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Rencontrez le Fellow, Prix et défis: Jon Yazer

Impact Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Jonathan (Jon) Yazer

Qu’est-ce qui vous a amené à présenter une demande dans le cadre du programme de Fellowship?

J’ai immédiatement porté un vif intérêt au programme de bourses. La raison était simple : parce que leur méthode fonctionne. Impact Canada cherche à mettre en œuvre des approches réfléchies fondées sur des données probantes pour obtenir des résultats qui abordent des questions importantes et urgentes dans le domaine des politiques publiques. Qui ne voudrait pas faire partie d’une équipe qui fait ce genre de travail?

En me renseignant davantage sur le programme de Fellowship, je me suis rapidement rendu compte que j’avais une autre raison de m’y intéresser. En effet, j’ai constaté que beaucoup d’autres domaines d’intérêt public pourraient bénéficier d’approches axées sur les résultats. En m’appuyant sur le programme de bourses, je souhaite découvrir comment le modèle Défis et prix peut soutenir les objectifs de politique publique du gouvernement du Canada pour répondre aux besoins d’un plus grand nombre de Canadiens.

Sur la base de vos compétences et de votre expérience, quelles perspectives uniques apportez-vous à ce travail?

En tant que participant au programme Toronto Urban Fellow, j’ai dirigé un projet visant à élaborer et à lancer une politique de passation de marchés innovante qui a permis d’ajouter des options plus souples au processus d’appel d’offres. Cette expérience m’a donné un aperçu unique des obstacles à l’innovation dans le secteur public et des nombreuses possibilités de recherche de solutions au-delà des modèles traditionnels du gouvernement.

La richesse de mon expérience (de l’urbanisme aux affaires internationales en passant par l’organisation communautaire) me permet de m’appuyer sur une base de connaissances solide pour l’analyse des obstacles et des possibilités dans différents domaines. Plus important encore, mon expérience m’aide à mieux comprendre les besoins, les intérêts et les capacités des personnes, des communautés et des intervenants. J’en suis venu à apprécier la façon dont les acteurs non traditionnels et les voix marginalisées peuvent apporter des connaissances et des perspectives inestimables aux approches de résolution des problèmes.

De quelle façon croyez-vous que l’innovation et les approches axées sur les résultats peuvent appuyer efficacement la réponse du gouvernement du Canada aux grands problèmes auxquels nous sommes confrontés en tant que société?

Les problèmes auxquels nous devons faire face en tant que société, comme les changements climatiques ou les pandémies, sont de plus en plus nombreux, difficiles et complexes. Pour les résoudre, il faudra adopter des approches qui s’écartent du « maintien du statu quo » et peuvent mobiliser toute l’ingéniosité collective du potentiel humain de résolution des problèmes.

Les approches axées sur les résultats s’appuient sur le pouvoir du gouvernement de penser et d’agir à la vitesse du secteur privé pour servir le bien public. Ce type d’approche peut aider le gouvernement du Canada à résoudre les grands problèmes par la mobilisation de personnes intelligentes et d’une multitude de ressources tangibles et intangibles : attention, idées ou financement, pour n’en citer que quelques-unes. À leur tour, les approches axées sur les résultats ont des effets de réseau et des effets multiplicateurs qui améliorent la qualité des efforts de résolution des problèmes et font gagner du temps. Ces approches sont un outil efficace et adaptable qui vient s’ajouter à la boîte à outils sur l’innovation du gouvernement du Canada.

Quelle est la solution innovante à un problème, grand ou petit, qui vous a inspiré?

Voici en bref deux solutions innovantes à des problèmes qui sont pour moi une source d’inspiration :

  1. Le viaduc Bloor à Toronto. Lors de la construction du viaduc dans les années 1910, le chef des travaux publics de la ville a tenu à ajouter un tablier inférieur pour le transport ferroviaire, ce qui a généré des coûts supplémentaires importants. Près d’un demi-siècle plus tard, cette décision s’est révélée visionnaire lorsque la ville a utilisé le pont inférieur pour étendre le réseau de métro à l’est de la ville. La leçon à tirer en matière d’innovation : pensez aux problèmes et aux possibilités qui se présenteront à vous à l’avenir, et pas seulement à ceux auxquels vous êtes confrontés aujourd’hui.
  2. On réalise des brûlages dirigés pour réduire la fréquence, la taille et l’intensité des feux de forêt. La leçon à tirer en matière d’innovation : parfois, c’est la solution contre-intuitive qui fonctionne le mieux.
« Pensez aux problèmes et aux possibilités qui se présenteront à vous à l'avenir, et pas seulement à ceux auxquels vous êtes confrontés aujourd'hui. »
Jon Yazer, Challenge Prize Fellow
Publié : 2023-08-31
Date de modification : 2025-01-22
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Explorer le porte-chapeau : exercice pour donner un sens au travail

Jacob Graham
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Jacob Graham

Introduction

J’aime vraiment mon travail. De plus, j’adore parler de mon travail. En fait, j’aime tellement parler de mon travail que je me retrouve à en parler dans une multitude de contextes non professionnels. Les discussions dans les pubs passent rapidement du sport au travail. Les dîners en famille sont envahis par des histoires amusantes au bureau. Il m’est arrivé plus d’une fois, lors d’un rendez-vous, de dessiner un organigramme de fortune sur une serviette de table.

Je sais que ça peut paraître étrange, mais ça suscite l’intérêt. Pour tenter de comprendre ma passion, dans chacun des scénarios embarrassants ci-dessus, on me demande toujours à quoi ressemble une « journée typique » pour un Fellow d’Impact Canada. Or, j’ai du mal à décrire ce qu’est une journée typique. Non pas parce que ce rôle est mal défini, mais parce qu’il est complexe. En réalité, le rôle du Fellow d’Impact Canada trouve sa complexité dans la nature de l’approche pangouvernementale de la politique, une approche qui encourage la collaboration et la cohésion interministérielles.

Un Fellow assume souvent plusieurs fonctions au cours d’une même journée. En d’autres termes, j’ai l’occasion de porter plusieurs « chapeaux ». Pour tenter de décrire une journée dans la vie d’un Fellow, je vous invite à m’accompagner alors que je me prépare pour ma journée de travail. Nous examinerons les différents chapeaux que j’ai dans mon placard et ce que je considère comme les responsabilités propres à chaque chapeau.

Je vous encourage également à réfléchir à l’importance de ces rôles dans votre propre travail. Envisager son travail comme une combinaison de ces rôles peut permettre de réconcilier l’ambiguïté ou de renouveler ses objectifs professionnels, comme cela a été le cas pour moi.

Chapeau numéro 1 : chercheur de solutions

Notre premier arrêt dans le placard est le chapeau de chercheur de solutions. En tant que Fellow, je porte ce chapeau lorsque j’effectue des tâches techniques comme l’écriture de codes, la création de visualisations ou la participation à des séances de remue-méninges. Lorsque je lis des revues et des documents, je porte ce chapeau. Je remplis ce rôle en rédigeant des sondages, en recueillant des données et en élaborant des présentations.

Cependant, le chercheur de solutions est celui qui maîtrise non seulement les compétences techniques, mais aussi la définition des problèmes. Le chercheur de solutions comprend que, parfois, les problèmes ne sont pas faciles à voir ou à cerner, ce qui peut engendrer de l’incertitude. Souvent, je suis conscient qu’il y a un problème, mais je ne sais pas de quoi il s’agit. Pour réussir à définir un problème, il faut faire preuve d’empathie, de souplesse et d’une connaissance approfondie et étendue.

Je vous encourage à penser à un moment où il vous a été demandé de contribuer à la résolution d’un problème. Peut-être avez-vous été sollicité très tôt, lors de la phase de définition du problème. Qu’avez-vous ressenti en jouant ce rôle? Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontés? Comment les avez-vous surmontées?

Le rôle de chercheur de solutions est plus considérable que celui d’un simple mathématicien, plus nuancé que celui d’un simple calculateur et plus important que celui d’un simple présentateur. Les personnes qui portent ce chapeau font partie intégrante des nombreuses étapes du processus d’élaboration des politiques.

Chapeau numéro 2 : agent de liaison

À droite du chapeau de chercheur de solutions se trouve le chapeau d’agent de liaison. Les personnes qui portent le chapeau d’agent liaison font preuve d’amabilité, de politesse et de professionnalisme. Dans mon rôle de Fellow, je porte ce chapeau lorsque je dois communiquer des connaissances à des personnes possédant différents niveaux d’expertise ou de compréhension. Je me retrouve également à porter ce chapeau lors de réunions où il faut transférer des connaissances importantes d’une équipe à l’autre. Un agent de liaison assistera et participera à des réunions, mais il pourra également être invité à les diriger. Les personnes qui portent ce chapeau rédigent souvent des notes d’information, mais elles peuvent également être invitées à simplement fournir des commentaires.

Ce rôle exige, peut-être plus que tout autre, de composer avec l’ambiguïté. Dans de nombreux cas, un agent de liaison peut être amené à travailler dans le cadre de structures organisationnelles différentes et de calendriers entremêlés et à gérer des relations interpersonnelles complexes. Lorsque je porte ce chapeau, je me rappelle souvent l’importance de mon rôle. Comment la politique peut-elle avoir une influence si les efforts sont fragmentés? L’ambiguïté que vous pouvez ressentir dans votre propre poste peut être un indicateur clé pour vous. Si vous ressentez une telle ambiguïté, c’est peut-être parce que vous faites partie intégrante d’une équipe diversifiée, dont l’approche est axée sur l’incidence et le travail utile.

Les agents de liaison sont des liens essentiels entre les équipes : ils sont responsables du développement des réseaux professionnels, de l’avancement des programmes de recherche et de la promotion des projets et des politiques. Pour s’acquitter adéquatement de cette fonction, il faut jouer un rôle clé au sein des équipes et entre elles.

Chapeau numéro 3 : fonctionnaire

Le troisième chapeau dans le placard est celui du fonctionnaire. Lorsque je porte ce chapeau, j’assume des responsabilités importantes. Je suis notamment responsable de fonds publics et je dois m’employer avec diligence à donner suite aux engagements stratégiques pris dans les lettres de mandat et autre part. Cependant, les autres responsabilités associées à ce chapeau sont tout aussi importantes (et peut-être moins perceptibles). Un fonctionnaire est un travailleur qui recherche l’excellence, valorise l’intégrité et respecte le processus démocratique et les personnes qui participent à sa mise en œuvre.

Les fonctionnaires doivent comprendre que chaque domaine politique comporte des éléments à l’échelle macroscopique et microscopique. Le travail politique comprend de grandes tâches, de grandes équipes et de vastes sujets qui constituent les macroéléments. Cependant, il comprend également des personnes, des talents uniques et une passion irremplaçable — ce sont les microéléments. Les fonctionnaires accordent de l’importance à chacun de ces éléments et refusent de perdre de vue l’un d’entre eux au profit de l’autre.

Tout en portant le chapeau de fonctionnaire, je m’efforce d’adopter une mentalité qui privilégie les « objectifs plutôt que les projets ». Comme tant d’autres, je suis devenu fonctionnaire pour me mettre au service d’autrui. Bien que cela puisse se manifester différemment selon les personnes, un thème commun tend à émerger : faire une différence positive dans la vie des autres. Lorsque nous nous souvenons de cet objectif et que nous refusons de lui accorder moins d’importance qu’aux projets eux-mêmes, nous devenons d’excellents fonctionnaires, indispensables et respectueux.

Chapeau numéro 4 : dirigeant

Jusqu’à présent, nous avons sorti trois chapeaux de notre sac. Il nous reste un dernier chapeau à prendre avant de nous rendre au travail. Il s’agit du chapeau de dirigeant. Le chapeau de dirigeant et, par extension, le rôle de dirigeant sont peut-être les plus difficiles à définir. En tant que Fellow d’Impact Canada, j’ai plusieurs occasions officielles d’exercer un leadership. Il peut s’agir d’un leadership dans un domaine, d’un leadership dans la création d’idées ou d’un leadership dans un domaine technique. Bien que tous ces éléments soient importants et précieux, je trouve que l’aspect le plus important du rôle de dirigeant est la réponse à la question que je me pose lorsque je place ce chapeau sur ma tête et que je me regarde dans le miroir : « Suis-je le genre de personne que je suivrais? » En d’autres termes, est-ce que j’incarne les qualités de dirigeant que je trouvais si inestimables chez les personnes qui m’ont dirigé?

En tant que Fellow, j’ai la chance de côtoyer de nombreux dirigeants extraordinaires. Être un dirigeant et en porter le chapeau, c’est accepter la responsabilité de grandir chaque jour. À cette fin, le rythme du dirigeant est en phase avec celui du fonctionnaire. Même s’il s’agit d’un cliché, il est essentiel d’assumer ce rôle, non seulement pour l’avancement professionnel, mais aussi pour avoir une incidence. Lorsque je porte mon chapeau de dirigeant, je cherche non seulement à diriger les autres, mais aussi à me perfectionner.

Conclusion

J’aime vraiment mon travail. Pouvoir remplir chacun de ces rôles est un privilège. Porter chacun de ces chapeaux est un plaisir. J’espère que cet exercice de définition des rôles aura été doublement utile, en définissant ce que fait un Fellow d’Impact Canada chaque jour et en montrant à quel point il peut être important de déconstruire en rôles clairement définis un poste qui pourrait autrement sembler ambigu. Il est ainsi possible d’assumer chaque rôle de manière unique et de nous engager à nous améliorer dans de multiples domaines.

Je vous encourage de nouveau à prendre le temps de réfléchir aux chapeaux que vous portez dans votre travail et à la façon dont vous pouvez assumer les responsabilités associées à chacun d’entre eux. J’ai le sentiment que vous découvrirez que cela vous apportera de la clarté, tout en ayant le potentiel d’apporter un sens accru à votre travail. Toutefois, s’il peut être utile de définir ces rôles et de s’efforcer de les améliorer, n’oubliez pas que vous êtes unique : vous apportez vos propres compétences, votre propre expérience et votre propre expertise à votre poste.

Après tout, vous n’êtes pas qu’un simple porte-chapeau.

Publié : 2023-07-17
Date de modification : 2024-12-05
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Du travail social au secteur spatial

Surmonter le syndrome de l’imposteur et faire valoir sa singularité dans la fonction publique

Meghan MacDonald, Fellow en Défis
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Meghan MacDonald

Le Programme de Fellowship d’Impact Canada offre à des personnes hautement qualifiées une occasion unique de travailler avec des ministères hôtes de l’ensemble du gouvernement fédéral dans deux disciplines, Sciences du comportement et des Défis, afin d’accroître les capacités de la main-d’œuvre existante.

Je m’appelle Meghan MacDonald, et j’ai la chance d’être Fellow du programme d’Impact Canada dans la discipline des Défis. J’ai ainsi l’occasion de travailler à l’Agence spatiale canadienne (ASC) pour le projet Défi de l’alimentation dans l’espace lointain et de définir la portée d’un nouveau défi relatif aux ressources spatiales. Travailler avec Impact Canada et l’ASC est vraiment un point fort de ma carrière, et je suis très reconnaissante d’être appuyée par deux équipes extrêmement novatrices, solidaires et talentueuses. Après six mois, je souhaite jeter la lumière sur ce que bon nombre d’entre nous ont vécu, à savoir le syndrome de l’imposteur, et parler un peu de ce que j’ai appris en cours de route.

Je n’oublierai jamais le moment où, en me connectant en vue de mon entrevue avec Impact Canada, j’ai vu à l’écran la personne qui deviendrait mon responsable. J’ai dû vérifier deux fois (plutôt trois fois) l’organisme indiqué sous son nom : Agence spatiale canadienne (ASC). Après l’entrevue, je suis restée assise, incrédule à la simple idée que moi, travailleuse sociale clinique de formation, puisse un jour atterrir à l’ASC.

Puis est arrivé mon premier jour avec Impact Canada et l’ASC, en novembre 2022 (Constat no 1 : Je suis toujours dans l’incrédulité la plus totale). J’étais entourée de collègues extrêmement intelligents et humbles. Ma fébrilité était palpable, mais je ne pouvais m’empêcher de me demander ce que j’allais pouvoir ajouter à cet environnement qui semble déjà regorger de talents. Je me demandais quelle serait ma place, quelle serait ma contribution et comment je pourrais être à la hauteur de mes merveilleuses équipes, tant à Impact Canada qu’à l’ASC.

Six mois se sont écoulés depuis que je travaille comme Fellow des Défis d’Impact Canada à l’ASC. J’ai appris tellement de choses que j’aimerais pouvoir dire à la Meghan du passé. Permettez-moi de vous en faire part.

Leçon no 1 : Personne d’autre que vous n’est vous. Concentrez-vous sur ce qui vous semble « facile », et faites-le.

Constat no 2 : L’aérospatiale, la physique et l’ingénierie des bioressources, ce ne sont pas mes forces. Je plaisante souvent sur le fait que ma maîtrise en travail social ne m’a rien enseigné sur l’ingénierie et l’espace, mais je devrais plutôt me concentrer sur les apprentissages formidables que j’ai acquis grâce à cette maîtrise et à mon expérience dans le domaine. Par exemple :

  1. Comment s’attaquer à des problèmes complexes et les disséquer en actions réalisables (une compétence clé du processus de recrutement des Fellows).
  2. Découvrir comment les autres travaillent pour collaborer efficacement avec des personnes de diverses disciplines et naviguer dans des systèmes complexes.
  3. Faire des recherches efficaces sur une question pour la ventiler en points clés à retenir (un élément central de la phase Comprendre dans l’élaboration d’un défi).
  4. Aider les gens à faire évoluer leur façon de penser vers une réflexion innovatrice qui sort des sentiers battus.
  5. Prendre en compte les effets microscopiques des changements systémiques de grande ampleur.

Lorsque j’ai commencé à travailler pour l’ASC et Impact Canada, j’ai passé tellement de temps à penser à ce qui me manquait alors que j’aurais dû me concentrer sur ce que je pouvais apporter à mon équipe. Avec Impact Canada, nous avons la chance de profiter d’un processus d’intégration sur mesure, qui m’a aidée à surmonter certains de mes doutes. À l’ASC, l’ouverture d’esprit de mes collègues et gestionnaires a été cruciale pour me faire sentir soutenue et à l’aise pendant que je découvrais mes nouveaux environnements et l’endroit où je m’intégrais le mieux.

Plus je me sentais à l’aise dans mon rôle, plus je me rendais compte qu’il y avait un espace (jeu de mots!) important accordé à ce qui me paraissait plus facile, et que c’est exactement la raison pour laquelle j’ai été recrutée. En réfléchissant à mon expérience clinique, passée et présente, je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un principe clé des interventions thérapeutiques fondées sur les forces : lorsque nous déplaçons notre locus de contrôle pour renforcer nos points forts existants, notre confiance et notre compétence augmentent. Oui, en tant que nouveau Fellow ou nouveau membre d’une équipe solide, on peut être submergé de voir les compétences et connaissances extraordinaires de nos collègues. Mais les nôtres sont également inestimables.

Beaucoup de Fellows sont des personnes au rendement élevé, ce qui est souhaitable et nécessaire, mais peut aussi venir avec des défis : toujours se demander si l’on en fait assez, si l’on produit assez, si l’on apporte assez de valeur à l’équipe. Constat no 3 : Vous suffisez amplement tel que vous êtes, avec les compétences, les connaissances et l’expérience que vous possédez actuellement. Appuyez-vous sur vos forces et votre valeur, et rappelez-vous que vous occupez ce poste pour une raison précise (le programme de Fellowship comporte un processus de recrutement très compétitif, et personne ne s’y retrouve par hasard).

Leçon no 2 : Acceptez votre inconfort. La croissance n’est jamais confortable.

Avant de devenir Fellow des Défis, je n’avais pas réfléchi aux deux côtés de la médaille de la croissance et du changement, c’est-à-dire au fait que l’excitation et l’émerveillement vont de pair avec l’anxiété et l’inconfort. Dès que j’ai accepté l’inconfort associé aux incertitudes qui accompagnent la croissance et à l’ambiguïté des premières étapes de l’élaboration d’un défi, je suis devenue plus à l’aise dans cet inconfort. Les humains sont naturellement hostiles au changement, ce qui est ironique puisque nous ne pouvons pas croître en demeurant dans un état stable et immuable.

Plus nous arrivons à accepter pleinement l’inconfort, plus nous devenons résilients et adaptables. Il faut donc composer avec cet inconfort initial et tenter le plus possible d’embrasser le changement. Constat no 4 : On apprend et grandit tellement en s’ouvrant à l’inconfort dans la vie.

Le changement est toujours difficile, même lorsqu’il est excitant et positif. On se sent mal à l’aise lorsqu’on grandit et apprend. Il est important d’accepter ce que l’on ressent et de se réconforter en sachant que l’inconfort est temporaire.

« Je ne prétendrai pas que je n’étais pas pétrifié. Je l’étais. Mais à cette peur terrible se mêlait un glorieux sentiment d’excitation. La plupart des choses vraiment excitantes que nous faisons dans la vie nous effraient à mort. Elles ne seraient pas passionnantes sinon. » — Roald Dahl, Danny, champion du monde (traduction libre)

Leçon no 3 : Améliorez votre capacité à mettre vos idées à l’essai, surtout lorsqu’elles sont encore imparfaites, et à accepter que vous allez (et devez) faire des erreurs.

Simon Sinek utilise la métaphore de la première crêpe (en anglais) quand il parle d’essayer de nouvelles idées : la première crêpe n’est jamais parfaite. Elle est un test pour nous montrer quoi changer pour que la prochaine crêpe soit — on l’espère — bien meilleure. Il en va de même pour les idées : parfois, il suffit d’essayer quelque chose, de le mettre à l’épreuve, puis de l’améliorer. Dans un nouveau rôle, il faut commencer quelque part, et cela signifie parfois qu’il faut servir « la première crêpe ». Elle n’est peut-être pas parfaite, mais nous devons commencer, échouer et grandir grâce aux leçons que nous en tirons. Je sais que cela peut sembler contre-intuitif pour ceux qui veulent naturellement que leur travail soit impeccable et parfait, mais mettre des idées à l’essai et les améliorer par itération est une approche importante.

J’ai eu la chance de me sentir très à l’aise de mettre mes premières crêpes à l’essai avec mon équipe, d’apprendre ce qui fonctionne, de voir comment adapter mon approche et comment soutenir au mieux les efforts d’Impact Canada et de l’ASC, mais la courbe d’apprentissage a tout de même été abrupte pour moi. Mais plus je me rendais compte que je pouvais essayer des choses, les améliorer et les réessayer, plus j’apprenais. Constat no 5 : Vous ferez des erreurs, que vous l’acceptiez ou non. Si vous l’acceptez, vous apprendrez beaucoup sur l’amélioration itérative.

Leçon no 4 : Être vulnérable est une force. Votre humanité est un aspect essentiel de votre authenticité, ainsi que de votre identité personnelle et professionnelle.

En tant que travailleuse sociale et thérapeute de métier, je parle beaucoup de l’importance de la vulnérabilité et de l’ouverture — même si je gagnerais à les mettre davantage en pratique moi-même. Si vous ressentez le syndrome de l’imposteur, dites-le à quelqu’un en qui vous avez confiance. Quand j’ai commencé à travailler pour Impact Canada et l’ASC, je me souviens d’avoir dit à un collègue que je souffrais du syndrome de l’imposteur, et il a immédiatement validé mes sentiments. C’était tellement réconfortant de me rendre compte qu’une personne que j’admirais avait vécu la même chose. Lorsqu’on reste seul avec nos sentiments, on pense souvent être les seuls à les ressentir, mais c’est rarement vrai.

Que ce soit comme nouveau Fellow, comme nouvel employé ou simplement comme être humain qui navigue dans l’incertitude et le désordre de la vie, il est essentiel d’être ouvert et honnête avec les personnes en qui l’on a confiance pour savoir que l’on n’est pas seul. La leçon la plus importante que je retiens, et que je peux vous dire maintenant, c’est que personne n’est parfaitement confiant ou sûr de ce qu’il fait en tout temps — même mes collègues talentueux et hautement compétents de l’ASC et d’Impact Canada, que j’admire et qui m’inspirent. Notre ouverture à être vulnérables ne permet pas seulement de former une communauté authentique autour de nous, mais aussi d’aider les autres à être vulnérables, ouverts et authentiques à leur tour.

Enfin, et surtout, vous êtes précieux, important et formidable en raison de ce que vous êtes vraiment, non seulement en tant que Fellow, employé ou gestionnaire, mais aussi en tant qu’être humain. Cela semble tellement évident, mais pour beaucoup d’entre nous, il peut être difficile de dissocier notre valeur personnelle de ce que nous produisons, réalisons ou démontrons. Sachez que votre valeur est intrinsèque. Vous n’avez pas besoin de faire plus ou d’être quelqu’un d’autre que vous-même pour avoir de la valeur.