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Webinaire 1 : Aperçu de l'Initiative d'innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones

Transcription du webinaire

[Joseph Kunkel:] Bonjour, bienvenue à la série Web sur l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones. Je m’appelle Joseph Kunkel et je suis directeur de conception au MASS Design Group; et je suis aussi membre de la tribu Northern Cheyenne, au sud-est du Montana. Nous sommes heureux de vous présenter une série de webinaires qui vous informeront sur la façon de proposer des idées pour cette initiative, et je suis très content qu’à l’occasion de ce premier webinaire nous ayons invité Natalka à participer à la série; je la laisse se présenter.

[Natalka Cmoc:] Bonjour, je m’appelle Natalka Cmoc. Je suis directrice principale à Services aux Autochtones Canada. Je suis très heureuse d’être ici aujourd’hui! J’ai participé à cette approche très innovatrice en matière de programmation avec le gouvernement du Canada; nous l’avons lancée en avril, et nous sommes ici pour répondre à vos questions avant la fin du lancement le 1er août.

Il s’agit du premier webinaire; il y en aura quatre en tout; ils donneront la possibilité aux innovateurs autochtones qui envisagent de présenter une demande d’en apprendre un peu plus sur l’initiative. Nous avons eu quelques questions, alors nous vous communiquons, d’une façon plus transparente, le genre de questions que nous avons reçues afin que nous vous donnions à tous les mêmes réponses. En réalité, l’initiative consiste à appuyer de nouvelles idées qui ne proviennent pas des employés, comme moi-même, mais viennent des communautés autochtones à travers le Canada, en examinant diverses perspectives – les régions rurales, éloignées, urbaines et du Nord – dans divers climats, et de les promouvoir.

[Joseph Kunkel:] Excellent, Natalka. Je suis très enthousiaste à l’égard de cette initiative, en particulier sachant que je viens des États-Unis, tout simplement à écouter ce que vous comptez faire ici au Canada, et comment ça a été structuré. Certaines de mes premières questions, ou ma première question consistent à donner un aperçu de cette initiative et peut-être, pour revenir en arrière une seconde, montrer brièvement ce que cette série de webinaires offrira au demandeur ou demandeur potentiel. Je pense que nous allons essayer de décrire ces quatre brèves idées, la raison pour laquelle il est important de présenter une demande, comment vous pouvez présenter une idée, pourquoi vous n’avez pas besoin d’un rédacteur de demande de subventions dans votre équipe. Il s’agit d’un processus de collaboration, et peut-être pourriez-vous parler un peu des grandes lignes de cette initiative et la façon dont une communauté peut participer ou présenter une idée.

[Natalka Cmoc:] Donc, ce projet a pour but d’examiner les idées dès le départ et de les soutenir. Il n’est donc pas nécessaire que l’idée soit pleinement développée. Ce projet n’a pas pour objectif de profiter aux communautés qui ont, par exemple, des rédacteurs de demandes de subventions au sein de leur équipe pour l’emporter sur les autres parce qu’ils ont élaboré une proposition peaufinée. L’objectif ici est vraiment d’appuyer les idées qui sont les plus intéressantes, que nous n’avons pas été en mesure de soutenir jusqu’à maintenant. Et nous sommes pleinement conscients que nous avons reçu des idées fantastiques, mais à cause de la façon dont nos programmes sont structurés, nous n’avons pas pu les soutenir. Il s’agit donc d’une occasion d’examiner ces idées afin d’en privilégier certaines, même une idée qui n’en est qu’à un stade embryonnaire, qui n’a pas reçu beaucoup d’attention et qui n’a pas été entièrement mise au point. En offrant ici une telle possibilité, un innovateur et sa communauté ou son système de soutien pourraient faire une demande – et il pourrait s’agir simplement d’une idée, même écrite sur une serviette en papier – mais si c’est une bonne idée, elle sera prise en considération et pourrait être adoptée. Cet innovateur recevrait donc une assistance grâce à un jumelage avec divers partenaires – un architecte autochtone pourrait peut-être être en mesure de développer pleinement cette idée.

Par contre, si vous êtes un innovateur et que vous avez de très bons partenaires à vos côtés, c’est bien aussi – votre idée sera également prise en compte. Nous recherchons des idées à plusieurs stades différents, et nous les examinerons toutes. Ce ne seront pas des gens comme moi qui les choisiront – je suis ici pour soutenir un comité directeur autochtone – mais des professionnels autochtones pleins de talents, de diverses perspectives dans les domaines du logement autochtone à travers le Canada, qui ont participé à la conception de cette initiative; ce seront eux qui sélectionneront les innovateurs.

[Joseph Kunkel:] Oui, et dans le cadre de cette série web, nous allons interviewer et parler à certains membres du comité directeur, donc vous pourrez tous vous familiariser avec leurs idées et leurs aspirations au sujet de ce que nous attendons de cette initiative. Peut-être peut-on jeter un coup œil sur le financement, sur la façon dont l’initiative va apporter un soutien aux communautés au plan du financement, de l’expertise technique et de la capacité technique. Je crois que c’est un élément important à comprendre; en quoi cela pourrait être différent des autres initiatives sur lesquelles SAC s’est concentré.

[Natalka Cmoc:] La première étape débutera donc à l’automne. Lorsque vous présentez une demande, vous la présentez pour les deux phases. Vous devez présenter votre demande au plus tard le 1er août. Vous pouvez la soumettre en ligne ou nous l’envoyer par messager. Ensuite, le comité directeur autochtone examinera ces demandes, sélectionnera 24 innovateurs et les fera passer à la première phase, que nous appelons l’Accélérateur. L’Accélérateur consiste à financer un concept et à le développer, et nous n’appuyons habituellement pas l’étape préalable à la conception. Je crois que c’est là l’aspect vraiment excitant de cette initiative.

Les innovateurs sont donc sélectionnés, on leur offrira un soutien pouvant aller jusqu’à 18 mois et jusqu’à une valeur de 350 000 $, et ce soutien pourrait être utilisé pour financer l’engagement communautaire, donc assister les différents experts techniques qui aideront l’innovateur en fonction de la nature du projet. Chaque projet sera donc probablement adapté à leurs besoins et à l’étape où ils se trouvent. En fonction de cela, une trousse sera créée pour chaque idée unique.

Nous encourageons également divers partenaires à présenter une demande, surtout si vous êtes un professionnel autochtone au Canada – donc un architecte ou un ingénieur autochtone, s’il vous plaît, présentez votre idée. Même si vous êtes déjà en partenariat avec une équipe sur un projet, on peut quand même vous demander d’en soutenir un autre parce que ce que nous tentons vraiment d’encourager ici, ce n’est pas un concours, mais plutôt une collaboration, nous voulons promouvoir les bonnes idées, ce qui signifie que vous pourriez participer à un projet, diriger un projet et soutenir un autre projet, parce qu’en fin de compte, il s’agit de soutenir de nouvelles façons de faire les choses.

Puis nous avons la deuxième phase – la phase de construction, que nous commencerons au printemps 2020 – pour nous assurer que nous avons des projets qui iront jusqu’à la construction. Nous choisirons de 15 à 24 projets, et lorsque je dis « nous », encore une fois, je veux dire que ce ne sera pas moi, mais le comité directeur autochtone qui les choisira. Ils iront à la phase de construction, et chacun recevra jusqu’à 2 millions de dollars. Si le projet dépasse les 2 millions de dollars, nous sommes aussi à la recherche d’un financement social. Nous travaillons avec diverses organisations au Canada, et un grand nombre d’entre elles ont déjà déclaré vouloir soutenir ce projet, ce qui signifierait ajouter un financement ou un budget au projet. Donc, ne vous inquiétez pas si vous avez des projets partiellement financés – il n’y a pas de limite, la seule restriction que nous avons est que si c’est quelque chose qui a déjà été développé ou réalisé, nous ne pouvons pas le financer, mais s’il s’agit d’une idée qui en est encore au stade de développement et vous avez reçu d’autres fonds, nous pouvons cumuler le financement.

[Joseph Kunkel:] Ça semble vraiment intéressant, en particulier au niveau de la souplesse du financement, et la capacité de combiner plusieurs éléments et d’essayer de comprendre comment cela peut être partagé et amplifié grâce à des fonds extérieurs. Cette capacité de rendre le projet encore plus percutant. Ce qui m’enthousiasme particulièrement dans cette initiative, c’est qu’à bien des égards, elle ouvre les portes à des sources de financement potentielles de plusieurs manières – est-ce que j’ai raison de dire ça?

[Natalka Cmoc:] C’est exact, et aussi, pour rassurer les demandeurs potentiels, l’innovateur garde le contrôle. L’innovateur est celui qui dirige son propre projet, il a son mot à dire, bien évidemment, sur les membres qui composeront son équipe, sur qui peut fournir un soutien supplémentaire en matière de capital. On ne décide absolument pas pour lui, il est le moteur de ce projet; mais nous rassemblons différents experts d’organisations réputées qui ont déjà fait part de leur intérêt à participer à divers projets, mais il appartiendra à l’innovateur de les sélectionner et de créer son équipe.

[Joseph Kunkel:] Très intéressant, en particulier cette idée de processus ascendant, permettre à la communauté ou au demandeur de prendre réellement le contrôle de ce processus; nous ne voyons pas vraiment ça aux États-Unis, c’est donc très excitant.

Je voulais maintenant parler un peu du demandeur et de son admissibilité. Qui pourrait être ce demandeur? Qui peut poser sa candidature? Et peut-être pouvons-nous parler un peu de ces catégories de personnes, des communautés ou des organisations, je me demandais si vous pouviez les définir un peu plus.

[Natalka Cmoc:] La personne qui présente une demande peut représenter un groupe entier, sa communauté, mais un innovateur sera financé, avec une allocation – donc s’il leur faut 18 mois pour développer leur idée, ils recevront une allocation de soutien pendant tout ce processus, mais le demandeur doit absolument être autochtone, alors ça signifie, Première Nation, Métis, Inuit, vivant dans une réserve, hors réserve, en milieu urbain – selon des perspectives diverses. Ce demandeur pourrait aussi être un représentant d’une organisation, dans la mesure où, encore une fois, il s’agit d’une organisation autochtone – une organisation sans but lucratif ou une organisation privée. Et comme je l’ai mentionné précédemment, une demande pourrait déjà être présentée avec des partenaires, ou avec au moins quelques partenaires déjà présents dans la communauté qu’ils soutiennent. Nous devons avoir une idée de ce avec quoi ils travailleront tout au long de cette demande, mais à part ça, il n’y a aucune autre restriction.

[Joseph Kunkel:] Oui, il est important de souligner les communautés auxquelles cette demande spécifique appartient : rurales, urbaines, hors réserve, dans une réserve, etc.

[Natalka Cmoc:] C’est exact – et s’ils n’ont pas l’aval complet d’une communauté dès le départ, par exemple, s’il s’agit d’une idée au stade embryonnaire, on s’attend à ce qu’ils obtiennent le soutien de la communauté avant de passer à la phase de construction. Je pense que ces demandeurs qui disposent déjà d’un soutien communautaire auront un net avantage parce qu’il s’agit vraiment d’un projet communautaire d’un bout à l’autre, alors l’innovateur est un représentant de la communauté. Il travaillera directement avec la communauté pendant tout le projet.

[Joseph Kunkel:] Je travaille avec des communautés, je dis souvent « nous, en tant qu’architectes, en tant que planificateurs, en tant que concepteurs, nous travaillons avec les communautés plutôt que pour les communautés. » Et je pense que l’Initiative d’innovation pousse vraiment les limites de ce qu’est cette collaboration et de la façon dont les communautés travaillent ensemble et collaborent avec les fournisseurs potentiels, etc., donc c’est important d’entendre cela.

[Natalka Cmoc:] Et j’aimerais simplement souligner que certaines des activités admissibles qui seront financées le seront afin que la communauté puisse être mobilisée tout au long du processus. Encore une fois, cet aspect de conception préliminaire n’est souvent pas financé, mais il le sera avec cette initiative.

[Joseph Kunkel:] C’est fantastique, et souvent, comme nous le voyons dans le territoire indien ou dans les communautés autochtones, cette composante de développement préalable est si essentielle à la réussite globale du projet, et la possibilité de proposer une idée est vraiment importante. Maintenant, nous avons parlé un peu des régions rurales, urbaines, des réserves et hors des réserves. Y a-t-il un domaine d’intérêt particulièrement visé? Pouvez-vous être un peu plus spécifique sur la façon dont ce financement sera utilisé, s’il y a une population ciblée, et ainsi de suite.

[Natalka Cmoc:] Nous avons six domaines d’intérêt, encore une fois ces six domaines ont été identifiés et recommandés par le comité directeur. En premier, on a les styles et techniques de construction traditionnels des Premières Nations, des Inuits ou des Métis. Il appartient au demandeur d’interpréter ce qu’il entend par ça, alors nous proposons des domaines d’intérêt conceptuels, mais le demandeur devra préciser ce qu’il entend par là dans son projet. Donc, pour ce domaine particulier, on pourrait l’interpréter comme un dessin inspiré des valeurs culturelles ou l’utilisation d’une technique de construction ou d’une ressource traditionnelle qu’il aimerait mettre en valeur dans son projet. Ou alors il pourrait s’agir d’un matériau local, par exemple, un bois d’œuvre ou un calcaire spécifique à la région, par exemple – ce sont deux idées que nous avons entendues.

Le deuxième domaine est : utiliser le foyer à des fins d’habilitation, de renforcement des capacités et de soutien aux entreprises locales. Encore une fois, il pourrait s’agir de mettre l’accent sur la recherche de matériaux ou de talents locaux. De nombreuses communautés comptent des artisans qu’elles souhaitent promouvoir donc ça pourrait leur donner l’occasion de le faire dans leur présentation.

Le troisième domaine est : soutenir les populations vulnérables. Encore une fois, c’est à la communauté d’en donner la définition et ça dépend de ce que ça signifie pour chaque communauté. J’ai entendu certaines communautés définir ces populations comme leurs jeunes à risque ou un jeune en particulier qu’ils veulent soutenir, mais encore une fois, que ce soit sur leurs territoires traditionnels, ou qu’elles soutiennent leur propre communauté en milieu urbain, c’est à ce niveau qu’on leur donne la liberté de les définir. D’autres ont voulu cibler les aînés – pour s’assurer qu’ils ont la capacité de vivre chez eux aussi longtemps qu’ils le peuvent – encore une fois, ceci pourrait être une autre façon d’interpréter ce domaine. Mais c’est à la communauté de mettre en valeur ses idées et quelque chose d’unique.

Le quatrième domaine est le suivant : des espaces urbains inspirés par les valeurs culturelles. Le Ministère a habituellement été limité dans la façon dont il peut encourager cet aspect. Nous avons donc établi les modalités avec le Conseil privé pour nous assurer que nous pouvons appuyer certaines de ces idées; encore une fois, il incombe à la communauté de définir comment elle aimerait représenter le logement dans les centres urbains, et nous savons qu’il s’agit d’un réel défi pour un grand nombre de communautés; il pourrait s’agir d’une idée à partir de laquelle on pourrait proposer quelque chose.

Le cinquième domaine est : sécurité et accessibilité.

Ceci pourrait signifier qu’on veut s’assurer que le logement est accessible à leur population entière ou à un sous-ensemble particulier de leur population.

La dernière catégorie est : indépendance et efficacité énergétiques! (DIAPOSITIVE)

Il s’agit souvent d’une initiative très coûteuse, donc si une communauté ou un innovateur a une idée qu’il aimerait modéliser ou tester, cette initiative leur en donne l’occasion. Encore une fois, nous travaillons en partenariat avec certaines universités qui aimeraient explorer ces nouvelles façons de procéder, donc un projet pourrait être un prototype qui met à l’essai quelque chose qui n’est souvent pas pris en compte dans un grand nombre de projets parce qu’on examine la rentabilité – mais si un projet doit être mis à l’essai ou s’il nécessite un prototype, ça pourrait être une façon de le faire.

Je sais que le comité directeur examine également l’aspect de la fiabilité, donc en fonction de votre projet, vous voudrez peut-être souligner pourquoi un prototype en vaut la peine, ou le contraire, et dire pourquoi votre idée vaut la peine d’être testée pour la reproduire dans d’autres domaines.

[Joseph Kunkel:] C’est fantastique, c’est bien de donner un peu plus de détails et d’essayer de comprendre comment et pourquoi une demande pourrait être acceptée. Nous approchons les 20 minutes et j’aimerais insérer d’autres questions potentielles qui nous sont parvenues de plusieurs communautés et quelques exemples de questions qui pourraient être plus faciles à aborder. Je vais donc vous poser quelques questions, Natalka, et peut-être pouvez-vous répondre et élaborer davantage. Une question que nous avons reçue (DIAPOSITIVE des questions et réponses) : « Ma communauté a déjà reçu de l’argent d’un autre programme pour notre proposition, serions-nous encore admissibles? »

[Natalka Cmoc:] Il n’y a pas de limites de cumul pour cette initiative, donc votre projet serait admissible et pourrait être pris en considération dans le cadre de cette initiative. Par contre, aucun financement ne sera accordé pour des travaux qui ont déjà été réalisés. C’est la seule restriction – si un projet n’en est qu’au stade de développement, il sera examiné.

[Joseph Kunkel:] C’est formidable, la capacité d’amplifier l’impact d’un projet – ça pourrait être en développement, ça pourrait être une idée incroyable, mais la capacité d’amplifier le projet est vraiment intéressante. Autre question :

« Le projet de ma communauté est assez développé et n’aura pas besoin de l’Accélérateur pour être construit; pouvons-nous passer directement à la phase de mise en œuvre? »

[Natalka Cmoc:] Oui, le comité directeur autochtone examinera diverses idées, et renforcera le soutien selon le niveau de développement du projet. Nous avons dit jusqu’à 18 mois, ça ne veut pas dire que chaque projet aura besoin de 18 mois à ce stade. Certains pourraient être très proches de la phase de construction, et peut-être n’avoir qu’un mois, par exemple. Je crois que les projets continueront d’être encouragés à au moins dépenser et profiter de ce que l’Accélérateur offrira, parce que vous aurez accès à divers talents au Canada qui pourraient ajouter de la valeur à votre projet. Mais chaque projet sera adapté à ce cas particulier.

[Joseph Kunkel:] Donc, encore une fois, en encourageant et en parlant de la souplesse que cette initiative essaie de favoriser.

[Natalka Cmoc:] J’aimerais simplement dire que l’une des choses que nous entendons très souvent de diverses communautés, c’est qu’elles n’ont pas les moyens de faire appel à certains des architectes autochtones qui travaillent dans le secteur privé. Grâce à cette initiative, nous disposons d’architectes autochtones qui offriraient leur temps ou qui sont financés dans le cadre de l’initiative, donc vous auriez cette possibilité de travailler avec un architecte autochtone ou une entreprise d’ingénierie qui pourrait ajouter au projet, même s’il s’agit simplement de bénéficier de leurs conseils. C’est une opportunité exceptionnelle.

[Joseph Kunkel:] Passons à la prochaine question que je me pose :

« Qu’en est-il si nous avons déjà un partenariat avec une organisation? Pourrions-nous inviter cette personne ou cette organisation à la discussion? »

[Natalka Cmoc:] Absolument. Encore une fois, il s’agit d’un projet qui a fait l’objet d’une réflexion et qui a déjà développé certains partenaires; ceci serait pris en compte et le soutien de l’Accélérateur serait ajusté. Bien sûr, il y aurait une conversation avec les innovateurs, avec leurs idées, ils s’entretiendraient avec le comité directeur sur ce qu’ils aimeraient inclure dans cette phase.

[Joseph Kunkel:] Donc un petit peu de jumelage?

[Natalka Cmoc:] Oui!

[Joseph Kunkel:] La dernière question :

« Les idées doivent-elles être propres à ma communauté pour être jugées innovatrices dans le cadre de ce programme? »

[Natalka Cmoc:] Je pense qu’ils vont chercher quelque chose de différent, de nouveau, donc plus le projet est unique, plus il fait reculer les barrières, plus vous aurez de chances. Ce serait là mon conseil – je pense que nous allons recevoir d’excellentes idées! Je pense aussi, vous constaterez dans la demande qu’il y a un endroit où indiquer si vous seriez disposé(e) à travailler avec d’autres innovateurs qui pourraient avoir d’autres idées très semblables. Encore une fois, l’idée ici est de vraiment stimuler l’innovation dans ce domaine. Admettons que vous avez un projet provenant d’une communauté du Nord du Canada, et un provenant de la C.-B., par exemple, qui envisagent d’explorer une idée très similaire. Ça pourrait être l’occasion de réunir ces deux projets ensemble afin qu’ils puissent tire parti l’un de l’autre dans un esprit de collaboration. Ils pourraient tous deux être pris en considération et être encouragés à travailler ensemble d’une manière logique.

[Joseph Kunkel:] Oui, c’est super. Natalka, merci de nous avoir expliqué tout ça. Je pense que c’est très utile – c’est utile pour moi de l’entendre encore une fois, et je suis certain que c’est utile pour tous ceux qui écoutent. Aimeriez-vous faire part de derniers commentaires ou d’autres renseignements?

[Natalka Cmoc:] Sur le site web, il y a un endroit où vous pouvez poser vos questions, alors s’il y a d’autres questions ou si cette conversation a donné lieu à d’autres questions, n’hésitez pas – nous répondrons à toutes!

[Joseph Kunkel:] Excellent, et je voulais aussi rappeler qu’il s’agit du premier d’une série de quatre webinaires que nous organisons afin que le spectateur puisse préparer une demande en mettant toutes les chances de son côté. Nous allons donc interviewer des architectes autochtones, des développeurs autochtones – qui proposeront des idées novatrices qui, j’espère, vous inspireront à votre tour. Nous sommes donc heureux de vous communiquer plus d’information sur les webinaires à venir, donc soyez à l’écoute et si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer directement avec l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones. Merci à tous, et merci Natalka!

[Natalka Cmoc:] Merci, Joseph!

Webinaire 2: But du projet, répercussions et innovation

Transcription du webinaire

[Joseph Kunkel:] Bonjour à tous et bienvenue à notre série de webinaires sur l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones. Je m’appelle Joseph Kunkel, et je suis membre de la Nation Northern Cheyenne, au sud-est du Montana. Aujourd’hui nous allons parler un peu de l’objectif, de l’impact et de l’innovation en ce qui concerne les projets qui ont été réalisés à ce jour; et nous allons examiner les façons dont le développement du logement peut mener à des changements positifs importants dans votre propre communauté. Je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui Patrick Stewart, Luugigyoo, membre de la Nation Nisga'a dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, architecte et professeur auxiliaire à l’École d’architecture McEwan de l’Université Laurentienne. Bienvenue Patrick! Et nous avons avec nous le David Fortin, membre de la Nation métisse de l’Ontario et professeur agrégé et directeur de l’École d’architecture McEwen à Sudbury, en Ontario. S’il y a quelque chose que j’ai oublié, Patrick, aimeriez-vous vous présenter ou parler un peu de vos antécédents?

[Patrick Stewart:] Bien sûr, et merci Joseph. Bonjour tout le monde. Comme Joseph l’a dit, mon nom en Nisga'a est Luugigyoo, ce qui signifie « eaux calmes de la maison de l’épaulard de Daxaan et du village Nisga'a de angooskw ». Je suis architecte avec 25 ans d’expérience; je gère mon propre cabinet et je suis heureux d’être ici.

[Joseph Kunkel:] Excellent. David, voulez-vous ajouter quelque chose?

[David Fortin:] Pas grand-chose. J’aimerais simplement dire bonjour à tous. Je suis un Métis de la Rivière-Rouge; j’ai grandi en Saskatchewan, je suis né à Calgary et les membres de la famille de mon père sont en fait des Whitfords, donc mon nom de famille est adopté. Mais, oui, ma région d’origine est dans les Prairies du Canada et depuis six ans, j’enseigne à l’École d’architecture McEwan; c’est là qu’on est. Je travaille aussi comme architecte, mais ce rôle est assez limité ces temps-ci, en raison de mes responsabilités administratives.

[Joseph Kunkel:] C’est parfait. Je suis vraiment heureux qui nous ayons cette discussion aujourd’hui et impatient de plonger. Je pense qu’avec vous deux, nous avons beaucoup à partager en peu de temps. Donc je crois qu’on va s’y mettre sans tarder et parler un peu des expériences passées et du travail que vous avez réalisé dans les milieux professionnel et universitaire et de la façon dont nous pouvons réellement réfléchir aux moyens de faire progresser le logement tribal avec cette initiative. Ainsi, avec vos années d’expérience, si nous pouvions discuter un peu d’un projet sur lequel vous avez travaillé dans le passé, et peut-être simplement l’utiliser comme exemple de la façon dont nous pourrions réfléchir à cette initiative, David, je vous laisse la parole.

[David Fortin:] Très bien. Donc je ne vais pas parler de mon propre travail dans cette partie, mais ce que je pensais faire, c’est commencer à parler du studio que j’ai dirigé l’an dernier, et auquel Patrick a participé un peu. Le thème de ce studio d’études supérieures était l’écoute architecturale. Et cette idée de ce que signifie être un designer capable de s’asseoir parmi un groupe de personnes et de contenir ses propres idées sur les approches conceptuelles, de les mettre de côté jusqu’à ce que vous ayez vraiment fini d’écouter les membres de la communauté. En ce qui concerne le logement autochtone, chaque communauté est si unique et renferme tellement de connaissances et de sagesse. C’est une chose vraiment difficile. C’est une chose à laquelle je pense beaucoup ces temps-ci en ce qui concerne les architectes. On a un peu cette idée fausse, je crois, qu’un bon concepteur peut tout simplement atterrir quelque part et réagir efficacement. C’est peut-être vrai dans une certaine mesure. Mais moi, je me demande toujours, quel genre de commentaires obtiens-tu des gens? Combien de temps passes-tu avec les gens? Quel impact culturel apportes-tu à tes dessins et dans quelle mesure es-tu disposé à ajuster l’intégralité de ton approche pour réfléchir à une conception qui répond aux valeurs de cette communauté? C’est donc peut-être assez évident, mais je pense que Douglas Cardinal est un excellent exemple à cet égard parce qu’il est bien connu pour ses bâtiments emblématiques, mais à mon avis, c’est en fait le travail communautaire qui est le plus puissant, d’une certaine façon, lorsqu’il parle du village d’Oujé-Bougoumou dans lequel il a travaillé au Québec. Chaque fois qu’il le présente, le logement en fait partie, mais pas comme une entité distincte. Nous aimons penser, nous aimons classer les maisons en tant que choses. Et c’est vraiment l’idée occidentale avec ses limites de propriété. Vous concevez cet objet qui est dans cet espace ou lui même. Mais ce que j’aime quand Douglas parle de logement, c’est qu’il est intégré. À quoi servent le dessin et une belle maison si en bas de la rue votre bâtiment administratif est en acier préfabriqué, et que la remise à côté est votre patinoire, qui tombe en morceaux? Pour moi, c’est cette idée que le logement n’est pas un ensemble d’objets, mais une activité collective. Cela nécessite d’avoir une idée plus large de ce qu’est le logement, en termes d’emplois, et du renforcement économique et communautaire, tout ça est intégré. Et plus précisément, un exemple de Douglas que j’aime vraiment, David, lorsqu’il le montre, c’est la bande indienne de Kamloops quand il parle du cul-de-sac. Ils avaient aménagé le cul-de-sac et ensuite, les grand-mères et les femmes l’ont regardé et ont dit que cet aménagement ne fonctionne pas parce que toutes les cours étaient orientées radialement vers l’extérieur et les maisons étaient à l’intérieur. Alors, ce que j’ai trouvé vraiment formidable, c’est que Douglas a tout simplement inversé l’aménagement. Les maisons se sont retrouvées sur l’extérieur d’un cercle. Les cours formaient toutes un espace commun au milieu, et donc, tout le monde partage l’espace entre eux et peut surveiller les enfants les uns des autres pendant qu’ils jouent dans la cour. Voilà un effet immédiat. Vous pouvez le voir dans la conception de quelqu’un qui écoute les gens et répond à leurs besoins et n’impose pas ses propres idées préconçues. Pour moi, le logement, c’est vraiment de savoir dans quelle mesure vous écoutez et vous pouvez changer votre dessin.

[Joseph Kunkel:] C’est fantastique. J’adore ce type de notion le logement est complexe, le développement communautaire est complexe et tout est interrelié. Je pense que vous l’avez bien exprimé et je vous remercie pour ces exemples. Patrick, qu’en pensez-vous?

[Patrick Stewart:] Ce dont David a parlé me fait vraiment réfléchir. Donc quand David parle du projet de Douglas, Oujé-Bougoumou, je pense que c’était un projet très spécial parce qu’il avait la latitude de concevoir une bonne partie de la communauté. Je me trouve en situation inverse, je travaille en milieu urbain, par exemple, à Vancouver, nous sommes délimités sur les quatre côtés par des rues et aucune limite de propriété, ce genre de choses. Et c’est un véritable défi, d’essayer d’intégrer tous les besoins de votre client, tous les besoins culturels dans un projet urbain. J’estime qu’il y a un manque de compréhension de la part des gens de la ville, du personnel de la ville, de l’urbanisme. Un de mes projets était le village des enfants autochtones de Dave Pranteau. Ça nous a pris, je crois, plus de deux ou trois ans pour le faire étudier par l’hôtel de ville, tout simplement à cause de la conception, de la forme massive, des couleurs, ce genre de choses. Nous tentions d’exprimer le village de la côte ouest et l’hôtel de ville s’est exaspéré. Je crois qu’ils ont dit, vous savez, ce condominium de l’autre côté de la rue, c’est juste un immeuble gris de trois étages. Ils m’ont dit, faites-le tout simplement ressembler à ça. Et puis « tout sera parfait ». Nous ne l’avons pas fait, mais c’est là ce qu’ils pensaient. C’est donc quelque chose auquel nous sommes constamment confrontés. Avec si peu d’entre nous, architectes autochtones, dans le pays, l’impact est un défi. Le Canada est un grand pays et nous avons 15 ou 16 architectes inscrits dans l’ensemble du pays. Ce n’est pas comme si nous en avions des douzaines sur lesquels nous pouvons compter. Je pense donc que c’est ce qui rend la situation difficile. Dans un sens, nous travaillons de façon isolée dans ce que nous faisons. Il faut donc que cela change. Et je pense que ce qui se passe à l’École d’architecture McEwen, ça va nous aider, c’est certain. Le travail à McEwen forme vraiment les étudiants et c’est ce qu’il nous faut.

[Joseph Kunkel:] Oui. Réfléchissant à certains des commentaires que vous avez faits, David, et du travail que vous avez accompli, Patrick, j’aimerais peut-être approfondir un peu plus la conversation sur l’écoute et l’importance des espaces de vie. Comment un demandeur ou une communauté – à quel point est-il important qu’ils expriment ou soulignent cette conversation dans leur demande? Je veux m’assurer que nous réfléchissons de façon critique à la culture de la communauté et au lieu et à cette tangente d’écoute, cette capacité à comprendre que ces espaces que nous créons ont un lien avec notre culture et notre contexte. Et peut-être pourrions-nous décortiquer cette idée un peu plus et s’écarter de la maison en tant que bâtiment, « c’est une maison ou un endroit » et la façon dont elle est reliée à la communauté elle-même.

[Patrick Stewart:] Très bien. Je pourrais répondre rapidement là-dessus. Une des choses que j’ai découvertes, c’est l’importance de la participation au niveau communautaire. Plus elle est large dans le projet, c’est-à-dire en termes de mobilisation communautaire, plus le projet en est renforcé. Donc ça dépend simplement de la communauté. Quand on va dans une communauté, toutes les communautés ne sont pas identiques. Quand on arrive pour travailler dans une communauté, on doit comprendre et reconnaître la structure de la communauté, les protocoles, afin que nous travaillions avec le système plutôt que contre. Une communauté dans laquelle j’ai travaillé avait un système de gouvernance familial. Il y avait donc sept grands groupes familiaux dans la communauté et chaque famille avait un représentant au conseil et lorsque nous faisions de la planification dans la communauté, ils choisissaient des représentants de leurs groupes familiaux pour former ces comités de planification. Ce fut un véritable succès. Nous avons eu beaucoup de participation. Donc, chaque groupe familial proposait ses idées et les représentants les réunissaient. On s’est retrouvé avec un plan communautaire extrêmement solide qui a bénéficié d’un soutien tout au long. Nous y avons travaillé. Je pense que cela a pris environ deux ans. À la fin, tout le monde a adhéré à ce plan communautaire et parce qu’il tenait compte de la communauté, les représentants au comité de planification, ils se sont tous présentés au conseil. Et ils sont tous entrés et sont devenus une sorte de nouvelle structure de gouvernance dans le village. Et pour moi, c’était un parfait exemple de ce qui peut se produire dans la communauté quand on bénéficie de ce large soutien.

[Joseph Kunkel:] Excellent. OK David – Voulez-vous ajouter quelque chose?

[David Fortin:] Oui, alors une des choses sur lesquelles je travaille actuellement, Patrick, fera partie de ce projet aussi. Donc, sur une note positive, le Conseil national de recherches m’a contacté au sujet du logement dans les communautés autochtones des régions nordiques et éloignées au Canada. La première question était, d’une manière ouverte, vous savez, comment pourrions-nous avoir cinq maisons conçues dont les plans pourraient être gardés dans un registre et qui pourraient être construites dans tout le nord du Canada? Enfin, c’est-à-dire, il n’était pas à l’aise avec cette proposition non plus, mais il me demandait, vous savez, que me conseillez-vous à ce sujet? Et je lui ai dit, ça ne m’intéresse pas de faire les plans de cinq maisons qui seront reproduites dans tout le Nord. C’est toujours la même histoire qui arrive. Donc, ce que j’ai dit, c’est que je serais heureux de modéliser cinq processus, dans lesquels les communautés peuvent participer de façon utile et la maison est spécifique, ou la stratégie en matière de logement est spécifique à cette communauté seulement. Et puis on les met à l’arrière du registre et on montre ce qui peut être fait quand on mobilise les communautés de manière concrète. Suite à ça, j’ai formé un conseil consultatif, auquel ont participé plusieurs collègues et sur lequel je travaille maintenant. Alfred Waugh en fait un. Et ce que j’ai essayé de faire, c’est de jumeler des architectes autochtones qui ont une expérience vécue dans la région. Vous savez, ils ne sont peut-être pas de cette communauté, mais ils sont relativement proches. Ainsi Alfred a grandi à Yellowknife et il travaille avec une communauté dans les Territoires du Nord-Ouest, une communauté accessible seulement par avion. Patrick et Kelly Bapts travailleront pour une communauté près de celle d’où ils viennent. Kelly vient de cette communauté. Eladia Smoke est en train de travailler dans une communauté dans le nord du Manitoba. Et puis Brian Porter de Two Row travaille dans une communauté du nord de l’Ontario. J’essaie en quelque sorte de dire avec un projet que je ne suis pas la voix d’autorité pour ces communautés, et donc j’essaie de jumeler les gens qui ont une expérience vécue. Je peux aller dans une communauté et solliciter une vaste mobilisation, ce que je proposerais dans mes recommandations, comme ma proposition, qui a fini par tripler leur budget initial. Comme je l’ai dit, les architectes ne peuvent pas se rendre dans la communauté en avion pour un après-midi, pour une heure, puis retourner chez eux, dessiner le plan d’une maison, puis le rapporter à la communauté et s’attendre à ce que ça fonctionne. J’ai donc dit dès le premier jour, la première visite devrait être de quatre à cinq jours par communauté, et la prochaine visite, après un ou deux mois à travailler sur le plan, on retourne dans la communauté. Attendez, vous avez bien entendu? Retournez, allez passer quelques jours de plus. Au cours de ces deux visites, on participe à autant de festins que possible. Comme Patrick l’a dit, il faut s’assurer qu’il y a un budget pour un agent de liaison avec la communauté qui sait à quels aînés parler, quels sont les intervenants politiques qui doivent être impliqués. Quelqu’un dans la communauté qui facilite la coordination de la visite. D’où devrait venir la nourriture? Comment faisons-nous participer la communauté? Comment faisons-nous participer les enfants? Vous savez, une présence intergénérationnelle. Donc ça devient vraiment un processus communautaire, l’impression d’y participer. En fin de compte, ce que je veux dire, c’est que, bien sûr, j’y accorde de l’importance, j’aime l’architecture, mais ça m’est égal à quoi ressemblera la maison à la fin. Dans la mesure où elle répond techniquement aux fonctions qu’elle doit remplir, et que la communauté a l’impression d’avoir été consultée correctement dans ce processus, alors c’est un point de départ. Et alors, pour moi, j’en reviens à cette notion de complexité et d’encourager le processus de conception à y répondre. Vous comprenez? Donc vous avez Alfred qui est en train de faire de la pêche sous la glace, il passe du temps là, il mange avec d’autres. Oui. Le logement fait partie de ça, mais il y a aussi beaucoup plus de gains pour tous ces gens. De quoi ont-ils besoin lorsqu’ils reviennent de la chasse? Qu’est-ce qui, dans leurs maisons, ne répond pas à leurs activités? Et vous ne pouvez tout simplement pas mettre ça sur un diagramme lors d’une courte visite. Je pense qu’il faut consacrer un certain temps à cette réflexion.

[Joseph Kunkel:] Oui, c’est intéressant. Je veux dire qu’il ne s’agit pas nécessairement d’une architecture avec un grand « A », c’est une architecture en tant que processus et je pense que ça, c’est intéressant. Et éloigner en quelque sorte le demandeur de l’idée de proposer un bâtiment ou proposer une « chose » comme une chose matérielle, c’est intéressant d’y réfléchir à un niveau conceptuel. Et je pense que c’est vraiment de l’innovation, repousser les limites de ce que nous connaissons quand nous pensons à l’innovation, définir l’innovation autochtone. Je pense que c’est la conversation que nous voulons avoir, dans le cadre de ces demandes; repousser les limites de ce que cela pourrait signifier. N’est ce pas?

[David Fortin:] Absolument. Oui. En fait, je pense que ça ne l’est pas, à titre d’exemple. Et puis, j’avais oublié ou je ne savais pas que vous faisiez partie des Northern Cheyennes, mais lorsque j’enseignais dans le Montana, pendant quelques années, il y a environ trois ans, je crois, j’ai travaillé avec Red Feather près de Lame Deer ̶ est-ce bien le mot?

[Joseph Kunkel:] Oui.

[David Fortin:] Très bien. Donc, ce bâtiment de bottes de paille a vraiment changé mes opinions à ce sujet parce que j’ai trouvé que tout était vraiment bien organisé, où, à la fin de la journée, vous pourriez regarder et dire, c’est une maison, n’est-ce pas? C’est très performant, mais si vous rassemblez tous les éléments à ce sujet, ils utilisent de la paille du Montana. En fin de compte, c’est l’endroit idéal pour avoir de la paille. Ça marche bien sur le plan environnemental. Mais alors c’était le fait que la famille et la collectivité ont bâti cette chose ensemble. N’est-ce pas exact? Le groupe Red Feather, je ne sais pas si vous avez participé à ces constructions, mais vous avez des bénévoles de l’ensemble du pays, et vous campez tous sur le site du chantier. Puis ensuite, ils ont invité des élèves du secondaire à participer à la construction. Ils avaient des étudiants en technologie de la collectivité, comme des étudiants de collège technique, qui construisaient. Il y avait deux gars sur place pour les trois semaines entières de notre séjour; ils étaient récemment sortis de prison et se réintégraient à la communauté. Puis, le soir, nous avions des sueries. Nous, ils donnaient des présentations culturelles. C’était donc un partage culturel. Vous partagez des repas avec la famille. Je suis tout simplement épaté. La complexité de tous ces éléments, ça m’aide à comprendre, selon moi, ce que peut représenter le logement.

[Joseph Kunkel:] Oui. En fait, quand vous y réfléchissez et que vous songez à l’incarcération, vous pensez à l’engagement communautaire et à tous les défis que nous voyons dans nos réserves, dans nos réserves ici aux États-Unis et très semblablement au Canada. Plus je songe à cette initiative, plus je comprends ce qui se passe ici. Les problèmes sont très, très semblables et le potentiel est très similaire et je suis vraiment optimiste quant à la façon dont ce défi d’innovation, cette initiative d’innovation peut effectivement repousser les limites de ce que nous connaissons sur le logement des Autochtones, les communautés autochtones, etc. Oh, c’est encourageant. Patrick.

[Patrick Stewart:] Ça sera certainement intéressant de voir les idées qui émaneront de l’initiative.

[Joseph Kunkel:] Oui. Et comme nous, je veux dire, notre conversation est passée très vite car nous nous approchons déjà des 20 minutes et je voulais simplement vous remercier tous les deux pour le temps que vous nous avez consacré et pour avoir partagé certaines de vos histoires qui sont des sources d’inspiration et le travail qui a été réalisé dans le passé. Parce que je pense qu’en continuant sur cette lancée, si nous pouvons communiquer ces idées et repousser les limites de ce que ces communautés peuvent accomplir, cela influencera notre façon de considérer nos communautés. Voulez-vous ajouter des derniers commentaires ou réflexions, que vous aimeriez transmettre aux demandeurs qui sont en train de préparer des demandes pour cette initiative?

[David Fortin:] Je reviendrais simplement, et encore une fois, je me répète un peu, mais vous savez, après avoir lu des ouvrages du monde non autochtone, il y a des gens qui produisent de très bonnes choses. Sur le sujet du logement, je pense au livre en anglais de Christopher Alexander, The production of houses. En fait, c’est un vieux livre, mais il est utile à cette conversation; la maison n’est pas un objet. Vous devez réfléchir à la personne qui la construit. D’où vient le matériel et comment la communauté participe-t-elle à toutes les étapes de sa construction, y compris le processus de conception. Si l’une ou l’autre de ces choses manque, et si la communauté n’est pas impliquée dans ce projet, y compris, disons, dans le profit. Nous savons que le logement est un générateur économique et que le modèle de maison fonctionne comme un générateur économique en nous, qui sommes une sorte de société de consommation, d’accord, mais dans les réserves et dans des endroits éloignés, ça ne fonctionne pas de la même façon. Vous devez donc réfléchir une nouvelle fois à ce qui connecte la maison, le réseau qu’elle dessert, et vous assurer que les Autochtones sont au cœur de tout ça et que ce sont eux qui en bénéficient à tous les niveaux. C’est là la clé, à mon avis.

[Joseph Kunkel:] Super. Oui. Merci. Merci. Et vous Patrick, voulez-vous ajouter quelque chose?

[Patrick Stewart:] Oui, je pense que si le projet repose vraiment sur des idées de la communauté, le processus conventionnel de l’approvisionnement va subir un renversement complet. Habituellement dans une réserve, le processus dicte que Services aux Autochtones Canada fournit des fonds, la communauté embauche un entrepreneur qui construit des maisons à partir d’un catalogue. Et nous avons vu les résultats d’un océan à l’autre, et ce ne sont pas des résultats heureux. Et je pense que nous avons l’occasion maintenant de mobiliser réellement la communauté, de lancer un défi à la communauté ou de la laisser nous lancer le défi de repenser le processus de conception et de construction.

[Joseph Kunkel:] Merci. Et encore une fois, merci à vous deux. Merci à tous ceux qui nous ont écoutés et d’avoir fait cet enregistrement et à titre d’élément important à retenir, je viens juste de me rappeler qu’il s’agit d’une série en quatre parties. Nous avons enregistré trois autres webinaires pour vous aider tous à répondre à la présente demande de propositions. J’ai donc hâte de voir comment cette initiative d’innovation va progresser. Et David, Patrick, merci de nous avoir accordé un peu de votre temps. Merci.

Webinaire 3: Financement innovant pour la durabilité du projet

Transcription du webinaire

[Joseph Kunkel:] Bonjour et bienvenue à notre série de webinaires sur l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones. Je m’appelle Joseph Kunkel, je suis directeur de conception au MASS Design Group et je dirige un portefeuille de travail intitulé « Communautés autochtones durables ». Je suis membre de la tribu Northern Cheyenne et concepteur travaillant ici, avec nos communautés tribales aux États-Unis. Je suis heureux d’animer une nouvelle fois ce webinaire et d’accueillir aujourd’hui notre invité Sean Willy. Sean, je vous remercie d’être avec nous aujourd’hui et je vous invite à vous présenter.

[Sean Willy:] Merci Joseph. Je suis heureux d’être ici. Je suis membre des Métis, dans les Territoires du Nord-Ouest. Je travaille dans l’industrie des ressources depuis plus de 20 ans. Je suis président-directeur général de Des Nedhe Development. Il s’agit d’une société autochtone à 100 %, appartenant à la Première Nation English River, au nord de la Saskatchewan. Je travaille dans cette société depuis environ deux ans et je suis heureux de faire partie de l’équipe de l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones.

[Joseph Kunkel:] Excellent, excellent. Et pourquoi ne pas… Commençons peut-être par votre appartenance au comité directeur et les raisons pour lesquelles vous avez choisi d’en faire partie.

[Sean Willy:] Eh bien, lorsque vous grandissez dans le nord du Canada, vous êtes tout simplement exposés aux communautés autochtones, aux communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Après avoir examiné le défi du logement et parce que je voulais faire partie d’une équipe capable d’innover, cette expérience m’a vraiment touché parce que je pense que l’amélioration des conditions de logement se traduit par des familles en meilleure santé, plus sûres et plus fortes, donc des communautés plus dynamiques. Un meilleur logement est plus propice à l’éducation et encore une fois, à la santé et au bien-être, parce que nos communautés sont devant un défi, n’est‑ce pas? Et je pense que ça a vraiment un impact sur la culture des gens. Les gens regardent nos communautés et croient que la pauvreté fait partie de la culture, mais je vois chez beaucoup de personnes de la communauté une culture autochtone dynamique. Mais je pense que tout commence par un endroit sûr, sain et chaud où on peut se reposer. Ensuite, je vois le logement comme une possibilité de développement économique. Et je pense que le développement économique renforce la voie vers l’autodétermination. Parce que si vous ne créez pas vos propres possibilités de développement économique et vos propres sources de revenus, vous devez dépendre des autres et ce n’est pas ça qui mène à l’autodétermination.

[Joseph Kunkel:] Effectivement. C’est vrai. Et c’est exactement la raison pour laquelle nous allons parler aujourd’hui du développement économique, des méthodes de financement durables et des moyens de vraiment réfléchir à la façon dont nous, en tant qu’Autochtones, pouvons vraiment adopter une réflexion critique sur des avenirs durables en termes de financement. Et cette conversation avec vous, je crois qu’elle est vraiment importante au moment où nous réfléchissons à cette initiative en particulier et à la manière dont nous pensons au logement, au développement du logement, etc. Donc, peut-être juste pour vraiment nous plonger dans le sujet et parler un peu du financement de projet et de l’approvisionnement, si vous avez des remarques sur la raison pour laquelle il s’agit d’une composante de base ou d’une composante vraiment essentielle à cette initiative.

[Sean Willy:] Eh bien, je pense qu’il faut commencer par l’endroit d’où vous venez. Je pense que si vous regardez nos communautés, l’argent qui est créé dans nos communautés autochtones, vous constatez que près de 90 % de ces fonds quittent la communauté. Et je pense que si l’on examine le logement dans une optique durable, comme un moyen de créer un avantage en matière de développement économique pour la communauté, et de conserver une partie de cet argent dans la communauté, ça contribuera à rester sur la voie de l’autodétermination. Alors nous avons commencé avec ce logement durable. Donc, les communautés, je crois, ont généralement un coffre, et elles sortent et remettent cet argent à un fournisseur extérieur, sûrement pour essayer d’en avoir plus pour leur argent. Elles se retrouvent avec les maisons les moins chères, parce qu’elles sont soumises à des restrictions budgétaires rigoureuses, et par conséquent, une part de l’argent s’en va à l’extérieur. Au lieu de cela, comment pouvons-nous construire nos propres maisons? Pouvons-nous créer des entreprises de développement économique? Pouvons-nous aider d’autres communautés autochtones qui ont déjà créé ces entreprises? Je pense que nous devons commencer à conserver l’argent autochtone à l’intérieur des coffres autochtones. Deuxièmement, qu’utilisez-vous dans votre logement? Donc, vous savez, surtout au Canada, de nombreuses communautés sont situées dans la forêt boréale. Vous en avez d’autres qui sont dans des zones où vous pouvez utiliser des matériaux locaux, de votre territoire traditionnel dans la construction de logements. Vous savez, même pour le calage, les bois. Certaines communautés sont propriétaires dans des scieries et dans d’anciennes aires de transbordement du bois d’œuvre. Que pouvez-vous apporter en main-d’œuvre ou fournitures dans les magasins communautaires? Je crois qu’il s’agit de ramener ça au niveau local et de faire participer les gens à la question du logement. J’ai vu ça trop de fois, les logements prêts à emménager arrivent et sont juste posés à terre; ils n’emploient personne, ils ne sont pas construits dans la communauté. Aucun sentiment de fierté, aucun sentiment de propriété. Donc c’est là, je pense, où nous devons commencer avec le développement économique, dans cette chaîne d’approvisionnement. Où est la communauté si on ne s’intéresse pas à l’aspect local, peut-elle soutenir une autre communauté autochtone? Et nous devons mettre la jalousie de côté et commencer à nous soutenir les uns les autres dans le but d’avoir des logements plus durables. Lorsque je regarde l’étape suivante, et vous l’avez mentionné, il y a le financement. Je connais de nombreuses communautés qui sont sur le point d’offrir des possibilités d’accès à la propriété à leurs membres. Je pense que c’est là où ça commence; les gens s’impliquent dans l’achat de leur propre maison ou même commencent avec la location de leur propre maison. Je pense que c’est une conversation qui s’impose et nous devons comprendre que ça ne se fera pas du jour au lendemain. Et je pense que vous avez vu des communautés à travers le pays qui ont emprunté cette voie en permettant aux membres d’acheter une maison. Regardons les réserves par exemple. Ça crée un effet de vague chez les gens; la plupart des familles qui sont propriétaires de ces maisons ont un sentiment d’appartenance. Oui, au départ, il y a une certaine jalousie, mais avec le temps, ce sentiment disparaît pour laisser place à un effet de contagion et d’autres personnes veulent avoir l’option d’acheter leur propre maison; en être propriétaire et en faire la sienne avec le temps, créer de la richesse pour votre famille pour pouvoir la transmettre. Mais selon moi, un financement innovateur doit commencer avec les individus. Encore une fois, c’est mon avis. J’ai vu dans de nombreuses communautés, on dit : « Eh bien, pas tout le monde va pouvoir faire ça », peu importe la culture, tout le monde ne peut pas le faire. Je pense que nous devons accepter le fait que certains vont vouloir acheter, certains vont vouloir louer et certains voudront demeurer dans le système actuel.

[Joseph Kunkel:] Effectivement.

[Sean Willy:] Deuxièmement, il y a des coffres en ce moment, grâce à des agences de prêt, la SCHL sur les prêts hypothécaires. Même dans les communautés. Je crois que les communautés feraient bien de voir comment elles pourraient encourager les prêts hypothécaires à long terme des membres de la bande. Parce que je pense que les avantages l’emportent sur les inconvénients avec ces types de modèles.

[Joseph Kunkel:] Oui, je pense que c’est intéressant. Et vous avez abordé un peu le financement novateur qui concerne le développement durable ou le soutien d’un développement durable pour un genre d’investissement à long terme, n’est-ce pas? Cette idée de s’assurer que nous bâtissons et nous pensons à bâtir, que nous soutenons notre culture, nos communautés pour le long terme. Y a-t-il un projet qui vous vient à l’esprit? Ou existe-t-il une pratique ou un conseil que vous pourriez suggérer aux éventuels participants ou personnes qui sont en train de préparer une demande dans le cadre de cette initiative?

[Sean Willy:] J’essaierais d’établir des partenariats avec d’autres communautés. Je pense que trop souvent nous fonctionnons en vase clos et, encore une fois, il y a un peu de jalousie ou de compétitivité dans nos communautés. Mais j’aimerais voir des demandes multicommunautaires, entre nations. Pas vrai? Dans le monde des Premières Nations, les Premières Nations en partenariat avec les Métis, ou les Cris et les Dénés, ou les Saulteux en partenariat avec les Anishinaabe. Je pense que ça ajouterait de la valeur parce qu’à mon avis, c’est encore une fois des nations qui travaillent ensemble. Je pense, qu’est-ce qui ajouterait de la valeur, comment allez-vous utiliser une chaîne d’approvisionnement locale, n’est-ce pas? Et multiplier l’argent. Donc, si vous obtenez un financement de différents coffres pour construire une maison, comment allez-vous vous assurer ̶ j’utilise le mot multiplier ̶ que vous ajoutez de la valeur? Donc y a-t-il des charpentiers, des plombiers dans la communauté à qui vous pouvez fournir une partie de cet argent? Qui sortira ensuite et ira embaucher d’autres personnes et mettra un financement additionnel dans ce coffre? N’est-ce pas? Trop souvent, nous obtenons ces fonds d’institutions financières pour construire des maisons et cet argent se perd en paroles. Je vais donc être à la recherche de méthodes innovatrices; lorsque vous construisez la maison, à quoi va ressembler votre chaîne d’approvisionnement locale? À quoi va ressembler votre chaîne d’approvisionnement autochtone? Et troisièmement, les produits que nous utilisons ici, Joseph. Donc, comme je l’ai mentionné, y aura-t-il un contenu local dans les divers produits durables utilisés par la communauté? Une entité autochtone détient-elle certaines choses qui ajouteraient de la valeur au projet de logement et qui pourraient faire partie de ces possibilités de chaîne d’approvisionnement?

[Joseph Kunkel:] Oui. Et comme vous êtes en train de penser à ces projets, aux chaînes d’approvisionnement et au financement, est-ce qu’il y a vraiment quelque chose au niveau du processus d’approvisionnement qui pourrait augmenter, influencer ou accroître la capacité d’un projet d’avoir d’autres répercussions financières dans la communauté?

[Sean Willy:] Eh bien, je pense que l’approvisionnement doit favoriser les fournisseurs autochtones. Nous devons soutenir les fournisseurs qui vont employer et former les peuples autochtones. Je pense trop souvent, si vous jetez un coup d’œil à l’approvisionnement fédéral canadien actuel, c’est vraiment une course vers le bas et c’est généralement la soumission la moins chère qui l’emporte. Je crois que nous devons ajouter ce qui est mieux pour la société, ce qui est mieux pour le contribuable canadien. Et c’est l’emploi des Autochtones. C’est vraiment une excellente façon de mobiliser un segment de la population qui a été embauchée et que nous pouvons former et ajouter des compétences dans ces communautés. Les avantages sont pour leurs enfants parce que si les enfants ne voient pas leur mère et leur père aller au travail alors ils sont plus susceptibles de suivre leur exemple. J’ajouterais donc ces choses dans notre approvisionnement. Je veux voir qu’elles font partie des demandes. Comment mobilisez-vous la communauté autochtone dans une perspective de stratégie de main-d’œuvre?

[Joseph Kunkel:] Excellent, c’est intéressant de penser à cette initiative comme à du développement économique et pas seulement une façon de fournir un logement. Je pense, à mesure que cette conversation évolue, que cette idée d’amplifier notre capacité de tirer parti de nos économies locales et de penser localement, d’y songer dans la perspective de la durabilité et pas seulement la durabilité environnementale, financière et fiscale, et la façon dont nous bâtissons notre économie localement, en tant que peuples autochtones. Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est qu’il ne s’agit pas uniquement de construction, de construire pour construire ou de construire pour fournir un abri. Il s’agit d’une durabilité à long terme. Je suis rempli d’enthousiasme quand je vous entends parler de vraiment repousser les limites de ce à quoi ça pourrait ressembler dans ces communautés autochtones et dans le cadre de cette initiative elle-même.

[Sean Willy:] Eh bien, oui, et vous savez, ce n’est pas « nouveau ». Il s’agit de rétablir le lien entre ce qui se faisait par le passé avec des techniques un peu plus modernes. N’est-ce pas vrai? C’est ainsi que nos communautés fonctionnaient il y a deux cents ans, avant le contact. Je pense donc que nous pouvons revenir sur ce point et même passer au niveau suivant et alors, vous savez, commencer à incorporer – dans certaines communautés en milieu urbain, je pense aussi que vous verrez davantage l’inclusion de la technologie. Mais encore une fois, si nous pouvons ajouter de la valeur et conserver ces fonds dans nos communautés, cela ajoute simplement un niveau de durabilité qui ne devrait pas nous faire peur.

[Joseph Kunkel:] Non, c’est super de l’entendre. Et je pense que certaines des principales leçons à tirer de cette discussion sont le renouvellement de la durabilité et la conservation de ces dollars dans la communauté. L’idée d’embaucher localement, d’élever ceci au-delà d’un projet de développement concret est très excitante. Alors que nous sommes sur le point de conclure notre séance ici, y a-t-il des dernières réflexions? Si les demandeurs préparaient ensemble le « projet parfait », qu’est-ce que vous aimeriez voir dans une demande potentielle?

[Sean Willy:] Un logement sain, heureux et bien conçu. Je pense que c’est là que nous devons commencer, avec l’approche systématique en matière de logement. Mais encore une fois, je répète que je défends le développement économique local. Je veux un logement durable, intelligent, bien isolé, bien construit, qui a reçu la contribution de la communauté, qui a tenu compte de ses besoins. Mais parallèlement, comment mobilisez-vous la main-d’œuvre locale, les fournisseurs locaux, pour veiller à ce que les sources de financement demeurent dans les communautés? Donc, ça englobe vraiment tout. Il faut bien y réfléchir. Ça ne peut pas être qu’un seul pilier. Il faut que vous vous intégriez. Vous devez toucher les cinq piliers. Ça doit être bien réfléchi et planifié avec les autres communautés parce que je pense que nous devons avoir un dialogue de nation à nation et des logements.

[Joseph Kunkel:] Et c’est l’innovation qui tire sur tous ces leviers. C’est tirer sur les finances. C’est tirer sur la durabilité, réfléchir de façon critique à la culture de la conception, la communauté en place. Je crois que ceux-ci sont les thèmes que nous avons entendus dans cette série de webinaires et je pense que tous les membres du comité de direction qui ont participé ont réellement fait preuve d’un esprit critique sur la façon dont nous travaillons en collaboration et collectivement et comment nous nous réunissons pour essayer de résoudre ces questions sur le logement des Autochtones. Je trouve que c’est vraiment excitant d’entendre comment tout le monde le définit et réfléchit vraiment de façon critique au développement, au logement, et au financement.

[Sean Willy:] Parfait.

[Joseph Kunkel:] Merci de nous avoir consacré du temps et de nous avoir fait part de vos réflexions et de vos visions sur cette initiative, et j’ai vraiment beaucoup apprécié votre participation. Et pour nos auditeurs, j’attends avec impatience notre dernière séance sur cette série de webinaires et j’ai hâte de voir ce qui émanera de tout cela. Alors merci à tous et à bientôt lors de notre prochaine discussion. Merci.

Webinaire 4: Soutien à l'inclusion communautaire, à l'autonomisation locale et à la capacité de la communauté

Transcription du webinaire

[Joseph Kunkel:] Bonjour à tous et bienvenue de nouveau à notre série de webinaires sur l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les collectivités autochtones. Mon nom est Joseph. Je suis directeur du design à MASS Design Group, de Boston, au Massachusetts. Je suis membre de la tribu Northern Cheyenne du sud-est du Montana, ici aux États-Unis. Je collabore avec Services aux Autochtones Canada dans le cadre de cette initiative et je suis emballé de présenter Patrick Stewart et Will Goodon. Ils vont se présenter eux-mêmes. Patrick, veux-tu continuer?

[Patrick Stewart:] Merci Joseph. Bonjour à tous. Mon nom est Patrick Stewart et mon nom Nisga’a est Luugigyoo. Je suis membre de la Nation Nisga'a du nord-ouest de la Colombie­Britannique. Je suis architecte et je pratique depuis 25 ans à mon compte. Je suis membre du conseil technique et participe à cette initiative, et je suis heureux d’être ici.

[Joseph Kunkel:] Excellent. Bienvenue Will.

[Will Goodon:] Merci beaucoup à vous deux, messieurs, et bonjour. Mon nom est Will Goodon, et je suppose que j’assume quelques rôles. Je suis ministre du Logement pour la gestion immobilière de la Fédération des Métis du Manitoba et, à ce titre, je suis un des représentants élus de nos gouvernements métis au Manitoba. De toute évidence, je suis associé à la Nation métisse, mais je suis ici aujourd’hui en tant que membre du comité directeur du comité de l’innovation qui sera formé par l’entremise de Services aux Autochtones Canada. Je suis très content d’être ici. En fait, il y a trois ou quatre jours, j’ai eu l’occasion d’en discuter avec le ministre O’Regan. Il est encore très enthousiaste à propos des possibilités qui seront offertes aux Autochtones dans un plus grand nombre de collectivités. Je suis très contente d’être ici, de discuter avec vous et, espérons-le, d’aider les gens qui ont des idées et qui nous les communiquent, afin que nous puissions trouver des façons nouvelles et stimulantes de gérer le logement dans nos collectivités.

[Joseph Kunkel:] Excellent. Excellent. C’est super. Je suis très heureux de vous parler à tous les deux et de vous mentionner un peu la raison pour laquelle le design est important, de vous parler du logement et de l’innovation, de la façon dont ces processus peuvent être intégrés afin que nous puissions chercher des moyens de résoudre les divers problèmes auxquels font face les collectivités autochtones en matière de logement, de développement, etc. Je souhaitais aborder cette question de nouveau, cette question entourant l’importance de la mobilisation communautaire et la façon dont la mobilisation communautaire est un élément fondamental de ces processus, et l’importance de la mobilisation communautaire. Will, peux-tu parler un peu des mobilisations publiques et des effets sur la collectivité, et de ce qui pourrait constituer de bons exemples que les demandeurs potentiels dans cette initiative pourraient envisager d’intégrer à leurs processus?

[Will Goodon:] Et bien, je dois souligner le travail des autres membres de notre comité directeur, car nous avons mené des discussions très approfondies sur ce sujet lui-même, parce qu’on craint que certaines des structures de gouvernance soient descendantes. Nous voulions nous assurer que toute personne qui a une idée, même si elle a été notée sur une serviette de table dans un café, puisse la faire valoir et que nous ne rejetterons pas les bonnes idées. En fait, nous souhaitons soutenir ces bonnes idées qui ne sont peut-être pas appuyées par l’expertise technique. Et je pense que c’est ce qui rend cette initiative très, très unique. Bien entendu, nous voulons que toutes les collectivités soient en mesure de se manifester et de faire connaître tous les types de gouvernance autochtone qui sont en place. Donc, si un gouvernement métis ou un gouvernement des Premières Nations, ou un gouvernement inuit souhaite proposer des idées, nous sommes tous en faveur de ça. Mais vous savez, même auprès des jeunes, ce qui est un point dont nous avons aussi parlé. Nos jeunes ont des idées qui, peut-être, puisque je vieillis un peu, comme certains d’entre nous, les vieux, sont peut-être un peu coincés dans leur façon de faire, mais nos jeunes ont ces nouvelles idées, ils lisent de nouvelles choses, ils apprennent de nouvelles choses à l’école et ce sont eux qui, je pense, pourraient trouver des idées qui sortent vraiment de l’ordinaire. Nous voulons mobiliser tout le monde et je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous réalisons ce type de sensibilisation, ainsi que tous les nouveaux types de sensibilisation médiatique et la sensibilisation traditionnelle. Il s’agissait d’une idée très, très importante, pour nous, de trouver des idées et de les intégrer, afin de pouvoir voir ce qui circule, parce que nous ne savons peut-être même pas quel genre d’idées circulent. Et d’ici à ce que nous les ayons reçues et soyons ouverts à tout, nous serons en mesure de voir des choses vraiment intéressantes.

[Joseph Kunkel:] C’est génial. Je suis emballé par tout ça, et plus encore. Patrick, je sais que vous travaillez auprès des jeunes Autochtones et je suis informé de l’importance que les jeunes Autochtones jouent dans un processus d’élaboration de la planification. Et je crois que si vous pouviez parler un peu de ces processus ou de la façon dont ils se déroulent, il ne s’agit pas seulement de la construction ou de l’aspect physique, et très souvent, lorsque nous pensons au développement communautaire ou au logement, nous avons tendance à penser que « nous avons besoin de logements », plutôt qu’aux répercussions importantes que le logement ou le milieu bâti structure dans les faits, dont nous avons besoin pour aller au-delà de cette étape. Comment pourrions-nous penser à ces processus?

[Patrick Stewart:] Un des projets sur lesquels je travaille actuellement concerne les jeunes qui ont grandi au sein d’une famille d’accueil et avec qui nous travaillons. Pas tant à propos de l’architecture, du logement – certains de ces jeunes ne savent pas d’où ils viennent. Ils vieillissent sans prise en charge et n’ont aucune idée de leur lieu d’appartenance. C’est un besoin humain très fondamental que de savoir d’où l’on vient. C’était très intense et je pense que c’est un principe très fondamental pour moi. En travaillant avec les jeunes à ce niveau, c’est incroyable d’observer leur développement, leur soif et leur désir de savoir; et ils sont très créatifs. Les regarder participer et essayer de comprendre les choses. Ils sont très jeunes et très enthousiastes et je pense que, comme Will l’a dit, ils ont beaucoup d’idées, beaucoup de potentiel. Nous essayons d’exploiter ça, en pensant à ce qui peut venir ensuite. Ainsi, par exemple, nous emmenons huit jeunes en Australie dans 12 jours, pour assister à une conférence à l’Université de Sydney. Et je serai le modérateur dans une des séances sur le logement. Mais qu’est-ce qu’ils veulent? Qu’est-ce qu’ils voient? De quoi ont-ils besoin? C’est improvisé, et nous avons fait un peu de course ici avant de partir. Et, vous savez, ils sont pleins d’idées et je pense que c’est vraiment génial.

[Joseph Kunkel:] Ouais. Au fur et à mesure qu’un demandeur potentiel commence à réfléchir à sa proposition dans le cadre de cette vaste initiative, cette initiative de logement – Will, je vais te laisser la parole – les idées de ce genre, selon ce que je comprends, ne doivent pas nécessairement être entièrement développées, n’est-ce pas? L’idée que cette initiative permet également aux collectivités de se réunir et de réfléchir réellement à la possibilité que ça ait une incidence sur les problèmes sociaux auxquels nos collectivités autochtones font face. Alors, vous vous demandez peut-être comment un demandeur potentiel pourrait considérer cette initiative comme une chose qui peut avoir une plus grande incidence?

[Will Goodon:] Ouais. Et je pense que vous avez tous les deux mentionné que le logement, ce n’est pas seulement avoir un toit. Ça comprend tous ces déterminants sociaux qui aideront les familles. Non seulement le logement offre-t-il – de toute évidence, la sécurité est la principale préoccupation– un endroit sûr, sec et chaud où habiter. Mais il mène à une meilleure éducation, à de meilleures possibilités d’emploi. Toute la panoplie entourant la façon dont les familles seront en mesure d’être dans un endroit sacré, mais pourront progresser et faire progresser leurs enfants. Encore une fois, pour les générations futures. Souvent, nous pensons simplement ceci : « D’accord, nous logerons les gens. » Mais nous devons aussi nous assurer qu’il existe des services complets. Que ce soit à propos des problèmes de santé de saînés. En particulier, je sais qu’ici, chez moi au Manitoba, c’est une des choses dont je tiens compte lorsque nous construisons des logements pour les aînés, je veux m’assurer que le ministre de la Santé, qui est mon collègue, collabore avec moi également. Nous devons laisser circuler les idées qui existent. Il n’est pas nécessaire qu’elles soient signées et à scellées avant de nous être livrées. Comme je l’ai déjà dit, elles peuvent être notées sur une serviette de table. Je pense que nous prenons aussi des propositions par vidéo. Donc, quelqu’un qui souhaite communiquer une idée de 10 minutes, sur FaceTime, qui indique ce qui se passe dans sa collectivité. Voilà le genre de choses que nous examinerons; nous déterminerons à quoi ressemble le concept global, puis nous pourrons faire un bilan de ça de notre côté. Qu’il s’agisse de l’ingénierie, de l’architecture ou du design, ou même de certaines des autres idées qu’ils n’ont peut-être pas étudiées, il y a peut-être deux idées qui s’agenceront bien. Nous pouvons ensuite trouver des partenariats à entre quelqu’un qui fait partie de la collectivité en Alberta et quelqu’un qui utilise la collectivité en Nouvelle-Écosse, mais ce sont des idées qui s’agencent bien. Ils pourraient être assortis comme une main dans un gant et rendre les deux projets meilleurs que celui ci. Nous sommes simplement à la recherche de bonnes idées.

[Joseph Kunkel:] Excellent. Excellent.

[Will Goodon:] Il faut aborder l’idée de la technologie, encore une fois, ce qui serait formidable. Toutefois, si vous êtes à des milliers de kilomètres de la personne la plus proche qui peut effectuer l’entretien ou la réparation, si vous avez un problème et que vous n’avez pas accès à cette personne pendant l’hiver pour qu’elle vienne, ou pendant l’été, il y aura des problèmes si on n’y pense pas à l’avance. Mais en revenant à mes pensées sur les styles de construction locaux, il y a une raison pour laquelle un style de construction local fonctionne à l’échelle locale; ils ont ce style depuis des centaines de milliers d’années, parce qu’il fonctionne. Donc, lorsque nous examinons ces idées d’innovation, je pense qu’il y a un mélange de styles locaux traditionnels pour lesquels il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de formation, parce que les gens savent déjà comment faire; on y intègre un peu de technologie. Je crois qu’il est important que ces personnes, lorsqu’elles préparent ces propositions, pensent à ce qui fonctionnera dans leur collectivité. Donc, ce n’est pas, ce n’est pas trop avancé là où vous ne pouvez pas, si quelque chose tourne mal, vous ne pouvez pas le réparer. Mais il faut aussi tirer profit, en même temps, des trucs vraiment géniaux qui sont offerts, qu’il s’agisse de l’énergie ou de différents styles de portes ou de fenêtres. Nous voulons, nous voulons profiter de tout. Mais encore une fois, en ce qui concerne la collectivité, il faut que ce soit la chose la plus importante, et le comité directeur l’a dit dès le début. Nous voulons nous assurer que ça vient de la collectivité, et non pas d’Ottawa ou à de Toronto.

[Joseph Kunkel:] Excellent. Excellent. Patrick, lorsque nous réfléchissons à une question pour les participants ou les demandeurs potentiels de ce processus, car la majorité de ces collectivités n’ont probablement pas accès à un architecte ou à des professionnels formés et des ressources en génie et en construction, etc., mais il ya un savoir autochtone dans ces collectivités. Quelle pourrait être l’importance d’exploiter ce savoir autochtone dans son processus ou sa demande, afin qu’il ne s’agisse pas seulement de proposer un projet de logement, mais de la possibilité qu’un projet de logement intègre la culture, les processus communautaires ou le savoir autochtone, comment une collectivité peut-elle faire ça?

[Patrick Stewart:] Ils peuvent exprimer l’idée, comme vous venez de le faire, mais ils peuvent exprimer leur vision de ce qu’ils veulent faire, de ce qu’ils veulent accomplir. Comme Will l’a dit, s’ils utilisent la vidéo ou s’ils écrivent ou enregistrent ça d’une façon ou d’une autre, l’idée est qu’au fur et à mesure que ces idées sont exprimées, ceux d’entre nous qui font partie du service consultatif technique à l’extérieur de l’équipe, peuvent examiner ces idées et voir comment nous pouvons aider la collectivité ou concrétiser cette idée. Proposer des étapes qu’ils peuvent suivre ou, comme Will l’a également dit, en partenariat avec ceux-ci, ces idées peuvent-elles être regroupées? Vous savez, peut-être pouvons-nous faire un lien avec quelqu’un d’autre ou d’autres organisations ou d’autres collectivités pour bâtir un produit plus solide. Et ça se produit encore lorsque vous planifiez au sein de la collectivité, alors vous avez cette conversation, qui va construire, y a-t-il des ressources dans la collectivité? Y a-t-il des personnes formées qui peuvent réaliser ce projet? Ou devons-nous les trouver à l’extérieur de la collectivité? D’où proviennent les matériaux? Ont-ils accès à une forêt locale? J’ai fait ça à cet endroit, par exemple, Seabird Island- ils avaient un permis de coupe d’arbres. Ils sont allés couper tous les arbres dont ils avaient besoin pour ce projet. Ils ont scié eux-mêmes les arbres et ah, les ont envoyés à une Première Nation locale qui, à cette époque, avait un séchoir et a séché le bois scié et l’a rapporté. C’est une construction locale, ils ont tout fait eux­mêmes. OK. Eux-mêmes, ça cimente vraiment la collectivité et rassemble ses membres, et toutes les collectivités ne sont pas en mesure de faire ça. C’est une conversation que vous menez tôt pourvoir où se trouvent ces sources.

[Joseph Kunkel:] C’est excellent. C’est super. Je sais, je sais que l’heure est presque écoulée et je voulais simplement vous remercier tous les deux d’avoir participé à l’examen de certaines de ces questions et de certains de ces processus. Et ce que nous allons faire, c’est partager ça avec un grand nombre de demandeurs potentiels et aller de l’avant Avez-vous des dernières réflexions, et des réflexions survenues au cours de cette séance, que vous souhaitez partager ou communiquer à l’ensemble de la collectivité ici?

[Will Goodon:] Eh bien, oui, je tenais simplement à le répéter et à dire à quel point il est important dene pas hésiter à proposer leurs idées. Le succès qu’il faut tirer de ça repose un peu sur la structure. Et nous avons travaillé avec acharnement sur ça, dès les premières rencontres du comité directeur. Et nous avons eu ce synchronisme avec les gens, d’un bout à l’autre du pays. Nous avons parlé des soutiens. Mais des fonds réels ont été alloués. Nous disposons donc du principal fonds pour faciliter le logement, mais nous avons aussi ce fonds soutenu qui nous aidera à concevoir les aspects techniques et payer les architectes. Que ce soit pour l’aspect juridique qui doit être intégré dans l’accord, il y a de l’argent affecté exclusivement à ça. C’est là que les idées qui sont simplement dans votre tête, nous allons vous aider à ce qu’elles se retrouvent sur le papier. Je suis très fier de dire que ce groupe a mis ça decôté, pour que nous puissions appuyer de très bonnes idées. Et bien sûr, il y a les bonnes idées qui combinent tous les éléments, et c’est fantastique aussi. Ça nous facilite la tâche, mais nous ne voulons laisser personne pour compte, disons. Et il est vraiment, vraiment important de le souligner. Ouais, revenons à l’idée même de la collectivité, parce que quand nous avons des gens qui travaillent en ayant du leadership ou dans la bureaucratie d’une collectivité, nous devons nous assurer de toujours nous rappeler pour qui nous travaillons, pour les aînés. Si c’est pour les jeunes, si c’est pour eux, ça devrait être avec eux. Donc, si un complexe pour aînés est construit, vous devez évidemment parler aux personnes qui pourraient habiter à cet endroit. Par exemple, pour les Métis du Manitoba, ce sera probablement un groupe de maisons dans un village du Manitoba. Nous devons nous assurer que les gens qui habiteront à cet endroit se sentent à l’aise avec l’emplacement des interrupteurs, l’emplacement des poignées de porte et leur style. Je pense à beaucoup de ces choses, il peut y avoir de petits détails, on ne sait jamais quelle idée on va avoir, à moins de demander aux gens. Et c’est l’autre chose vraiment géniale. Si c’est pour vous, ils vont trouver des idées qu’ils ont déjà vues ou dont ils ont entendu parler au sujet de cet animal, quelque chose qui peut se produire en Allemagne ou en Nouvelle-Zélande et qu’ils connaissent déjà. Je pense donc qu’il faut parler aux gens et aux gens qui habiteront à cet endroit, utiliseront les installations et les maisons, habiteront dans les maisons. Ce sont à eux que nous devons parler. Il y aura donc d’excellentes présentations. Il y aura de très bonnes demandes. Mais je pense que ce que nous devons faire, c’est parler à ces gens qui habiteront à cet endroit.

[Patrick Stewart:] Et ça se produit encore lorsque vous planifiez au sein de la collectivité, alors vous avez cette conversation, qui va construire, y a-t-il des ressources dans la collectivité? Y a-t-il des personnes formées qui peuvent réaliser ce projet? Ou devons-nous les trouver à l’extérieur de la collectivité? D’où proviennent les matériaux? Ont-ils accès à une forêt locale? J’ai fait ça à cet endroit, par exemple, Seabird Island - ils avaient un permis de coupe d’arbres. Ils sont allés couper tous les arbres dont ils avaient besoin pour ce projet. Ils ont scié eux-mêmes les arbres et ah, les ont envoyés à une Première Nation locale qui, à cette époque, avait un séchoir et a séché le bois scié et l’a rapporté. C’est une construction locale, ils ont tout fait eux-mêmes. D’accord. Eux-mêmes, ça cimente vraiment la collectivité et rassemble ses membres, et toutes les collectivités ne sont pas en mesure de faire ça. C’est une conversation que vous menez tôt pour voir où se trouvent ces sources.

[Joseph Kunkel:] Oh, c’est vraiment emballant. Alors que je suis ici aux États-Unis, je suis plutôt jaloux de la façon dont vous abordez ces processus sur le plan du logement et de l’innovation. Patrick, des dernières réflexions de ton côté?

[Patrick Stewart:] Eh bien, je pense simplement que toute idée est une bonne idée pour moi. Toute idée que quiconque peut avoir pour sa collectivité – il y a un moyen de la construire. Il se peut qu’il n’y ait pas d’immeuble en soi. Peut-être qu’il s’agira d’un processus qui doit être mis en œuvre pour développer la capacité ou un élément semblable. Nous sommes tout à fait ravis de recevoir ces idées. Quand je pense à l’histoire de colonialisme de ce pays et que je regarde à l’Est, 500 ans et à l’Ouest, 150 ans. C’est un projet planifié qui a été répressif et beaucoup d’idées doivent être exprimées, et nous sommes très contents de cela.

[Joseph Kunkel:] Excellent.

[Will Goodon:] Je voulais aussi dire que l’idée d’innovation n’a pas nécessairement à s’appliquer seulement à une nouvelle technologie, ça pourrait intégrer les méthodes traditionnelles de construction. Je crois qu’il s’agit d’un élément important à souligner aussi, car il y a certaines choses que nous pouvons apprendre du passé si nous les intégrons aux technologies actuelles. Il peut aussi y avoir des choses vraiment intéressantes et emballantes. Les idées traditionnelles en matière de construction sont aussi très, très bien accueillies. En fait, nous en faisons un point d’intérêt, que les gens doivent prendre en considération. Je souhaitais donc seulement ajouter cette conclusion rapide.

[Joseph Kunkel:] C’est un énorme point, et nous nous tournons en quelque sorte vers le passé et l’avenir, et la façon dont notre caractère d’Autochtone et d’analogiste peut être exploité de façon contemporaine. Je crois que c’est très important pour créer un dynamisme. Je voulais vous remercier encore une fois. Merci Will, merci Patrick, et merci aussi à tous ceux qui écoutent cet enregistrement. Nous allons donc vous parler à tous bientôt. Prenez soin de vous maintenant. Au revoir.