Matthew

Soumis par tarab le

Matt est Fellow en science du comportement au sein de l’Unité de l’impact et de l’innovation du Bureau du Conseil privé.

Avant de se joindre au programme de bourses, il a travaillé à la Bibliothèque du Parlement, où il a fourni aux députés et aux sénateurs des recherches personnalisées sur des questions sociales et économiques. Il a également passé du temps dans un incubateur d’innovation sociale et en tant que gestionnaire de programme dans une organisation à but non lucratif de protection de l’environnement.

Blogue

Trouver l’aisance dans l’incertitude

Voyager vers les inconnues de l’innovation

Nolan D'Souza, Fellow en Défi
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Nolan D'Souza

Enfant, je me souviens avoir rêvé de pouvoir prédire l’avenir. Avec un don de clairvoyance, n’importe quel examen aurait été dans la poche et j’aurais pu remporter le gros lot à volonté. À l’époque, je n’avais pas réalisé que la clairvoyance n’est pas un superpouvoir utile pour les rêveurs et les pionniers. Au contraire, tirer parti de l’incertitude au travail, comme dans la vie, permet de stimuler la créativité. J’ai clairement pu le vérifier au cours de l’année que je viens de passer en tant que Fellow des Défis à Impact Canada. Mais qu’est-ce que l’incertitude exactement, et de quelle manière pouvons-nous l’utiliser pour innover?

L’incertitude décrit une situation que l’on comprend bien et dont on comprend les causes et l’incidence quoiqu’il n’existe aucune tendance ni aucun modèle permettant d’en prédire l’évolution. Plus l’incertitude est grande, plus les « futurs possibles » sont nombreux. Ces futurs peuvent s’avérer favorables ou défavorables.

Récemment, c’est la pandémie de COVID-19 qui nous a montré que de l’incertitude nait la créativité. Il était impératif de trouver des solutions afin de protéger la population et de permettre au monde de continuer à tourner sans savoir de quelle manière la pandémie allait évoluer. Nombreuses étaient les personnes et les entreprises à devoir trouver la flexibilité nécessaire pour faire face à un avenir imprévisible pour leur travail, leurs outils ou leurs services. Même dans les secteurs où le changement est habituellement lent en raison d’une planification poussée et du besoin de certitude, des solutions nouvelles ont émergé rapidement pour répondre à l’imprévisibilité du contexte. Par exemple, dans de nombreuses régions du Canada, le secteur des soins de santé a mis l’accent sur le maintien de faibles taux de cas de COVID-19, mais a exigé la flexibilité nécessaire pour explorer les moyens d’y parvenir à mesure que la pandémie évoluait. L’expérience a débouché sur de nouveaux modèles de soins, des outils numériques et des services de santé qui continuent tous à se développer pour d’autres secteurs de la santé, et ce, avec le concours d’acteurs habituellement étrangers au domaine. Voilà un exemple parfait du pouvoir de l’incertitude : l’embrasser ne signifie pas que l’on manque de direction et qu’on accepte tous les états futurs potentiels. L’embrasser signifie plutôt que l’on adopte une orientation très claire en direction d’un sous-ensemble de ces états futurs où un problème clairement identifié est résolu, un objectif précis est atteint.

Si tous les chemins mènent à Rome, il est toutefois possible que vous ne sachiez simplement pas lequel emprunter.

Les conditions à réunir pour mettre l’incertitude au service de l’innovation

Même les gens les plus créatifs du monde ont besoin d’un point de mire à partir duquel bâtir la perspective de leurs idées. De la même façon, les défis, comme ceux lancés par Impact Canada, sont un point de mire pour susciter des concours ouverts axés sur l’innovation. On distribue des fonds sous forme de prix à un vaste éventail de gens novateurs en définissant des ensembles de critères et d’exigences précis pour orienter l’exploration de nombreuses possibilités (parfois non traditionnelles) qui permettront de produire certains résultats et d’atteindre les états futurs visés. J’ai eu la chance d’appuyer l’élaboration du plus récent défi d’Impact Canada, le Défi axé sur la prévention du diabète de type 2 (DPDT2), lancé par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Après une étape de recherches et de consultations approfondies qui a permis de recueillir des conseils d’experts et des témoignages ainsi que des données permettant d’identifier les résultats les plus prometteurs pour le Canada, l’objectif du DPDT2 a été précisé pour concentrer l’effort sur la recherche de moyens d’éliminer les obstacles sanitaires et sociaux tenaces qui font augmenter le risque de diabète de type 2. Ces obstacles diffèrent d’une collectivité à l’autre au Canada; il ne s’agit donc pas de résoudre un problème global, mais bien de s’attaquer aux problèmes de chacune des collectivités. Comme résultat, une approche de type Grands Défis est employée pour amener les innovateurs à intégrer les principes des défis afin de miser sur les forces de chacune des collectivités dans les moyens pris pour prévenir le diabète de type 2 (comme de lutter contre la stigmatisation ou de centrer davantage les soins sur la personne). Cela permet aux innovateurs de proposer de nouvelles approches préventives ou axées sur l’adaptation de solutions existantes pour atteindre l’objectif du Défi.

Il importe de définir le succès quand on navigue dans l’incertitude. Les défis fixent des objectifs assez vastes pour que les innovateurs s’adaptent à la situation au fur et à mesure que leur approche ou leur solution se précise, mais assez clairs pour assurer l’atteinte du résultat visé. De plus, les défis accordent souvent du soutien autre que financier pour accélérer la transformation des idées en solutions novatrices, ce qui insuffle aux participants encore plus d’élan sur la voie de la réussite. Tant l’organisme de financement que les innovateurs doivent embrasser l’incertitude, être ouverts à une multitude de possibilités, de rebondissements et d’idées. Ils travaillent pour créer un avenir meilleur, pas un avenir soigneusement calculé. Il s’agit d’une approche qui permet de quitter les sentiers battus qui ne produisent que des résultats et des idées prévisibles, sans rien pouvoir contre les problèmes tenaces.

Un problème bien défini est à moitié résolu
— Charles Kettering.

L’incertitude n’est pas synonyme d’affaire risquée

Accueillir l’incertitude, ce n’est pas accepter le risque, qui est la possibilité d’une perte et qui est mesurable, contrairement à l’incertitude. Innover signifie de limiter les pertes tout en explorant l’incertitude et en la mettant à l’épreuve. Les défis proposent comme cadre aux innovateurs des objectifs et des paramètres soigneusement réfléchis. Les risques sont donc limités à l’heure de mettre à l’essai les solutions possibles pour atteindre un but, et il est facile de se tourner vers une solution qui a fait ses preuves. Ainsi, on réunit les conditions d’une approche expérimentale du type « rien à perdre », qui mise sur des possibilités non vérifiées dans l’espoir de produire d’énormes avantages. Par exemple, à toutes les étapes du DPDT2, l’ASPC, les innovateurs et, en fin de compte, les collectivités du Canada tireront des bienfaits du partage d’idées et de l’exploration de différentes façons de prévenir le diabète de type 2. Parmi ces bienfaits, mentionnons la création de partenariats et de possibilités de collaboration, l’intervention de nouvelles organisations dans la prévention du diabète et l’établissement de méthodes communes pour comprendre et mesurer ce qui nous place à risque d’acquérir le diabète de type 2, et réagir. Les initiatives comme les défis éliminent le risque associé au fait de se tenir loin de la reproduction des succès connus au détriment de laquelle limite l’exploration créative.

L’incertitude est la seule certitude, et savoir comment vivre avec l’insécurité est la seule sécurité
- John Allen Paulos

L’inconnu ne doit pas nécessairement faire peur

Oui, travailler avec présence de l’incertitude peut faire peur, mais ce n’est pas une fatalité. Je suis absolument certain de n’avoir aucune certitude quant à mon avenir, mais je n’ai pas peur. En fait, quand j’entends parler d’« assurer la pérennité », j’aime concevoir la chose comme d’orienter uniquement mon travail vers les aspects du futur idéal qui permettent l’atteinte de nos objectifs. Tout le reste s’ajustera, même si nous ne savons pas du tout comment. Croyez-moi, je n’ai toujours pas le don de clairvoyance, mais je compense largement par la créativité.

Publié : 2023-02-14
Date de modification : 2024-12-05
Étude de cas

Étude de cas Défi des femmes en tech propres

L’innovation au féminin : moteur de l’économie verte

Ressources naturelles Canada,
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Femme scientifique travaillant dans un laboratoire

1. Introduction

1.1 À propos de Ressources naturelles Canada (RNCan)

Ressources naturelles Canada (RNCan) est un ministère à vocation scientifique qui vise à stimuler la prospérité des secteurs des ressources naturelles du Canada. Le Ministère soutient le développement durable des ressources naturelles du Canada au moyen de recherches de calibre mondial ainsi que de politiques et de programmes éclairés par des données probantes, notamment par la mobilisation nationale et internationale et en collaboration avec les peuples autochtones du Canada.

1.2 À propos du Bureau de recherche et de développement énergétiques (BRDE)

Le BRDE dirige les efforts du gouvernement du Canada à réaliser des investissements dans la recherche, le développement et la démonstration (R-D et D) en matière d’énergie, accélérant ainsi les efforts d’innovation énergétique et de programmes de la technologie propre. En tirant parti de plus de quarante ans d’expérience et d’une expertise unique centrée sur la science et la technologie, le BRDE investit dans treize ministères et organismes fédéraux pour entreprendre des activités de R-D et D, ainsi que dans un vaste éventail de petites et moyennes entreprises canadiennes, de services publics canadiens, d’industrie et d’autres entreprises canadiennes, en vue d’appuyer les objectifs en matière d’innovation énergétique et de changement climatique du Canada.

Le BRDE a dirigé le volet des technologies propres des Défis d’Impact Canada, ce qui comprend un portefeuille de six défis uniques doté d’un budget de 75 millions de dollars. Dans le cadre du volet des technologies propres, RNCan a mis à l’essai différentes conceptions de défis tout en cherchant à maximiser l’incidence globale du programme sur le secteur des ressources naturelles. Étant l’un des premiers ministères à lancer des Défis d’Impact Canada, l’équipe de programme de RNCan a élaboré une perspective unique sur la façon d’appliquer des mécanismes de financement novateurs dans divers contextes, en vue d’avoir la plus grande incidence possible. En fin de compte, RNCan espère utiliser les leçons apprises et les pratiques exemplaires de cette expérience et les appliquer à des programmes futurs, tout en cherchant également à soutenir l’apprentissage à travers le système fédéral en communiquant les résultats du modèle d’Impact Canada à d’autres ministères qui envisagent de créer des portefeuilles de défis.

1.3 À propos d’Impact Canada

Impact Canada, qui relève du Bureau du Conseil privé, utilise de nouvelles méthodes de politique publique pour combler les lacunes identifiées dans la traduction efficace d’objectifs politiques en résultats significatifs et mesurables pour les Canadiens. L’Unité de l’impact et de l’innovation, qui gère Impact Canada, travaille à combler l’écart entre l’élaboration et la mise en œuvre des politiques, en prenant des engagements stratégiques importants et en se penchant sur la conception, la mise en œuvre et l’évaluation. Elle s’acquitte de son mandat par le déploiement de deux grands secteurs d’activité : les Défis d’Impact Canada ainsi que les sciences appliquées du comportement et la recherche poussée en politiques d’Impact Canada.

Les Défis d’Impact Canada sont axés sur un déploiement plus efficace des fonds en subventions et contributions – un levier gouvernemental qui n’est traditionnellement pas exploité au mieux, mais qui est très influent – c’est-à-dire qu’au lieu de payer pour les dépenses ou les activités, on récompense l’atteinte de résultats plutôt que les extrants. Les Défis d’Impact Canada sont assortis d’incitatifs financiers et non financiers qui encouragent les participants à s’attaquer à des problèmes bien définis sans solution évidente ou pour lesquels les interventions en cours ne donnent pas les résultats escomptés.

1.4 Pourquoi lancer le Défi des femmes en tech propres?

En 2017, lors de l’élaboration de ce Défi, seulement 5 % des sociétés spécialisées en technologies au Canada étaient fondées par des femmes. Le manque de représentation féminine dans les industries orientées vers les sciences et technologies a été clairement démontré dans le rapport produit par l’organisation #movethedial11 au sujet des femmes dans la communauté canadienne de l’innovation. Le rapport indiquait que seulement 13 % des entreprises comptaient des femmes au niveau de la direction, et que 73 % des conseils d’administration des entreprises ne comptaient aucune représentation féminine. Ces statistiques étaient encore plus marquées dans le secteur des technologies propres.

De la même façon, dans un sondage de 2018 auprès de 350 entreprises en démarrage, le Boston Consulting Group a signalé que les femmes entrepreneurs recueillaient en moyenne un peu moins de 1 million de dollars en capital de démarrage, soit moins de la moitié des fonds amassés par les hommes. Les auteurs ont constaté que « la disparité dans le financement n’est pas due à des différences qualitatives dans les présentations ou les activités inhérentes ». En réalité, les entreprises en démarrage dirigées par des femmes ont obtenu un bien meilleur rendement, rapportant 78 cents par dollar d’investissement durant leurs premières années d’activité comparativement à seulement 31 cents pour celles dirigées par des hommes.22

Le gouvernement du Canada reconnaît que l’écart de genre, en particulier dans les domaines de l’innovation, entrave la croissance économique en laissant de côté des travailleurs qualifiés. Afin de résoudre les problèmes complexes auxquels nous sommes confrontés en tant que pays, nous devons compter sur la diversité, l’ingéniosité et la créativité de l’ensemble de la population canadienne, et non seulement de ceux qui ont traditionnellement contribué aux solutions. On doit donc favoriser la participation active de « solutionneurs non traditionnels, y compris ceux qui ont été exclus et ceux qui ne savaient pas qu’ils étaient invités à contribuer aux solutions. De plus, il faut accroître la sensibilisation sociale générale envers les défis à relever, favoriser activement la participation des citoyens au moyen d’une collaboration et d’une cocréation plus efficaces, et établir des partenariats avec la société civile afin de renforcer les résultats. Enfin, cela signifie que l’innovation permet non seulement de stimuler la croissance économique, mais en même temps de contribuer à lutter de façon significative contre d’importants enjeux de la société comme les changements climatiques et l’inclusion sociales. Étant donné qu’il est de plus en plus reconnu que la diversité est essentielle pour renforcer la résilience économique, RNCan a lancé le Défi des femmes en tech propres en 2018 avec la société MaRS Discovery District de Toronto.

Images composites des finalistes du défi et des membres du jury

2. Aperçu du concours

2.1 L’innovation au féminin : moteur de l’économie verte

Le Défi des femmes en tech propres a été conçu afin d’avoir une incidence significative sur la sous-représentation féminine dans le secteur canadien des technologies propres en fournissant à un groupe d’entrepreneures les ressources financières, commerciales et techniques dont elles ont besoin pour se montrer concurrentielles à l’échelle mondiale. Cette initiative avait pour objectif d’égaliser les chances pour les femmes innovatrices et de mieux faire connaître le rôle clé que les femmes doivent jouer pour s’attaquer aux plus grands défis environnementaux et climatiques auxquels la société fait face, tout en inspirant la prochaine génération d’entrepreneures en technologie propre.

À la suite d’un appel de candidatures au Défi à l’échelle nationale auquel ont répondu presque 150 innovatrices parmi les meilleures au Canada, un processus de sélection par des experts en a choisi six pour participer à un programme intensif de trois ans aboutissant à l’attribution d’un grand prix de 1 million de dollars à la finaliste jugée d’avoir fait le plus de progrès dans l’avancement de sa technologie et la croissance de son entreprise.

2.2 Objectifs du Défi

Le Défi comprenait les quatre objectifs suivants :

  • Repérer les innovatrices les plus prometteuses et motivées qui s’attaquent à certains de nos plus grands problèmes mondiaux et qui sont susceptibles d’avoir une incidence importante.
  • Mettre à contribution les actifs de recherche et les réseaux d’expertise actuels du gouvernement fédéral, optimisant ainsi l’utilisation des ressources publiques pour accélérer l’avancement de la R et D des entrepreneures.
  • Bâtir un appui à la réussite de ces femmes au moyen d’une combinaison de mentorat, de programmes de formation et d’accès à l’information commerciale par l’entremise de la société MaRS Discovery District.
  • Établir des liens opportuns et fournir un accès à des investisseurs et des partenaires d’affaires dès le début du démarrage et du développement des activités d’entreprise.

2.3 Critères de participation

Les candidates devaient satisfaire aux critères suivants :

  • Être une femme, citoyenne canadienne ou résidente permanente du Canada, cheffe de file de l’innovation et cheffe de projet, ayant une entreprise commerciale qui était une société ou pouvait être constituée en société au Canada.
  • Être prête à participer à un concours exigeant avec présence publique, d’une durée de trois ans, comportant fréquemment des voyages, des réunions et des visites de laboratoires, y compris à consacrer un temps considérable aux programmes, aux ateliers et aux événements de soutien aux entreprises et à l’entrepreneuriat organisés par la société MaRS Discovery District, à Toronto, en Ontario.
  • Travailler dans un domaine de technologie propre précis, sur une technologie brevetée et/ou brevetable, qui se classe dans les niveaux de 2 à 5 du spectre des neufs niveaux de maturité technologique (NMT).

2.4 Principales étapes du Défi et critères d’évaluation

De gauche à droite : Jennifer Ramsey, Janie C. Béïque et Margaret Atwood.

Dans le cadre des Défis d’Impact Canada, les défis peuvent comprendre des points de contrôle ou des filtrages périodiques, tel que pour le Défi des femmes en tech propres. Il est ainsi possible de sélectionner et filtrer les meilleures idées et de fournir une aide plus intensive (aussi bien financière que non financière) à un groupe toujours plus délimité de concourantes. Cette structure vise à favoriser une meilleure qualité des solutions trouvées. Les points de contrôle périodiques sont particulièrement utiles dans le cadre des Défis qui visent à soutenir les innovateurs dès les premières étapes de l’élaboration d’un produit ou les entreprises en démarrage qui ont besoin d’un capital d’amorçage pour commencer les travaux33.

  • Présélection et sélection

    • 148 demandes de candidature ont été reçues de partout au Canada.
    • Un comité d’évaluation a réduit le nombre de candidates à une « liste restreinte » de 33 personnes.
    • Les membres du comité ont mené des entrevues pour évaluer l’incidence de la technologie, la compatibilité dans le cadre des laboratoires du gouvernement et la capacité de l’entrepreneure à répondre aux exigences du programme.
    • À la fin de cette étape, dix demi-finalistes ont été sélectionnées pour faire une présentation lors d’un événement en direct qui s’est tenu au MaRS Discovery District, à Toronto.
  • Concours de présentation

    • Dix femmes représentant des ethnies, des âges et des domaines technologiques diversifiés ont présenté leurs idées devant un jury ainsi que devant 500 participants provenant de l’écosystème des technologies propres dont des partenaires, des investisseurs, des établissements d’enseignement, des partenaires d’affaires et les médias.
    • Pour sélectionner les finalistes qui continueraient avec le programme, le jury a utilisé une méthode d’évaluation prédéterminée axée sur la nature perturbatrice ou visionnaire de l’innovation, la probabilité de succès commercial de l’innovation, sa capacité de déploiement à l’échelle mondiale et sa capacité à réduire les répercussions sur l’environnement ou le climat.
    • En fin de compte, six finalistes ont été choisies pour participer au programme intensif d’accélération d’une durée de trois ans et se disputer le grand prix de 1 million de dollars.
  • Période d’incubation : Développement de produits et de l’entreprise

    Au cours de la période d’incubation de trois ans, chaque finaliste à reçu :

    • Une allocation annuelle de 115 000 $ leur permettant de travailler à temps plein dans le cadre de leurs entreprises.
    • Des conseils d’experts et du soutien au développement d’entreprise d’une valeur de plus de 300 000 $ offerts par la société MaRS.
    • Un soutien des laboratoires fédéraux jusqu’à concurrence de 250 000 $ pour réduire les risques liés à leur technologie.

    Au cours de cette période, les finalistes :

    • Ont participé à des ateliers intensifs d’entrepreneuriat pour améliorer leur sens des affaires.
    • Ont chacune été jumelée à un mentor personnel, ainsi qu’à des conseillers en activités commerciales et techniques pour faire progresser le développement de leur entreprise.
    • Ont participé régulièrement à des événements pour mettre en vedette leurs entrerprises où étaient présents des investisseurs, des partenaires d’affaires et des partenaires potentiels.
    • Ont mis à profit l’expertise scientifique disponible auprès des laboratoires du gouvernement fédéral afin de faire progresser considérablement leurs technologies dans le cadre de projets collaboratifs de R et D.
  • Sélection et annonce de la gagnante!

    • Le grand prix de 1 million de dollars a été décerné à la finaliste qui a réalisé le plus grand progrès dans le développement de son entreprise et de sa technologie avec un potential considérable de mise à l’échelle et d’incidence.
    • La sélection a été effectuée au moyen d’une combinaison de critères – dont une méthode d’évaluation prédéterminée fondée sur des mesures de rendement suivies et accumulée au cours de la période d’incubation de trois ans – et de l’évaluation par un jury indépendant.
    • La gagnante a été annoncée lors de la finale du Défi organisée par MaRS le 30 novembre 2021 à l’occasion de la conférence MaRS Climate Impact.

3. Caractéristiques de la conception et résultats

3.1 Caractéristiques principales de la conception

En mettant surtout l’accent sur les résultats tout au long des étapes de conception et de mise en œuvre du Défi, on s’est assuré que les décisions étaient prises en vue de maximiser les retombées pour les entrepreneures. Les principaux objectifs du Défi des femmes en tech propres étaient d’offrir des chances égales à six innovatrices ayant un solide potentiel, et à inspirer une nouvelle génération de femmes dans les domaines liés à l’entrepreneuriat en technologies propres. Toutes les décisions liées à la conception ont été prises en fonction de ces objectifs, et elles reposaient sur trois piliers : l’entreprise, la technologie et les finances. Ces piliers ont constitué la base des mécanismes de soutien qui ensemble ont contribué à l’incubation des six entreprises choisies pour participer au Défi.

  • Partenariats stratégiques

    En sachant que la collaboration serait essentielle pour atteindre les résultats d’un Défi dont les objectifs étaient si vastes, RNCan a décidé de travailler en collaboration avec MaRS pour tirer parti de ses forces en matière de développement d’entreprises de technologies propres et appuyer l’expertise scientifique, technologique de RNCan ainsi que son expertise en matière de programmes. RNCan a opté pour l’adoption d’un modèle d’agent de mise en œuvre tiers pour faciliter cette collaboration et assurer un accès continu aux ressources de MaRS pendant la durée du Défi. Grâce à la collaboration avec MaRS, les finalistes ont pu obtenir un soutien exceptionnel de formation et de conseils, tout en tirant parti efficacement d’un écosystème de l’innovation et d’un réseau d’investisseurs élargis. Il a été également possible dès le début de favoriser la collaboration entre MaRS et d’autres intervenants clés, comme Écotech Québec, afin de soutenir davantage les activités du Défi. MaRS a mis à profit ses liens solides dans l’écosystème des technologies propres afin d’offrir une formation personnalisée, l’accès à un vaste réseau de conseillers et d’investisseurs et de nombreuses possibilités soigneusement sélectionnées. De plus, les finalistes ont occupé une place importante à l’occasion d’événements d’envergure mondiale relatifs à l’innovation et aux investissements, comme la réunion ministérielle sur l’énergie propre de 2019, Mission Innovation, la Semaine de l’exportation des technologies propres d’EDC, et la semaine MaRS Climate Impact 2021. Les réseaux solides de MaRS ont permis une promotion publique accrue du Défi, y compris le recrutement d’un jury éminent composé de femmes de premier plan : Janie C. Béïque, Elicia Maine, Humera Malik, Jennifer Ramsey et l’auteure canadienne de renommée internationale, Margaret Atwood.

  • Collaboration technique

    Pour compléter le programme de développement d’entreprise élaboré par MaRS, le Défi offrait l’accès aux laboratoires et à l’expertise du gouvernement fédéral, afin de favoriser le développement technologique et d’accélérer la mise au point pour le marché. Par l’entremise de RNCan, les finalistes ont pu travailler avec des laboratoires de recherche fédéraux de calibre mondial afin de mettre à l’essai leurs technologies, les améliorer et en réduire les risques, dans le cadre de projets collaboratifs de R et D. Ces projets étaient menés au moyen du modèle de RNCan dénommé « Projets d’aide scientifique et technologique pour les technologies propres » (PAST). Le modèle PAST appuie les organisations qui ont des carences en matière de capacité, comme les organisations dont les infrastructures de recherche ou l’expertise technique sont limitées ou qui ont des contraintes liées au flux de trésorerie limitant leur capacité de faire progresser leurs technologies ou leurs services sur le marché. Ce modèle unique peut apporter une aide particulièrement importante aux petites et moyennes entreprises, étant donné qu’il n’y a aucun coût direct à débourser pour ce projet collaboratif de R et D. C’est ainsi que les finalistes ont pu travailler avec des laboratoires du gouvernement fédéral avec des scientifiques qui sont reconnus pour leur expertise vaste et spécialisée dans les sciences appliquées et sont exceptionnellement bien placés pour traverser les étapes complexes des essais pilotes et de la mise à l’échelle des technologies.

  • Allocation annuelle

    Permettre aux entrepreneures de consacrer tout leur temps et toute leur attention à la croissance de leur entreprise était une priorité du Défi; pour cette raison, l’allocation annuelle de subsistance constituait un autre caractéristique importante de la conception du Défi et un des mécanismes d’aide financière offerts aux finalistes. Cet élément a permis aux membres du groupe de déployer leurs meilleurs efforts dans le développement de leurs entreprises, mais aussi de s’assurer que toutes les finalistes étaient sur un pied d’égalité. Ainsi, les finalistes ont pu se consacrer à plein temps sur les objectifs de leurs entreprises et y concentrer leur attention en réduisant au minimum les priorités concurrentes, ce qui diffère grandement de la réalité à laquelle sont confrontées la plupart des entrepreneures lorsqu’elles cherchent à croître leurs entreprises. En fin de compte, l’allocation annuelle a été hautement appréciée par les entrepreneures qui l’ont considérée comme un des principaux avantages du Défi.

3.2 Aperçu des résultats

  • Renforcement de la sensibilisation du public envers un problème ou un enjeu

    Bien qu’un Défi soit susceptible d’attirer l’attention de solutionneurs non traditionnels sur un problème, on ne peut y parvenir sans des campagnes publicitaires et de marketing qui mobilisent des réseaux en dehors de ceux visés par les programmes gouvernementaux traditionnels. Le Défi a été publicisé par l’entremise de plusieurs canaux, y compris le publipostage électronique envoyé via les listes de diffusion de MaRS Cleantech, des publicités ciblées sur les médias sociaux, des articles de blogues, un reportage dans le Globe and Mail, un enregistrement vidéo publié sur des plateformes de réseaux sociaux et des publications non payantes sur les médias sociaux. De plus, le partenariat entre RNCan et MaRS a permis au Défi de bénéficier d’une promotion croisée de messages et de communications dans les médias sociaux, ce qui a amplifié les messages et retenu une attention accrue du public. Ces efforts ont donné lieu à une large participation, autant au lancement du Défi que lors de la finale. Le nombre de candidates a dépassé les attentes de 87 %, et le nombre de vues et de partages sur les plateformes Web spécialisées et les médias sociaux a été supérieur à la moyenne comparativement aux initiatives traditionnelles du gouvernement. Enfin, un autre facteur qui ne peut pas être négligé est que le Défi des femmes en tech propres visait à accroître la représentation dans l’écosystème de l’innovation à un moment où l’équité, la diversité et l’inclusion sont de plus en plus sous le regard du public. Voilà une autre raison pour laquelle le Défi a rapidement obtenu le soutien de la population et a attiré son attention, et a permis d’atteindre des niveaux d’engagement élevés tout au long de sa durée.

  • Mobilisation de nouveaux talents

    Le Défi visait à mobiliser de nouveaux talents afin de s’attaquer au problème de la sous-représentation féminine dans l’industrie des technologies propres. En adoptant une approche ouverte avec de faibles obstacles à l’entrée, on a encouragé une grande participation et attiré des participants non traditionnels qui comptaient peut-être peu d’expérience dans la participation à des programmes traditionnels de subventions et de contributions gouvernementales. Ainsi, le Défi a pu attirer des candidates talentueuses et retenir des semi-finalistes d’ethnies, d’âge et de domaines technologiques diversifiés.

  • Amélioration des compétences et des capacités

    Le Défi a permis de surmonter efficacement des obstacles majeurs à la réussite des femmes de manière coordonnée et par des mesures complémentaires en combinant des éléments de formation et de soutien dans un programme complet. Le regroupement de ces éléments a permis de réduire considérablement le fardeau imposé aux participantes, qui, autrement, auraient dû les combiner par elles-mêmes. Par exemple, les finalistes ont reçu une formation sur la négociation par l’entremise de MaRS, et, par la suite, elles ont pu appliquer ces compétences et acquérir de l’expérience en les utilisant lors de la négociation de contrats avec des collaborateurs ou des investisseurs. Les activités intégrées dans le programme ont permis d’apprendre, de mettre l’apprentissage en pratique et de s’améliorer grâce à des boucles de rétroaction itératives. En fin de compte, les finalistes qui étaient d’excellentes cheffes de file dans le domaine technique étaient maintenant en mesure de concentrer leurs efforts pour devenir également d’excellentes cheffes d’entreprise.

    En outre, la conception du programme a également rendu possible l’augmentation des capacités de MaRS. En tant qu’organisation, MaRS a accru son expérience dans le soutien des femmes entrepreneures et a créé de solides réseaux dans le cadre d’un défi ou d’un programme d’accélération. MaRS peut appliquer cette nouvelle expertise à des programmes futurs afin de procurer des retombées sociales à long terme pour le Canada, et c’est d’ailleurs ce qui est déjà en train de se passer!

  • Augmentation des retombées économiques

    Grâce à la formation en entrepreneuriat offerte par MaRS, la possibilité des finalistes à attirer des investissements du secteur privé a été considérablement accrue. Les finalistes ont été en mesure non seulement de rencontrer des investisseurs, entreprises et partenaires potentiels ciblés, mais elles ont également reçu une formation sur la manière de faire des présentations efficaces et ont eu la possibilité de recevoir une rétroaction sur leur prestation. Toutes ces occasions ont contribué à accélérer l’épanouissement du groupe, ce qui a permis aux finalistes de faire d’important progrès en matière de développement d’entreprise. À la fin du Défi, l’ensemble du groupe a recueilli un financement de 52,5 millions de dollars et le nombre d’employés rémunérés a passé d’un total de 10 à 82,5, ce qui représente une augmentation de 725 %.

  • Innovation dans le secteur public

    Le Défi s’est avéré être une approche de financement efficace et novatrice permettant de s’attaquer aux questions hautement prioritaires du gouvernement du Canada et de la société. Cette initiative tombait à point, en ce sens que son lancement a eu lieu pendant une période où l’inégalité de genre recevait une attention accrue de la part du gouvernement fédéral et où l’on était de plus en plus intéressés et à l’aise dans l’utilisation de mécanismes de financement novateurs. Le budget fédéral de 2018 a accordé une attention sans précédent à la promotion de l’égalité de genre au Canada, et a introduit le nouveau Cadre des résultats relatifs aux genres du gouvernement, qui mettait l’accent sur la réalisation d’objectifs clés en matière d’égalité de genre pour le Canada, y compris l’éducation et le perfectionnement des compétences, la participation à l’économie et la prospérité, qui sont particulièrement pertinents dans le cas de ce Défi. Cela a sans doute attiré un plus grand soutien et a augmenté l’attention à l’échelle du gouvernement et des écosystèmes d’innovation.

    En même temps, le gouvernement fédéral a développé l’utilisation de mécanismes de financement novateurs et a préconisé davantage d’essais. Cela comprenait l’ensemble de modalités horizontales d’Impact Canada pour les paiements de transfert, ce qui a accordé une plus grande souplesse à RNCan afin de mettre en œuvre des programmes novateurs au moyen des Défis. De plus, cela comprenait le mécanisme de collaboration PAST, qui, à cette époque, était un modèle unique en son genre utilisé pour la première fois par le BRDE. L’approbation du modèle PAST a été un accomplissement important, car, habituellement, la Politique sur les paiements de transfert était interprétée de manière à empêcher les projets collaboratifs de R et D entre les laboratoires fédéraux et les bénéficiaires de subventions et de contributions.

3.3 Résultats inattendus

Les finalistes du Women in Cleantech Challenge assises ensemble et souriantes.
  • Le meilleur réseau de collaboration : l’« effet de groupe »

    L’une des raisons principales qui expliquent la réussite des entrepreneures et de leurs entreprises réside peut-être dans l’« effet de groupe », un phénomène inattendu qui s’est produit pendant le Défi. L’esprit de collaboration du groupe était indéniable. Il se manifestait dans les relations qui reposaient sur un soutien réciproque solide, le partage des connaissances ainsi que le renforcement positif et l’attention qu’elles s’offraient mutuellement en ce qui a trait à leurs travaux. Cette approche d’équipe, dans le cadre d’un concours mettant en jeu un prix, n’était pas seulement remarquable, mais a aussi procuré des avantages considérables à l’ensemble du groupe. Parmi les caractéristiques inhérentes à la conception du Défi qui ont pu contribuer à favoriser cet effet de groupe, on compte les suivantes :

    • Les entreprises en étaient toutes à des étapes de développement semblables, car les entreprises admissibles devaient se classer à un NMT déterminé.
    • La portée du Défi était suffisamment large pour que chaque entreprise puisse développer une technologie distincte qui n’entrerait pas nécessairement en concurrence avec les autres dans les marchés visés.
    • Les finalistes se concurrençaient sur un pied d’égalité, en ce sens qu’elles recevaient une allocation de subsistance annuelle leur permettant de se consacrer à plein temps et de façon prioritaire à la croissance de leur entreprise et d’optimiser le recours aux mécanismes de soutien aux entreprises que MaRS a choisis pour elles.

    En fin de compte, l’« effet de groupe » a exercé un pouvoir énorme qui a transformé les expériences de chaque finaliste. Les finalistes ont même noté que cet effet de groupe a peut-être été plus utile que le grand prix en argent qui se jouait à la fin du Défi.

  • Investissement du secteur privé

    En s’appuyant sur le succès du modèle du programme Défi des femmes en tech propres, MaRS a lancé en 2021 l’Accélérateur des femmes en technologies propres de RBC (l’ « Accélérateur »). L’Accélérateur a pour but de continuer à augmenter la représentation féminine dans l’économie canadienne de l’innovation des technologies propres, en recrutant de nouvelles entrepreneures pour participer dans des groupes à venir. Le curriculum de l’Accélérateur a été conçu d’après la rétroaction des experts de MaRS et des finalistes du Défi des femmes en tech propres, et tire parti de la notoriété accrue du Défi des femmes en tech propres. La continuation du Défi des femmes en tech propres, financé par le secteur privé, témoigne de sa véritable réussite, et démontre une harmonisation réelle et possible entre les objectifs du secteur public et privé. Cette réussite souligne également le début des retombées du Défi et son incidence sur nos opinions en matière d’écosystème de l’innovation ainsi que sur le rôle que les femmes doivent y jouer.

4. Rencontrez les finalistes et la gagnante du grand prix

Amanda Hall, gagnante du grand prix

Summit Nanotech

Summit Nanotech a élaboré une méthode novatrice d’extraction du lithium-ion d’eau de saumure produite qui pourrait potentiellement révolutionner le secteur minier et celui du stockage d’énergie. L’approche permet de créer une source de lithium vert abordable et durable pour les batteries utilisées dans les véhicules électriques, les appareils portables et les gadgets mobiles, qui constituent tous des marchés de plusieurs milliards de dollars en expansion rapide. Summit Nanotech a reçu la désignation Solar Impulse Efficient Solution Label, a été nommée par le groupe Corporate Knights comme l’une des 50 sociétés vertes ayant la croissance la plus rapide au Canada, et a récemment remporté un montant de 50 M $ US dans le cadre d’un financement de la série A2.

Les femmes ont accès à davantage de soutien chaque jour dans l’écosystème des technologies propres. Des possibilités existent dans divers incubateurs et plateformes d’accélération, mais au-delà de cela, les autres femmes PDG d’entreprises de technologie propre se soutiennent les unes les autres. 

Amanda Hall, fondatrice et présidente-directrice générale de Summit Nanotech

Evelyn Allen

Evercloak

Evercloak utilise un processus écoénergétique et abordable pour concevoir des nanofilms et des nanorevêtements. Ces films permettent de réduire de manière significative l’énergie nécessaire pour la climatisation commerciale et résidentielle; ils sont souvent utilisés dans divers domaines de technologie propre, notamment la purification de l’eau, le stockage d’énergie, la prévention de la corrosion, la détection et les emballages intelligents. En 2021, Evercloak s’est engagée dans une collaboration de 4,5 millions de dollars avec Environmental Systems Corp.

Le Défi des femmes en tech propre a servi de tremplin à Evercloak; cela m’a inspirée à me lancer dans l’entrepreneuriat. Les services de mentorat personnalisés et l’accès aux laboratoires fédéraux pour la mise à l’échelle de la technologie d’Evercloak m’ont outillée pour accélérer notre croissance.

Evelyn Allen, cofondatrice et présidente-directrice générale d’Evercloak

Julie Angus

Open Ocean Robotics

Open Ocean Robotics conçoit et construit des bateaux autonomes propulsés par l’énergie solaire qui recueillent des données en temps réel sur les émissions, les déversements d’hydrocarbures et les autres risques pour l’océan. Le but de Julie est de créer un « océan numérique » afin de recueillir et d’échanger des données océanographiques. Julie a remporté le prix British Columbia Cleantech Industry Icon Award et, plus récemment, Open Ocean Robotics a reçu le prix Company of the Year Award de ventureLAB.

L’entrepreneuriat en technologie propre offre des possibilités incroyables pour améliorer la durabilité de la planète, créer une prospérité économique et faire progresser les innovations technologiques. Pour ce faire, nous avons besoin de plus de diversité et que plus de femmes choisissent la voie des STIM et jouent un rôle de leadership pour être des agentes de changement.

Julie Angus, présidente-directrice générale Open Ocean Robotics

Nivatha Balendra

Dispersa

Dispersa utilise un processus bactérien pour produire des biosurfactants biodégradables, qui sont des agents actifs utilisés dans un large éventail de produits de nos jours. Les biosurfactants non toxiques et sans huile de palme de Dispersa peuvent être facilement incorporés dans des formulations d’utilisation finale, comme des produits nettoyants, des détergents et des cosmétiques. Récemment, Dispersa a été sélectionnée comme une semi-finaliste de SheEO Venture au Canada.

J’ai toujours rêvé de faire une différence marquante et durable grâce à l’innovation. Le Défi m’a aidée à faire de ma vision une réalité en me donnant accès à un incroyable soutien dirigé et à de précieuses ressources nécessaires pour donner vie à l’idée que j’avais eue quand j’étais étudiante de premier cycle et qui est aujourd’hui Dispersa, une entreprise du secteur des technologies propres en pleine expansion.

Nivatha Balendra, fondatrice et présidente-directrice générale de Dispersa

Alexandra Tavasoli

Solistra

Solistra a élaboré une technologie qui convertit le CO2 et le méthane en produits de carbone propres. Cette approche pourrait constituer un moyen puissant et écoénergétique de transformer en produits chimiques et combustibles propres, le CO2 capté des centrales de production d’énergie ou de l’atmosphère. En 2019, Alexandra a été nommée parmi les 30 meilleurs leaders de moins de 30 ans de la revue Corporate Knights. Plus récemment, Alexandra a pris un role d’attachée de recherche au niveau postdoctoral au Massachusetts Institute of Technology.

En tant qu’ingénieure titulaire d’un doctorat, il m’a été très utile d’en apprendre davantage sur le vaste écosystème des technologies propres, les pratiques et les stratégies commerciales, ainsi que sur l’économie de la commercialisation des technologies. Cela m’a permis d’élargir ma carrière en STIM, étant donné que les STIM seules ne peuvent pas résoudre les problèmes de l’ensemble de la planète; il faut adopter une approche plus holistique.

Alexandra Tavasoli, ancienne présidente-directrice générale de Solistra

Luna Yu

Genecis Bioindustries

Genecis a développé une solution qui convertit les déchets organiques en un bioplastique composé de polyhydroxyalcanoates (PHA). Les bioplastiques PHA sont entièrement biodégradables en milieu marin comme en milieu terrestre; de plus, on peut les utiliser dans le cadre d’applications plastiques traditionnelles comme du film d’emballage, des sacs, des contenants, des ustensiles et d’autres objets. Genecis est l’une des plus jeunes équipes à avoir reçu une subvention de plusieurs millions de dollars de la part de Technologies du développement durable Canada. Plus récemment, Genecis a annoncé d’avoir obtenu un financement de 7 M $ US dans le cadre d’un financement de la série A dirigé par Khosla Ventures et la Division des technologies propres de BDC Capital.

Le Défi des femmes en tech propres a non seulement dirigé notre entreprise hors d’une « vallée de la mort » en innovation et joué un rôle déterminant dans notre réussite, mais il a également et surtout démontré qu’il n’y a plus de limites à ce que les femmes qui poursuivent une carrière en technologies propres peuvent atteindre.

Luna Yu, présidente-directrice générale de Genecis

Le Défi des femmes en tech propres continue d’attirer des investissements de mise à l'échelle même après sa clôture!

En novembre 2021, Amanda Hall de Summit Nanotech a reçu le grand prix de 1 million de dollars. Dans le cadre du Défi, six femmes entrepreneures avaient comme mandat de mettre à l’échelle pour la première fois leurs entreprises en démarrage, au cours d’une période de plus de trois ans.

  • Mars 2022 : un financement de la série A de 17, 8 M $ CA, codirigé par Xora Innovation, le Technology Impact Fund de Capricorn en collaboration avec BHP Ventures.
  • Juillet 2022 : un financement de démarrage de 1, 8 M $ CA approuvé par Technologies du développement durable Canada.
  • Janvier 2023 : un financement de la série A2 de près de 50 M $ US, dirigé par Evok Innovations et le Fonds Technologies pour le climat de BDC Capital, auquel se sont joints Capricorn Investment Group, Xora Innovation, NGP, Volta Energy Technologies, Helios Climate Ventures et la Grantham Foundation for the Protection of the Environment.

5. Conclusion

La conception et la réalisation d’un Défi est un processus qui exige une réflexion, un apprentissage et une adaptation constants. Chaque Défi est unique et il est impossible de prévoir et de planifier tous les résultats possibles; il n’existe donc pas qu’un seul scénario à suivre. Les équipes de réalisation auprès de RNCan et de MaRS ont fait un suivi constant des progrès, en réfléchissant aux façons possibles d’améliorer les versions futures du Défi et en explorant les possibilités d’appliquer les leçons apprises dans différents contextes. Un Défi est une occasion d’essayer de nouvelles choses et d’envisager des solutions novatrices pour mieux viser les résultats souhaités.

Afin de résoudre les problèmes complexes auxquels nous sommes confrontés en tant que pays, nous devons compter sur la diversité, l’ingéniosité et la créativité de l’ensemble de la population canadienne, et non seulement de ceux qui ont traditionnellement contribué aux solutions. On doit donc d’une part favoriser la participation active de solutionneurs non traditionnels, y compris ceux qui ont été exclus auparavant, ainsi que ceux qui ne savaient pas qu’ils étaient invités à contribuer aux solutions. D’autre part, il faut sensibiliser davantage la société en général envers les défis à relever, favoriser activement la participation des citoyens au moyen d’une collaboration et d’une cocréation plus efficaces, et créer des partenariats avec la société civile afin de renforcer les résultats. Enfin, cela signifie que l’innovation permet non seulement de stimuler la croissance économique, mais également de contribuer à résoudre d’importants enjeux de la société comme les changements climatiques et l’inclusion sociale, en même temps. En prenant des décisions éclairées en ce qui a trait à la conception du programme, il est possible de prendre en compte équitablement l’ensemble des résultats sociaux, environnementaux et économiques sans que les uns excluent les autres.

Grâce aux échanges continus qu’elle établit avec les candidates entrepreneures en technologies propres, le Défi des femmes en tech propres a le potentiel d’engendrer des avantages à long terme pour la population canadienne. RNCan espère que ce Défi continuera à inspirer la prochaine génération de femmes innovatrices au cours des années à venir, et que les retombées du Défi contribueront à combler l’écart de genre tel qu’on le connaît.

5.1 Autres études de cas pertinents sur le Défi des femmes en tech propres :

Publié : 2023-02-10
Date de modification : 2024-11-21
Blogue

Le changement mondial du cadre de la santé mentale

Dr. Anthony Murkar, Fellow en science du comportement
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Anthony Murkar

L’importance du cadre

La façon dont des idées sont présentées peut considérablement modifier la manière dont elles sont reçues et dont on y donne suite. C’est l’une des raisons pour lesquelles quand il s’agit de questions de santé publique globale comme la santé mentale, le cadre qu’on attribue au problème peut définir fondamentalement les approches envisagées pour l’aborder.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, deux chercheurs, Amos Tversky et Daniel Kahneman, ont jeté les bases d’une théorie psychologique visant à comprendre l’incidence de la façon dont l’information est présentée sur les décisions prises par la suite. Le point clé à retenir était l’importance primordiale de la formulation du message : même lorsque la substance de deux options est identique, nos choix et nos décisions sont fortement influencés par la façon dont ces options sont présentées. Tversky et Kahneman ont ainsi transformé notre compréhension du comportement humain en démontrant que la manière dont nous interprétons l’information dépend largement du cadre ou de la formulation du message ou du concept.

Par exemple, l’attrait d’un désinfectant pour les mains dont la publicité garantit qu’il élimine presque 90 % des germes peut dépasser de très loin celui d’un autre désinfectant dont on dit qu’il laisse plus de 10 % des germes. La substance des deux options est effectivement la même, mais la formulation peut avoir des effets sur nos préférences et influencer notre évaluation des options.

Depuis lors, l’article de Tversky et Kahneman publié en 1981 (The framing of decisions and the psychology of choice)Footnote 1 a été cité plus de 24 000 fois. Bien que la nuance dans la façon dont différentes formulations conceptuelles influencent nos décisions continue d’être débattue et étudiée, de nouveaux travaux indiquent qu’une vaste gamme de facteurs (comme la tonalité affective et le contexte d’un message) peuvent influencer la manière dont nous interprétons l’information2

Il n’est donc pas surprenant que ces travaux soient largement appliqués depuis à la prise de décisions politiques et à l’élaboration de politiques3, notamment dans le contexte de la santé publique. L’importance du cadre ou de la formulation dépasse de loin les simples expériences de laboratoire fondées sur le risque et le choix. La formulation d’un message ou d’un concept peut exercer une incidence sur la perception publique d’enjeux importants et le soutien de politiques, et certains travaux montrent que la modification de la formulation du message peut influencer la réaction du public aux politiques4. En bref, changer le cadre ou la formulation d’un concept ou d’un message peut considérablement modifier la façon dont les gens y réagissent.

Le cadre de la santé mentale orienté vers la maladie

Je m’appelle Anthony Murkar et je me suis joint à Impact Canada à titre de Fellow en science du comportement en février 2022. Je travaille actuellement avec le Bureau de la science du comportement (ScComp) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Quand je suis entré dans l’équipe d’Impact Canada, j’ai commencé à observer le discours entourant la santé mentale au Canada. J’avais travaillé auparavant à des modèles principalement précliniques de santé mentale dans l’un des plus grands instituts de recherche en santé mentale au Canada. Naturellement, le cadre de la santé mentale dans le contexte de recherche préclinique de médicaments était généralement orienté vers la maladie. Quand j’ai commencé à travailler au gouvernement, j’ai constaté un point de vue très différent sur la santé mentale : le mandat de l’ASPC en matière de promotion de la santé et de prévention de la maladie met un accent beaucoup plus prononcé sur ce qu’on peut faire pour améliorer la santé mentale des Canadiens grâce à des mesures préventives.

Un collègue a récemment cerné le problème de notre cadre actuel de la santé mentale de manière frappante : « Pour de nombreux Canadiens », a-t-il dit, « santé mentale signifie maladie mentale ». En effet, cela fait longtemps que la santé mentale est définie uniquement par l’absence de psychopathologies5

Le fait de voir la santé mentale comme une « absence de maladie mentale » a certainement encadré ma propre perspective. En tant que personne possédant un doctorat en psychologie, j’ai été alarmé en me rendant compte que pendant presque dix ans d’études en psychologie, le concept de bonne santé mentale avait rarement été soulevé.

Tout comme la formulation d’un concept influence les choix, celle d’un problème influence les approches que nous envisageons pour le régler. La conceptualisation de la santé mentale en tant qu’absence de maladie mentale a déterminé la façon dont nous parlons des problèmes de santé mentale en tant que chercheurs et, par la suite, l’approche que nous adoptons pour les régler.

Bien que la médicalisation de la santé mentale ait eu certains effets positifs (p. ex. réduire la stigmatisation et faire mieux comprendre au public que la maladie mentale a une origine biologique), elle a également constitué un obstacle de taille aux approches des gouvernements à l’égard du traitement. Le cadre de la santé mentale centré sur la maladie met l’accent sur l’intervention uniquement chez ceux qui ont déjà atteint un point de crise. Le traitement de la maladie cible uniquement les personnes dont la maladie se manifeste et ne convient donc pas à la réalisation de changements au niveau de la population. Les faits montrent que cette approche n’a pas réussi à réduire la prévalence, l’âge de l’apparition ou la charge de morbidité des problèmes de santé mentale6. En d’autres mots, nos efforts ont été trop tardifs : des approches qui se situent plus en amont sont nécessaires pour promouvoir la bonne santé mentale plus tôt, avant que les problèmes surgissent.

Situation actuelle, cheminement pour y arriver et voie à suivre

Nous vivons actuellement un changement mondial dans la conceptualisation de la santé mentale. Depuis environ 20 ans, les responsables de la santé publique réorientent la caractérisation de la santé mentale vers une définition plus propice à la promotion de la santé mentale et à la prévention en amont des problèmes de santé mentale, de leurs causes systémiques et de leurs déterminants sociaux. Bien que l’idée de considérer la santé mentale comme un facteur positif commun à tous (au lieu de la voir simplement comme l’absence de maladie mentale) ait été bien établie il y a plus de 60 ans7, la promotion de la bonne santé mentale était encore considérée comme un nouveau domaine dans la promotion de la santé il y a à peine deux décennies8.

En 1996, la première étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la charge de morbidité mondiale a attiré l’attention des responsables de la santé publique sur la maladie mentale en révélant que la dépression est la quatrième cause principale de la charge de morbidité9. En 2004, l’OMS avait publié son rapport sur la promotion de la santé mentale pour modifier le concept de santé mentale axé uniquement sur la maladie mentale en tant que maladie. Dans quel but? Apporter au niveau de la population des changements qui pourraient réduire la charge de morbidité de la santé mentale. Bien que la définition de la santé mentale en tant qu’absence de maladie mentale ne cible que les personnes dont la maladie est manifeste, la promotion de la bonne santé mentale peut cibler tous les membres de la société.

En bref, en reformulant simplement la santé mentale comme un concept positif qui s’applique à tous les membres de la société, les approches ciblant la santé mentale ont également changé. En reformulant le concept, on a fondamentalement changé les nouvelles approches visant à réduire la charge de morbidité mondiale de la santé mentale. Les principaux problèmes étaient les suivants : un modèle de santé mentale centré sur la maladie cible très peu de personnes, l’intervention a lieu trop tard (uniquement après le début de la maladie), et l’accent sur la maladie mène largement au traitement de la santé mentale seulement à l’aide de mesures réactives.

 

Centré sur la maladie : Tardif (après le début de problèmes de santé mentale), Peu de gens (seulement ceux avec une maladie active), Réactif (seulement répond à la maladie). Approche positive : Tôt (avant le début de problèmes de santé mentale), Beaucoup de gens à l’échelle de la population), Proactif (l’intervention est aussi préventif).

 

En revanche, présenter la santé mentale comme une caractéristique positive de chaque personne requiert une approche proactive avant l’apparition des problèmes de santé mentale. Elle cible également toute la population, et tandis que l’approche réactive échouait largement à diminuer la prévalence des problèmes de santé mentale, l’approche liée à la bonne santé mentale exige des interventions préventives qui ont lieu beaucoup plus tôt (avant l’apparition des problèmes de santé mentale). Cette approche rejoint donc beaucoup plus de monde et présente de plus grandes possibilités d’apporter des changements dans l’état de la santé mentale au niveau de la population.

Le rapport de l’OMS sur la santé mentale souligne maintenant explicitement le fait que la santé mentale est bien autre chose que l’absence de pathologie10, et des instituts du monde entier y ont fait écho. Au Canada, nos entités ouvraient déjà la voie en changeant d’orientation afin de faire de la santé mentale un concept plus positif et plus inclusif qui s’applique à tous. Pour l’ASPC, une bonne santé mentale est actuellement « la capacité qu’a chacun d’entre nous de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Il s’agit d’un sentiment positif de mieux-être émotionnel et spirituel qui respecte l’importance de la culture, de l’équité, de la justice sociale, des interactions et de la dignité personnelle ». L’ASPC a également élaboré des cadres pour surveiller la bonne santé mentale et le bien-être (le Cadre d’indicateurs de surveillance de la santé mentale positive). Certaines provinces présentent maintenant la santé mentale comme un concept positif11. D’autres entités renforcent le modèle de la santé mentale sur deux continuums12 en soulignant qu’on peut avoir une mauvaise santé mentale sans avoir de maladie mentale, et inversement13 (c.-à-d. que les prédicteurs de bonne santé mentale et les prédicteurs de maladie mentale sont distincts). Dans l’ensemble, la reformulation de la santé mentale sous un jour positif se déroule au Canada depuis un certain temps.

Ce changement dans la façon dont nous présentons la santé mentale se poursuit, mais la voie à suivre ne peut pas être plus claire. Il reste essentiel de renforcer ces changements dans la façon dont nous conceptualisons la santé mentale dans le monde entier pour favoriser des approches en amont qui peuvent améliorer la santé mentale et réduire la charge de morbidité mondiale des problèmes de santé mentale.