Webinaire 3 NASA-ASC: Créer des solutions pour la Terre

Transcription

ANGELA HERBLET : Alors, nous allons commencer. Merci à tous de vous joindre à nous, aujourd'hui. Merci de vous joindre au webinaire Créer des solutions pour la Terre. Il s'agit du troisième webinaire de la série de webinaires portant sur le Défi de l'alimentation dans l'espace lointain. Je suis Angela Herblet et je suis responsable pour le Défi de l'alimentation dans l'espace lointain pour la NASA Centennial Challenge. Avant de commencer, j'aimerais donner la parole à ma collègue de l'Agence spatiale canadienne, Clélia Cothier pour vous donner des renseignements au sujet de comment accéder à la présentation d'aujourd'hui en français. Clélia.

CLÉLIA COTHIER : Merci d'être avec nous pour ce troisième webinaire sur le Défi de l'alimentation dans l'espace lointain. Cet événement Zoom est proposé avec une interprétation simultanée. Pour accéder au webinaire en français, il vous suffit de sélectionner la langue « français » dans le menu « Interprétation ». Si vous utilisez un ordinateur, vous trouverez l'icône d'Interprétation au bas de votre écran. Si vous utilisez une tablette ou un téléphone, touchez l'écran, puis, « Interprétation » et enfin, «français». Merci, bon webinaire!

ANGELA HERBLET : Merci beaucoup!

Donc, tout d'abord, aujourd'hui, nous allons passer en revue quelques règles de conduite afin de pouvoir commencer. Ensuite, nous allons vous rappeler que le Défi de l'alimentation dans l'espace lointain, comme certains d'entre vous ont peut-être participé à nos deux premiers webinaires, mais pour les membres du public qui sont avec nous pour la première fois, aujourd'hui, nous aimerions vous donner un aperçu de ce que nous faisons et pourquoi dans l'espoir que vous participerez et que vous nous aiderez à résoudre ces défis importants. Nous allons présenter notre modératrice et nos panélistes qui vont vous présenter brièvement leur organisme et entreprise et les communautés qu'ils desservent. Ensuite, nous allons entreprendre une discussion en table ronde. Et enfin, nous terminerons et donnerons des instructions sur la façon dont vous pouvez participer à ce défi.

Avant de commencer, veuillez noter que l'enregistrement et la transcription du webinaire seront disponibles sur le site du défi, deepspacefoodchallenge.org et ces actifs seront aussi disponibles en français sur le site d'Impact Canada. Durant la présentation et la discussion des panélistes, vous pourrez leur poser des questions à tout moment. Veuillez les inscrire dans la section Questions et Réponses, au bas de votre écran et nous répondrons à autant de questions possibles. Les questions spécifiques relatives à une solution proposée ou l'admissibilité d'une équipe ne recevront pas de réponses en direct, aujourd'hui. Par contre, les participants et participantes américains et internationaux pourront soumettre les questions à admin@deepspacefoodchallenge.org. Veuillez s'il vous plaît vous assurer de faire preuve de respect lorsque vous faites des commentaires dans la section de discussions.

Alors, maintenant, avant de donner la parole à notre modératrice, j'aimerais donner un bref aperçu du Défi de l'alimentation dans l'espace lointain et ce qui nous a réunis tous ici, aujourd'hui.

Alors que nous réfléchissons à l'histoire de l'exploration spatiale, les collaborations internationales ont été essentielles. De la même façon, le défi représente une collaboration sans précédent entre la NASA et l'Agence spatiale canadienne. Nos deux agences se sont réunies pour organiser des compétitions parallèles autour du sujet important de l'alimentation au profit des missions de l'exploration spatiale et des impacts potentiels, ici, sur Terre. Au cours du processus de développement, la NASA et l'Agence spatiale canadienne ont coordonné la conception du défi et se sont mis d'accord sur l'énoncé du défi, les objectifs et les critères d'évaluation. En ce qui a trait à l'administration du défi, la NASA et l'ASC gèrent chacune leurs propres règles, guide du candidat, bourses de prix et critères d'admissibilité. Il est important de noter que l'Agence spatiale canadienne n'a aucune responsabilité à l'égard du défi mené par la NASA et de même, la NASA n'a aucune responsabilité à l'égard du défi dirigé par l'ASC.

Comme vous pouvez voir ici, l'objectif du Défi de l'alimentation dans l'espace lointain vise la création de nouvelles technologies ou de nouveaux systèmes de production alimentaire qui requièrent un minimum d'intrants et maximisent la production d'aliments sains, nutritifs et savoureux pour les missions spatiales de longue durée qui ont aussi le potentiel de profiter aux gens sur Terre. Dans la phase 1 du défi qui est ouverte en ce moment, les concurrents doivent produire une conception robuste et solide pour un nouveau système de production alimentaire. Les règles de la NASA et le guide du candidat de l'ASC décrivent les contraintes et les critères de ces conceptions. Nous ne recherchons pas un système alimentaire élargi qui répondra à tous les besoins nutritionnels de l'équipage, mais plutôt les éléments d'un système global qui contribueront de manière importante et seront intégrés dans un système alimentaire complet. Les dates clés sont également indiquées ici. Pour les équipes américaines et internationales, la date limite d'inscription se termine le 28 mai. Puis pour toutes les équipes, au plus tard le 30 juillet. Et les gagnants de la phase 1 seront annoncés en septembre 2021.

Il y a trois pistes dans lesquelles les équipes peuvent choisir de participer au concours. L'une est le prix de la NASA qui attribuera une bourse allant jusqu'à 500 000$ américains à un maximum de 20 équipes qui ont obtenu leur meilleur pointage et ont répondu aux critères d'admissibilité. L'Agence spatiale canadienne accordera 300 000$ canadiens sous forme de subventions. Un maximum de 10 équipes recevant chacune 30 000$ ainsi qu'une invitation à être demi-finalistes et à participer à la phase 2 du défi. Et les équipes qui participeront au concours doivent aussi satisfaire aux critères d'admissibilité uniques de l'Agence spatiale canadienne. Pour les équipes qui ne répondent pas aux critères d'admissibilités du prix de la NASA ou de l'Agence spatiale canadienne, il existe un prix de reconnaissance qui récompensera les dix meilleures équipes internationales choisies par la NASA et l'Agence spatiale canadienne. Les critères d'admissibilité spécifiques pour chaque catégorie de prix se trouvent dans la documentation des règles de la NASA et du guide du candidat de l'ASC.

Maintenant, si nous examinons les objectifs. Lors de la conception de défis comme le Défi de l'alimentation dans l'espace lointain, il est important que nous recherchions non seulement des technologies et des innovations qui repoussent les limites des technologies pour l'espace, mais qui profiteront également à l'occasion pour voir comment ces technologies et ces innovations peuvent avoir des applications positives sur la Terre. Lors de la conception, ceux et celles qui sont capables de résoudre et d'innover doivent trouver des moyens de travailler avec les ressources limitées tout en réduisant au minimum les déchets et en produisant de grandes quantités d'aliments. Et comme ces mêmes contraintes et ces défis existent sur la Terre, les critères d'évaluation du défi demandent aux équipes de proposer des applications terrestres possibles, issues de leurs technologies. Cet aspect est intentionnel en vue d'inciter les équipes à réfléchir profondément à la façon dont nous pourrons améliorer les choses. Pour emprunter une déclaration à l'un de nos formidables panélistes, vous pouvez mettre en œuvre efficacement une innovation seulement si vous comprenez d'abord le problème. Et cela nous amène à aujourd'hui. Vous pouvez voir dans les points de discussions que nous discuterons des défis de la sécurité alimentaire sur Terre et de ce que nous pourrons faire pour aborder ces défis. Nous parlerons également de l'impact que les innovations et initiatives, telles que le Défi de l'alimentation dans l'espace lointain, pourraient avoir pour les communautés du monde entier. En écoutant les panélistes et en envoyant vos questions, nous espérons que vous réfléchirez davantage aux communautés dont vous entendez parler aux besoins d'innovations et la manière dont vous pouvez vous impliquer et y contribuer.

Et maintenant, j'ai le grand plaisir de vous présenter notre modératrice pour la discussion d'aujourd'hui, la Docteure Alyssa Whitcraft. Alyssa est directrice adjointe et gestionnaire de la NASA Harvest dont la raison d'être est de faciliter et faire progresser l'adoption des observations par satellite de la Terre par des organisations publiques et privées au profit de la sécurité alimentaire, de l'agriculture et de la résilience humaine et environnementale aux Etats-Unis et dans le monde. Alyssa, je vous cède la parole pour nous parler un peu plus de vous et pour nous présenter vos panélistes.

ALYSSA WHITCRAFT : Fantastique! Vous m'entendez ? Je crois bien, nous avons fait un test auparavant et j'espère que c'est toujours le cas. Merci beaucoup! Comme Angela l'a mentionné, je suis directrice adjointe et gestionnaire de NASA Harvest qui est le programme de sécurité alimentaire de la NASA qui fait partie des programmes des sciences appliquées et donc, nous nous concentrons vraiment sur les défis auxquels nous faisons face ici  sur la Terre. Mais les défis auxquels nous faisons face sont humains et vont persister peu importe où nous allons. Donc, je suis très emballée de voir l'intégration de la nutrition au sein de ce défi.

Nous avons trois panélistes extraordinaires aujourd'hui qui vont nous parler de différentes perspectives et qui vont vraiment enrichir notre habileté de comprendre ce défi.

Le premier est Merlyn Recinos. Il est le vice-président du développement des affaires pour Arctic Fresh. C'est un professionnel et entrepreneur chevronné qui compte plus de 20 ans d'expérience en gestion de commerces de détail. Il compte aussi plus de 5 ans d'expérience en tant que conseiller commercial, formateur en renforcement de capacité. Merlyn a lancé sa première entreprise à l'âge de 8 ans. Il a vendu des fruits et des collations aux membres de sa communauté. Merlyn a déménagé au Nunavut à l'âge de 20 ans et a commencé une expérience en vente de détails enrichissante, passant de superviseur à directeur général. Il a quitté ce poste pour démarrer Arctic Fresh avec sa partenaire Rhoda Angutimarik. Après avoir lancé Arctic Fresh, Merlyn a quitté l'entreprise pour se concentrer sur le renforcement des capacités personnelles et entrepreneuriales dans sa communauté d'Igloolik. Merlyn est actuellement maire de la municipalité d'Igloolik. À part son travail, Merlyn siège sur divers conseils d'administration à travers le Nunavut. Merlyn participe activement dans la communauté d'Igloolik et fait du travail de bénévolat en moyenne 600 heures par année afin de renforcer ses capacités et aider les gens à démarrer des entreprises, trouver un emploi, apprendre à cuisiner, à conduire, à développer d'autres compétences essentielles. Merlyn va nous donner une brève présentation d'Arctic Fresh et nous donner certaines perspectives au sujet des défis uniques. Alors, à ce stade-ci, Merlyn devrait apparaître sur la caméra.

MERLYN RECINOS : Bonjour à tous. Je m'appelle Merlyn Recinos. Alors, je suis vice-président de développement des affaires pour Arctic Fresh.

Voilà! Alors, Arctic Fresh est une entreprise sociale inuite du Nunavut. Le mandat social est le suivant : Lutter contre l'insécurité alimentaire et créer des capacités à l'échelle locale pour autonomiser les individus et les communautés. Nunavut est une communauté dans l'Arctique et donc, nous sortons des sentiers battus pour résoudre des problèmes et nous voyons les problèmes et partenariats avec des solutions locales intégrant les connaissances inuites et la technologie disponible.

Essentiellement, nous sommes propulsés par l'innovation. Donc, nous exploitons l'entreprise dans les régions de l'Arctique. Nous utilisons beaucoup de connaissances inuktitutes. Nous offrons des conseils en constructions neuves, en rénovations, en consultations et en développement de capacités. Nous luttons pour la sécurité alimentaire parce que nous avons réalisé que c'est comme une chemise. Ce n'est pas une taille universelle pour tous, donc, nous devons examiner différents niveaux en créant de l'emploi, en créant de la capacité, mais notre principal objectif est d'assurer l'autonomie alimentaire et la sécurité alimentaire pour les communautés de l'Arctique qui est un défi environnemental dû au fait que pour la grande partie de l'année, les températures sont entre -30 à -65 degrés. Celsius, en passant. Et ça a vraiment des incidences sur la façon dont nous cultivons.

Donc, notre mandat : Lutter contre l'insécurité alimentaire, alors comment pouvoir procurer des aliments et la souveraineté alimentaire pour les besoins de nos enfants. Et Nunavut est un endroit où il n'y a pas beaucoup de sécurité alimentaire. Alors, voici ce que nous essayons de résoudre, ce à quoi nos communautés font face, aujourd'hui.

Et pourquoi pas dix enfants sur dix au Nunavut qui vivent dans un foyer où la sécurité alimentaire règne ? Alors, nous faisons ceci essentiellement en examinant ce que nous avons. Comme vous le savez, c'est au profit et pour le bienfait de la communauté. Nous trouvons des solutions en amenant des articles d'épicerie, des denrées avec les chasseurs et les gens qui travaillent dans le domaine de la pêche et nous le faisons de différentes façons. Nous avons des commerces de détail et voici certains des exemples de ce que nous faisons.

Donc, essentiellement, nous travaillons avec plusieurs différents partenaires. Voici certaines des entreprises et de la capacité que nous avons aidé à bâtir au sein de nos communautés. Voici quelques exemples de petites entreprises que nous avons créées. Et c'est vraiment à propos d'autonomiser les communautés, de leur donner les moyens d'avoir accès à une alimentation saine.

Donc, quand nous parlons de nos communautés et nous parlons de l'espace, nous faisons face à des défis semblables qui sont comment cultiver des aliments, comment élaborer des systèmes qui vont être en mesure de fonctionner dans des climats rigoureux, des climats difficiles. Et donc, nous le faisons en travaillant de concert avec les membres de la communauté.

Alors, merci beaucoup! Et j'ai vraiment hâte de participer à la conversation. 

ALYSSA WHITCRAFT : Merci beaucoup, Merlyn. C'était fascinant et j'ai bien hâte d'en apprendre davantage au sujet de votre programme.

Prochaine personne, Kiersten Johnson, la Docteure Kiersten Johnson qui est spécialiste des sciences sociales au sein du Bureau de résilience Food Security de USAID et du Foreign Agriculture Service de l'USDA qui visent à accroître la résilience des petits exploitants agricoles, la productivité agricole, l'eau et la sécurité alimentaire et la nutrition. En collaboration avec NASA Harvest, elle dirige l'effort au sein de son bureau pour intégrer l'utilisation des données d'observations de la Terre tout au long de son travail. Les principaux domaines d'intérêts sont la surveillance de la sécheresse, les inondations, l'évaluation des risques et l'amélioration des statistiques sur les superficies cultivées et les rendements. Elle a dirigé des développements innovants en matière d'intégration des données, de télé-direction par satellite de la NASA dans d'importantes enquêtes de population pour explorer les associations entre climat, l'environnement, les résultats en matière de santé et nutrition. Son travail repose sur 20 ans de travail, les changements climatiques, la biodiversité, la santé, la nutrition maternelle infantile, les inégalités socio-économiques et les maladies infectieuses. La parole est à vous. Ah, vous êtes encore sur le mode muet.

KIERSTEN JOHNSON : Au bout d'un an, on penserait qu'on serait en mesure de le faire. Merci beaucoup, Alyssa ! Ça me fait plaisir d'être parmi vous et cet excellent groupe de personnes. Merci à la NASA et à l'Agence spatiale canadienne de m'avoir invitée à parler du travail que nous faisons à la United States Agency for International Development et aussi au Défi de l'alimentation dans l'espace pour assurer la sécurité alimentaire.

Alors, commençons par définir nos termes. Comment est-ce que la USAID définit la sécurité alimentaire? Bien, la sécurité alimentaire signifie avoir à tout moment un accès à la fois physique et économique à une suffisance alimentaire pour répondre aux besoins afin de pouvoir jouir d'une vie productive et saine. Chaque soir, près de 700 millions de personnes vont dormir sans avoir mangé. Quand nous parlons des enfants, souvent qui font l'expérience de malnutrition, leur système peut être affecté. Il est très probable qu'ils développent des maladies et peuvent même mourir et donc, on estime qu'il y a 144 millions d'enfants dont la croissance est arrêtée dû à la malnutrition. Alors, comment se fait-il qu'on nous ayons cette insécurité alimentaire ? Bien, l'insécurité alimentaire est souvent ancrée dans la pauvreté et a des effets à long terme lorsque les gens n'ont pas les ressources économiques pour cultiver ou accéder aux aliments. Mais la sécurité alimentaire de longue  durée peut exacerber la pauvreté parce qu'elle a des impacts négatifs sur la santé humaine, sur le développement cognitif des enfants et sur la capacité des gens d'être productifs et de travailler. Et donc, l'insécurité alimentaire est un défi important de nos temps modernes et c'est aussi exacerbé par les changements climatiques.

Comme nous le savons très bien, dans tout défi, nous pouvons toujours trouver des bonnes occasions et des possibilités. Et donc, nous voulons profiter de ces occasions pour faire la différence dans la vie des enfants dans le monde entier. Alors, cette idée, c'est qu'en améliorant les technologies d'agriculture, les pays peuvent réduire la pauvreté, l'insécurité alimentaire et la malnutrition. Donc, en améliorant la nutrition où une alimentation saine peut prévenir 45 % de la mortalité chez les enfants. C'est un des exemples des bienfaits qui peuvent être dérivés de bonnes technologies agroalimentaires.

Et donc, le Bureau for Resilience and Food Security de la USAID contribue vraiment dans ce domaine. Notre objectif est de réduire la pauvreté, la faim, la malnutrition et l'insécurité hydrique dans le monde en tirant profit de la croissance appuyée par la technologie agroalimentaire par la résilience, la nutrition et en renforçant la sécurité de l'eau, l'assainissement et l'hygiène. Et la résilience c’est la capacité des gens à s'adapter et à se rétablir des chocs principaux, par exemple, des conflits, les inondations, les épidémies. Donc, ça peut les aider à récupérer plus rapidement suite à ces fléaux.

Maintenant, comment travaillons-nous dans ce domaine ? Notre travail dans le domaine de l'agriculture aborde tout afin de pouvoir améliorer les systèmes alimentaires et assurer la sécurité alimentaire, la nutrition, la résilience. Et c'est aligné à l'objectif du Défi de l'alimentation dans l'espace. Ça demande moins d'intrants en maximisant la production d'aliments sains et savoureux.

Alors, si nous regardons nos priorités, nous nous concentrons sur le développement inclusif, l'engagement auprès du secteur privé et des partenariats, le soutien pour la recherche et l'innovation et nous mesurons le progrès et les résultats. Un excellent exemple de mettre en action ces priorités pour couper les coûts, nous utilisons l'observation par satellite de la Terre pour surveiller les activités et ainsi pouvoir les traduire pour des applications terrestres.

ALYSSA WHITCRAFT : Merci beaucoup, Kiersten. J'apprécie énormément la présentation, au travail très important que vous faites à l'USAID.

Le troisième panéliste est Olivier Demers-Dubé qui est conseiller principal en innovation à Zone Agtech. Alors, je vais le répéter. Conseiller principal en innovation et du développement commercial stratégique à Zone Agtech. Olivier a investi plus de 10 ans en tant qu'entrepreneur en agrotechnologie, en concevant et développant des systèmes et des technologies de production alimentaire intégrées. Il se spécialise dans les nouvelles technologies de production alimentaire, l'économie circulaire et la responsabilité sociale  des entreprises. Au cours de la dernière décennie, il a conçu, bâti et exploité de nombreux systèmes de production alimentaire, y compris la première ferme verticale aquaponique au Canada, Olivier a consacré sa carrière académique et professionnelle à l'adaptation d'approches et de mesures d'impacts socioéconomiques et environnementaux positifs pour le système agricole. Alors, Olivier, la parole est à vous.

OLIVIER DEMERS-DUBÉ : Bonjour ! Merci beaucoup! Bonjour à tous ! Je m'appelle Olivier Demers-Dubé. Je suis conseiller principal pour Zone Agtech.

Alors, Zone Agtech est la première zone agroalimentaire du Canada et c'est à propos d'augmenter et de faire la promotion des produits au Canada et au Québec par le biais d'une zone d'affaires. Et nous voulons intensifier le développement et l'innovation technologique en agriculture et nous le faisons par le biais de trois piliers. Premièrement, il s'agit d'aider les agriculteurs à s'adapter aux changements climatiques, deuxièmement réduire l'empreinte environnementale liée à l'agriculture et troisièmement, améliorer l'autonomie alimentaire agricole globale.

C'est évident que nous devons faire tout cela avec un sens d'urgence qui est ressenti par les producteurs agricoles par le fait qu'il y a des périodes de sécheresse accrues et imprévisibles. Il y a des événements météorologiques extrêmes et néfastes. Il y a aussi des pénuries de main-d'œuvre et rareté d'effectifs spécialisés ainsi que l'émergence de nouvelles espèces d'insectes ou de parasites.

Alors, comment faisons-nous cela? Nous le faisons en faisant en sorte que l'innovation compte en comblant les lacunes. Dans un processus d'innovation, il peut y avoir plusieurs lacunes, mais essentiellement, ça revient à deux aspects. Premièrement, comprendre les besoins des producteurs agroalimentaires et s'assurer que la technologie réponde à leur réalité. Et deuxièmement, il est question de s'assurer que les entreprises qui élaborent ces innovations aient tous les outils à leur portée pour s'assurer que ces idées puissent être concrétisées de façon efficace. Donc, ça veut dire idées plus commercialisation est égal à l'innovation. Et il faut environ 15 ans pour développer et mettre en œuvre des technologies propres qui se rapprochent le plus possible à zéro qui est évidemment un énorme défi.

Et donc, parmi toutes les choses que nous faisons dans le domaine de l'innovation, voici comment nous mobilisons nos ressources. Nous travaillons avec l'Agence spatiale dans le cadre du Défi de l'alimentation dans l'espace lointain pour réaliser la première cartographie complète pour s'assurer que nous ayons toutes les parties prenantes de l'écosystème afin de pouvoir fournir les réponses dont ses partenaires ont besoin. Parmi les projets, nous collaborons avec des entreprises qui abordent la production des serres, nous travaillons avec des récolteurs et nous coordonnons avec des institutions et des partenaires financiers pour déployer différentes technologies.

Donc, tous les outils qui sont disponibles dans la zone Agtech sont évidemment l'accès au financement, le soutien stratégique, l'accès aux savoirs et aux compétences, l'accès aux marchés où il y a plus de 2 500 producteurs agricoles ainsi qu'un accès à une communauté Agtech qui compte près de 200 membres en ce moment dans ces domaines d'activités. 

Alors, nous sommes très très enthousiasmés par ce Défi de l'alimentation dans l'espace lointain de la NASA et de l'Agence spatiale canadienne. Nous voulons participer à résoudre ou à trouver des solutions pour applications terrestres et nous voulons participer activement aux retombées positives découlant de l'exploration spatiale, amener l'économie circulaire agroalimentaire à un niveau supérieur.

ALYSSA WHITCRAFT : Excellent ! Merci beaucoup ! À ce stade-ci, nous allons maintenant passer à notre panel avec une variété de questions. J'espère que les panélistes à ce stade-ci vont allumer leur caméra afin que nous puissions tous les voir.

Et maintenant, je vais vous poser une question générale à chacune et chacune d'entre vous. Alors, si nous commençons avec Merlyn. Pouvez-vous expliquer les problèmes alimentaires uniques auxquels votre communauté est confrontée et quelles leçons avez-vous apprises à date qui pourraient avoir une incidence sur cette compétition?

MERLYN RECINOS : Bien, le défi le plus important pour nous, c'est la sécurité alimentaire due aux éléments et au climat. Pour la grande partie de l'année, nous avons des températures négatives. Il y a beaucoup de tempêtes, il y a beaucoup de vent et évidemment, nous avons la saison où nous sommes dans la noirceur pendant trois à quatre mois. Ensuite, nous avons accès au soleil durant tout l'été. Donc, tous ces éléments nous empêchent d'accéder à la sécurité alimentaire. Alors, c'est vraiment le plus important défi auquel nous faisons face. Donc, nous avons essayé de résoudre ceci en créant des systèmes et des partenariats. En ce moment, nous sommes en train de mettre en œuvre un commerce
où nous sommes en mesure de faire pousser nos propres légumes, les transformer et les offrir à l'échelle locale. Nous avons aussi créé un partenariat. C'est un commerce modulaire. Ici, nous élevons plusieurs différents animaux, des denrées de l'océan. Nous les transformons et ensuite, nous les offrons à la communauté à un coût marginal. Donc, nous réduisons le gaspillage plutôt que d'obtenir des denrées du Sud et de les envoyer par avion dans le Nord. Nous réduisons aussi les émissions de gaz à effets de serre. Aucun besoin de transport lointain. Et à l'avenir, nous envisageons d'utiliser l'énergie solaire pour propulser l'énergie. C'est sur quoi nous travaillons en ce moment. Et nous gérons aussi différents programmes à l'échelle locale en utilisant la chaîne d'approvisionnement actuelle afin d'être en mesure de voir où nous pouvons possiblement consolider certaines opérations et nous nous penchons sur cette chaîne de production pour voir comment nous pouvons l'amener au XXIe siècle. Et nous sommes en train d'examiner différentes innovations pour co-créer avec les membres de notre communauté.

ALYSSA WHITCRAFT : C'est absolument fascinant! Et vous semblez avoir toute cette chaîne de valeurs afin de pouvoir réduire le coût en créant des consolidations pour fournir des aliments à votre communauté. Alors, la même question essentielle, mais aussi, si vous avez des commentaires au sujet de l'aspect de production et de la distribution auquel nous nous confrontons sur la Terre actuellement et dans un climat en changement constant.

KIERSTEN JOHNSON : Bien sûr! Sur le côté de la production alimentaire, le Bureau for resilience and food security dans plusieurs différents pays a tendance à travailler et à prioriser les petits exploitants agricoles où ils ont des petits lots et qui n'ont peut-être pas accès aux mêmes types de technologies, comme les agriculteurs américains. Il peut aussi exister des inégalités des sexes au sein des agriculteurs dans ces pays. Il y a des agriculteurs masculins qui ont peut-être un accès amélioré à la technologie, alors que les femmes qui produisent près de la moitié des produits ou des denrées alimentaires ont beaucoup moins accès à ces technologies. Donc, dans plusieurs dimensions, nous travaillons de concert avec les gens dans le milieu, mais dans la recherche, nous voulons encourager, par exemple, le développement de nouvelles semences afin de pouvoir aider les agriculteurs à accéder à des choses comme de l'engrais et d'utiliser l'engrais de façon plus efficace afin de ne pas perturber certains des événements comme nous l'avons vu en ce moment, la pandémie a vraiment perturbé plusieurs différents aspects. Nous voulons aussi nous assurer qu'il y ait un accès équitable à la nouvelle technologie en matière de formations comme des pratiques d'agriculture efficaces pour produire de bonnes récoltes de qualité supérieure de façon intense afin de pouvoir augmenter la production et augmenter essentiellement le rendement des cultures afin de laisser un minimum d'empreintes environnementales. Nous travaillons avec plusieurs communautés, nous collaborons avec le secteur agroalimentaire pour contribuer à augmenter la production agricole dans les milieux où nous travaillons. Et comme nous avons entendu Merlyn parler des différents défis auxquels il fait face dans les régions de l'Arctique, les régions où nous travaillons, dans la plupart des pays où nous travaillons en Afrique, nous faisons face à différents défis. La sécheresse, plus récemment, il y a eu dans l'Afrique de l'Est une infestation de locustes. Et donc, il y a différents types de défis et la résolution de problèmes dans chaque endroit doit être créée sur mesure en collaboration avec les membres de la communauté.

ALYSSA WHITCRAFT : Ah, Olivier, vous êtes sur le mode silencieux.

OLIVIER DEMERS-DUBÉ : Bien sûr! Comme Kiersten l'a mentionné! Oui, c'est absolument fascinant de vous entendre. Alors, moi, je vous dirais qu'un des plus grands défis auxquels notre communauté fait face en ce qui a trait aux changements climatiques, c'est probablement le fait que nous ayons à produire des aliments douze mois par année dans les communautés nordiques dans un secteur géographique où il peut y avoir une saison de récoltes qui dure entre six à huit mois selon ce que vous cultivez. Et ça s'agence vraiment aux défis auxquels nous faisons face. Donc, la question que nous avons en matière d'autonomie alimentaire est celle-ci: Quelles sont les quantités d'aliments que nous pouvons produire tout au long de l'année? Et la réponse actuellement, c'est 50%. Donc, si nous nous déplaçons... En fait, si nous voulons aller au-delà de 50%, la technologie à élaborer doit être une qui doit nous permettre de produire et de cultiver douze mois par année. Et donc, ça s'est déroulé de trois façons jusqu'à maintenant. Premièrement, d'avoir de la production plus efficace en serres, deuxièmement, d'avoir des systèmes de production alimentaire qui sont totalement à l'intérieur. Nous sommes aussi en train de nous pencher sur la façon dont nous pourrions prolonger les saisons en matière de conservation des aliments douze mois par année. Donc, ce sont certaines des technologies les plus populaires en ce moment, mais c'est un énorme défi parce que nous sommes... Nous travaillons dans un marché où nous recevons beaucoup d'importations de plusieurs pays où il fait plus chaud, alors, nos pays doivent concurrencer avec certains autres pays qui offrent une énorme quantité d'aliments à des prix très concurrentiels. Et étant donné que nous avons une période hivernale qui est quand même assez longue, il est difficile de ne pas faire concurrence à ses entreprises lorsque l'été arrive, surtout si l'on considère le fait que notre période d'été est très intense pour la culture et la récolte. Et généralement, nous faisons face à des pénuries de main-d'œuvre parce que l'agriculture dépend beaucoup sur les travailleurs étrangers parce que disons que l'agriculture n'est pas aussi intéressante ou sexy, si on peut le dire ainsi. Alors, ce sont parmi certains des défis auxquels nous faisons face.

ALYSSA WHITCRAFT : Merci! Donc, maintenant, si on réfléchit à la technologie que vous utilisez pour faire face aux défis dont vous avez mentionnés, qu'est-ce qui a vraiment changé la façon dont votre entreprise travaille pour trouver des solutions d'applications terrestres? Et comment ces solutions pourraient-elles s'appliquer ailleurs? Peut-être qu'on va le faire dans la séquence inverse cette fois-ci.

OLIVIER DEMERS-DUBÉ : Oui, absolument, ça me ferait plaisir. Et je suis certain que plusieurs des défis auxquels nous faisons face, Merlyn fait aussi face à ces mêmes défis, avoir à produire des aliments dans des conditions nordiques, donc, c'est évident que les serres, en fait, l'efficacité énergétique aux serres est une des choses qui s'appliquent directement aux critères ou aux demandes du Défi de l'alimentation dans l'espace lointain. J'aimerais aussi mentionner l'éclairage. Un des défis dans la production alimentaire douze mois par année, ainsi qu'en espace, quel genre d'éclairage allons-nous avoir ? Et quels vont être les coûts énergétiques par rapport à ces sources d'énergie ? Et donc, dans les nouvelles générations d'éclairage, nous approchons à l'éclairage par laser, en ce moment qui est hautement efficace. Ça représente environ un dixième du coût de l'énergie actuelle. Nous avons bien hâte d'arriver à ce point-ci. Et nous nous penchons de plus en plus sur l'économie circulaire totale dans la production alimentaire. Et ça s'applique également à l'application de production alimentaire à large échelle, si nous examinons la permaculture, par exemple.

ALYSSA WHITCRAFT : Kiersten.

KIERSTEN JOHNSON : Oui. Donc, si j'avais à choisir une chose sur laquelle nous travaillons au sein de notre organisme et qui est difficile à programmer et qui pourrait être très pertinent au Défi de l'alimentation dans l'espace lointain, je crois que ce serait probablement la technologie en matière de sécurité alimentaire parce que même si vous récoltez des cultures nutritives, si elles ne sont pas transformées adéquatement ou si la culture ou les récoltes ont été affectées par des toxines, même si ça peut sembler être des aliments nutritifs, ça peut rendre les gens malades et ça peut causer leur mort. Alors, nous voulons nous assurer que les gens aient des aliments sains et savoureux surtout quand nous parlons de missions spatiales et s'assurer que les gens peuvent avoir accès à leurs produits et les mettre sur le marché dans les pays où nous travaillons. Nous voulons réellement pouvoir améliorer les chances que la valeur nutritive qui existe dans une arachide ou dans une tomate, par exemple, que tous ces éléments nutritifs vont aider à nourrir les gens, vont les garder en bonne santé et ne contribuent pas à la maladie. Alors, imaginez-vous que pour les voyages extraterrestres, la conservation va être tout aussi importante que sur la Terre.

ALYSSA WHITCRAFT : Génial! Et Merlyn et ensuite, j'ai d'autres questions.

MERLYN RECINOS : Merci! Pour nous, le problème le plus important est le type de denrées que nous produisons. Alors, quel genre de produits et la variété de produits que nous sommes en mesure de produire à l'intérieur ainsi que l'efficacité énergétique évidemment. L'efficacité énergétique et l'eau surtout pour nous parce que l'eau est surgelée et nous avons besoin d'eau pour la culture aéroponique. Donc, nous avons besoin d'utiliser l'eau autant que possible afin de pouvoir conserver autant que possible et ça, c'est un énorme défi. Comme je l'ai mentionné, le type et les variétés de denrées. Nous produisons beaucoup de légumes verts, mais comment pouvoir diversifier ces aliments? C'est très difficile d'avoir ce genre de cultures dans un module qui est clos.

ALYSSA WHITCRAFT : Donc, une autre question, qu'est-ce que vous avez essayé de cultiver en termes de denrées dans la région où vous fonctionnez et qu'est-ce qui ne fonctionne pas aussi bien et qui serait une priorité pour la production locale?

MERLYN RECINOS : Merci! Bien, nous travaillons avec nos partenaires dans le domaine de l'épicerie, donc, nous allons être en mesure de produire de la laitue ainsi que tous les légumes verts ou les feuillus par la culture aéroponique. Mais où nous avons des défis, c'est comment cultiver des pommes de terre, des carottes, des piments. Ce sont nos défis les plus importants. C'est comme un conteneur, ce module. Comment établir les systèmes adéquats afin que quand nous faisons la culture, nous pouvons intégrer les piments. Et avoir un approvisionnement régulier pour les besoins alimentaires de nos familles est un autre défi auquel nous faisons face. Mais tous légumes, feuillus, nous avons aussi fait la culture de persil, de menthe. Ce n'est pas un problème, mais quand il est question de choses plus spécifiques comme les carottes, les pommes de terre, les piments, ça devient un peu plus difficile pour nous ainsi que pour l'espace si on considère la technologie qui est actuellement disponible.

ALYSSA WHITCRAFT : Génial! Il y a deux autres questions qui touchent les commentaires de Kiersten. Et je crois que ça peut aussi toucher à Olivier et à Kiersten. C'est essentiellement le maintien de la qualité des éléments nutritifs. Et quelqu'un a posé une question au sujet des suppléments, la supplémentation nutritive qui pourrait perdre son efficacité si c'est dans l'espace pendant deux à trois ans. Donc, je serais curieuse de savoir ce que vous avez fait et comment vous mesurez les changements au niveau des éléments nutritifs contenus dans les aliments ou les denrées alimentaires. Est-ce que vous avez des commentaires à ce sujet?

KIERSTEN JOHNSON : Oui, merci, Alyssa. Donc, le travail que nous faisons au sujet du suivi ou de la surveillance des éléments nutritifs, je suis certaine que mes collègues travaillent beaucoup plus dans le domaine de la sécurité alimentaire. Ils auraient probablement plus de choses à dire que moi, mais dans le travail que nous faisons, parmi les choses qui nous préoccupent, sont essentiellement le contenu du sol, de la terre. La santé de la terre contribue aux éléments nutritifs des denrées qui sont produites. Donc, si vous avez des sols qui sont très sains, vous pouvez faire pousser des carottes ou des piments et ils ont une valeur nutritive supérieure. Mais si vous avez de la culture dans des sols ou de la terre qui est épuisée ou il y a une absence de rotation, etc. comment faites-vous pour trouver des technologies et des différentes démarches dans des sols appauvris?

OLIVIER DEMERS-DUBÉ : Oui, alors, comment Merlyn l'a mentionné, c'est une chose très importante en ce qui a trait à des environnements de systèmes contrôlés. À ce stade-ci, ils sont très optimisés pour la culture de certaines variétés. Donc, c'est très efficace essentiellement pour des feuillus. Mais la technologie n'est pas encore au point afin que nous puissions élargir la variété de cultures dans ces environnements contrôlés. Donc, il y a encore un facteur limitant qui existe. Et aussi, si on parle du goût parce que ce sont de nouvelles formules. Et une autre des considérations importantes qui est très pertinente par rapport aux communautés du Nord, mais aussi pour le Défi de l'alimentation dans l'espace lointain est le facteur culturel. Donc, dans ces systèmes d'environnements contrôlés, il est très rare pour nous de pouvoir en ce moment aborder la production de produits qui sont culturellement diversifiés ou ce que différentes cultures recherchent dans leur alimentation quotidienne. La plupart du temps, c'est élaboré et optimisé par différents systèmes et il y a encore des limites qui existent, donc, c'est une des choses qui seraient très intéressantes dans le cadre de ce défi, comment produire ou offrir des denrées diversifiées parce que ce domaine est encore très étroit.

ALYSSA WHITCRAFT : Merci! Il y a une autre question et je serais intéressée de connaître la réponse. Vous parlez de l'éclairage au laser qui coûte un dixième du coût de l'énergie traditionnelle et quelles sont les implications d'utiliser l'éclairage au laser dans un environnement contrôlé?

OLIVIER DEMERS-DUBÉ : Bien, il est triste parce que je ne peux pas répondre, ce n'est pas moi qui suis en train d'élaborer cet éclairage au laser en ce moment, mais peut-être que je ne peux pas répondre, mais je serais heureux de pouvoir vous référer à la compagnie qui produit ceci. Alors, en ce moment, nous voyons de l'éclairage DEL de plus en plus. L'éclairage au laser est beaucoup plus concentré, les réseaux qui sont beaucoup plus concentrés et consomment beaucoup moins d'énergie. Et les résultats que nous voyons en ce moment… ce sont une meilleure efficacité et c'est évident que tout ça est évalué par plusieurs différents systèmes d'intelligence artificielle et d'autres composantes qui sont liées à ces genres de technologies. Mais je serais très heureux de nous référer à l'entreprise qui travaille sur l'élaboration d'éclairage au laser.

ALYSSA WHITCRAFT : Alors, moi, j'ai une dernière question avant de donner la parole à Angela. Et une des questions que j'aimerais vous poser est au sujet des pathogènes et des différentes maladies causées par les insectes ou des ravageurs. Ce n'est pas une chose spécifique à la NASA ou à l'Agence spatiale canadienne, mais si nous voyons ce problème qui va continuer à devenir de plus en plus dangereux dans le monde entier. Je serais curieuse de savoir quelles sont vos expériences en ce qui a trait à la culture dans des environnements clos cette idée qu'en faisant de la récolte par le biais des machines en enlevant les humains dans cette équation que nous allons être en mesure de maîtriser les maladies causées par les animaux, les insectes ou les parasites. Et donc, je serais curieuse de savoir si Merlyn a fait face à cela ainsi que des commentaires sur l'importance de réduire les pathogènes ou les parasites dans la production alimentaire. Alors, j'aimerais commencer par Merlyn.

MERLYN RECINOS : Merci! C'est définitivement un des défis auquel nous faisons face. Dans le domaine, si vous avez un champ ouvert et qu'il y a certaines maladies, ça peut généralement être maîtrisé, mais quand vous travaillez dans un environnement clos, ça affecte la culture dans son ensemble. Donc, nous sommes en train de travailler avec nos partenaires en épicerie. Nous nous basons sur l'évaluation de l'oxygène et le taux d'humidité et comment pouvoir combattre certaines de ces maladies dans des environnements clos. Et souvent, nous examinons aussi le potentiel d'examiner le type de culture avant de faire la semence afin d'examiner comment nous pourrions utiliser d'autres cultures qui nous aideraient à minimiser ce fléau. Donc, en réalité, nous n'avons pas encore été en mesure de trouver une chose qui fonctionne bien. Nous avons une culture modulaire en ce moment qui a dévasté notre récolte et c'était une question de maladie végétale. Alors, si une des plantes est affectée, toute la récolte va être affectée. Alors, c'est difficile à élaborer, mais encore une fois, étant donné que, comme Olivier l'a mentionné, nous regardons ceci pour maximiser la production. Nous voulons déterminer comment pouvons-nous produire davantage de légumes verts ou de légumes feuillus afin de pouvoir nourrir les communautés et une variété. Donc, la technologie n'est pas encore au point. Elle est très très limitée, à savoir comment pouvoir lutter contre ces ravages causés par les parasites ou les insectes.

OLIVIER DEMERS-DUBÉ : Oui, Merlyn l'a mentionné, c'est évident que nous avons tout ce que nous connaissons. Nous devons faire des pré-traitements, des pré-contrôles, s'assurer que tout soit vraiment bien vérifié et validé. Mais quand nous examinons cette monoculture dans ce genre de module, s'il y a des maladies ou des parasites qui vont se répandre dans toute la culture, avoir une diversification de denrées est une bonne chose, mais quand vous constatez un problème, il est déjà trop tard. Alors, nous sommes en train de nous pencher sur deux avenues en ce moment, faire en sorte que ces technologies peuvent nous permettre de voir un problème avant que le problème se déroule. Donc, nous utilisons la photo optique qui peut nous permettre d'analyser les maladies végétales et les parasites avant que les humains puissent le remarquer. Donc, essentiellement, c'est l'utilisation de prétraitements et désolé, c'est là où mon anglais est limité, mais c'est la physiologie végétale, pas l'odeur, mais c'est une composante volatile qui est excrétée par la plante vous dit très à l'avance, vous donne des renseignements sur la santé de la plante. Et en analysant ceci, en utilisant l'intelligence artificielle pour pouvoir contrôler la peste pourrait atténuer les maladies végétales. Ce sont deux des avenues que nous avons empruntées.

ALYSSA WHITCRAFT : Ça semble être un sujet totalement pertinent parce que pour vous, vous imaginez être dans l'espace et de faire en sorte que votre récolte ou votre culture soit ravagée. Alors, je vais laisser Kiersten faire son dernier commentaire avant qu'Angela puisse vous parler des priorités ou des besoins.

KIERSTEN JOHNSON : Donc, j'aimerais vraiment appuyer l'importance de cette question. Nous parlons d'insectes, de parasites, ici, avec des sauterelles ou les insectes auxquels j'ai référé plus tôt, la phallotoxine, les mycotoxines, ce sont toutes des choses que nous devons gérer dans les régions où nous travaillons. Et essentiellement, ça va être très intéressant de suivre les avancées technologiques dont Olivier a mentionnées, à savoir comment nous pouvons utiliser l'intelligence artificielle pour résoudre ces problèmes pour constater ces problèmes avant même de les voir apparaître physiquement pour remplacer les produits chimiques que nous utilisons toujours.

ALYSSA WHITCRAFT : Il y a peut-être d'autres aspects pour prévenir, de séparer les insectes des bactéries ou des virus afin de pouvoir avant que ça affecte la récolte dans son ensemble. Alors, j'aimerais remercier les trois panélistes. Ça a été une discussion absolument fantastique et nous pourrions continuer à parler de ceci très très longtemps, mais c'est maintenant le moment de redonner la parole à Angela qui va conclure la séance d'aujourd'hui.

ANGELA HERBLET : Bonjour! Merci! Merci à tous! Quelle discussion absolument extraordinaire! Et pour que vous sachiez, nous avons eu plus de cent questions et de commentaires. Donc, il y a beaucoup de choses à examiner. Et nous allons faire un suivi sur ces questions et ces commentaires. Et donc, merci beaucoup pour vos présentations respectives. Donc, en ce moment, nous allons terminer rapidement. Alors, si nous pouvions passer à la prochaine diapositive, s'il vous plaît. D'accord.

Donc, nous aimerions vous rappeler que ce webinaire sera disponible en ligne, y compris la version française que vous pourrez retrouver sur le site internet d'Impact Canada dans quelques semaines. L'enregistrement de notre premier webinaire est déjà disponible sur le site web, en français et en anglais. Donc, ce premier webinaire a exploré en profondeur le contexte, les objectifs, les exigences du défi ainsi que la technologie. Et c'était un webinaire d'informations qui portait strictement sur le défi. Et donc, vous pouvez trouver l'enregistrement et la transcription sur le site internet. Ensuite, nous nous sommes concentrés sur les applications pour les technologies dans l'espace. C'est un panel de discussions avec des nutritionnistes et des astronautes de l'Agence spatiale canadienne et de la NASA. Et ce webinaire est aussi disponible ainsi que l'enregistrement, la transcription et les questions, réponses.

Maintenant, pour les Canadiens et les Canadiennes, restez à l'écoute pour une séance de réseautage très bientôt. Vous allez trouver plus de renseignements sur le site internet d'Impact Canada. Veuillez rester connectés avec nous par le biais des canaux que vous voyez ici. Et si vous avez des questions ou vous aimeriez vous lier à un groupe LinkedIn, il y a des équipes qui sont à la recherche de membres et d'individus pour compléter leur équipe. Alors, n'hésitez pas à utiliser cette plateforme pour communiquer les uns avec les autres. Et enfin, si vous souhaitez participer au défi en tant qu'équipe, les équipes américaines et non canadiennes doivent s'inscrire avant le 28 mai et les équipes canadiennes devraient également afficher leur intérêt sur le site internet d'Impact Canada pour rester informés au sujet du défi. Une fois de plus, si vous avez des questions, vous voyez les adresses courriel ici, sur la diapositive. Nous avons tellement hâte de voir ce que vous allez nous présenter. Ceci dit, merci beaucoup à nos panélistes, à notre modératrice. Merci aux membres du public et aux participants. Nous apprécions le temps que vous avez passé avec nous et profitez du restant de la journée. Merci!
 

Questions posées lors du webinaire

ADMISSIBILITÉ ET FORMATION D’UNE ÉQUIPE

  • 1. Quel est l’âge minimal pour participer au Défi ?

    Pour les équipes américaines, afin de pouvoir recevoir un prix, tous les membres inscrits de l’équipe doivent être âgés de plus de 18 ans.

    Pour les équipes canadiennes, il n’y a pas d’âge requis pour s’inscrire, mais, pour pouvoir recevoir des prix, les participants devront établir une entité juridique canadienne capable de conclure des accords exécutoires au Canada.

  • 2. Pouvez-vous faire partie de plusieurs équipes?

    Oui, tant que les conditions d’admissibilité sont remplies, vous pouvez être membre de plusieurs équipes. Toutefois, conformément au règlement, vous ne pouvez concourir que dans une seule région : États-Unis, Canada, ou international.

  • 3. Je suis un individu à la recherche d’une équipe, OU notre équipe recherche une personne ayant une expertise bien précise. Où devrions-nous nous adresser?

    Un groupe LinkedIn est disponible pour favoriser le réseautage entre les personnes qui cherchent à former ou à rejoindre une équipe et les équipes qui recherchent des membres supplémentaires. Forum Deep Space Food Challenge : https://www.linkedin.com/groups/13938323/

    Un outil a également été créé pour aider les individus à la recherche d’une équipe et les équipes à la recherche d’individus. Cet outil est disponible au lien suivant : Outil de formation d'équipes

  • 4. Pouvons-nous apporter des changements à notre équipe après nous être inscrits? Par exemple, les membres de l’équipe et le nom de l’équipe?

    Pour les équipes américaines et internationales, de nouveaux membres peuvent être ajoutés après la fin de la période d’inscription initiale. Les membres d’une équipe précédemment inscrits au Défi dans une équipe ne peuvent pas changer d’équipe au cours de la même phase du concours. Le chef d’équipe en place est responsable de toute décision visant à modifier la liste des membres de l’équipe, y compris l’ajout de nouveaux membres et/ou la suppression de membres inscrits. Les nouveaux membres de l’équipe doivent satisfaire aux conditions d’admissibilité et soumettre tous les documents requis et les pièces justificatives comme indiqué sur le site Web du Défi (https://www.deepspacefoodchallenge.org/francais). Des renseignements supplémentaires, tels que le nom de l’équipe, peuvent également être modifiés. Veuillez communiquer avec l’administrateur du Défi (admin@deepspacefoodchallenge.org) pour discuter et mettre en œuvre tous les changements.

  • 5. Une fois la trousse d’inscription soumise, quelles sont les prochaines étapes? (Pour les équipes américaines et internationales seulement)

    Pour les équipes américaines et internationales autres que canadiennes, la première étape de l’inscription consiste à remplir et à soumettre le formulaire d’inscription sur le site Web (https://www.deepspacefoodchallenge.org/register). Un représentant de la fondation Methuselah vous avisera par courriel des détails à fournir, avec la soumission, pour prouver votre admissibilité à participer et à gagner un prix de la NASA. Une fois tous les renseignements nécessaires soumis, la fondation Methuselah vérifiera l’admissibilité et contactera le chef d’équipe dans les 5 jours ouvrables.

    Pour postuler au Défi, les équipes canadiennes doivent déposer leur candidature à travers le lien suivant : https://impact.canada.ca/fr/defis/defi-alimentation-espace-lointain/postulez

PROCESSUS ET SOUMISSION

  • 6. Avec qui dois-je communiquer si j’ai des questions?

    Les questions doivent être envoyées comme suit :

  • 7. Comment puis-je m’inscrire au Défi?

    Pour les équipes américaines et internationales autres que canadiennes, veuillez consulter le site https://www.deepspacefoodchallenge.org/register pour commencer le processus d’inscription.

    Pour les équipes canadiennes, l’inscription n’est pas obligatoire, mais recommandée afin que les équipes puissent recevoir des mises à jour sur les événements du Défi. Le formulaire d’inscription pour les équipes canadiennes se trouve à l’adresse https://form.simplesurvey.com/f/s.aspx?s=3784B5BD-424F-43D1-8E9A-34D0107B2773

  • 8. Quel est le calendrier du Défi?

    La phase 1 du Défi de l’alimentation dans l’espace lointain a débuté le 12 janvier 2021. Voici les dates clés :

    • 28 mai 2021 – Clôture des inscriptions pour les équipes américaines et internationales
    • 30 juillet 2021 – Date limite de soumission pour toutes les équipes
    • Août 2021 – Les comités de juges examinent et notent les soumissions.
    • Automne 2021 – Annonce des gagnants de la phase 1
  • 9. Quels renseignements les équipes doivent-elles fournir dans leur soumission?

    Les exigences, contraintes et critères de conception spécifiques se trouvent dans le document sur les règles de la NASA et dans le Guide du candidat canadien. Toutes les équipes devront fournir les renseignements requis et une vidéo au moyen d’un formulaire de candidature en ligne. Le formulaire vous invitera à fournir des données pour chacun des critères, à l’exception du mérite scientifique et technique et de la faisabilité de la conception, qui seront évalués sur la base de votre soumission globale. Les équipes canadiennes peuvent trouver ce formulaire sur le site Web d’Impact Canada. Un guide détaillé sur la façon de soumettre le formulaire de candidature est disponible dans le Guide du candidat canadien. Pour les équipes américaines et internationales, un lien pour accéder au formulaire vous sera envoyé une fois que votre inscription sera complète et confirmée, et que vous aurez été admis comme équipe qualifiée.

    Au moyen de ce formulaire en ligne, les équipes fourniront :

    • Un résumé de la conception - une brève description de la technologie de production alimentaire en 250 mots ou moins. Cela doit donner aux juges l’envie d’en lire plus, alors assurez-vous qu’il soit engageant et intéressant.
    • Le rapport de conception - la description complète de votre modèle de technologie de production alimentaire.
    • L’animation de la conception - l’occasion pour l’équipe de montrer comment la technologie de production alimentaire fonctionne lorsqu’elle est en opération. L’animation ne doit pas durer plus de cinq minutes et doit inclure l’installation, les opérations du point de vue de l’utilisateur, les intrants et extrants, ainsi que l’arrêt et le nettoyage.
    • Déclaration de propriété intellectuelle - Une explication de qui détient la propriété intellectuelle de la technologie de production alimentaire proposée.

    Veuillez noter que le formulaire de candidature en ligne est le seul moyen par lequel un modèle de conception sera accepté et évalué par les juges du concours.

  • 10. Si une équipe réussit ce défi, la NASA et l’ASC accorderont-elles un financement pour lancer une nouvelle entreprise agricole?

    Les équipes peuvent choisir de concourir dans trois catégories de prix.

    • La NASA décernera jusqu’à 500 000 $ USD de bourse.
      • Jusqu’à vingt (20) équipes ayant obtenu les meilleurs résultats se verront attribuer 25 000 $ USD chacune.
        • Les équipes doivent obtenir un pointage dans au moins cinq des catégories de notation.
      • Les équipes doivent répondre aux critères d’admissibilité pour pouvoir gagner un prix de la NASA.
    • L’Agence spatiale canadienne attribuera 300 000 $ CAD de subventions.
      • Jusqu’à dix (10) équipes recevront chacune 30 000 $ CAD et deviendront demi-finaliste, afin de participer à la phase 2 du Défi.
      • Les équipes doivent répondre aux critères d’admissibilité pour pouvoir gagner un prix de l’ASC.
    • La NASA et l’ASC récompenseront conjointement les 10 meilleures équipes internationales.
      • Les équipes doivent répondre aux critères d’admissibilité pour pouvoir participer et être reconnues par la NASA et l’ASC.

    Les conditions d’admissibilité spécifiques à chaque filière de prix se trouvent dans document sur les règles de la NASA et dans le Guide du candidat de l’ASC.

QUESTIONS TECHNIQUES LIÉES À L’ESPACE

  • 11. Y a-t-il des idées/projets/propositions qui ont été envisagés mais qui se sont avérés insuffisamment efficaces pour la mission?

    Aucune solution pour la production alimentaire dans l’espace ne s’est avérée suffisamment efficace à une échelle suffisante jusqu’à maintenant, d’où la raison de ce Défi.

  • 12. La NASA/l’ASC dispose-t-elle d’une base de données accessible au public contenant des études/rapports axés sur l’exploration de l’espace lointain?

    Vous trouverez ici un historique et une description de l’évolution du système alimentaire : https://www.nasa.gov/feature/space-station-20th-food-on-iss et ici : https://www.nasa.gov/audience/forstudents/postsecondary/features/F_Food_for_Space_Flight.html

    En outre : Il existe également une littérature scientifique que l’on peut trouver en effectuant une recherche sur Google Scholar avec des termes comme « Space Food, microgravity food, etc. ».

    Les ressources suivantes pourraient vous intéresser.

  • 13. Quelles sont les raisons pour lesquelles les suppléments peuvent se détériorer dans l’espace?

    L’une des raisons pour lesquelles les suppléments se dégradent correspond tout simplement au temps qui passe. Vous pouvez considérer que tout a une demi-vie. Ce n’est pas parce que vous n’utilisez pas quelque chose que rien ne change. En ce qui concerne les aliments, ces processus sont souvent provoqués par les radicaux libres et l’oxydation, ce qui entraîne une perte de valeur nutritive, une perte de qualité sensorielle (perte d’arômes) et le rancissement des huiles. Dans l’espace, le rayonnement cosmique augmente le taux d’oxydation. Cela peut être compensé quelque peu par un entreposage à température froide, mais pas complètement. Même dans les congélateurs, les aliments se détériorent (brûlures de congélation), car l’eau s’en échappe parfois.

  • 14. Les astronautes peuvent-ils manger (insérer le produit alimentaire)?

    L’équipage reçoit une variété d’aliments courants semblables à ceux que nous mangeons sur Terre. Chaque partenaire international achemine de la nourriture pour compléter le menu standard de la SSI. L’ASC fournit à l’astronaute des aliments canadiens qui lui rappellent son pays d’origine ou qui contribuent aux repas collectifs, tout en augmentant la variété du menu. Un historique et une description de l’évolution du système alimentaire sont disponibles ici : https://www.nasa.gov/feature/space-station-20th-food-on-iss et ici : https://www.nasa.gov/audience/forstudents/postsecondary/features/F_Food_for_Space_Flight.html

  • 15. Combien de temps la nourriture doit-elle durer dans l’espace?

    La nourriture doit avoir une durée de vie totale de 2 à 3 ans pour la SSI, étant donné qu’elle doit avoir une durée de vie de 1,5 an au moment du lancement vers la SSI. Une mission minimale sur Mars durerait 21 mois, de sorte que les aliments (ou les composants) auront besoin de présenter une durée de vie de 5 ans pour ces missions d’exploration. Les équipes devraient prévoir leurs systèmes de production alimentaire de manière à répondre aux exigences de durée figurant dans le Guide du candidat.

  • 16. Le Défi de l’alimentation dans l’espace lointain jouera-t-il un rôle important pour déterminer si les équipages d’exploration vont se rendre sur Mars et se lancer dans l’agriculture? Si oui, devons-nous discuter plus en détail des technologies agricoles?

    Ce Défi vise à encourager les équipes à développer de nouvelles technologies et/ou de nouveaux systèmes de production alimentaire qui fournissent une variété d’aliments nutritifs, et qui peuvent contribuer de manière significative et être intégrés dans un système alimentaire complet pour les futures missions d’exploration. Nous ne recherchons pas seulement une solution spécifique comme les cultures par exemple. Ce Défi fournit un ensemble de contraintes et demande aux équipes visant à produire la meilleure technologie de production alimentaire possible dans le cadre de ces contraintes.

  • 17. Au lieu de créer une machine qui nous aide à conserver les aliments pendant une longue période (des années), pourquoi ne pouvons-nous pas simplement manger les aliments en fonction de leur durée de conservation?

    Le système actuel de nourriture préemballée que nous utilisons ne permettra pas de maintenir la qualité nutritionnelle et l’acceptabilité sensorielle pendant la durée d’une mission sur Mars. Même aujourd’hui, pour la station spatiale internationale, nous fabriquons les aliments et les plaçons sur un véhicule de lancement bien avant le lancement, puis nous les lançons dans l’espace. Et nous devons avoir assez de nourriture pour que l’équipage ait une réserve. Les aliments peuvent donc être vieux de plusieurs mois, voire d’un an à bord de la SSI, avant que l’équipage ne les consomme. Et cela va s’allonger avec les missions de longue durée. Si la nourriture n’est pas acceptable, et qu’elle ne fournit pas l’apport nutritionnel dont l’équipage a besoin, l’équipage ne sera pas performant et en bonne santé, et la mission ne sera pas une réussite.

  • 18. Quelle est notre capacité actuelle dans le contexte de la culture et de l’élevage en apesanteur?

    Pour l’instant, cela n’est pas fait de manière significative. La plupart des plantes ont été cultivées à des fins scientifiques dans de très petites unités de culture. Les unités actuelles de la SSI (systèmes Veggie et APH) sont plus grandes que la plupart des expériences, avec des surfaces de croissance d’environ 0,2 mètre carré. Même chose pour les animaux.

  • 19. Devez-vous tenir compte de la charge maximale que vous pouvez transporter lors de chaque voyage?

    Les équipes doivent prendre en compte, dans leurs conceptions, les contraintes définies dans le document sur les règles de la NASA et dans le Guide du candidat de l'ASC. Pour cette phase où nous essayons de capter un large éventail d’idées créatives de tous les participants, nous cherchons à définir les besoins en ressources pour votre technologie ou votre approche de la production alimentaire.

  • 20. La viande artificielle est-elle envisagée pour ce défi alimentaire?

    Cela dépend vraiment de ce que vous entendez par viande artificielle. La réponse est qu’elle n’est ni envisagée ni rejetée. Si vous avez de bonnes idées pour les missions spatiales et qu’elles correspondent aux critères du Défi, elles seront prises en considération.

  • 21. La NASA et l’ASC considèrent-elles les huiles de graines et le fructose contenu dans les sucres de transformation (saccharose, par exemple) comme des éléments alimentaires à éviter?

    Les exigences nutritionnelles détaillées se trouvent dans le document NASA STD-3001 ou au https://impact.canada.ca/fr/defis/defi-alimentation-espace-lointain/extrait référencé dans le document sur les règles du défi de la NASA et le Guide du candidat de l’ASC. Les exigences pertinentes à votre question se retrouvent dans le tableau 12 : Directives sur les macronutriments pour les vols spatiaux.

  • 22. La dégradation des sols est-elle un problème dans l’espace comme elle l’est sur Terre?

    À bien des égards, c’est pire. L’un des principaux problèmes de l’agriculture spatiale est de savoir comment retraiter le sol pour le rendre à nouveau utilisable pour la culture, et que faire de toute la biomasse inutilisée (racines, tiges, feuilles, écorces, etc.) qui n’est pas consommée ou dégradée? Pour les expériences scientifiques, les caissettes de semis n’ont généralement été utilisées qu’une seule fois, bien qu’il y ait quelques cas où elles ont été réutilisées. Nous avons vu des sels s’accumuler dans certaines zones de certaines caissettes de semis.

  • 23. Le vide de l’espace peut-il être exploité pour la réfrigération?

    Si l’on devait utiliser le froid de l’espace, on aurait encore besoin de beaucoup de ressources pour fournir l’infrastructure nécessaire ainsi que la protection contre le vide. Par exemple, on doit s’assurer que la nourriture ne soit jamais exposée au soleil ou qu’elle ne chauffe pas. On ne sait pas encore si c’est mieux que d’utiliser un réfrigérateur ou non.

  • 24. Comment la lutte contre les nuisibles fonctionne-t-elle dans les systèmes alimentaires spatiaux?

    En général, nous les évitons. En n’apportant pas de parasites à bord de la SSI, nous n’avons pas à nous en préoccuper dans les chambres de culture. Les agents pathogènes des plantes constituent l’exception. Ceux-ci peuvent être amenés par d’autres aliments frais, des astronautes ou sous la forme de spores clandestines. Nous essayons de les éviter en offrant de bonnes conditions de croissance à la plante, mais si les conditions sont trop humides, nous avons perdu des cultures en raison de champignons. Il y a eu d’autres pertes dues à d’autres agents pathogènes des plantes, ce qui a entraîné des pertes scientifiques.

  • 25. Le principe « à mauvais intrants, mauvais extrants (GIGO) » est-il une approche durable de la lutte contre les nuisibles dans l’espace? Par exemple, s’assurer de ne pas faire venir les nuisibles en premier lieu?

    Cela a fonctionné pour les insectes et autres parasites des plantes, mais n’a pas fonctionné pour les envahisseurs bactériens, viraux et fongiques. Nous avons essayé de maintenir des installations propres et d’optimiser les conditions de la plante, mais nous constatons encore des pertes occasionnelles dues aux maladies. Si l’on pouvait être sûr de ne pas les amener avec nous, alors ça devrait marcher. Il faut quand même prévoir une stratégie d’atténuation « si quelque chose arrive ».

  • 26. Y a-t-il des besoins spécifiques (ou suggérés) en termes de quantité de calories par jour par astronaute?

    Des informations sur les normes actuelles des systèmes alimentaires en rapport avec les objectifs du Défi sont présentées dans la norme NASA-3001 (https://www.nasa.gov/hhp/standards) ou au https://impact.canada.ca/fr/defis/defi-alimentation-espace-lointain/extrait. L’information que vous recherchez se trouve dans la section 7.1.1.3 : Contenu calorique des aliments.

  • 27. L’agriculture régénérative peut-elle être envisagée pour l’exploration de l’espace lointain dans un système biorégénératif?

    Oui, si on peut la faire fonctionner.

  • 28. Que pense la NASA de l’introduction des idées de Jason Fung sur le jeûne dans la planification de l’alimentation pour les vols spatiaux?

    Si vous le proposez dans le cadre de votre conception, vous devrez décrire en quoi cela serait bénéfique. Le problème auquel sont confrontés les astronautes est la perte de poids due à la perte d’intérêt pour leur régime alimentaire, et une mauvaise nutrition due à la fois à la perte d’intérêt pour l’alimentation et à la dégradation des nutriments eux-mêmes après un entreposage à long terme. Les équipages sélectionnés pour un vol spatial doivent répondre à des normes rigoureuses, notamment en matière d’exercice physique, car celui-ci est nécessaire pour maintenir la densité osseuse et la masse musculaire pendant le vol spatial.

  • 29. Combien de personnes vont aller sur Mars et combien d’années vont-elles y faire des recherches?

    La mission de base prévoit l’envoi de quatre personnes sur Mars. Les durées à utiliser sont indiquées dans les directives du Défi.

  • 30. Le sommeil cryogénique est-il désormais disponible pour les voyages dans l’espace ou s’agit-il encore d’une théorie en cours?

    Cela reste un rêve.

  • 31. La NASA envisage-t-elle d’utiliser des restes humains comme source potentielle de nourriture? Si oui, est-ce lié aux algues ou aux champignons comme forme d’alimentation?

    Si par « restes » vous entendez les matières fécales et l’urine, cela est pris en compte dans un certain nombre de conceptions de systèmes de maintien de la vie biorégénératifs. L’étude du projet MELLISA de l’ESA peut être instructive. http://www.esa.int/Enabling_Support/Space_Engineering_Technology/Melissa Un aperçu se trouve sur le site Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/MELiSSA Si vous voulez parler de membres de l’équipage décédés, la mission prévoit de ramener sur Terre tous les membres de l’équipage en vie et en bonne santé.

QUESTIONS TECHNIQUES AXÉES SUR LA TERRE

  • 32. L’Agtech se concentre-t-elle sur la densité nutritionnelle des aliments?

    Il y a des entreprises qui prennent cela au sérieux, oui. Elles l’utilisent souvent dans leur matériel de marketing pour les aliments qu’elles vendent.

  • 33. Pensez-vous que le passage de la monoculture à la forêt alimentaire ou à la permaculture permettra de maintenir la même quantité de nourriture que l’agriculture industrielle?

    Toute agriculture est locale, et doit donc être adaptée à l’environnement dans lequel les cultures sont réalisées. Il faut également garder à l’esprit que même les choses que nous avons tendance à considérer comme « permanentes », comme les forêts, sont continuellement remodelées par les maladies, les incendies, les inondations et la sécheresse, avec différentes parties passant par différents stades, espérons-le à différents moments pour maintenir la santé du système. Cela devrait probablement aussi se refléter dans les pratiques agricoles.

  • 34. Quels types d’aliments sont les plus précieux ou les plus importants à produire dans les communautés éloignées?

    Là encore, toute agriculture est locale, et les aliments doivent donc correspondre aux cultures et aux climats des lieux où ils sont cultivés. Il a fallu des milliers d’années pour obtenir des cultures pouvant être cultivées sous les hautes latitudes du monde et, au cours des dernières décennies, le soja est devenu une culture disponible au Canada. Les cultures doivent fournir une alimentation calorique, des vitamines et des minéraux, et être intégrées dans le mode de vie des peuples qui les utilisent.

  • 35. Quelle est la position de l’agriculture biologique aux États-Unis et au Canada?

    Il n’existe pas de position officielle sur l’agriculture biologique pour ce Défi. Lorsque des plantes ont été cultivées dans l’espace, elles l’ont généralement été sans utiliser de pesticides ou d’herbicides (biologiques ou non). Il n’y a pas de parasites dans l’espace (sauf si vous les amenez avec vous). D’autres maladies ont été contrôlées par des protocoles d’hygiène stricts avant le lancement. Les scientifiques envisagent d’utiliser les biomes du sol pour améliorer la croissance des plantes dans l’espace.

  • 36. Existe-t-il des projets actuels ou futurs d’utilisation de la chaleur résiduelle à basse température pour chauffer des serres/formes intérieures?

    Sur Terre, oui.

  • 37. Que pensez-vous des nombreuses études montrant que les huiles de graines extraites et traitées forment une toxine mitochondriale?

    Il faut en tenir compte dans la planification du régime alimentaire de l’équipage.

  • 38. Pensez-vous que les idées fausses concernant les cultures OGM ont une incidence sur les problèmes actuels d’insécurité alimentaire, étant donné que ces cultures présentent de nombreux avantages en termes de production, de nutrition et de lutte contre les parasites?

    Le Défi ne prend pas position sur les cultures génétiquement modifiées. Nous sommes intéressés par toutes les solutions, et elles seront évaluées en fonction de leurs propres mérites.

  • 39. Existe-t-il des aliments génétiquement modifiés pour le froid?

    De nombreux travaux ont été réalisés sur des aspects tels que la résistance au gel, avec un certain succès technique. Il vous faudrait faire une recherche sur les cultures disponibles dans le commerce qui présentent ces caractéristiques. Elles sont rares, et il se peut qu’il n’y en ait pas actuellement sur le marché en raison du défi que représente le maintien de la chaîne de valeur de ce type de cultures.

  • 40. Pensez-vous que la technologie de Système de survie écologique contrôlé (CELSS en anglais) et le suivi du contenu génétique par réaction en chaîne par polymerase (RCP) pourraient être utilisés pour établir des systèmes de production alimentaire gnotobiotiques?

    La gnotobiose n’est pas un objectif du Défi. Quelque chose comme la technologie CELSS pourrait fonctionner, mais comme les équipages changent à mesure des arrivées et départs des astronautes et que tous vivent dans le même air que les plantes qu’ils cultivent, nous avons des preuves solides de la présence de micro-organismes provenant des humains qui vivent avec les plantes. Nous pensons que cela est dû au fait que nous commençons seulement à prendre en compte le microbiome des plantes dans les vols spatiaux. À l’origine, de nombreuses plantes et tissus végétaux étaient cultivés selon une technique aseptique.

  • 41. Y a-t-il des gens parmi vous qui ont de l’expérience des techniques permettant de réintégrer en toute sécurité les excréments dans le sol afin d’en améliorer l’efficacité et de préserver la santé du sol?

    Cela n’est pas réalisé à l’heure actuelle. Certains bioréacteurs ont été testés dans l’espace pour faire avancer ces idées, mais ils n’en sont qu’à leurs débuts. Pour les missions dans l’espace lointain, nous savons que nous devrons récupérer autant de nutriments que possible, ainsi que l’eau.

  • 42. Tout cela nécessite l’apport de nutriments provenant du sol. L’utilisation de champignons pour aider à boucler la boucle, de la nourriture aux déchets, puis de nouveau à la nourriture, suscite-t-elle un intérêt?

    Toute source d’alimentation dont on peut démontrer qu’elle fonctionne pour ce Défi sera prise en compte. Gardez à l’esprit les règles du Défi. Certaines personnes aiment les champignons, d’autres non, mais on peut dire cela de presque tous les aliments. Nous souhaitons connaître vos solutions.

  • 43. Pouvez-vous partager l’analyse qui a été faite sur le suivi de la nutrition?

    Pour ce faire, on envoie généralement des échantillons de nourriture à des laboratoires qui effectuent des tests organoleptiques et déterminent les niveaux réels de vitamines, minéraux et autres nutriments contenus dans l’aliment. Les astronautes ont également eu la chance de goûter à certains produits agricoles et de rendre compte de leur expérience.

  • 44. Quelles attentes peut-on avoir des nouvelles options de production alimentaire dans les zones rurales qui permettent d’améliorer les résultats de la production aujourd’hui?

    Nous aimerions que ces systèmes puissent être déployés dans des zones éloignées ou rurales.

  • 45. Dans le domaine de l’hydroponie, avez-vous envisagé un système d’empoissonnement et de croissance en double?

    Des travaux ont été réalisés entre les centres spatiaux Kennedy et Johnson pour étudier le recyclage de l’ensemble du système, y compris la croissance des plantes, les déchets humains et l’aquaculture. Cela reste un concept avancé pour l’espace en raison des exigences relatives à la masse, à l’alimentation et au volume.