au Canada.

  • 2. Les équipes internationales peuvent-elles participer à la phase 2 si elles gagnent le prix de reconnaissance?

    En présumant que la phase 2 soit ouverte, toutes les équipes sélectionnées comme gagnantes ou ayant reçu un prix lors de la phase 1 seront également invitées à passer à la phase 2. D’autres équipes américaines et internationales (qu’elles aient participé ou non à la phase 1) pourront également s’inscrire pour participer à la phase 2 dès son ouverture.

  • 3. Je suis un particulier à la recherche d’une équipe, OU notre équipe recherche une personne ayant une expertise bien précise. Où devrions-nous nous adresser?

    Un groupe LinkedIn est disponible pour favoriser le réseautage entre les personnes qui cherchent à former ou à rejoindre une équipe et les équipes qui recherchent des membres supplémentaires. Forum Deep Space Food Challenge (Défi de l’alimentation dans l’espace lointain).

    Pour les équipes canadiennes, il y aura une activité de réseautage organisée à cet effet, le 29 avril.
    Vous trouverez plus d’informations ici.

  • 4. Est-ce que chaque membre de l’équipe doit être inscrit, ou une seule inscription par équipe suffit-elle?

    Pour les équipes américaines et internationales, chaque membre de l’équipe doit s’inscrire et soumettre les documents d’inscription requis. Les consultants n’ont pas à s’inscrire en tant que membres de l’équipe. Il appartient aux équipes de décider qui doit s’inscrire en tant que membre de l’équipe et qui doit être considéré comme consultant.

    Pour les équipes canadiennes, l’inscription d’intérêt n’est pas obligatoire. Les renseignements sur tous les membres doivent être fournis au moyen du formulaire de demande. Pour la déclaration d’intérêt, un ou tous les membres peuvent soumettre le formulaire pour l’équipe. Les consultants n’ont pas à faire partie des membres de l’équipe. Il appartient aux équipes de décider qui doit être considéré en tant que membre de l’équipe et qui doit être considéré comme consultant.

PROCESSUS ET SOUMISSION

  • 5. Comment puis-je m’inscrire au Défi?

    Pour les équipes internationales américaines et non canadiennes, veuillez consulter le site https://www.deepspacefoodchallenge.org/register pour commencer le processus d’inscription.

    Pour les équipes canadiennes, l’inscription n’est pas obligatoire, mais suggérée afin que les équipes puissent recevoir des mises à jour sur les événements du Défi. Le formulaire d’inscription pour les équipes canadiennes se trouve sur ici.

    Les équipes peuvent s’inscrire en soumettant leurs concepts à tout moment avant la date limite du 30 juillet ici.

  • 6. Quand le Défi aura-t-il lieu? Quel est le calendrier du Défi?

    La phase 1 du Défi de l’alimentation dans l’espace lointain a débuté le 12 janvier 2021. Voici les dates clés :

    • 28 mai 2021 – Clôture des inscriptions pour les équipes américaines et internationales
    • 30 juillet 2021 – Date limite de soumission pour toutes les équipes
    • Août 2021 – Les comités de juges examinent et notent les soumissions
    • Automne 2021 – Annonce des gagnants de la phase 1
  • 7. Quels renseignements les équipes doivent-ils fournir dans leur soumission?

    Toutes les équipes devront fournir les renseignements requis et une vidéo au moyen d’un formulaire de candidature en ligne. Le formulaire vous invitera à fournir des données pour chacun des critères, à l’exception du mérite scientifique et technique et de la faisabilité de la conception, qui seront évalués sur la base de votre soumission globale. Les équipes canadiennes peuvent trouver ce formulaire sur le site Web d’Impact Canada. Un guide détaillé sur la façon de soumettre le formulaire de candidature est disponible dans le Guide du candidat canadien. Pour les équipes américaines et internationales, un lien pour accéder au formulaire vous sera envoyé une fois que votre inscription sera complète et confirmée, et que vous aurez été admis comme équipe qualifiée.

    Au moyen de ce formulaire en ligne, les équipes fourniront :

    • Un résumé du concept - une description sommaire de la technologie de production alimentaire en 250 mots ou moins. Cela doit donner aux juges l’envie d’en lire plus, alors assurez-vous qu’il soit engageant et intéressant.

    • Le rapport de conception - la description complète de votre concept de technologie de production alimentaire.

    • L’animation du concept – l’occasion pour l’équipe de montrer comment la technologie de production alimentaire fonctionne lorsqu’elle est en opération. L’animation ne doit pas durer plus de cinq minutes et doit inclure l’installation, les manipulations du point de vue de l’utilisateur, les entrées et les sorties, ainsi que l’arrêt et le nettoyage.

    • Déclaration de propriété intellectuelle - Une explication de qui détient la propriété intellectuelle de la technologie de production alimentaire proposée.
     

    Veuillez noter que le formulaire de candidature en ligne est le seul moyen pour qu’un concept de concept soit accepté et examiné par les juges du concours.

  • 8. Les équipes ne peuvent-elles présenter qu’un seul concept?

    Les équipes peuvent présenter plus d’un concept. Toutefois, on ne peut concourir que dans une seule région (États-Unis, Canada ou international non canadien).

QUESTIONS TECHNIQUES – Station spatiale internationale et systèmes

  • 9. Quels sont les types d’appareils de cuisson (le cas échéant) actuellement disponibles sur la SSI?

    Il existe plusieurs vidéos YouTube qui montrent le processus et ce qui est disponible :

  • 10. Y a-t-il des outils de préparation des aliments que la NASA prévoit inclure dans les futurs vols spatiaux? Par exemple, un four pour la cuisson.

    Il n’y a pas de plans particuliers pour les outils de préparation au-delà de la possibilité de distribuer de l’eau et de chauffer certains aliments (mais pas de les cuire). Aux fins du Défi, tout ce dont vous avez besoin pour votre système doit être pris en compte dans les ressources et les exigences de sécurité (températures tactiles). La SSI peut distribuer de l’eau chaude et froide, mais elle est limitée à 2,5 litres par personne, par jour, pour la nourriture et les boissons (en principe), avec des augmentations précises lorsque l’équipage effectue des sorties extravéhiculaires (EVA). La SSI dispose d’un petit réchauffeur de nourriture et d’un petit refroidisseur. Certaines missions à venir peuvent même être plus limitées (pas d’eau chaude, pas de refroidisseur et aucune possibilité de chauffer des aliments pour certaines parties des missions).

  • 11. Quels sont les types de méthodes de cuisson actuellement utilisés?

    Les plus courants sont les tiroirs de réhydratation à l’eau chaude et les tiroirs chauffants pour amener les aliments à la température des « repas chauds ». Des réfrigérateurs sont également utilisés pour refroidir certains produits alimentaires avant leur consommation.

  • 12. Les emballages alimentaires actuels produisent-ils des déchets ou sont-ils réutilisés?

    Les emballages alimentaires actuels génèrent une quantité considérable de déchets, encore plus que ceux que vous produisez en camping avec des repas lyophilisés. Pour varier les saveurs, de nombreux aliments sont proposés dans leur propre emballage et peuvent être mélangés à d’autres aliments. Lorsque vous partez avec un sac à dos, vous prenez généralement un paquet par repas, mais tous ceux qui l’ont fait savent qu’ils sacrifient le goût et la variété des aliments pour gagner du poids.

  • 13. Des aliments sont-ils actuellement cultivés pour être consommés à bord de la SSI?

    Bien que des « cultures spatiales » soient cultivées et consommées à bord de la SSI, elles ne représentent pas pour l’instant une part importante du régime alimentaire des astronautes. À ce jour, les aliments cultivés sur la SSI ne sont pas considérés comme faisant partie du menu de base de la SSI. Cela s’explique par les très petites surfaces de culture (0,2 mètre carré en moyenne). La laitue à feuilles rouges, le chou frisé, le mizuna sont des exemples de cultures qui ont été produites et consommées. Cette technologie progresse.

  • 14. Quels sont les problèmes actuels des coussins de culture?

    La culture de plantes au moyen des coussins de culture actuels présente de nombreux défis. Le problème majeur est que ces coussins ne sont pas réutilisables et qu’ils sont lourds pour ce qu’ils font. Ils sont remplis d’un matériau argileux calciné et contiennent souvent des granulés d’engrais à libération lente. Ils sont bien scellés pour éviter que le substrat ne s’échappe et ne devienne un risque de petites particules pour les astronautes. Comme nous n’avons aucun moyen de les réutiliser dans l’espace, ils représentent une grande perte de ressources lorsqu’ils sont mis au rebut. Même sur Terre, il est plus facile d’en fabriquer de nouveaux que d’essayer de reconditionner les sols et de les réutiliser.

  • 15. Quelle est la plus longue durée de mission à laquelle la NASA est actuellement préparée?

    Cette question n’est pas facile à trancher. La Russie détient le record actuel pour une mission MIR de 437 jours. Scott Kelly détient le record américain avec 340 jours, suivi de Christina Kock avec 328,6 jours. La planification actuelle de la mission d’Artemis prévoit un séjour d’environ 30 jours à la station spatiale lunaire Gateway. Une mission minimale sur mars durerait 21 mois. Vous devez planifier vos systèmes alimentaires de manière à ce qu’ils répondent aux exigences de durée figurant dans le document sur les règles.

  • 16. Quelles sont les technologies prévues pour utilisation à la surface d’autres planètes? Est-ce que nous prévoyons toujours d’utiliser la réhydratation à l’eau chaude, ou est-ce que l’accès à des aliments frais permettra de les faire bouiller ou revenir/sauter?

    Honnêtement, la planification n’en est qu’à ses débuts. La technique de préparation proposée doit être facile et simple. Actuellement, aucune attribution importante n’est prévue pour un réchaud, il faudrait donc argumenter en faveur d’un réchaud sur la base des avantages psychologiques et nutritionnels pour l’équipage. Il serait extrêmement avantageux que le système alimentaire fonctionne en microgravité, mais ce n’est pas une exigence pour ce Défi.

  • 17. Y a-t-il eu des problèmes de contamination bactérienne/fongique des produits alimentaires dans l’espace ou pendant le transport des produits?

    Tous les aliments sont soigneusement testés et emballés pour garantir la sécurité, la nutrition et la saveur. Actuellement, les aliments doivent être stables à température ambiante pour un stockage à long terme. Comme tout est emballé de manière stérile, il y a peu de chances qu’ils soient contaminés. Des aliments frais sont souvent chargés à bord des vaisseaux cargo juste avant le lancement à titre de « petit régal » pour les astronautes, mais cela ne sera pas faisable pour les missions dans l’espace lointain.

  • 18. Y a-t-il une température maximale à laquelle on peut chauffer les aliments dans l’espace? Ou un temps de cuisson maximum?

    Notre recommandation serait de proposer ce dont vous avez besoin. Les réchauffeurs d’aliments (boîtes à convection pour réchauffer des sachets alimentaires) fonctionnent généralement autour de 76 degrés C ou moins. De l’eau chaude (mais non bouillante) est disponible pour réhydrater les aliments ou faire du café. Un four a récemment été testé pour la cuisson de biscuits dans l’espace. Il fonctionne jusqu’à 177 degrés C, mais les temps de cuisson sont très différents de ce qu’ils sont sur Terre. Il n’a pas été utilisé à grande échelle et il n’est pas non plus un élément de base de la cuisine.

  • 19. Quel est l’aspect le plus difficile?
    • De la préparation pour le vol :

      La logistique – tout doit avoir une longue durée de conservation, car il faut charger le véhicule bien avant le lancement, et une grande partie de la nourriture est lancée bien avant d’être consommée.

    • De la prise des repas?

      Pour Don Thomas (ancien astronaute de la NASA), l’aspect le plus difficile était de choisir quelque chose d’appétissant à chacun des repas. Six mois avant sa mission, l’équipage a testé le goût de tous les aliments disponibles et chacun a ensuite choisi ce qu’il voulait pour chaque repas de chaque jour de la mission. Quelques astronautes de cette mission ont pris leurs repas exactement comme c’était prévu et programmé : repas A du jour 1, repas B du jour 1, repas C du jour 1, repas A du jour 2, ...etc. Ils semblaient préférer cette méthode car c’était une chose de moins à laquelle ils devaient penser pendant la mission. Ces astronautes étaient généralement issus de l’armée, plus à l’aise avec la structure et l’ordre. La plupart des astronautes participant aux missions de Don ont demandé à ce que les aliments qu’ils avaient sélectionnés soient emballés dans le style « garde-manger », c’est-à-dire que tous les plats principaux soient regroupés ensemble, tous les accompagnements ensemble, tous les desserts ensemble et toutes les boissons ensemble. Don préférait cette méthode car elle lui donnait la liberté de choisir son repas en fonction de son humeur du jour. Une grande partie de la « liberté de choix » de l’équipage est supprimée par les exigences de la mission. La majeure partie de leur vie est planifiée à l’avance et doit suivre à la lettre le plan de vol ou le plan d’activité de l’équipage. Toute forme de liberté était donc la bienvenue. À l’heure du repas, Don ouvrait son tiroir à nourriture et cherchait ce qui lui faisait envie à ce moment-là, et cela devenait son repas. Parfois, il cherchait de l’avant à l’arrière sans rien voir d’intéressant et se disait « J’ai dû rater le plus savoureux », et recommençait la recherche de l’avant jusqu’au fond. Lorsque rien ne sortait du lot, il se rendait compte que c’était tout ce qu’il avait, et se rabattait sur la meilleure option disponible. Il lui arrivait donc parfois de se contenter de ce qu’il y avait, tout simplement, même si les choix disponibles ne l’enchantaient pas. Cette sélection en vol de ce qu’il allait manger ce jour-là était l’aspect le plus difficile de l’alimentation. Le processus de préparation de la nourriture et de consommation dans l’espace l’était moins.

    • Du nettoyage après le repas?

      Avec le système actuel d’aliments préemballés, le nettoyage est minimal et aussi simple que de jeter l’emballage vide. Les astronautes ont fait remarquer que les miettes ou les petites gouttelettes de liquide (qui s’échappent de la paille du sac à boisson si l’on n’y prend pas garde) sont difficiles à contrôler ou à nettoyer en microgravité.

      À bord de la navette, les ustensiles étaient les seules choses qui n’étaient pas jetées. Selon Don Thomas (ancien astronaute de la NASA), les membres de la mission recevaient une fourchette, une cuillère et un couteau en métal qu’ils réutilisaient tous les jours. Ils étaient censés « nettoyer » leurs ustensiles à l’aide d’une lingette alcoolisée après chaque utilisation, mais il pense que la plupart des astronautes se contentaient de lécher leurs ustensiles et de les essuyer avec un essuie-tout. Comme vous le feriez lors d’une randonnée en nature quand aucun évier n’est disponible.

  • 20. La température ambiante est-elle la seule solution de stockage actuelle?

    Oui, actuellement les aliments préemballés sont stockés à température ambiante. Aux fins du Défi, tout ce dont vous avez besoin pour le système que vous proposez doit être considéré en tant que ressources.

  • 21. Le froid spatial peut-il être utilisé pour la conservation des aliments?

    Si vous deviez utiliser le froid de l’espace, vous auriez quand même besoin de beaucoup de ressources pour fournir l’infrastructure nécessaire et une protection contre le vide. Par exemple, on doit s’assurer que la nourriture ne soit jamais exposée au soleil ou qu’elle ne chauffe pas. On ne sait pas encore si c’est mieux que d’utiliser un réfrigérateur ou non. La réfrigération n’est pas une très bonne option actuellement en raison des besoins en énergie et en refroidissement.

  • 22. Quels ont été les problèmes de réapprovisionnement?

    Il est arrivé que plusieurs missions de véhicules de ravitaillement échouent (p. ex. lors de la mission de Scott Kelly). On résout ce problème en veillant à ce que la station ait toujours plus de nourriture, d’oxygène, d’eau et d’autres fournitures que ce qui est nécessaire pour la mission en cours. Sur la SSI, si la situation devenait critique, l’équipage recevrait l’ordre de retourner sur Terre. Cette option est moins envisageable pour une mission lunaire, et peut ne pas l’être du tout pour une mission vers Mars.

  • 23. Parmi les différents problèmes de variété, de longévité, de stockage et de nutrition, quel est le problème le plus courant?

    La variété et l’apport d’aliments frais. Une grande partie des fruits et légumes que nous mangeons sur terre sont généralement des aliments frais. Le défi consiste à fournir ces aliments d’une manière acceptable, le plus souvent sous une forme transformée, afin qu’ils puissent être conservés pendant des mois à température ambiante, en ce moment même sur la Station spatiale internationale.

QUESTIONS TECHNIQUES – Nourriture

  • 24. Au lieu de déshydrater puis de réhydrater la nourriture, ne serait-il pas plus simple de l’envoyer telle quelle?

    Placer un kg (1 litre d’eau) en orbite continue de coûter plus de 2 000 $ à SpaceX. Le transport de charges vers la lune sera beaucoup plus coûteux. Toute l’eau envoyée dans l’espace (y compris sous forme de fruits et de légumes) est recyclée autant de fois que possible afin de tirer le meilleur parti de cet investissement. Les aliments déshydratés ne pèsent que 10 à 50 % de leur version fraîche, ce qui signifie que l’on peut envoyer davantage d’aliments par unité monétaire. Ils nécessitent moins de volume, et moins de lancements aussi.

  • 25. Que boivent les astronautes dans l’espace? Les boissons sont-elles variées?

    En plus de l’eau, ils ont à leur disposition une grande variété de boissons, dont le café.

  • 26. Qu’est-ce que la Russie a fait différemment pour rendre l’expérience alimentaire plus agréable?

    Sur la SSI, des aliments de différentes nations sont proposés. Les Russes fournissent simplement un menu qui est familier aux cosmonautes. De nombreux astronautes apprécient également les repas russes.

  • 27. Quel est le principal inconvénient des aliments lyophilisés? Le goût, la texture, le manque de certains éléments nutritifs?

    Sur Terre, une grande partie des légumes et des fruits que nous mangeons proviennent du rayon frais ou congelé, et ont souvent une texture croquante, ce qui peut manquer dans les vols spatiaux où la logistique limite la variété et exige un système de transformation. Il est possible de produire des aliments lyophilisés de haute qualité et sains qui, une fois hydratés, ont une bonne qualité. Il existe également des aliments thermostabilisés en autoclave et emballés en sachets, des aliments à faible et moyenne teneur en eau (fruits secs, barres alimentaires, craquelins), et certains produits de boulangerie à durée de conservation prolongée utilisés actuellement dans les vols spatiaux. Nous pouvons fournir tous les éléments nutritifs (sauf la vitamine D) avec ce système. Cependant, la durée de conservation est un défi, car les éléments nutritifs et la qualité se dégradent avec le temps. Tout système utilisé dans les vols spatiaux doit avoir des composants qui répondent aux exigences de durée de vie.

    Pour Don Thomas (ancien astronaute de la NASA), la plupart des aliments lyophilisés ont tendance à être un peu fades et c’est pourquoi la plupart des équipages ont tendance à emporter beaucoup de condiments pour y remédier. Parfois, la texture était trop bizarre par rapport à ce à quoi ils étaient habitués. Certains aliments lyophilisés étaient très populaires, comme le cocktail de crevettes. Le goût était bon et la texture des crevettes était inchangée par rapport au cocktail de crevettes terrestres normal. Et la sauce cocktail ajoutait un petit « piquant » ou une saveur supplémentaire à la nourriture, ce que la plupart des astronautes appréciaient. La texture de certains autres produits lyophilisés a beaucoup changé. Les fraises lyophilisées en sont un bon exemple. Lorsqu’elles sont réhydratées dans l’espace, leur texture est très molle et « pâteuse », comme celle que j’associerais à des fraises « passées date ». Cela peut être un important repoussoir. Mais pour moi personnellement, le goût et l’arôme ont compensé le changement de texture. J’ai accepté avec joie les fraises « molles » parce qu’elles avaient bon goût et que lorsque j’ouvrais le paquet, je me souvenais de l’arôme des fraises. Ça sentait si bon dans l’espace! Je ne m’inquiétais pas du tout des éléments nutritifs contenus dans les aliments. Je laissais ce tracas à la NASA et aux diététiciens. Pour moi, tout était question de goût et de texture. Selon Don, les RIC (rations militaires/rations individuelles de combat) que nous avons transportées à bord de la navette étaient plus populaires parce qu’elles avaient une bonne saveur et que leur texture était presque la même que sur Terre.

  • 28. L’équipage mélange-t-il parfois différents paquets de nourriture pour créer de nouveaux plats dans l’espace?

    C’est une pratique courante au sein de l’équipage, qui aime partager différents plats, à la fois pour varier les plaisirs et pour créer un sentiment de communauté.

  • 29. Quel est le plus grand défi concernant les profils d’arômes et de parfums pour les aliments et les boissons?

    Donner de la saveur aux aliments transformés tout en respectant les exigences nutritionnelles, y compris les limites de sodium requises. Le sodium apporte beaucoup de saveur, nous utilisons plutôt beaucoup d’épices et d’arômes naturels.

  • 30. Est-ce que les astronautes mangent couramment du/de la (insérer le produit alimentaire)?

    L’équipage reçoit une variété d’aliments courants semblables à ceux que nous mangeons sur Terre. Chaque partenaire international envoie des vivres pour compléter le menu de base de la SSI (qui est fourni par la NASA aux astronautes américains, européens, japonais et canadiens). L’ASC fournit aux astronautes des aliments canadiens qui lui rappellent son pays d’origine ou qui contribuent aux repas collectifs, tout en augmentant la variété du menu.

  • 31. Y a-t-il des recettes ou des aliments qui ont complètement déçu ou qui ont obtenu la note la plus basse lorsqu’ils ont été dégustés?

    Pour certains aliments qui sont couramment consommés frais ou réfrigérés (comme le guacamole), il peut être difficile de fournir un équivalent stable en rayon qui réponde aux exigences nutritionnelles.

  • 32. Quelle proportion de la nourriture spatiale lancée est finalement « jetée »?

    Nous n’avons pas de chiffre précis, mais des études ont été faites sur la navette. Il faut s’attendre à un certain gaspillage, car il doit y avoir un certain choix, vu que plus la mission est longue, plus la nourriture devient importante psychologiquement.

    La section 4.3.3.7 du document NASA Life Support Baseline Values and Assumptions donne les valeurs de ces études.

  • 33. Est-ce que les astronautes peuvent choisir leur menu en entier? Ou est-ce qu’il y a des aliments « à consommer impérativement »?

    Le système de menus de la SSI est bien évolué et assez complexe. Vous trouverez ici un historique et une description de l’évolution du système alimentaire : ici et ici.

  • 34. Actuellement, combien de temps la nourriture dure-t-elle dans l’espace?

    La nourriture doit avoir une durée de vie totale de 2 à 3 ans pour la SSI, étant donné qu’elle doit avoir une durée de vie de 1,5 an quand elle est lancée pour approvisionner la SSI. Pour l’exploration, les aliments (ou les composants) auront besoin d’une durée de 5 ans.

  • 35. L’appétit est souvent stimulé par la vue; comment se présentent les repas dans l’espace?

    L’apparence de la nourriture lyophilisée n’est pas appétissante. Mais une fois que vous ajoutez l’eau, la consistance s’améliore et vous allez sentir un arôme. En général, la nourriture spatiale n’a pas l’air appétissante. Ainsi, plutôt que de commencer l’expérience par l’œil, c’est plutôt dans votre esprit que vous vous demandez quel goût ou quelle odeur cela va avoir lorsque vous allez ouvrir le paquet.

  • 36. Y a-t-il des aliments à proscrire en raison de réactions physiques potentielles? Ex. : allergies, brûlures d’estomac, problèmes digestifs.

    Il n’y a pas de restrictions sur aucun aliment particulier. En ce qui concerne les boissons, l’alcool n’est pas présentement inclus dans les options du menu de l’équipage. Pour les besoins du Défi, les équipes ne doivent pas considérer cette option, sauf si elles peuvent présenter une raison convaincante pour laquelle elle devrait être autorisée.

  • 37. Quelle est la grosseur d’une portion dans un paquet d’aliments? Est-ce destiné en tant que portion unique pour une personne?

    Les aliments proposés sur la SSI sont tous des portions individuelles, en partie parce que vous voulez qu’il y ait le moins de restes possible (voire aucun) pour plusieurs raisons, l’une d’entre elles étant l’odeur de la poubelle.

  • 38. Les systèmes alimentaires militaires actuels pourront-ils être utilisés dans l’espace lointain?

    Certains des aliments du système alimentaire actuel sont les mêmes que les rations militaires RIC. La raison pour laquelle nous n’utilisons pas l’ensemble du système militaire est que ces aliments ont tendance à être très riches en sodium. Et nous tentons de nous assurer de maintenir des niveaux de sodium adéquats et non excessifs.

  • 39. Que savons-nous des effets d’une gravité faible ou nulle sur la vie végétale? Ont-ils tendance à développer des pathologies semblables à l’œdème en raison de l’aspiration de l’eau et des nutriments?

    L’environnement de microgravité de la SSI est très stressant pour les plantes. Néanmoins, de nombreux travaux ont été réalisés pour développer des systèmes permettant de cultiver des plantes dans cet environnement. Il faut choisir les bonnes variétés de plantes pour qu’elles soient compatibles avec l’environnement à haute teneur en CO2. L’eau, la circulation de l’air et l’éclairage doivent tous être soigneusement contrôlés. Avec des soins appropriés, des cultures ont été produites avec succès sur des navettes spatiales et des stations spatiales.

  • 40. Selon vous, quel est le groupe alimentaire le plus difficile à produire, que ce soit dans l’espace ou dans un endroit éloigné, comme le nord du Canada?

    À l’heure actuelle, nous n’avons pas vraiment la capacité de produire les principales cultures en rang : maïs, soja, blé, riz, etc. Cela est dû aux exigences en matière de surface de plantation. Nous choisissons des cultures ayant un « indice de récolte » élevé. Il s’agit essentiellement du rapport entre la partie utilisable de la plante et la masse végétale inutilisable. Pour des cultures comme la laitue, les betteraves et les patates douces, la quasi-totalité de la plante peut être consommée, ce qui en fait des candidats intéressants. D’un point de vue nutritionnel, les éléments les plus difficiles à produire seront les éléments nutritifs contenant de l’énergie (protéines, glucides et lipides) étant donné que la quantité requise est importante.

  • 41. Quel est le pourcentage de la production de légumes réalisé dans l’espace?

    La production de légumes dans l’espace n’en est encore qu’à ses débuts et ne représente qu’une infime partie de la nourriture consommée à bord de la SSI. Une grande partie du matériel végétal est renvoyé sur terre afin que nous puissions mieux comprendre comment nos systèmes fonctionnent et si nous produisons la qualité nutritive que nous aimerions voir.

  • 42. La production de cultures est-elle également poursuivie dans le cadre de ce Défi, en complément de la production de repas?

    Puisque nous ne demandons pas un système de repas complet, les systèmes de culture pourraient répondre aux exigences de production d’une variété d’aliments, mais le temps passé à les soigner et à les récolter doit provenir des temps de production et de conservation des repas. L’automatisation peut offrir une solution.

QUESTIONS TECHNIQUES – Le sens et le bien-être des astronautes

  • 43. Le goût et l’odorat sont-ils altérés dans l’espace?

    Oui. Vous avez peut-être remarqué que lorsque les astronautes se déplacent en apesanteur, leur visage devient un peu plus gonflé. C’est parce qu’en l’absence de gravité, une grande partie de notre sang se retrouve dans notre centre, dans notre torse, et dans l’espace, il se redistribue naturellement de manière plus uniforme. Votre tête est donc plus gonflée, et c’est un peu comme avoir un rhume en ce qui concerne la perte d’une partie de votre goût.

  • 44. Les astronautes préfèrent-ils la nourriture épicée?

    De nombreux astronautes utilisent des sauces piquantes ou de la pâte de wasabi, par exemple, pour varier les plaisirs et avoir quelque chose qu’ils peuvent vraiment goûter, car la nourriture est plus fade dans l’espace. Les piments et le wasabi sont également envisagés comme cultures de l’espace lointain pour les mêmes raisons.

  • 45. Compte tenu des effets de la gravité et de l’obstruction des voies nasales qui limitent le sens du goût, dans quelle mesure les additifs ajoutés par les astronautes, comme le sel et la sauce piquante, influent-ils sur la nutrition, par exemple en ajoutant un excès de sodium, et est-ce un problème potentiel?

    La nourriture doit avoir une durée de vie totale de 2 à 3 ans pour la SSI, étant donné qu’elle doit avoir une durée de vie de 1,5 an lorsqu’elle est envoyée vers la SSI. Pour l’exploration, les aliments (ou les composants) auront besoin d’une durée de 5 ans. Reportez-vous également à la réponse fournie à la question n° 29.

  • 46. D’après les astronautes, quel est le pire aspect de la nourriture dans l’espace? Goût, texture, odeur, variété, etc.

    Selon les membres du groupe d’experts, la nourriture est un peu fade et la consistance change également. L’arôme est également un élément très important. Cela peut être une expérience agréable, comme lorsqu’on ouvre un paquet de fraises. Cela peut aussi être très désagréable, comme une réaction négative au repas d’un membre d’équipage qui contient du poisson (par exemple).

  • 47. Comment la qualité et la quantité de la nourriture disponible touchent-elles la santé psychologique de l’astronaute?

    La nourriture (quantité et qualité) peut influencer le moral de l’équipage, son comportement, ses performances, etc. de nombreuses façons. La nourriture disponible se répète environ tous les 8 jours – et même avec la meilleure nourriture, si vous savez qu’elle se répète, vous vous lasserez même de vos aliments préférés. Le système alimentaire est conçu pour offrir la plus grande variété possible, ce qui signifie que pendant ces 8 jours, il se peut qu’il n’y ait que quelques (2-3) paquets de chaque produit alimentaire. Si vos compagnons d’équipage mangent les aliments que vous aimez avant que vous puissiez les obtenir, imaginez à quel point vous seriez heureux.

  • 48. Est-il prévu d’élaborer des repas « familiaux » dans le cadre d’un protocole plus large de renforcement du moral et de l’esprit d’équipe?

    Les équipages de l’ISS mangent régulièrement ensemble quand ils le peuvent. Cela permet d’atténuer le sentiment d’isolement, de créer des liens au sein de l’équipe et d’améliorer le sens de la communauté.

  • 49. Les astronautes sont-ils enthousiasmés par la possibilité de cultiver des produits dans l’espace?

    Oui! La plupart d’entre eux apprécient la possibilité d’intégrer quelque chose de frais et de nutritif dans leur alimentation, et beaucoup acquièrent un sentiment de bien-être psychologique en s’occupant de leur jardin. Malheureusement, le jardinage ne peut être l’activité principale d’un spationaute, car il a un travail très exigeant à accomplir.

  • 50. J’ai entendu certains astronautes dire que l’acte de préparer de la nourriture leur manquait. Est-ce le cas et est-ce que cela pourrait être une chose positive à ajouter dans le processus d’une solution alimentaire à long terme dans l’espace?

    Pour certains – absolument. Il est cependant difficile de sélectionner un équipage en s’assurant d’avoir un chef à bord.

  • 51. Lors des missions de longue durée, les astronautes auront-ils droit à un « temps libre » leur permettant de préparer un repas ou une collation spéciale s’ils le souhaitent?

    Les équipes bénéficient d’un petit temps de repos, généralement le week-end. Certains peuvent « cuisiner » si c’est ce qu’ils aiment, mais tous ne sont pas intéressés par la cuisine.

  • 52. Quelles sont les maladies auxquelles les astronautes sont censés être confrontés sur mars? Par exemple, des problèmes musculaires dus à l’inactivité.

    Le corps travaille dur pour s’adapter aux vols spatiaux, mais l’absence de gravité a des effets sur pratiquement tous les systèmes. Nous nous inquiétons de la perte osseuse et musculaire, des problèmes cardiovasculaires, du risque de cancer dû à l’exposition aux rayonnements, des troubles oculaires, des déficiences immunitaires, des problèmes cérébraux, etc.

QUESTIONS TECHNIQUES – Nutrition

  • 53. Les aliments riches en oméga-3 ou en vitamines B12 ont été expressément mentionnés lors du webinaire. Quels sont les besoins nutritionnels les plus difficiles à satisfaire dans l’espace? Pouvez-vous nous indiquer un rapport ou une étude en particulier?

    Nous avons publié quelques livres qui peuvent être téléchargés gratuitement sur le site www.nasa.gov/hhp/education, et nous en avons un nouveau qui sortira dans quelques mois. Ils mettent en lumière une grande partie de ce que l’on sait (ou ne sait pas) sur la nutrition et les vols spatiaux. Nous avons publié quelques articles sur le métabolisme des vitamines B et la santé oculaire (le plus récent : Zwart SR, et asl. Association of genetics and B vitamin status with the magnitude of optic disc edema during 30-day strict head-down tilt bed rest. JAMA Ophthalmol. 2019;137:1195-200). Nous avons également publié des données sur les oméga-3 (Zwart SR, et al. Capacity of omega-3 fatty acids or eicosapentaenoic acid to counteract weightlessness-induced bone loss by inhibiting NF-kappaB activation: from cells to bed rest to astronauts. J Bone Miner Res. 2010;25:1049-57.)

  • 54. Les suppléments alimentaires et les vitamines font-ils partie du régime alimentaire de la SSI?

    Nous fournissons des suppléments de vitamine D aux équipages de la SSI, car le système alimentaire ne comporte pas beaucoup de bonnes sources de vitamine D, et parce que les équipages sont protégés des rayons UV, de sorte que le corps ne peut pas fabriquer de la vitamine D par la peau, comme nous le faisons sur Terre.

  • 55. Existe-t-il des limites inférieures pour les calories/kg ou la densité nutritionnelle/kg que vous utilisez actuellement pour déterminer si un aliment ou un repas est viable pour les vols spatiaux actuels?

    Non. De nombreux légumes, par exemple, contiennent peu de calories, mais constituent un élément très important de l’alimentation.

  • 56. Les sélections alimentaires sont-elles adaptées aux microbiomes particuliers des astronautes?

    Non. La nourriture est une ressource partagée, et doit être disponible pour tous les membres de l’équipage, d’autant plus que les équipages changent parfois avant le lancement.

  • 57. Les astronautes font-ils quelque chose avant un vol dans l’espace pour préparer leur microbiome à la consommation de nourriture alternative?

    Non. Nous n’en savons pas encore assez pour savoir quels changements pourraient être bénéfiques, ou comment apporter ces changements.

  • 58. Les aliments devenant plus compacts pour les vols spatiaux de longue durée, les fibres devraient-elles devenir un manque plus important à combler à l’aide d’aliments frais?

    C’est certainement possible.

  • 59. Pourquoi la NASA utilise-t-elle la norme « 50 à 55 % » de macronutriments pour l’apport énergétique total quotidien?

    Nous commençons généralement par les normes terrestres, et nous les ajustons pour le vol si nécessaire.

  • 60. Comme nous progressons, évoluons et envisageons voyager de manière interstellaire, ne serait-il pas plus brillant d’adapter un style d’alimentation différent pour la nutrition au lieu d’essayer de manger pour le goût et la satisfaction?

    Question intéressante. De nombreux astronautes (ou de nombreuses personnes) vous diraient qu’ils seraient prêts à manger n’importe quoi pour un voyage vers... Mars, la lune ou la SSI. Je ne doute pas que certains puissent le faire, mais nous savons par expérience que la nourriture prend une importance encore plus grande pendant le vol, lorsqu’elle est l’une des rares choses à vous rappeler votre foyer. Lors d’une mission martienne de trois ans, stressante et chargée, l’équipage aura besoin de se détendre. Les repas sont un excellent moyen de renforcer la camaraderie et la cohésion de l’équipe. Rester assis à manger la même bouillie que vous avez mangée au déjeuner, au petit-déjeuner ou pendant les deux dernières années n’est probablement pas la meilleure façon d’y parvenir.

QUESTIONS TECHNIQUES – Critères et contraintes

  • 61. Existe-t-il des spécifications techniques générales disponibles quelque part pour voir si mes concepts s’intègrent à la technologie ou aux systèmes actuels?

    De l’information sur les normes actuelles des systèmes alimentaires en rapport avec les objectifs du Défi est présentée dans la norme NASA-STD-3001

  • 62. Pour notre solution alimentaire, est-il acceptable de faire des hypothèses sur le vaisseau spatial sur lequel la solution sera mise en œuvre? Par exemple, pouvons-nous supposer qu’un véhicule aura à son bord un petit réfrigérateur qui permettra à notre solution d’être viable?

    Il y aura des exigences d’interface réelles sur un vaisseau spatial, mais pour cette phase du Défi où nous essayons de capturer un large éventail d’idées créatives de tous les participants, nous cherchons simplement à définir les besoins en ressources pour votre technologie ou votre approche de la production alimentaire.

  • 63. Quel est l’espace de stockage disponible pour les aliments produits?

    Nous recherchons des choses qui peuvent être produites et consommées de façon relativement rapide. Nous ne cherchons pas à cultiver beaucoup de blé, par exemple, pour ensuite le stocker. Ce Défi est axé sur le prêt-à-manger ou sur une courte période de stockage, puis sur la consommation. L’une des raisons pour lesquelles nous avons défini les contraintes que vous voyez est le volume, la masse et les contraintes logistiques. Il est peu probable qu’une solution qui nécessite beaucoup de stockage fonctionne à long terme, en raison des problèmes de volume et de stabilité. La raison pour laquelle nous avons ce Défi est qu’il est très difficile de répondre à la fois aux besoins de logistique et de stabilité.

  • 64. Quelle durée de conservation recherchez-vous dans une solution alimentaire?

    Le défi consiste à définir les technologies de production alimentaire qui peuvent contribuer à combler les lacunes alimentaires pour une mission aller-retour de trois ans sans réapprovisionnement.

  • 65. Étant donné que nous ne pouvons pas réaliser d’études de stabilité en rayon dans la durée de ce concours, comment pouvons-nous prouver la faisabilité de notre système alimentaire pour une mission pluriannuelle?

    Conformément à la section Fiabilité/Stabilité des critères de performance, les équipes décriront la stabilité des produits d’entrée utilisés et des produits alimentaires de sortie. La description doit inclure une rationalisation du temps estimé pendant lequel les intrants et les extrants seront aptes à être utilisés ou consommés (c.-à-d. la durée de conservation). Objectifs : Une durée de conservation la plus longue possible des ingrédients et des produits alimentaires. Ils doivent demeurer sûrs, sans perte importante de valeur nutritionnelle ou de qualité dans les conditions ambiantes.

  • 66. La durée de conservation de la nourriture doit-elle être de plusieurs années, ou peut-il s’agir d’un système qui produit continuellement de la nourriture pendant la durée de la mission, mais dont le produit alimentaire ne dure qu’un mois (par exemple)?

    Le système doit produire une variété d’aliments sûrs et nutritifs. Dites-nous comment vous allez vous y prendre. Les aliments pourront être produits au cours de la mission et ne doivent pas nécessairement avoir une durée de conservation de plusieurs années. Dites-nous comment vous garderez les aliments « propres à la consommation » et ce que vous en ferez s’ils dépassent leur date de consommation.

  • 67. Y a-t-il un type d’énergie particulier que mon système de production alimentaire doit utiliser?

    Pour ce Défi, nous pensons que les systèmes alimentaires utiliseront de l’« énergie électrique ». Il n’y a pas de normes particulières de tension, de courant ou d’ampérage pour ce Défi, car nous ne vous demandons pas de concevoir un système « prêt à voler ».

  • 68. Le Défi consiste-t-il à rechercher deux systèmes différents? Un pour le voyage vers Mars, et un autre à la surface?

    Nous vous demandons seulement de concevoir vos systèmes pour l’environnement terrestre. La NASA et l’ASC s’intéressent aux technologies de production alimentaire souples et modulaires qui s’adaptent aux besoins changeants et aux architectures de mission. L’intention est d’utiliser des technologies modulaires et souples et de les intégrer dans des systèmes qui répondent aux besoins uniques de chaque type de mission ou de mission particulière. Le Défi de l’alimentation dans l’espace lointain fournit un ensemble de contraintes et demande aux équipes visant à produire la meilleure technologie de production alimentaire possible dans le cadre de ces contraintes. Les critères de notation reconnaissent qu’une combinaison de technologies sera utilisée simultanément dans un système alimentaire global, et récompensent les technologies (soumissions) qui sont susceptibles de contribuer à de multiples scénarios de mission.

  • 69. S’agit-il de prendre des ingrédients comme la farine ou les œufs sur la Terre et de concevoir un système pour créer des repas à partir de ces ingrédients? Ou l’objectif est-il de produire des ingrédients comestibles à partir de composants non comestibles?

    Nous vous demandons de nous aider à faire un pas en avant par rapport à notre situation actuelle pour créer une variété d’aliments nutritifs qu’un astronaute ou une personne vivant dans un endroit isolé serait très heureux de manger. Nous savons comment préparer des aliments préemballés, mais cela ne répond pas aux besoins psychologiques de nos équipages, qui risquent d’avoir des difficultés à satisfaire leurs besoins nutritionnels lors de missions de longue durée. La perte de vitamines et d’éléments nutritifs est un problème lors de longues périodes de stockage. Toute solution serait intéressante, mais gardez à l’esprit les limites du Défi.

  • 70. Les propositions de nouvelles technologies doivent-elles être des systèmes mécaniques ou peuvent-elles être des aliments préparés sur Terre et apportés dans les engins spatiaux?

    Tout système alimentaire qui répond aux exigences est un candidat. L’autre aspect de la question est que les juges examineront les ressources. Ainsi, les candidats qui se hisseront au sommet seront ceux qui répondront aux exigences et qui réussiront également, en termes de ressources, à se démarquer des autres candidats potentiels. En fin de compte, l’objectif consiste à trouver un système alimentaire qui soit sûr, nutritif et acceptable, qui offre de la variété et qui s’adapte aux ressources. Et ce à quoi cela va ressembler pourrait être une variété de choses. Il peut s’agir de quelque chose produit sur le terrain ou en mission.

  • 71. Combien de temps pensez-vous que nous devrions prévoir dans le Défi pour la production et séparément pour la préparation/réalisation de la nourriture?

    Dans la catégorie « Acceptabilité » des critères de performance, il est indiqué :

    • Acceptabilité du processus de production alimentaire
      • Les équipes décriront les processus et procédures d’exploitation, y compris (mais sans s’y limiter) la manière dont une personne installera et utilisera la solution.
        • empreinte opérationnelle (c.-à-d. l’espace nécessaire pour la solution et les processus connexes);
        • mise en place d’une technologie de production alimentaire;
        • cycle de production alimentaire, y compris les étapes de la fabrication des produits alimentaires;
        • manipulation des aliments, procédures de transformation et collecte des produits alimentaires;
        • procédures d’arrêt, de nettoyage ou d’arrimage;
        • estimation du temps total passé par l’équipe pour exploiter et entretenir la technologie.

      • Les équipes doivent fournir une évaluation (à l’aide de normes industrielles ou de recherches existantes) selon laquelle leurs processus technologiques sont susceptibles d’être conviviaux et acceptables pour l’équipage.

      • REMARQUE : Le processus doit être une tâche que les membres de l’équipage pourraient être censés accomplir en un temps raisonnable, sur une base quotidienne dans un petit espace semblable à une cuisine après une journée de travail chargée.

      • Objectif : Les équipes doivent tenir compte que l’objectif actuel pour les astronautes est d’une heure par repas (30 minutes pour la préparation, 30 minutes pour le repas lui-même).
    • 72. Cette mission offrira-t-elle un environnement durable en microgravité pour les astronautes?

      Nous voulons assurément utiliser les technologies de production alimentaire en gravité partielle, sur une surface planétaire ou en microgravité. Mais les tests à cet effet sont très difficiles et coûteux et dépassent ce que nous pouvons demander dans cette phase du Défi. Nous avons vraiment besoin que les principes de base soient démontrés ici sur Terre, et c’est pourquoi nous avons limité les exigences de ce Défi à la démonstration en gravité terrestre. Si les équipes peuvent extrapoler comment cela s’appliquerait à la microgravité ou à la gravité partielle, ce serait formidable, mais ce n’est pas nécessaire. 1g est l’exigence.

    • 73. Peut-on raisonnablement s’attendre à ce que, lors de futures missions (SSI ou autres), du personnel se consacre à la culture, à la récolte et à la préparation des aliments?

      Les missions ultérieures pourront avoir un membre d’équipage dédié à la culture, la croissance et la préparation de la nourriture. Pour les besoins de ce Défi, les équipes doivent s’inspirer d’une mission d’exploration où chaque membre de l’équipage participera au système de production alimentaire.

    • 74. Devrions-nous envisager l’hypothèse de l’utilisation des ressources in situ?

      L’obtention de ressources dérivées in situ nécessite toujours une énergie importante. Introduire du régolithe dans l’habitat et l’utiliser comme milieu de croissance présente des risques inconnus et non caractérisés pour la santé humaine. Aux fins de cette phase du Défi, il suffit de définir les ressources requises (indépendamment de leur origine). De plus, pour les besoins de ce Défi, il faut présumer que le régolithe n’est pas disponible comme milieu de croissance. En outre, une application de cette technologie pourrait être un véhicule de transit vers Mars où aucune autre ressource n’est disponible pendant le voyage. En fin de compte, l’objectif consiste à trouver un système alimentaire qui soit sûr, nutritif et acceptable, qui offre de la variété et qui s’adapte aux ressources.

    • 75. Comment la notation se déroule-t-elle si la solution ne fournit qu’une petite partie de l’alimentation nécessaire à quatre astronautes?

      La catégorie de notation pour les entrées et sorties de ressources demande aux équipes de fournir le potentiel nutritionnel des aliments produits avec leurs technologies. Cibles :

      • macronutriments maximum fournis, en pourcentage des besoins alimentaires complets d’un membre d’équipage;
      • micronutriments maximum fournis, en pourcentage des besoins alimentaires complets d’un membre d’équipage;
      • variété maximale de nutriments fournis.
    • 76. Devons-nous nous concentrer sur un système alimentaire principal ou intégrer une série de systèmes de ressources et de recyclage? Est-ce que ce serait une soumission favorable?

      Le défi consiste à fournir une variété d’aliments nutritifs. Il est certainement possible d’inclure la façon dont vous pourriez recycler d’autres ressources pour produire ces aliments, mais l’accent doit porter sur le système alimentaire. Gardez à l’esprit qu’il y a des exigences en matière d’acceptabilité et de sécurité du processus. Vous voudrez donc aborder ces questions dans votre rapport, en particulier si vous recyclez d’autres matières organiques.

    • 77. Y a-t-il d’autres restrictions en plus de celles décrites dans les règlements de la phase 1 du concours?

      Toutes les contraintes et exigences sont incluses dans les règlements du concours de la phase 1.

    • 78. La phase 1 est-elle axée sur la production de repas? Et les phases suivantes se concentreront-elles sur d’autres aspects du Défi (p. ex. la production de cultures, la réutilisation des déchets, etc.)

      Le Défi de l’alimentation dans l’espace lointain devrait se dérouler en trois phases :

      • Phase 1: Concept. Les équipes doivent concevoir un nouveau concept de technologie de production alimentaire et fournir une explication détaillée de la manière dont il répond aux objectifs et aux critères de performance du Défi.

      • Phase 2: Démonstration en cuisine Les équipes doivent construire un prototype de technologie de production alimentaire (équivalent à un Niveau de maturité technologique 4) Les équipes devront également fournir des échantillons de produits alimentaires (p. ex. des produits nutritionnels tangibles) issus du prototype, et on pourra leur demander de présenter une vision de la commercialisation future de la technologie.

      • Phase 3: Démonstration du système complet.Exigerait que les équipes construisent une technologie de production alimentaire à grande échelle et fassent la démonstration de cette technologie dans une installation désignée. Il peut être demandé aux équipes de fournir un plan d’affaires pour la commercialisation de la technologie démontrée.
       

      Pour la NASA, le lancement de la phase 2 dépend de l’émergence de soumissions prometteuses lors de la phase 1 qui démontrent une approche viable pour atteindre les objectifs du Défi. Le lancement de la phase 3 est subordonné aux résultats de la phase 2.

SOLUTIONS PROPOSÉES

  • 79. Une solution utilisant (algues, insectes, escargots, spiruline, etc.) serait-elle acceptable?

    Les équipes peuvent proposer toute solution qui, selon elles, répond aux objectifs du Défi. Dans le passé, les technologies proposées n’ont pas été en mesure d’aborder l’ensemble des considérations relatives à un système alimentaire potentiel. Par exemple, une technologie peut répondre aux besoins nutritionnels de l’équipage, mais peut ne pas être très attrayante à préparer ou à consommer. Le Défi de l’alimentation dans l’espace lointain s’intéresse aux technologies de systèmes alimentaires qui changent la donne. De plus, si les besoins en ressources d’une technologie de production alimentaire sont supérieurs à ceux que l’on peut actuellement atteindre avec les systèmes spatiaux existants, cette technologie peut ne pas être bien transposée dans un environnement de vol spatial. Si les exigences d’une technologie de production alimentaire sont comparables en matière de ressources, il devrait y avoir un échange bénéfique sous d’autres aspects, tels que la stabilité nutritionnelle, l’acceptabilité, la sécurité, la promotion de la santé et des performances, ainsi que des facteurs touchant l’équipage, comme le temps et la facilité d’utilisation.

  • 80. Puis-je suggérer un produit alimentaire qui durera pendant les missions de longue durée au lieu d’un système alimentaire?

    Le Défi de l’alimentation dans l’espace lointain est à la recherche de technologies de production alimentaire.

  • 81. Un participant peut-il proposer une technologie qui ne répond pas à cette norme, par exemple une alimentation riche en graisses et en protéines ou pauvre en glucides?

    Les équipes peuvent concevoir toute technologie de production alimentaire qui répond aux objectifs du Défi, dans le respect des contraintes énumérées et des critères de performance.

  • 82. Quel incidence cela aurait-il d’assister par intermittence à un processus de préparation de repas? Serait-il préférable de travailler davantage en une seule fois ou de travailler périodiquement par petites quantités?

    Si vous avez une idée géniale, nous serions ravis de l’entendre. Si le fait de fournir de petits efforts sur de longues périodes vous aide à résoudre le problème, faites-nous savoir comment.

  • 83. Qu’en est-il de la conservation dans l’alcool? L’alcool est-il désapprouvé en raison de la dégradation des capacités de la mission? Poids pendant le lancement?

    La conservation des aliments ne pose généralement pas problème. Les aliments lyophilisés ou en conserve maintiennent leur valeur calorique pendant des années, mais certaines des vitamines les moins stables se dégradent avec le temps. Le problème se pose davantage dans l’environnement spatial irradié, où les rayonnements accentuent la perte de vitamines et augmentent les besoins de l’équipage. Sans oublier que les équipages se lassent des choix de menus préemballés. Si vous avez une solution qui répond à ces problèmes, veuillez participer au Défi.

  • 84. Lors du choix des cultures comestibles à utiliser dans les missions spatiales lointaines, est-il nécessaire de fournir les données sur les propriétés nutritionnelles (macronutriments et micronutriments) des cultures choisies?

    Selon la catégorie de notation pour les entrées et sorties de ressources, on demande aux équipes de fournir le potentiel nutritionnel des aliments produits avec leurs technologies. Cibles :

    • macronutriments maximum fournis, en pourcentage des besoins alimentaires complets d’un membre d’équipage;
    • micronutriments maximum fournis, en pourcentage des besoins alimentaires complets d’un membre d’équipage;
    • variété maximale de nutriments fournis.
     

    Vous pouvez recueillir et transmettre des valeurs provenant de toute source reconnue faisant autorité. Citez simplement la source que vous utilisez. Il n’est pas nécessaire de les mesurer vous-même pendant la première phase du Défi.