Matt est Fellow en science du comportement au sein de l’Unité de l’impact et de l’innovation du Bureau du Conseil privé.
Avant de se joindre au programme de bourses, il a travaillé à la Bibliothèque du Parlement, où il a fourni aux députés et aux sénateurs des recherches personnalisées sur des questions sociales et économiques. Il a également passé du temps dans un incubateur d’innovation sociale et en tant que gestionnaire de programme dans une organisation à but non lucratif de protection de l’environnement.
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Enfant, je me souviens avoir rêvé de pouvoir prédire l’avenir. Avec un don de clairvoyance, n’importe quel examen aurait été dans la poche et j’aurais pu remporter le gros lot à volonté. À l’époque, je n’avais pas réalisé que la clairvoyance n’est pas un superpouvoir utile pour les rêveurs et les pionniers. Au contraire, tirer parti de l’incertitude au travail, comme dans la vie, permet de stimuler la créativité. J’ai clairement pu le vérifier au cours de l’année que je viens de passer en tant que Fellow des Défis à Impact Canada. Mais qu’est-ce que l’incertitude exactement, et de quelle manière pouvons-nous l’utiliser pour innover?
L’incertitude décrit une situation que l’on comprend bien et dont on comprend les causes et l’incidence quoiqu’il n’existe aucune tendance ni aucun modèle permettant d’en prédire l’évolution. Plus l’incertitude est grande, plus les « futurs possibles » sont nombreux. Ces futurs peuvent s’avérer favorables ou défavorables.
Récemment, c’est la pandémie de COVID-19 qui nous a montré que de l’incertitude nait la créativité. Il était impératif de trouver des solutions afin de protéger la population et de permettre au monde de continuer à tourner sans savoir de quelle manière la pandémie allait évoluer. Nombreuses étaient les personnes et les entreprises à devoir trouver la flexibilité nécessaire pour faire face à un avenir imprévisible pour leur travail, leurs outils ou leurs services. Même dans les secteurs où le changement est habituellement lent en raison d’une planification poussée et du besoin de certitude, des solutions nouvelles ont émergé rapidement pour répondre à l’imprévisibilité du contexte. Par exemple, dans de nombreuses régions du Canada, le secteur des soins de santé a mis l’accent sur le maintien de faibles taux de cas de COVID-19, mais a exigé la flexibilité nécessaire pour explorer les moyens d’y parvenir à mesure que la pandémie évoluait. L’expérience a débouché sur de nouveaux modèles de soins, des outils numériques et des services de santé qui continuent tous à se développer pour d’autres secteurs de la santé, et ce, avec le concours d’acteurs habituellement étrangers au domaine. Voilà un exemple parfait du pouvoir de l’incertitude : l’embrasser ne signifie pas que l’on manque de direction et qu’on accepte tous les états futurs potentiels. L’embrasser signifie plutôt que l’on adopte une orientation très claire en direction d’un sous-ensemble de ces états futurs où un problème clairement identifié est résolu, un objectif précis est atteint.
Si tous les chemins mènent à Rome, il est toutefois possible que vous ne sachiez simplement pas lequel emprunter.
Les conditions à réunir pour mettre l’incertitude au service de l’innovation
Même les gens les plus créatifs du monde ont besoin d’un point de mire à partir duquel bâtir la perspective de leurs idées. De la même façon, les défis, comme ceux lancés par Impact Canada, sont un point de mire pour susciter des concours ouverts axés sur l’innovation. On distribue des fonds sous forme de prix à un vaste éventail de gens novateurs en définissant des ensembles de critères et d’exigences précis pour orienter l’exploration de nombreuses possibilités (parfois non traditionnelles) qui permettront de produire certains résultats et d’atteindre les états futurs visés. J’ai eu la chance d’appuyer l’élaboration du plus récent défi d’Impact Canada, le Défi axé sur la prévention du diabète de type 2 (DPDT2), lancé par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Après une étape de recherches et de consultations approfondies qui a permis de recueillir des conseils d’experts et des témoignages ainsi que des données permettant d’identifier les résultats les plus prometteurs pour le Canada, l’objectif du DPDT2 a été précisé pour concentrer l’effort sur la recherche de moyens d’éliminer les obstacles sanitaires et sociaux tenaces qui font augmenter le risque de diabète de type 2. Ces obstacles diffèrent d’une collectivité à l’autre au Canada; il ne s’agit donc pas de résoudre un problème global, mais bien de s’attaquer aux problèmes de chacune des collectivités. Comme résultat, une approche de type Grands Défis est employée pour amener les innovateurs à intégrer les principes des défis afin de miser sur les forces de chacune des collectivités dans les moyens pris pour prévenir le diabète de type 2 (comme de lutter contre la stigmatisation ou de centrer davantage les soins sur la personne). Cela permet aux innovateurs de proposer de nouvelles approches préventives ou axées sur l’adaptation de solutions existantes pour atteindre l’objectif du Défi.
Il importe de définir le succès quand on navigue dans l’incertitude. Les défis fixent des objectifs assez vastes pour que les innovateurs s’adaptent à la situation au fur et à mesure que leur approche ou leur solution se précise, mais assez clairs pour assurer l’atteinte du résultat visé. De plus, les défis accordent souvent du soutien autre que financier pour accélérer la transformation des idées en solutions novatrices, ce qui insuffle aux participants encore plus d’élan sur la voie de la réussite. Tant l’organisme de financement que les innovateurs doivent embrasser l’incertitude, être ouverts à une multitude de possibilités, de rebondissements et d’idées. Ils travaillent pour créer un avenir meilleur, pas un avenir soigneusement calculé. Il s’agit d’une approche qui permet de quitter les sentiers battus qui ne produisent que des résultats et des idées prévisibles, sans rien pouvoir contre les problèmes tenaces.
Un problème bien défini est à moitié résolu — Charles Kettering.
L’incertitude n’est pas synonyme d’affaire risquée
Accueillir l’incertitude, ce n’est pas accepter le risque, qui est la possibilité d’une perte et qui est mesurable, contrairement à l’incertitude. Innover signifie de limiter les pertes tout en explorant l’incertitude et en la mettant à l’épreuve. Les défis proposent comme cadre aux innovateurs des objectifs et des paramètres soigneusement réfléchis. Les risques sont donc limités à l’heure de mettre à l’essai les solutions possibles pour atteindre un but, et il est facile de se tourner vers une solution qui a fait ses preuves. Ainsi, on réunit les conditions d’une approche expérimentale du type « rien à perdre », qui mise sur des possibilités non vérifiées dans l’espoir de produire d’énormes avantages. Par exemple, à toutes les étapes du DPDT2, l’ASPC, les innovateurs et, en fin de compte, les collectivités du Canada tireront des bienfaits du partage d’idées et de l’exploration de différentes façons de prévenir le diabète de type 2. Parmi ces bienfaits, mentionnons la création de partenariats et de possibilités de collaboration, l’intervention de nouvelles organisations dans la prévention du diabète et l’établissement de méthodes communes pour comprendre et mesurer ce qui nous place à risque d’acquérir le diabète de type 2, et réagir. Les initiatives comme les défis éliminent le risque associé au fait de se tenir loin de la reproduction des succès connus au détriment de laquelle limite l’exploration créative.
L’incertitude est la seule certitude, et savoir comment vivre avec l’insécurité est la seule sécurité - John Allen Paulos
L’inconnu ne doit pas nécessairement faire peur
Oui, travailler avec présence de l’incertitude peut faire peur, mais ce n’est pas une fatalité. Je suis absolument certain de n’avoir aucune certitude quant à mon avenir, mais je n’ai pas peur. En fait, quand j’entends parler d’« assurer la pérennité », j’aime concevoir la chose comme d’orienter uniquement mon travail vers les aspects du futur idéal qui permettent l’atteinte de nos objectifs. Tout le reste s’ajustera, même si nous ne savons pas du tout comment. Croyez-moi, je n’ai toujours pas le don de clairvoyance, mais je compense largement par la créativité.
Publié : 2023-02-14
Date de modification : 2024-12-05
L’innovation au féminin : moteur de l’économie verte
Ressources naturelles Canada,
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
1. Introduction
1.1 À propos de Ressources naturelles Canada (RNCan)
Ressources naturelles Canada (RNCan) est un ministère à vocation scientifique qui vise à stimuler la prospérité des secteurs des ressources naturelles du Canada. Le Ministère soutient le développement durable des ressources naturelles du Canada au moyen de recherches de calibre mondial ainsi que de politiques et de programmes éclairés par des données probantes, notamment par la mobilisation nationale et internationale et en collaboration avec les peuples autochtones du Canada.
1.2 À propos du Bureau de recherche et de développement énergétiques (BRDE)
Le BRDE dirige les efforts du gouvernement du Canada à réaliser des investissements dans la recherche, le développement et la démonstration (R-D et D) en matière d’énergie, accélérant ainsi les efforts d’innovation énergétique et de programmes de la technologie propre. En tirant parti de plus de quarante ans d’expérience et d’une expertise unique centrée sur la science et la technologie, le BRDE investit dans treize ministères et organismes fédéraux pour entreprendre des activités de R-D et D, ainsi que dans un vaste éventail de petites et moyennes entreprises canadiennes, de services publics canadiens, d’industrie et d’autres entreprises canadiennes, en vue d’appuyer les objectifs en matière d’innovation énergétique et de changement climatique du Canada.
Le BRDE a dirigé le volet des technologies propres des Défis d’Impact Canada, ce qui comprend un portefeuille de six défis uniques doté d’un budget de 75 millions de dollars. Dans le cadre du volet des technologies propres, RNCan a mis à l’essai différentes conceptions de défis tout en cherchant à maximiser l’incidence globale du programme sur le secteur des ressources naturelles. Étant l’un des premiers ministères à lancer des Défis d’Impact Canada, l’équipe de programme de RNCan a élaboré une perspective unique sur la façon d’appliquer des mécanismes de financement novateurs dans divers contextes, en vue d’avoir la plus grande incidence possible. En fin de compte, RNCan espère utiliser les leçons apprises et les pratiques exemplaires de cette expérience et les appliquer à des programmes futurs, tout en cherchant également à soutenir l’apprentissage à travers le système fédéral en communiquant les résultats du modèle d’Impact Canada à d’autres ministères qui envisagent de créer des portefeuilles de défis.
1.3 À propos d’Impact Canada
Impact Canada, qui relève du Bureau du Conseil privé, utilise de nouvelles méthodes de politique publique pour combler les lacunes identifiées dans la traduction efficace d’objectifs politiques en résultats significatifs et mesurables pour les Canadiens. L’Unité de l’impact et de l’innovation, qui gère Impact Canada, travaille à combler l’écart entre l’élaboration et la mise en œuvre des politiques, en prenant des engagements stratégiques importants et en se penchant sur la conception, la mise en œuvre et l’évaluation. Elle s’acquitte de son mandat par le déploiement de deux grands secteurs d’activité : les Défis d’Impact Canada ainsi que les sciences appliquées du comportement et la recherche poussée en politiques d’Impact Canada.
Les Défis d’Impact Canada sont axés sur un déploiement plus efficace des fonds en subventions et contributions – un levier gouvernemental qui n’est traditionnellement pas exploité au mieux, mais qui est très influent – c’est-à-dire qu’au lieu de payer pour les dépenses ou les activités, on récompense l’atteinte de résultats plutôt que les extrants. Les Défis d’Impact Canada sont assortis d’incitatifs financiers et non financiers qui encouragent les participants à s’attaquer à des problèmes bien définis sans solution évidente ou pour lesquels les interventions en cours ne donnent pas les résultats escomptés.
1.4 Pourquoi lancer le Défi des femmes en tech propres?
En 2017, lors de l’élaboration de ce Défi, seulement 5 % des sociétés spécialisées en technologies au Canada étaient fondées par des femmes. Le manque de représentation féminine dans les industries orientées vers les sciences et technologies a été clairement démontré dans le rapport produit par l’organisation #movethedial11 au sujet des femmes dans la communauté canadienne de l’innovation. Le rapport indiquait que seulement 13 % des entreprises comptaient des femmes au niveau de la direction, et que 73 % des conseils d’administration des entreprises ne comptaient aucune représentation féminine. Ces statistiques étaient encore plus marquées dans le secteur des technologies propres.
De la même façon, dans un sondage de 2018 auprès de 350 entreprises en démarrage, le Boston Consulting Group a signalé que les femmes entrepreneurs recueillaient en moyenne un peu moins de 1 million de dollars en capital de démarrage, soit moins de la moitié des fonds amassés par les hommes. Les auteurs ont constaté que « la disparité dans le financement n’est pas due à des différences qualitatives dans les présentations ou les activités inhérentes ». En réalité, les entreprises en démarrage dirigées par des femmes ont obtenu un bien meilleur rendement, rapportant 78 cents par dollar d’investissement durant leurs premières années d’activité comparativement à seulement 31 cents pour celles dirigées par des hommes.22
Le gouvernement du Canada reconnaît que l’écart de genre, en particulier dans les domaines de l’innovation, entrave la croissance économique en laissant de côté des travailleurs qualifiés. Afin de résoudre les problèmes complexes auxquels nous sommes confrontés en tant que pays, nous devons compter sur la diversité, l’ingéniosité et la créativité de l’ensemble de la population canadienne, et non seulement de ceux qui ont traditionnellement contribué aux solutions. On doit donc favoriser la participation active de « solutionneurs non traditionnels, y compris ceux qui ont été exclus et ceux qui ne savaient pas qu’ils étaient invités à contribuer aux solutions. De plus, il faut accroître la sensibilisation sociale générale envers les défis à relever, favoriser activement la participation des citoyens au moyen d’une collaboration et d’une cocréation plus efficaces, et établir des partenariats avec la société civile afin de renforcer les résultats. Enfin, cela signifie que l’innovation permet non seulement de stimuler la croissance économique, mais en même temps de contribuer à lutter de façon significative contre d’importants enjeux de la société comme les changements climatiques et l’inclusion sociales. Étant donné qu’il est de plus en plus reconnu que la diversité est essentielle pour renforcer la résilience économique, RNCan a lancé le Défi des femmes en tech propres en 2018 avec la société MaRS Discovery District de Toronto.
2. Aperçu du concours
2.1 L’innovation au féminin : moteur de l’économie verte
Le Défi des femmes en tech propres a été conçu afin d’avoir une incidence significative sur la sous-représentation féminine dans le secteur canadien des technologies propres en fournissant à un groupe d’entrepreneures les ressources financières, commerciales et techniques dont elles ont besoin pour se montrer concurrentielles à l’échelle mondiale. Cette initiative avait pour objectif d’égaliser les chances pour les femmes innovatrices et de mieux faire connaître le rôle clé que les femmes doivent jouer pour s’attaquer aux plus grands défis environnementaux et climatiques auxquels la société fait face, tout en inspirant la prochaine génération d’entrepreneures en technologie propre.
À la suite d’un appel de candidatures au Défi à l’échelle nationale auquel ont répondu presque 150 innovatrices parmi les meilleures au Canada, un processus de sélection par des experts en a choisi six pour participer à un programme intensif de trois ans aboutissant à l’attribution d’un grand prix de 1 million de dollars à la finaliste jugée d’avoir fait le plus de progrès dans l’avancement de sa technologie et la croissance de son entreprise.
2.2 Objectifs du Défi
Le Défi comprenait les quatre objectifs suivants :
Repérer les innovatrices les plus prometteuses et motivées qui s’attaquent à certains de nos plus grands problèmes mondiaux et qui sont susceptibles d’avoir une incidence importante.
Mettre à contribution les actifs de recherche et les réseaux d’expertise actuels du gouvernement fédéral, optimisant ainsi l’utilisation des ressources publiques pour accélérer l’avancement de la R et D des entrepreneures.
Bâtir un appui à la réussite de ces femmes au moyen d’une combinaison de mentorat, de programmes de formation et d’accès à l’information commerciale par l’entremise de la société MaRS Discovery District.
Établir des liens opportuns et fournir un accès à des investisseurs et des partenaires d’affaires dès le début du démarrage et du développement des activités d’entreprise.
2.3 Critères de participation
Les candidates devaient satisfaire aux critères suivants :
Être une femme, citoyenne canadienne ou résidente permanente du Canada, cheffe de file de l’innovation et cheffe de projet, ayant une entreprise commerciale qui était une société ou pouvait être constituée en société au Canada.
Être prête à participer à un concours exigeant avec présence publique, d’une durée de trois ans, comportant fréquemment des voyages, des réunions et des visites de laboratoires, y compris à consacrer un temps considérable aux programmes, aux ateliers et aux événements de soutien aux entreprises et à l’entrepreneuriat organisés par la société MaRS Discovery District, à Toronto, en Ontario.
Travailler dans un domaine de technologie propre précis, sur une technologie brevetée et/ou brevetable, qui se classe dans les niveaux de 2 à 5 du spectre des neufs niveaux de maturité technologique (NMT).
2.4 Principales étapes du Défi et critères d’évaluation
De gauche à droite : Jennifer Ramsey, Janie C. Béïque et Margaret Atwood.
Dans le cadre des Défis d’Impact Canada, les défis peuvent comprendre des points de contrôle ou des filtrages périodiques, tel que pour le Défi des femmes en tech propres. Il est ainsi possible de sélectionner et filtrer les meilleures idées et de fournir une aide plus intensive (aussi bien financière que non financière) à un groupe toujours plus délimité de concourantes. Cette structure vise à favoriser une meilleure qualité des solutions trouvées. Les points de contrôle périodiques sont particulièrement utiles dans le cadre des Défis qui visent à soutenir les innovateurs dès les premières étapes de l’élaboration d’un produit ou les entreprises en démarrage qui ont besoin d’un capital d’amorçage pour commencer les travaux33.
Présélection et sélection
148 demandes de candidature ont été reçues de partout au Canada.
Un comité d’évaluation a réduit le nombre de candidates à une « liste restreinte » de 33 personnes.
Les membres du comité ont mené des entrevues pour évaluer l’incidence de la technologie, la compatibilité dans le cadre des laboratoires du gouvernement et la capacité de l’entrepreneure à répondre aux exigences du programme.
À la fin de cette étape, dix demi-finalistes ont été sélectionnées pour faire une présentation lors d’un événement en direct qui s’est tenu au MaRS Discovery District, à Toronto.
Concours de présentation
Dix femmes représentant des ethnies, des âges et des domaines technologiques diversifiés ont présenté leurs idées devant un jury ainsi que devant 500 participants provenant de l’écosystème des technologies propres dont des partenaires, des investisseurs, des établissements d’enseignement, des partenaires d’affaires et les médias.
Pour sélectionner les finalistes qui continueraient avec le programme, le jury a utilisé une méthode d’évaluation prédéterminée axée sur la nature perturbatrice ou visionnaire de l’innovation, la probabilité de succès commercial de l’innovation, sa capacité de déploiement à l’échelle mondiale et sa capacité à réduire les répercussions sur l’environnement ou le climat.
En fin de compte, six finalistes ont été choisies pour participer au programme intensif d’accélération d’une durée de trois ans et se disputer le grand prix de 1 million de dollars.
Période d’incubation : Développement de produits et de l’entreprise
Au cours de la période d’incubation de trois ans, chaque finaliste à reçu :
Une allocation annuelle de 115 000 $ leur permettant de travailler à temps plein dans le cadre de leurs entreprises.
Des conseils d’experts et du soutien au développement d’entreprise d’une valeur de plus de 300 000 $ offerts par la société MaRS.
Un soutien des laboratoires fédéraux jusqu’à concurrence de 250 000 $ pour réduire les risques liés à leur technologie.
Au cours de cette période, les finalistes :
Ont participé à des ateliers intensifs d’entrepreneuriat pour améliorer leur sens des affaires.
Ont chacune été jumelée à un mentor personnel, ainsi qu’à des conseillers en activités commerciales et techniques pour faire progresser le développement de leur entreprise.
Ont participé régulièrement à des événements pour mettre en vedette leurs entrerprises où étaient présents des investisseurs, des partenaires d’affaires et des partenaires potentiels.
Ont mis à profit l’expertise scientifique disponible auprès des laboratoires du gouvernement fédéral afin de faire progresser considérablement leurs technologies dans le cadre de projets collaboratifs de R et D.
Sélection et annonce de la gagnante!
Le grand prix de 1 million de dollars a été décerné à la finaliste qui a réalisé le plus grand progrès dans le développement de son entreprise et de sa technologie avec un potential considérable de mise à l’échelle et d’incidence.
La sélection a été effectuée au moyen d’une combinaison de critères – dont une méthode d’évaluation prédéterminée fondée sur des mesures de rendement suivies et accumulée au cours de la période d’incubation de trois ans – et de l’évaluation par un jury indépendant.
La gagnante a été annoncée lors de la finale du Défi organisée par MaRS le 30 novembre 2021 à l’occasion de la conférence MaRS Climate Impact.
3. Caractéristiques de la conception et résultats
3.1 Caractéristiques principales de la conception
En mettant surtout l’accent sur les résultats tout au long des étapes de conception et de mise en œuvre du Défi, on s’est assuré que les décisions étaient prises en vue de maximiser les retombées pour les entrepreneures. Les principaux objectifs du Défi des femmes en tech propres étaient d’offrir des chances égales à six innovatrices ayant un solide potentiel, et à inspirer une nouvelle génération de femmes dans les domaines liés à l’entrepreneuriat en technologies propres. Toutes les décisions liées à la conception ont été prises en fonction de ces objectifs, et elles reposaient sur trois piliers : l’entreprise, la technologie et les finances. Ces piliers ont constitué la base des mécanismes de soutien qui ensemble ont contribué à l’incubation des six entreprises choisies pour participer au Défi.
Partenariats stratégiques
En sachant que la collaboration serait essentielle pour atteindre les résultats d’un Défi dont les objectifs étaient si vastes, RNCan a décidé de travailler en collaboration avec MaRS pour tirer parti de ses forces en matière de développement d’entreprises de technologies propres et appuyer l’expertise scientifique, technologique de RNCan ainsi que son expertise en matière de programmes. RNCan a opté pour l’adoption d’un modèle d’agent de mise en œuvre tiers pour faciliter cette collaboration et assurer un accès continu aux ressources de MaRS pendant la durée du Défi. Grâce à la collaboration avec MaRS, les finalistes ont pu obtenir un soutien exceptionnel de formation et de conseils, tout en tirant parti efficacement d’un écosystème de l’innovation et d’un réseau d’investisseurs élargis. Il a été également possible dès le début de favoriser la collaboration entre MaRS et d’autres intervenants clés, comme Écotech Québec, afin de soutenir davantage les activités du Défi. MaRS a mis à profit ses liens solides dans l’écosystème des technologies propres afin d’offrir une formation personnalisée, l’accès à un vaste réseau de conseillers et d’investisseurs et de nombreuses possibilités soigneusement sélectionnées. De plus, les finalistes ont occupé une place importante à l’occasion d’événements d’envergure mondiale relatifs à l’innovation et aux investissements, comme la réunion ministérielle sur l’énergie propre de 2019, Mission Innovation, la Semaine de l’exportation des technologies propres d’EDC, et la semaine MaRS Climate Impact 2021. Les réseaux solides de MaRS ont permis une promotion publique accrue du Défi, y compris le recrutement d’un jury éminent composé de femmes de premier plan : Janie C. Béïque, Elicia Maine, Humera Malik, Jennifer Ramsey et l’auteure canadienne de renommée internationale, Margaret Atwood.
Collaboration technique
Pour compléter le programme de développement d’entreprise élaboré par MaRS, le Défi offrait l’accès aux laboratoires et à l’expertise du gouvernement fédéral, afin de favoriser le développement technologique et d’accélérer la mise au point pour le marché. Par l’entremise de RNCan, les finalistes ont pu travailler avec des laboratoires de recherche fédéraux de calibre mondial afin de mettre à l’essai leurs technologies, les améliorer et en réduire les risques, dans le cadre de projets collaboratifs de R et D. Ces projets étaient menés au moyen du modèle de RNCan dénommé « Projets d’aide scientifique et technologique pour les technologies propres » (PAST). Le modèle PAST appuie les organisations qui ont des carences en matière de capacité, comme les organisations dont les infrastructures de recherche ou l’expertise technique sont limitées ou qui ont des contraintes liées au flux de trésorerie limitant leur capacité de faire progresser leurs technologies ou leurs services sur le marché. Ce modèle unique peut apporter une aide particulièrement importante aux petites et moyennes entreprises, étant donné qu’il n’y a aucun coût direct à débourser pour ce projet collaboratif de R et D. C’est ainsi que les finalistes ont pu travailler avec des laboratoires du gouvernement fédéral avec des scientifiques qui sont reconnus pour leur expertise vaste et spécialisée dans les sciences appliquées et sont exceptionnellement bien placés pour traverser les étapes complexes des essais pilotes et de la mise à l’échelle des technologies.
Allocation annuelle
Permettre aux entrepreneures de consacrer tout leur temps et toute leur attention à la croissance de leur entreprise était une priorité du Défi; pour cette raison, l’allocation annuelle de subsistance constituait un autre caractéristique importante de la conception du Défi et un des mécanismes d’aide financière offerts aux finalistes. Cet élément a permis aux membres du groupe de déployer leurs meilleurs efforts dans le développement de leurs entreprises, mais aussi de s’assurer que toutes les finalistes étaient sur un pied d’égalité. Ainsi, les finalistes ont pu se consacrer à plein temps sur les objectifs de leurs entreprises et y concentrer leur attention en réduisant au minimum les priorités concurrentes, ce qui diffère grandement de la réalité à laquelle sont confrontées la plupart des entrepreneures lorsqu’elles cherchent à croître leurs entreprises. En fin de compte, l’allocation annuelle a été hautement appréciée par les entrepreneures qui l’ont considérée comme un des principaux avantages du Défi.
3.2 Aperçu des résultats
Renforcement de la sensibilisation du public envers un problème ou un enjeu
Bien qu’un Défi soit susceptible d’attirer l’attention de solutionneurs non traditionnels sur un problème, on ne peut y parvenir sans des campagnes publicitaires et de marketing qui mobilisent des réseaux en dehors de ceux visés par les programmes gouvernementaux traditionnels. Le Défi a été publicisé par l’entremise de plusieurs canaux, y compris le publipostage électronique envoyé via les listes de diffusion de MaRS Cleantech, des publicités ciblées sur les médias sociaux, des articles de blogues, un reportage dans le Globe and Mail, un enregistrement vidéo publié sur des plateformes de réseaux sociaux et des publications non payantes sur les médias sociaux. De plus, le partenariat entre RNCan et MaRS a permis au Défi de bénéficier d’une promotion croisée de messages et de communications dans les médias sociaux, ce qui a amplifié les messages et retenu une attention accrue du public. Ces efforts ont donné lieu à une large participation, autant au lancement du Défi que lors de la finale. Le nombre de candidates a dépassé les attentes de 87 %, et le nombre de vues et de partages sur les plateformes Web spécialisées et les médias sociaux a été supérieur à la moyenne comparativement aux initiatives traditionnelles du gouvernement. Enfin, un autre facteur qui ne peut pas être négligé est que le Défi des femmes en tech propres visait à accroître la représentation dans l’écosystème de l’innovation à un moment où l’équité, la diversité et l’inclusion sont de plus en plus sous le regard du public. Voilà une autre raison pour laquelle le Défi a rapidement obtenu le soutien de la population et a attiré son attention, et a permis d’atteindre des niveaux d’engagement élevés tout au long de sa durée.
Mobilisation de nouveaux talents
Le Défi visait à mobiliser de nouveaux talents afin de s’attaquer au problème de la sous-représentation féminine dans l’industrie des technologies propres. En adoptant une approche ouverte avec de faibles obstacles à l’entrée, on a encouragé une grande participation et attiré des participants non traditionnels qui comptaient peut-être peu d’expérience dans la participation à des programmes traditionnels de subventions et de contributions gouvernementales. Ainsi, le Défi a pu attirer des candidates talentueuses et retenir des semi-finalistes d’ethnies, d’âge et de domaines technologiques diversifiés.
Amélioration des compétences et des capacités
Le Défi a permis de surmonter efficacement des obstacles majeurs à la réussite des femmes de manière coordonnée et par des mesures complémentaires en combinant des éléments de formation et de soutien dans un programme complet. Le regroupement de ces éléments a permis de réduire considérablement le fardeau imposé aux participantes, qui, autrement, auraient dû les combiner par elles-mêmes. Par exemple, les finalistes ont reçu une formation sur la négociation par l’entremise de MaRS, et, par la suite, elles ont pu appliquer ces compétences et acquérir de l’expérience en les utilisant lors de la négociation de contrats avec des collaborateurs ou des investisseurs. Les activités intégrées dans le programme ont permis d’apprendre, de mettre l’apprentissage en pratique et de s’améliorer grâce à des boucles de rétroaction itératives. En fin de compte, les finalistes qui étaient d’excellentes cheffes de file dans le domaine technique étaient maintenant en mesure de concentrer leurs efforts pour devenir également d’excellentes cheffes d’entreprise.
En outre, la conception du programme a également rendu possible l’augmentation des capacités de MaRS. En tant qu’organisation, MaRS a accru son expérience dans le soutien des femmes entrepreneures et a créé de solides réseaux dans le cadre d’un défi ou d’un programme d’accélération. MaRS peut appliquer cette nouvelle expertise à des programmes futurs afin de procurer des retombées sociales à long terme pour le Canada, et c’est d’ailleurs ce qui est déjà en train de se passer!
Augmentation des retombées économiques
Grâce à la formation en entrepreneuriat offerte par MaRS, la possibilité des finalistes à attirer des investissements du secteur privé a été considérablement accrue. Les finalistes ont été en mesure non seulement de rencontrer des investisseurs, entreprises et partenaires potentiels ciblés, mais elles ont également reçu une formation sur la manière de faire des présentations efficaces et ont eu la possibilité de recevoir une rétroaction sur leur prestation. Toutes ces occasions ont contribué à accélérer l’épanouissement du groupe, ce qui a permis aux finalistes de faire d’important progrès en matière de développement d’entreprise. À la fin du Défi, l’ensemble du groupe a recueilli un financement de 52,5 millions de dollars et le nombre d’employés rémunérés a passé d’un total de 10 à 82,5, ce qui représente une augmentation de 725 %.
Innovation dans le secteur public
Le Défi s’est avéré être une approche de financement efficace et novatrice permettant de s’attaquer aux questions hautement prioritaires du gouvernement du Canada et de la société. Cette initiative tombait à point, en ce sens que son lancement a eu lieu pendant une période où l’inégalité de genre recevait une attention accrue de la part du gouvernement fédéral et où l’on était de plus en plus intéressés et à l’aise dans l’utilisation de mécanismes de financement novateurs. Le budget fédéral de 2018 a accordé une attention sans précédent à la promotion de l’égalité de genre au Canada, et a introduit le nouveau Cadre des résultats relatifs aux genres du gouvernement, qui mettait l’accent sur la réalisation d’objectifs clés en matière d’égalité de genre pour le Canada, y compris l’éducation et le perfectionnement des compétences, la participation à l’économie et la prospérité, qui sont particulièrement pertinents dans le cas de ce Défi. Cela a sans doute attiré un plus grand soutien et a augmenté l’attention à l’échelle du gouvernement et des écosystèmes d’innovation.
En même temps, le gouvernement fédéral a développé l’utilisation de mécanismes de financement novateurs et a préconisé davantage d’essais. Cela comprenait l’ensemble de modalités horizontales d’Impact Canada pour les paiements de transfert, ce qui a accordé une plus grande souplesse à RNCan afin de mettre en œuvre des programmes novateurs au moyen des Défis. De plus, cela comprenait le mécanisme de collaboration PAST, qui, à cette époque, était un modèle unique en son genre utilisé pour la première fois par le BRDE. L’approbation du modèle PAST a été un accomplissement important, car, habituellement, la Politique sur les paiements de transfert était interprétée de manière à empêcher les projets collaboratifs de R et D entre les laboratoires fédéraux et les bénéficiaires de subventions et de contributions.
3.3 Résultats inattendus
Le meilleur réseau de collaboration : l’« effet de groupe »
L’une des raisons principales qui expliquent la réussite des entrepreneures et de leurs entreprises réside peut-être dans l’« effet de groupe », un phénomène inattendu qui s’est produit pendant le Défi. L’esprit de collaboration du groupe était indéniable. Il se manifestait dans les relations qui reposaient sur un soutien réciproque solide, le partage des connaissances ainsi que le renforcement positif et l’attention qu’elles s’offraient mutuellement en ce qui a trait à leurs travaux. Cette approche d’équipe, dans le cadre d’un concours mettant en jeu un prix, n’était pas seulement remarquable, mais a aussi procuré des avantages considérables à l’ensemble du groupe. Parmi les caractéristiques inhérentes à la conception du Défi qui ont pu contribuer à favoriser cet effet de groupe, on compte les suivantes :
Les entreprises en étaient toutes à des étapes de développement semblables, car les entreprises admissibles devaient se classer à un NMT déterminé.
La portée du Défi était suffisamment large pour que chaque entreprise puisse développer une technologie distincte qui n’entrerait pas nécessairement en concurrence avec les autres dans les marchés visés.
Les finalistes se concurrençaient sur un pied d’égalité, en ce sens qu’elles recevaient une allocation de subsistance annuelle leur permettant de se consacrer à plein temps et de façon prioritaire à la croissance de leur entreprise et d’optimiser le recours aux mécanismes de soutien aux entreprises que MaRS a choisis pour elles.
En fin de compte, l’« effet de groupe » a exercé un pouvoir énorme qui a transformé les expériences de chaque finaliste. Les finalistes ont même noté que cet effet de groupe a peut-être été plus utile que le grand prix en argent qui se jouait à la fin du Défi.
Investissement du secteur privé
En s’appuyant sur le succès du modèle du programme Défi des femmes en tech propres, MaRS a lancé en 2021 l’Accélérateur des femmes en technologies propres de RBC (l’ « Accélérateur »). L’Accélérateur a pour but de continuer à augmenter la représentation féminine dans l’économie canadienne de l’innovation des technologies propres, en recrutant de nouvelles entrepreneures pour participer dans des groupes à venir. Le curriculum de l’Accélérateur a été conçu d’après la rétroaction des experts de MaRS et des finalistes du Défi des femmes en tech propres, et tire parti de la notoriété accrue du Défi des femmes en tech propres. La continuation du Défi des femmes en tech propres, financé par le secteur privé, témoigne de sa véritable réussite, et démontre une harmonisation réelle et possible entre les objectifs du secteur public et privé. Cette réussite souligne également le début des retombées du Défi et son incidence sur nos opinions en matière d’écosystème de l’innovation ainsi que sur le rôle que les femmes doivent y jouer.
4. Rencontrez les finalistes et la gagnante du grand prix
Summit Nanotech a élaboré une méthode novatrice d’extraction du lithium-ion d’eau de saumure produite qui pourrait potentiellement révolutionner le secteur minier et celui du stockage d’énergie. L’approche permet de créer une source de lithium vert abordable et durable pour les batteries utilisées dans les véhicules électriques, les appareils portables et les gadgets mobiles, qui constituent tous des marchés de plusieurs milliards de dollars en expansion rapide. Summit Nanotech a reçu la désignation Solar Impulse Efficient Solution Label, a été nommée par le groupe Corporate Knights comme l’une des 50 sociétés vertes ayant la croissance la plus rapide au Canada, et a récemment remporté un montant de 50 M $ US dans le cadre d’un financement de la série A2.
Les femmes ont accès à davantage de soutien chaque jour dans l’écosystème des technologies propres. Des possibilités existent dans divers incubateurs et plateformes d’accélération, mais au-delà de cela, les autres femmes PDG d’entreprises de technologie propre se soutiennent les unes les autres.
Evercloak utilise un processus écoénergétique et abordable pour concevoir des nanofilms et des nanorevêtements. Ces films permettent de réduire de manière significative l’énergie nécessaire pour la climatisation commerciale et résidentielle; ils sont souvent utilisés dans divers domaines de technologie propre, notamment la purification de l’eau, le stockage d’énergie, la prévention de la corrosion, la détection et les emballages intelligents. En 2021, Evercloak s’est engagée dans une collaboration de 4,5 millions de dollars avec Environmental Systems Corp.
Le Défi des femmes en tech propre a servi de tremplin à Evercloak; cela m’a inspirée à me lancer dans l’entrepreneuriat. Les services de mentorat personnalisés et l’accès aux laboratoires fédéraux pour la mise à l’échelle de la technologie d’Evercloak m’ont outillée pour accélérer notre croissance.
Open Ocean Robotics conçoit et construit des bateaux autonomes propulsés par l’énergie solaire qui recueillent des données en temps réel sur les émissions, les déversements d’hydrocarbures et les autres risques pour l’océan. Le but de Julie est de créer un « océan numérique » afin de recueillir et d’échanger des données océanographiques. Julie a remporté le prix British Columbia Cleantech Industry Icon Award et, plus récemment, Open Ocean Robotics a reçu le prix Company of the Year Award de ventureLAB.
L’entrepreneuriat en technologie propre offre des possibilités incroyables pour améliorer la durabilité de la planète, créer une prospérité économique et faire progresser les innovations technologiques. Pour ce faire, nous avons besoin de plus de diversité et que plus de femmes choisissent la voie des STIM et jouent un rôle de leadership pour être des agentes de changement.
Dispersa utilise un processus bactérien pour produire des biosurfactants biodégradables, qui sont des agents actifs utilisés dans un large éventail de produits de nos jours. Les biosurfactants non toxiques et sans huile de palme de Dispersa peuvent être facilement incorporés dans des formulations d’utilisation finale, comme des produits nettoyants, des détergents et des cosmétiques. Récemment, Dispersa a été sélectionnée comme une semi-finaliste de SheEO Venture au Canada.
J’ai toujours rêvé de faire une différence marquante et durable grâce à l’innovation. Le Défi m’a aidée à faire de ma vision une réalité en me donnant accès à un incroyable soutien dirigé et à de précieuses ressources nécessaires pour donner vie à l’idée que j’avais eue quand j’étais étudiante de premier cycle et qui est aujourd’hui Dispersa, une entreprise du secteur des technologies propres en pleine expansion.
Alexandra Tavasoli
Solistra
Solistra a élaboré une technologie qui convertit le CO2 et le méthane en produits de carbone propres. Cette approche pourrait constituer un moyen puissant et écoénergétique de transformer en produits chimiques et combustibles propres, le CO2 capté des centrales de production d’énergie ou de l’atmosphère. En 2019, Alexandra a été nommée parmi les 30 meilleurs leaders de moins de 30 ans de la revue Corporate Knights. Plus récemment, Alexandra a pris un role d’attachée de recherche au niveau postdoctoral au Massachusetts Institute of Technology.
En tant qu’ingénieure titulaire d’un doctorat, il m’a été très utile d’en apprendre davantage sur le vaste écosystème des technologies propres, les pratiques et les stratégies commerciales, ainsi que sur l’économie de la commercialisation des technologies. Cela m’a permis d’élargir ma carrière en STIM, étant donné que les STIM seules ne peuvent pas résoudre les problèmes de l’ensemble de la planète; il faut adopter une approche plus holistique.
Genecis a développé une solution qui convertit les déchets organiques en un bioplastique composé de polyhydroxyalcanoates (PHA). Les bioplastiques PHA sont entièrement biodégradables en milieu marin comme en milieu terrestre; de plus, on peut les utiliser dans le cadre d’applications plastiques traditionnelles comme du film d’emballage, des sacs, des contenants, des ustensiles et d’autres objets. Genecis est l’une des plus jeunes équipes à avoir reçu une subvention de plusieurs millions de dollars de la part de Technologies du développement durable Canada. Plus récemment, Genecis a annoncé d’avoir obtenu un financement de 7 M $ US dans le cadre d’un financement de la série A dirigé par Khosla Ventures et la Division des technologies propres de BDC Capital.
Le Défi des femmes en tech propres a non seulement dirigé notre entreprise hors d’une « vallée de la mort » en innovation et joué un rôle déterminant dans notre réussite, mais il a également et surtout démontré qu’il n’y a plus de limites à ce que les femmes qui poursuivent une carrière en technologies propres peuvent atteindre.
Le Défi des femmes en tech propres continue d’attirer des investissements de mise à l'échelle même après sa clôture!
En novembre 2021, Amanda Hall de Summit Nanotech a reçu le grand prix de 1 million de dollars. Dans le cadre du Défi, six femmes entrepreneures avaient comme mandat de mettre à l’échelle pour la première fois leurs entreprises en démarrage, au cours d’une période de plus de trois ans.
Mars 2022 : un financement de la série A de 17, 8 M$ CA, codirigé par Xora Innovation, le Technology Impact Fund de Capricorn en collaboration avec BHP Ventures.
Juillet 2022 : un financement de démarrage de 1, 8 M $ CA approuvé par Technologies du développement durable Canada.
Janvier 2023 : un financement de la série A2 de près de 50 M $ US, dirigé par Evok Innovations et le Fonds Technologies pour le climat de BDC Capital, auquel se sont joints Capricorn Investment Group, Xora Innovation, NGP, Volta Energy Technologies, Helios Climate Ventures et la Grantham Foundation for the Protection of the Environment.
5. Conclusion
La conception et la réalisation d’un Défi est un processus qui exige une réflexion, un apprentissage et une adaptation constants. Chaque Défi est unique et il est impossible de prévoir et de planifier tous les résultats possibles; il n’existe donc pas qu’un seul scénario à suivre. Les équipes de réalisation auprès de RNCan et de MaRS ont fait un suivi constant des progrès, en réfléchissant aux façons possibles d’améliorer les versions futures du Défi et en explorant les possibilités d’appliquer les leçons apprises dans différents contextes. Un Défi est une occasion d’essayer de nouvelles choses et d’envisager des solutions novatrices pour mieux viser les résultats souhaités.
Afin de résoudre les problèmes complexes auxquels nous sommes confrontés en tant que pays, nous devons compter sur la diversité, l’ingéniosité et la créativité de l’ensemble de la population canadienne, et non seulement de ceux qui ont traditionnellement contribué aux solutions. On doit donc d’une part favoriser la participation active de solutionneurs non traditionnels, y compris ceux qui ont été exclus auparavant, ainsi que ceux qui ne savaient pas qu’ils étaient invités à contribuer aux solutions. D’autre part, il faut sensibiliser davantage la société en général envers les défis à relever, favoriser activement la participation des citoyens au moyen d’une collaboration et d’une cocréation plus efficaces, et créer des partenariats avec la société civile afin de renforcer les résultats. Enfin, cela signifie que l’innovation permet non seulement de stimuler la croissance économique, mais également de contribuer à résoudre d’importants enjeux de la société comme les changements climatiques et l’inclusion sociale, en même temps. En prenant des décisions éclairées en ce qui a trait à la conception du programme, il est possible de prendre en compte équitablement l’ensemble des résultats sociaux, environnementaux et économiques sans que les uns excluent les autres.
Grâce aux échanges continus qu’elle établit avec les candidates entrepreneures en technologies propres, le Défi des femmes en tech propres a le potentiel d’engendrer des avantages à long terme pour la population canadienne. RNCan espère que ce Défi continuera à inspirer la prochaine génération de femmes innovatrices au cours des années à venir, et que les retombées du Défi contribueront à combler l’écart de genre tel qu’on le connaît.
5.1 Autres études de cas pertinents sur le Défi des femmes en tech propres :
Publié : 2023-02-10
Date de modification : 2024-11-21
Blogue
Le changement mondial du cadre de la santé mentale
Dr. Anthony Murkar, Fellow en science du comportement
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
L’importance du cadre
La façon dont des idées sont présentées peut considérablement modifier la manière dont elles sont reçues et dont on y donne suite. C’est l’une des raisons pour lesquelles quand il s’agit de questions de santé publique globale comme la santé mentale, le cadre qu’on attribue au problème peut définir fondamentalement les approches envisagées pour l’aborder.
À la fin des années 1970 et au début des années 1980, deux chercheurs, Amos Tversky et Daniel Kahneman, ont jeté les bases d’une théorie psychologique visant à comprendre l’incidence de la façon dont l’information est présentée sur les décisions prises par la suite. Le point clé à retenir était l’importance primordiale de la formulation du message : même lorsque la substance de deux options est identique, nos choix et nos décisions sont fortement influencés par la façon dont ces options sont présentées. Tversky et Kahneman ont ainsi transformé notre compréhension du comportement humain en démontrant que la manière dont nous interprétons l’information dépend largement du cadre ou de la formulation du message ou du concept.
Par exemple, l’attrait d’un désinfectant pour les mains dont la publicité garantit qu’il élimine presque 90 % des germes peut dépasser de très loin celui d’un autre désinfectant dont on dit qu’il laisse plus de 10 % des germes. La substance des deux options est effectivement la même, mais la formulation peut avoir des effets sur nos préférences et influencer notre évaluation des options.
Depuis lors, l’article de Tversky et Kahneman publié en 1981 (The framing of decisions and the psychology of choice)Footnote 1 a été cité plus de 24 000 fois. Bien que la nuance dans la façon dont différentes formulations conceptuelles influencent nos décisions continue d’être débattue et étudiée, de nouveaux travaux indiquent qu’une vaste gamme de facteurs (comme la tonalité affective et le contexte d’un message) peuvent influencer la manière dont nous interprétons l’information2
Il n’est donc pas surprenant que ces travaux soient largement appliqués depuis à la prise de décisions politiques et à l’élaboration de politiques3, notamment dans le contexte de la santé publique. L’importance du cadre ou de la formulation dépasse de loin les simples expériences de laboratoire fondées sur le risque et le choix. La formulation d’un message ou d’un concept peut exercer une incidence sur la perception publique d’enjeux importants et le soutien de politiques, et certains travaux montrent que la modification de la formulation du message peut influencer la réaction du public aux politiques4. En bref, changer le cadre ou la formulation d’un concept ou d’un message peut considérablement modifier la façon dont les gens y réagissent.
Le cadre de la santé mentale orienté vers la maladie
Je m’appelle Anthony Murkar et je me suis joint à Impact Canada à titre de Fellow en science du comportement en février 2022. Je travaille actuellement avec le Bureau de la science du comportement (ScComp) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Quand je suis entré dans l’équipe d’Impact Canada, j’ai commencé à observer le discours entourant la santé mentale au Canada. J’avais travaillé auparavant à des modèles principalement précliniques de santé mentale dans l’un des plus grands instituts de recherche en santé mentale au Canada. Naturellement, le cadre de la santé mentale dans le contexte de recherche préclinique de médicaments était généralement orienté vers la maladie. Quand j’ai commencé à travailler au gouvernement, j’ai constaté un point de vue très différent sur la santé mentale : le mandat de l’ASPC en matière de promotion de la santé et de prévention de la maladie met un accent beaucoup plus prononcé sur ce qu’on peut faire pour améliorer la santé mentale des Canadiens grâce à des mesures préventives.
Un collègue a récemment cerné le problème de notre cadre actuel de la santé mentale de manière frappante : « Pour de nombreux Canadiens », a-t-il dit, « santé mentale signifie maladie mentale ». En effet, cela fait longtemps que la santé mentale est définie uniquement par l’absence de psychopathologies5
Le fait de voir la santé mentale comme une « absence de maladie mentale » a certainement encadré ma propre perspective. En tant que personne possédant un doctorat en psychologie, j’ai été alarmé en me rendant compte que pendant presque dix ans d’études en psychologie, le concept de bonne santé mentale avait rarement été soulevé.
Tout comme la formulation d’un concept influence les choix, celle d’un problème influence les approches que nous envisageons pour le régler. La conceptualisation de la santé mentale en tant qu’absence de maladie mentale a déterminé la façon dont nous parlons des problèmes de santé mentale en tant que chercheurs et, par la suite, l’approche que nous adoptons pour les régler.
Bien que la médicalisation de la santé mentale ait eu certains effets positifs (p. ex. réduire la stigmatisation et faire mieux comprendre au public que la maladie mentale a une origine biologique), elle a également constitué un obstacle de taille aux approches des gouvernements à l’égard du traitement. Le cadre de la santé mentale centré sur la maladie met l’accent sur l’intervention uniquement chez ceux qui ont déjà atteint un point de crise. Le traitement de la maladie cible uniquement les personnes dont la maladie se manifeste et ne convient donc pas à la réalisation de changements au niveau de la population. Les faits montrent que cette approche n’a pas réussi à réduire la prévalence, l’âge de l’apparition ou la charge de morbidité des problèmes de santé mentale6. En d’autres mots, nos efforts ont été trop tardifs : des approches qui se situent plus en amont sont nécessaires pour promouvoir la bonne santé mentale plus tôt, avant que les problèmes surgissent.
Situation actuelle, cheminement pour y arriver et voie à suivre
Nous vivons actuellement un changement mondial dans la conceptualisation de la santé mentale. Depuis environ 20 ans, les responsables de la santé publique réorientent la caractérisation de la santé mentale vers une définition plus propice à la promotion de la santé mentale et à la prévention en amont des problèmes de santé mentale, de leurs causes systémiques et de leurs déterminants sociaux. Bien que l’idée de considérer la santé mentale comme un facteur positif commun à tous (au lieu de la voir simplement comme l’absence de maladie mentale) ait été bien établie il y a plus de 60 ans7, la promotion de la bonne santé mentale était encore considérée comme un nouveau domaine dans la promotion de la santé il y a à peine deux décennies8.
En 1996, la première étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la charge de morbidité mondiale a attiré l’attention des responsables de la santé publique sur la maladie mentale en révélant que la dépression est la quatrième cause principale de la charge de morbidité9. En 2004, l’OMS avait publié son rapport sur la promotion de la santé mentale pour modifier le concept de santé mentale axé uniquement sur la maladie mentale en tant que maladie. Dans quel but? Apporter au niveau de la population des changements qui pourraient réduire la charge de morbidité de la santé mentale. Bien que la définition de la santé mentale en tant qu’absence de maladie mentale ne cible que les personnes dont la maladie est manifeste, la promotion de la bonne santé mentale peut cibler tous les membres de la société.
En bref, en reformulant simplement la santé mentale comme un concept positif qui s’applique à tous les membres de la société, les approches ciblant la santé mentale ont également changé. En reformulant le concept, on a fondamentalement changé les nouvelles approches visant à réduire la charge de morbidité mondiale de la santé mentale. Les principaux problèmes étaient les suivants : un modèle de santé mentale centré sur la maladie cible très peu de personnes, l’intervention a lieu trop tard (uniquement après le début de la maladie), et l’accent sur la maladie mène largement au traitement de la santé mentale seulement à l’aide de mesures réactives.
Centré sur la maladie : Tardif (après le début de problèmes de santé mentale), Peu de gens (seulement ceux avec une maladie active), Réactif (seulement répond à la maladie). Approche positive : Tôt (avant le début de problèmes de santé mentale), Beaucoup de gens à l’échelle de la population), Proactif (l’intervention est aussi préventif).
En revanche, présenter la santé mentale comme une caractéristique positive de chaque personne requiert une approche proactive avant l’apparition des problèmes de santé mentale. Elle cible également toute la population, et tandis que l’approche réactive échouait largement à diminuer la prévalence des problèmes de santé mentale, l’approche liée à la bonne santé mentale exige des interventions préventives qui ont lieu beaucoup plus tôt (avant l’apparition des problèmes de santé mentale). Cette approche rejoint donc beaucoup plus de monde et présente de plus grandes possibilités d’apporter des changements dans l’état de la santé mentale au niveau de la population.
Le rapport de l’OMS sur la santé mentale souligne maintenant explicitement le fait que la santé mentale est bien autre chose que l’absence de pathologie10, et des instituts du monde entier y ont fait écho. Au Canada, nos entités ouvraient déjà la voie en changeant d’orientation afin de faire de la santé mentale un concept plus positif et plus inclusif qui s’applique à tous. Pour l’ASPC, une bonne santé mentale est actuellement « la capacité qu’a chacun d’entre nous de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Il s’agit d’un sentiment positif de mieux-être émotionnel et spirituel qui respecte l’importance de la culture, de l’équité, de la justice sociale, des interactions et de la dignité personnelle ». L’ASPC a également élaboré des cadres pour surveiller la bonne santé mentale et le bien-être (le Cadre d’indicateurs de surveillance de la santé mentale positive). Certaines provinces présentent maintenant la santé mentale comme un concept positif11. D’autres entités renforcent le modèle de la santé mentale sur deux continuums12 en soulignant qu’on peut avoir une mauvaise santé mentale sans avoir de maladie mentale, et inversement13 (c.-à-d. que les prédicteurs de bonne santé mentale et les prédicteurs de maladie mentale sont distincts). Dans l’ensemble, la reformulation de la santé mentale sous un jour positif se déroule au Canada depuis un certain temps.
Ce changement dans la façon dont nous présentons la santé mentale se poursuit, mais la voie à suivre ne peut pas être plus claire. Il reste essentiel de renforcer ces changements dans la façon dont nous conceptualisons la santé mentale dans le monde entier pour favoriser des approches en amont qui peuvent améliorer la santé mentale et réduire la charge de morbidité mondiale des problèmes de santé mentale.
Publié : 2023-01-17
Date de modification : 2024-12-30
Rapport
Quelle est l’efficacité des défis? Résultats des sondages sur les défis d’Impact Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
1. Résumé
Depuis 2017, Impact Canada s’associe à des partenaires fédéraux pour tirer parti des défis comme outil de financement innovant pour aider à résoudre des problèmes complexes pour les Canadiens. Les défis d’Impact Canada sont des concours axés sur les résultats qui utilisent des incitatifs financiers et autres pour encourager les innovateurs à orienter leurs talents vers la recherche de solutions à des problèmes précis.
Depuis l’introduction des défis comme outil dans la boîte à outils du gouvernement du Canada, Impact Canada travaille à mesurer leur impact, ainsi qu’à améliorer la façon dont ils sont conçus et mis en œuvre. Impact Canada, par l’intermédiaire de son Centre d’expertise, a également fourni une assistance technique aux ministères et organismes fédéraux intéressés par l’organisation de défis.
Ce rapport de synthèse se concentre sur un champ d’enquête qu’Impact Canada utilise pour mesurer l’impact des défis : les sondages. En mars et avril 2022, Impact Canada a lancé une série de sondages ciblant trois types de publics : (1) sondage auprès des ministères, (2) sondage auprès des membres du jury, et (3) sondage auprès des candidats au défis.
2. À propos d’Impact Canada
Impact Canada fait partie d’un ensemble exhaustif d’initiatives lancées par le gouvernement du Canada en 2017 visant à résoudre des problèmes politiques complexes en utilisant le concept des prix et défis, des modèles de rémunération à la réussite et des modèles fondés sur le comportement. Impact Canada permet d’utiliser les prix et défis à condition d’observer un ensemble de modalités souples concernant les subventions et les contributions afin d’établir un lien entre le financement et les résultats obtenus et de financer des évaluations rigoureuses fondées sur la recherche.
L’Unité de l’impact et de l’innovation du Bureau du Conseil privé aide les ministères à élaborer des possibilités de financement novatrices qui réunissent les meilleures idées et les plus brillants talents, et qui récompensent les organisations et les personnes qui produisent des résultats très positifs pour les Canadiens.
3. Méthodologie : sondages
Depuis le lancement de la première série de défis à Impact Canada, notre équipe a élaboré un cadre pour mesurer et évaluer l’impact des défis. Guidé par un modèle logique clair, qui présente les résultats que nous cherchons à atteindre au moyen des défis, Impact Canada a utilisé de multiples champs d’enquête pour comprendre les résultats à court, moyen et long terme des défis. Pour un aperçu des différentes méthodes et approches de recherche que nous avons utilisées pour mesurer l’impact, lisez un récent billet de blog de Kiran Toor. En bref, nous avons opérationnalisé à la fois la recherche quantitative avec Statistique Canada, et la recherche qualitative, y compris les études de cas, les sondages et les analyses des réseaux sociaux.
Dans ce billet de blogue, je me concentrerai sur un champ d’enquête qu’Impact Canada utilise pour mesurer l’impact des défis. En mars et avril 2022, Impact Canada a lancé une série de sondages ciblant trois types de publics :
Sondage auprès des ministères : Plus de 140 employés du gouvernement du Canada provenant de ministères mettant en œuvre des défis avec Impact Canada.
Sondage auprès des membres du jury : Plus de 300 experts qui ont examiné et évalué les demandes de défis et recommandé des solutions à financer. La plupart des défis d’Impact Canada font appel à un jury externe composé d’experts qui apportent une diversité d’expériences et de perspectives au processus d’évaluation. Pour en savoir plus sur les jurys des défis, lisez ce billet de blogue (en anglais).
Sondage auprès des candidats au défis : Plus de 2 500 candidats au défis, y compris les candidats non retenus et ceux qui ont progressé dans les défis.
Pour d’autres raisons opérationnelles, nous avons administré nos sondages avec des délais de réponse plus courts (la collecte des données a eu lieu entre le 24 mars et le 1er avril 2022), ce qui peut expliquer le taux de réponse plus faible dans certaines catégories (entre 17 et 33 %).
4. Résultats : ce que nous avons appris jusqu'à présent
Dans l’ensemble, les résultats des sondages démontrent que le modèle des défis d’Impact Canada est une approche stratégique efficace pour réaliser les priorités du gouvernement, la plupart des répondants reconnaissant que les défis donnent les résultats escomptés.
Les défis sont-ils considérés comme appropriés pour traiter le domaine problématique ?
Ainsi, 66 % des répondants des jurys et 64 % des répondants des ministères ont indiqué qu’un défi constituait un mécanisme approprié pour résoudre le problème dans une très large ou large mesure. Et seulement 2 % des répondants des jurys et 8 % des répondants des ministères ont indiqué qu’un défi constituait un mécanisme peu ou pas du tout efficace pour résoudre le problème. Cette grande proportion de répondants confirmant que l’utilisation d’un défi était appropriée pour résoudre le problème est une bonne indication de l’utilité des défis comme outil dans la boîte à outils du gouvernement du Canada pour résoudre des problèmes complexes.
Figure 1. À votre avis, l’utilisation d’un défi était-elle appropriée pour résoudre le problème? [Sondage auprès des partenaires départementaux (n=47) et des membres du jury (n=93)]
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Table 1. À votre avis, l’utilisation d’un défi était-elle appropriée pour résoudre le problème? [Sondage auprès des partenaires départementaux (n=47) et des membres du jury (n=93)]
"Ce premier défi d’Impact a été extraordinaire pour notre organisme, car il nous a permis de montrer l’adoption d’approches innovantes, d’attirer l’attention au niveau national et de générer des solutions en dehors de notre communauté habituelle."
- Exemple de commentaires des partenaires ministériels sur l’utilisation des défis
Les défis répondent-ils aux besoins des innovateurs canadiens?
Alors que les répondants ministériels étaient d’avis que les défis d’Impact Canada atteignent les objectifs fixés, les candidats au défis et les membres du jury avaient des opinions encore plus positives que les ministères du GC. C’est une indication que les défis répondent plus étroitement aux besoins des Canadiens que ne l’avaient prévu les ministères.
Par exemple, les candidats et les membres du jury ont accordé une plus grande valeur au rôle des défis dans la sensibilisation, la création de solutions innovantes, l’amélioration des compétences des personnes en mesure de trouver des solutions, l’augmentation des investissements et l’obtention de résultats à long terme.
Figure 2. À votre avis, dans quelle mesure le Défi a-t-il contribué aux résultats suivants : [Partenaires ministériels ; n=47]
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Table 2. À votre avis, dans quelle mesure le Défi a-t-il contribué aux résultats suivants : [Partenaires ministériels ; n=47]
Les membres du jury ont également accordé une plus grande importance à l’amélioration de l’évaluation des demandes, à l’alignement des décisions de financement sur les besoins de l’industrie, à l’augmentation de la transparence et à la démocratisation des décisions de financement.
Figure 3. À votre avis, dans quelle mesure le Défi a-t-il contribué aux résultats suivants : [Membres du jury; n=93]
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Table 3. À votre avis, dans quelle mesure le Défi a-t-il contribué aux résultats suivants : [Membres du jury; n=93]
Figure 4. À votre avis, dans quelle mesure le Défi a-t-il contribué aux résultats suivants : [Candidats; n=426]
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Table 4. À votre avis, dans quelle mesure le Défi a-t-il contribué aux résultats suivants : [Demandeurs; n=426]
Qui participe aux défis? Et pourquoi?
Les résultats des sondages montrent que les défis réussissent à attirer de nouveaux talents et à mobiliser des acteurs non traditionnels, avec des proportions supérieures à la moyenne de jeunes, de femmes et de minorités qui présentent une demande de défi. Par exemple, les jeunes (35 ans ou moins) représentaient près d’un cinquième des candidats au défi, les femmes près d’un quart, les entrepreneurs issus de minorités visibles ou de groupes autochtones près de 40 %, et les entrepreneurs en situation de handicap (p. ex. physique, mental ou autre état pathologique à long terme) 7 % des candidats.
Il est prouvé que les défis d’Impact Canada ont contribué à mobiliser de nouveaux talents pour résoudre des problèmes complexes; des talents qui n’auraient peut-être pas été mobilisés autrement. Près d’un quart (23 %) des candidats ont indiqué que le défi était la seule motivation pour travailler sur le problème précis et près de la moitié (48 %) des répondants ont indiqué que le défi les a motivés à travailler sur le problème dans une large mesure.
Figure 5. Dans quelle mesure le défi vous a-t-il motivé à travailler sur ce problème précis? [Candidats; n=426]
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Table 5. Dans quelle mesure le défi vous a-t-il motivé à travailler sur ce problème précis? [Demandeurs; n=426]
Parmi les candidats, 16 % avaient une connaissance minimale ou nulle du problème avant le lancement du défi.
Figure 6. Avant le lancement de ce défi, dans quelle mesure connaissiez-vous le problème du défi?
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Table 6. Avant le lancement de ce défi, dans quelle mesure connaissiez-vous le problème du défi?
En ce qui concerne le secteur/domaine, 19 % travaillaient dans un secteur différent de celui du problème, 18 % ont élaboré leurs solutions après le lancement du défi.
Figure 7. Avant le lancement de ce défi, travailliez-vous dans le même secteur/domaine que celui concerné par le défi?
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Table 7. Avant le lancement de ce défi, travailliez-vous dans le même secteur/domaine que celui concerné par le défi?
En outre, 18 % ont élaboré leurs solutions après le lancement du défi.
Figure 8. Avant le lancement de ce défi, travailliez-vous à l’élaboration de votre solution proposée?
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Table 8. Avant le lancement de ce défi, travailliez-vous à l’élaboration de votre solution proposée?
Pour les candidats qui travaillaient sur leurs solutions avant le défi, 72 % ont admis avoir apporté des améliorations et des modifications à leur solution pour présenter une demande de défi.
Figure 9. Avez-vous apporté des modifications ou des améliorations à votre solution afin de pouvoir participer à ce défi?
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Table 9. Avez-vous apporté des modifications ou des améliorations à votre solution afin de pouvoir participer à ce défi?
Qui présente une demande de défi?
Il existe un large éventail de candidats au défis d’Impact Canada. Au moment de la demande, environ la moitié seulement (52 %) sont des entreprises et plus d’un cinquième (22 %) sont des organismes sans but lucratif. Moins d’un cinquième (18 %) sont des particuliers ou des groupes de particuliers, dont beaucoup finissent par se constituer en sociétés ou en organismes sans but lucratif. Les candidats comprennent également des établissements universitaires (4 %), des groupes autochtones (3 %) et des organisations gouvernementales (1 %, principalement des municipalités souhaitant participer au défi des villes intelligentes).
Plus des deux tiers (69 %) n’ont jamais fait de demande de financement gouvernemental auparavant, ce qui fait que les défis d’Impact Canada sont leur première occasion de chercher un soutien financier gouvernemental pour leur travail.
Figure 10. En dehors des défis d’Impact Canada, avez-vous déjà déposé une demande pour un programme de subvention ou de contribution du gouvernement du Canada?
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Table 10. En dehors des défis d’Impact Canada, avez-vous déjà déposé une demande pour un programme de subvention ou de contribution du gouvernement du Canada?
La majorité (89 %) des candidats au défis d’Impact Canada sont considérés comme des petites entreprises (définies par Industrie Canada comme ayant moins de 100 employés) et la moitié (50 %) ont moins de 10 employés. Seuls 4 % des candidats sont des grandes entreprises (plus de 500 employés).
Figure 11. Quelle est la taille de votre organisation? [Candidats; n=426]
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Table 11. Quelle est la taille de votre organisation? [Demandeurs; n=426]
La plupart des candidats sont également des organisations récemment établies. Plus de la moitié (52 %) ont été créées moins de 5 ans avant le lancement du défi et un dixième (11 %) ont été créées après le lancement du défi (c.-à-d. que les organisations ont été constituées en société pour participer au défi).
Figure 12. Quand votre organisation a-t-elle été établie?
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Table 12. Quand votre organisation a-t-elle été établie?
Qu’est-ce qui motive les candidats?
Les candidats au défis sont davantage motivés par le travail sur le problème du défi que par la récompense financière. Les candidats retenus, en particulier, étaient plus susceptibles d’apprécier le soutien non financier associé aux défis (p. ex. les partenariats, l’accès aux experts, le mentorat et le développement des compétences).
Figure 13. Indiquez dans quelle mesure les facteurs suivants ont été importants pour vous pousser à participer au défi.
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Table 13. Indiquez dans quelle mesure les facteurs suivants ont été importants pour vous pousser à participer au défi.
5. Prochaines étapes?
La réalisation d’un sondage était non seulement un moyen efficace de recueillir de l’information là où il existe des lacunes dans les données aux fins de mesure de l’impact, mais il était également utile d’obtenir des commentaires sur les moyens d’améliorer les défis, ainsi que de recueillir de l’information sur l’expérience de nos partenaires participant à un défi. La possibilité d’adapter les questionnaires à des besoins de politiques particuliers fait des sondages une méthode qui complète bien d’autres modes d’enquête.
Gardez un œil sur ce site pour avoir un aperçu de notre toute première recherche sur l’analyse des réseaux sociaux.
Publié : 2023-01-03
Date de modification : 2024-11-20
Rapport
Quelle est l’efficacité des défis? L'utilisation de l’analyse des réseaux sociaux
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
1. Résumé
Depuis 2017, Impact Canada s’associe à des partenaires fédéraux pour tirer parti des défis comme outil de financement innovant pour aider à résoudre des problèmes complexes pour les Canadiens. Les défis d’Impact Canada sont des concours axés sur les résultats qui utilisent des incitatifs financiers et autres pour encourager les innovateurs à orienter leurs talents vers la recherche de solutions à des problèmes précis.
Depuis l’introduction des défis comme outil dans la boîte à outils du gouvernement du Canada, Impact Canada travaille à mesurer leur impact, ainsi qu’à améliorer la façon dont ils sont conçus et mis en œuvre. Impact Canada, par l’intermédiaire de son Centre d’expertise, a également fourni une assistance technique aux ministères et organismes fédéraux intéressés par l’organisation de défis.
Guidé par un modèle logique, Impact Canada a opérationnalisé à la fois la recherche quantitative avec Statistique Canada et la recherche qualitative, y compris les études de cas, les sondages et les analyses de réseaux sociaux. Pour en savoir plus sur l'approche de mesure de l'impact d'Impact Canada, lisez notre modèle logique et ce blogue.
Dans un rapport de synthèse précédent, nous avons présenté les points saillants des sondages menées auprès des parties prenantes. Ici, nous présentons les résultats d'un autre champ d'enquête que nous explorons pour mesurer l'impact des Défis d'Impact Canada : L'analyse des réseaux sociaux.
2. À propos d’Impact Canada
Impact Canada fait partie d’un ensemble exhaustif d’initiatives lancées par le gouvernement du Canada en 2017 visant à résoudre des problèmes politiques complexes en utilisant le concept des prix et défis, des modèles de rémunération à la réussite et des modèles fondés sur le comportement. Impact Canada permet d’utiliser les prix et défis à condition d’observer un ensemble de modalités souples concernant les subventions et les contributions afin d’établir un lien entre le financement et les résultats obtenus et de financer des évaluations rigoureuses fondées sur la recherche.
L’Unité de l’impact et de l’innovation du Bureau du Conseil privé aide les ministères à élaborer des possibilités de financement novatrices qui réunissent les meilleures idées et les plus brillants talents et qui récompensent les organisations et les personnes qui produisent des résultats très positifs pour les Canadiens.
3. Méthodologie : L’analyse des réseaux sociaux
L’analyse des réseaux sociaux est un processus d’étude des relations entre les personnes et les organisations en utilisant les réseaux et la théorie des graphes. Dans un graphe, les acteurs individuels sont désignés comme des nœuds et les relations et interactions entre eux comme des arêtes, reliant les différents nœuds.
En utilisant l’analyse des réseaux sociaux, notre équipe a tenté de répondre aux questions de recherche suivantes concernant l’impact des défis :
Les défis permettent-ils de sensibiliser le public à un sujet particulier? Y a-t-il une augmentation des mentions dans les médias sociaux sur un sujet particulier?
Les défis atteignent qui et quels sont les liens entre eux?
Quels groupes et acteurs participent aux défis d’Impact Canada?
Quels types de réseaux et de liens se sont formés entre les participants aux défis?
Bien qu'un certain nombre de plateformes de médias sociaux aient été explorées, nous avons finalement choisi d'utiliser Twitter. Twitter s'agit d'une plateforme populaire utilisée par notre public et qui dispose de données largement disponibles (par exemple, les utilisateurs, les followings, les gazouillis et les informations de profil) pour développer une preuve de concept. De plus, étant donné sa popularité générale et sa structure ouverte, il existe un nombre important d'outils de recherche existants et disponibles conçus pour la collecte et l'analyse de ses données.
Afin de répondre à nos questions sur l'impact des défis, nous avons élaboré une approche par étapes pour développer la preuve de concept. En bref, nous avons utilisé les étapes décrites ci-dessous :
Raclage de données : Le paquet Python snscrape a été utilisé pour collecter des gazouillis en utilisant une variété de mots-clés liés au Défi de l’alimentation dans l’espace lointain. En fin de compte, le terme " Deep Space Food " a été utilisé pour collecter 9 323 gazouillis.
Traitement des données : Après avoir supprimé les gazouillis en double, l'ensemble de données a été réduit à 5 562 gazouillis.
Visualisation des données : À l'aide de l'outil Gephi, les liens entre les messages de l'ensemble de données ont été représentés graphiquement. Les utilisateurs de Twitter engagés dans des discussions autour du Défi de l’alimentation dans l’espace lointain ont été visualisés sous forme de nœuds individuels dimensionnés sur la base de leur nombre total de connexions dans l'ensemble de données. En outre, les différentes communautés d'utilisateurs ont été représentées par des couleurs différentes.
4. Résultats
Les défis permettent-ils de sensibiliser le public à un sujet particulier?
Dans l’ensemble, les résultats préliminaires de notre analyse des réseaux sociaux suggèrent que le modèle des défis d’Impact Canada est efficace pour attirer l’attention sur le problème et élargir les réseaux de personnes et d’organisations participant à la résolution du problème.
En utilisant les mots clés " Deep Space Food " pour interroger et visualiser l'activité du réseau social, nous avons observé une expansion significative du réseau d'acteurs et du nombre d'interactions autour du sujet après le lancement du Défi de l’alimentation dans l’espace lointain.
Figure 1. Réseaux sociaux sur l’alimentation dans l’espace lointain avant et après le lancement du défi
Description de la figure - Engagement avant le lancement du défi.
Au cours de la période comprise entre le 1er août 2019 et le 11 janvier 2021, il n'y a eu qu'un nombre limité de gazouillis et d'engagements au sujet de " Deep Space Food ". Sans surprise, les nœuds les plus importants, représentant les acteurs des médias sociaux les mieux classés en termes de nombre de gazouillis, sont la NASA et CSA_ASC.
Description de la figure - Engagement après le lancement du défi.
Une grande expansion du nombre de gazouillis et d'individus engagés sur le thème de ; " Deep Space Food " a été observée dans la période qui a suivi le lancement du défi entre le 12 janvier et le 31 mai 2021.
Description de la figure - Animation démontrant l'expansion de l'engagement d'avant à après le lancement du défi.Avant le lancement du défi, il n'y avait qu'un petit nombre de nœuds. Après le lancement, il y a eu une augmentation soudaine et soutenue du nombre d'individus et de communautés indépendantes de connexions menti " Deep Space Food ". À la fin de la période observée, le 31 mai 2021, il y a 1 709 tweets avec plus de 40 000 connexions entre eux.
Une autre façon de mesurer l’impact des défis sur la sensibilisation au problème est d’examiner le nombre d’interactions et d’engagements sur les médias sociaux. Le tableau 1 ci-dessous montre qu’il y a eu une forte augmentation du nombre de discussions (p. ex. gazouillis) de ce sujet dans les médias sociaux (près de cinq fois plus de gazouillis après le lancement du défi), ainsi qu’une augmentation importante des interactions et des engagements (p. ex. gazouillis partagés, mentions, commentaires).
Table 1. Nombre de gazouillis et d’interactions avant et après le lancement du défi
Nombre
Avant le lancement du défi
Après le lancement du défi
Croissance
Gazouillis
349
1 709
+ 390%
Interactions
14 238
40 733
+ 186%
Une analyse des sentiments a été réalisée sur les gazouillis afin de mieux comprendre le contenu des conversations de ce sujet. Il est intéressant de noter que le sentiment général des messages sur les médias sociaux était positif et avait une cote plus positive après le lancement du défi.
Les défis atteignent qui et qui participe aux défis d’Impact Canada?
En utilisant l’analyse des réseaux sociaux, l’équipe a cherché à savoir qui sont les acteurs qui participent aux défis d’Impact Canada. Comme le Défi de l’alimentation dans l’espace lointain en particulier était une entreprise internationale lancée conjointement au Canada par l’Agence spatiale canadienne et Impact Canada et aux États-Unis par la NASA, il n’est pas surprenant que la portée du défi soit internationale par nature, avec des milliers de liens entre les États-Unis, le Canada et le reste du monde.
Au cours des 18 mois qui ont suivi le lancement du défi, il y avait 1 309 acteurs dans le réseau (représentés par des nœuds) et 1 402 interactions et relations distinctes entre ces acteurs (représentées par des arêtes). Le réseau est présenté dans la figure 2 ci-dessous, selon une disposition géographique, où le réseau américain est illustré en rose et le réseau canadien en bleu.
Figure 2. Réseau du Défi de l’alimentation dans l’espace lointain selon une disposition géographique
Description de la figure - Réseau du Défi de l’alimentation dans l’espace lointain selon une disposition géographique
1 309 acteurs engagés dans le réseau (représentés par des nœuds) et 1 402 interactions et relations distinctes entre ces acteurs (représentées par des lignes reliant les nœuds) représentés sur une carte. Le réseau américain est illustré en rose et le réseau canadien en bleu. Le réseau canadien est centré sur l'Agence spatiale canadienne à Montréal et Impact Canada à Ottawa. Des lignes réparties sur toute la carte révèlent des interactions à travers le monde.
En zoomant sur le réseau canadien, on peut clairement voir que le réseau est centré sur l’Agence spatiale canadienne (ASC) et Impact Canada (Unité de l’impact et de l’innovation). La taille des nœuds dans la figure 3 ci-dessous est mise à l’échelle sur la base des calculs de centralité des vecteurs propres, qui mesurent le degré d’influence dans le réseau. Un résultat intéressant est qu’Impact Canada a presque le même niveau d’influence que l’ASC qui est le responsable du problème et qui met en œuvre le défi. Il s’agit d’une validation de l’importance de la portée d’Impact Canada et de l’avantage pour les ministères du gouvernement du Canada de tirer parti des ressources d’Impact Canada pour élargir le réseau de personnes en mesure de trouver des solutions et atteindre un vaste bassin de talents. Le graphe permet également de déterminer les différents groupes/communautés participant au défi. En utilisant les mesures de modularité et la couleur pour déterminer l’association communautaire, il est possible de déterminer des sous-réseaux, comme le sous-réseau orange ci-dessous, qui est un réseau universitaire centré sur l’Université de Guelph.
Figure 3. Réseau canadien du Défi de l’alimentation dans l’espace lointain – Taille des nœuds selon l’influence
Description de la figure - Taille des nœuds selon l’influence
Les nœuds illustrés représentent les acteurs engagés dans le réseau. La taille des nœuds est mise à l'échelle en fonction des calculs de centralité des vecteurs propres, qui mesurent le degré d'influence dans le réseau. Le nœud d'Impact Canada a presque le même niveau d'influence que celui représentant l'ASC, qui met en œuvre le défi. En utilisant les mesures de modularité et la couleur pour déterminer l'association des communautés, on peut identifier des sous-réseaux. On peut voir un certain nombre de sous-réseaux, dont un réseau universitaire centré sur l'Université de Guelph.
Quels types de réseaux et de liens se sont formés entre les participants aux défis?
L’équipe a également utilisé l’analyse des réseaux sociaux pour étudier les réseaux formés par les demandeurs et les participants au Défi de l’alimentation dans l’espace lointain. L’objectif était de comprendre si les défis soutiennent l’expansion des réseaux et des partenariats de collaboration. Fait intéressant, l’équipe a constaté que les participants qui ont réussi la première étape du défi (sélectionnés comme demi-finalistes) étaient plus susceptibles que les demandeurs non retenus d’avoir un plus grand réseau en ligne et d’avoir un ratio abonnés/abonnements plus élevé (c.-à-d. qu’ils avaient plus d’abonnés pour chaque compte auquel ils étaient abonnés sur les médias sociaux).
Toutefois, ces données ont des limites. Tout d’abord, l’équipe n’a pas pu déterminer les renseignements des comptes publics de médias sociaux que pour environ 20 % des demandeurs du défi. Deuxièmement, compte tenu des contraintes de temps et de ressources, il n’a pas été possible d’extraire des données chronologiques pour comprendre à quel moment les différents liens ont été créés. Cela signifie qu’il n’y avait aucun moyen significatif d’étudier l’évolution de ces réseaux dans le temps, y compris l’établissement d’une base de référence pour la taille et la structure du réseau des participants avant le lancement du défi.
Le réseau des participants basé sur les données de mai/juin 2022 est présenté à la Figure 4 ci-dessous.
Figure 4: Réseau des participants au Défi de l’alimentation dans l’espace lointain
Description de la figure - Réseau des participants au Défi de l’alimentation dans l’espace lointain
Ce graphique représente les réseaux des participants, sous forme de sphères de nœuds représentant la portée de chaque participant et de lignes représentant les connexions entre eux (en utilisant environ 20 % des participants au défi et les données de mai et juin 2022). Dans cette représentation, Noblegeninc et JustVertical ont les plus grands réseaux.
5. Conclusion : Qu'avons-nous appris ?
En conclusion, l’analyse des réseaux sociaux est un outil puissant qui peut être utilisé pour mesurer l’impact des concours des défis. Pour le Défi de l’alimentation dans l’espace lointain, utilisé comme défi pilote dans le cadre de cette étude, l’analyse semble confirmer que les défis peuvent grandement contribuer à la sensibilisation à un sujet. Elle peut également permettre d’étudier la diversité des acteurs participant aux défis, ainsi que les différents réseaux formés entre ces acteurs, notamment les demandeurs et les participants. La détermination des acteurs influents dans un réseau peut être un outil important à utiliser par les défis comme moyen d’atteindre un plus grand nombre de personnes en mesure de trouver des solutions, ainsi que de communiquer les résultats des défis et de promouvoir les solutions.
6. Prochaines étapes?
À l’avenir, il serait bénéfique d’intégrer la collecte de données sur les réseaux sociaux au début du processus des défis, car de nombreux types de données ne peuvent pas être collectés rétroactivement (par exemple, le nombre d’abonnés/abonnements avant une certaine date). Il serait également utile d’avoir une coordination plus étroite avec les demandeurs et les participants pour la collecte de ces données (par exemple, demander aux demandeurs d’indiquer leurs comptes Twitter ou d’autres pages publiques de médias sociaux).
En plus de Twitter, LinkedIn pourrait être un outil très utile pour mesurer l’impact des défis. Il peut être utilisé pour mieux étudier la croissance des participants au moyen des offres d’emploi et le nombre d’employés, ainsi que le type de talents embauchés et le développement des relations professionnelles au fil du temps. Cependant, l’accès aux données de LinkedIn nécessitera très probablement un partenariat officiel avec LinkedIn, puisque l’accès public à son API a été fermé en 2015Note de bas de page 1 et que la collecte des données de LinkedIn sur le Web a été jugée difficile en raison des caractéristiques de sécurité du siteNote de bas de page 2.
7. Remerciements
Merci aux coauteurs Andrew Nguyen, Kristy Phipps, Nelson Tang et Carl Zou (étudiants de l'Université de la Colombie-Britannique), ainsi qu'à Statistique Canada.
8. Notes de bas de page
Publié : 2023-01-13
Date de modification : 2024-11-20
Blogue
Rencontrez le Fellow en science du comportement de l’UII: Caitlyn Gallant
Impact Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Quelle(s) perspective(s) unique apportez-vous à ce travail, en tant que personne qui arrive à la fonction publique pour la première fois?
Je possède une formation en santé mentale et en neuropsychologie, deux domaines qui intègrent des connaissances d’une variété d’autres disciplines. Par exemple, au fil de ma formation postdoctorale, j’ai eu l’occasion de travailler avec des équipes multidisciplinaires pour déceler et éliminer les obstacles d’accès aux services que rencontrent les jeunes autistes. Ces expériences m’ont appris l’importance de tenir compte de divers points de vue, et j’espère pouvoir continuer à collaborer avec les autres et à apprendre d’eux dans mon nouveau rôle de Fellow.
Qu’est-ce qui vous a amené à présenter une demande dans le cadre du programme de Fellowship?
J’ai été motivée à postuler au programme de Fellowship parce qu’il offre la possibilité de tirer parti de mes connaissances et de mes compétences pour éclairer les initiatives de santé et résoudre les grands problèmes auxquels sont confrontés les Canadiens. En s’attaquant directement à ces problèmes dans des contextes réels, ce programme contribue également à combler le fossé qui existe entre la recherche d’une part et la pratique et la mise en œuvre d’autre part, ainsi qu’à faciliter la prise de décision fondée sur des données probantes. Par conséquent, je suis très enthousiaste à l’idée d’y participer!
De quelle manière pensez-vous que l’application de la science comportementale peut soutenir efficacement la réponse à certains des défis auxquels nous sommes confrontés en tant que société?
L’application des connaissances en sciences du comportement peut nous aider à relever des défis sociétaux urgents, car cette méthode systématique de résolution de problèmes repose sur des principes scientifiques.
Autrement dit, en adoptant une perspective des sciences du comportement, nous pouvons mieux évaluer et comprendre l’étendue de ces défis afin d’élaborer et de mettre à l’essai des interventions pour les résoudre de manière systématique.
« En adoptant une perspective des sciences du comportement, noux pouvons mieux évaluer et comprendre l'étendue de ces défis [sociétaux] afin d'élaborer des interventions pour les résoudre de manière systémique. »
Publié : 2022-12-21
Date de modification : 2025-02-03
Blogue
Rencontrez le Fellow en science du comportement de l’UII: Daniel Almeida
Impact Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Quelle(s) perspective(s) unique apportez-vous à ce travail, en tant que personne qui arrive à la fonction publique pour la première fois?
Je pense que mes antécédents en matière de collaboration me permettent d’offrir une perspective unique sur la science comportementale. Ayant travaillé avec divers professionnels, j’ai développé une capacité à analyser, à comprendre et à résoudre des problèmes en utilisant des outils issus de différents cadres. L’un des aspects de ma formation doctorale que j’ai le plus apprécié est la résolution de problèmes qui accompagnait mes recherches. C’est pourquoi je suis enthousiaste à l’idée d’utiliser les compétences que j’ai développées au cours de mes études doctorales pour résoudre des problèmes réels qui ont une incidence sur la vie des Canadiens.
Qu’est-ce qui vous a amené à présenter une demande dans le cadre du programme de Fellowship?
J’ai été attiré par le programme de Fellowship en raison de l’approche utilisée par Impact Canada. L’étape finale de mise à l’échelle, en particulier, était ce qui, selon moi, manquait dans mes recherches antérieures. Je me réjouis d’avoir la possibilité de diffuser des connaissances et de créer des changements significatifs grâce à mon travail.
De quelle manière croyez-vous que l’application de la science comportementale peut appuyer de manière efficace la réponse du gouvernement du Canada en matière de santé publique?
Je crois fermement qu’une réponse empirique est nécessaire pour aborder les questions de santé publique. En ancrant les politiques dans la science, on s’assure que les solutions reposent sur l’ensemble de la littérature scientifique existante et qu’elles sont soutenues par un raisonnement solide et un corpus étendu de preuves.
« Je me réjouis d'avoir la possibilité de diffuser des connaissances et de créer des changements significatifs grâce à mon travail. »
Publié : 2022-12-21
Date de modification : 2025-02-03
Blogue
Rencontrez le Fellow en science du comportement de l’UII: Klajdi Puka
Impact Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Publié : 2022-12-21
Date de modification : 2022-12-22
Rencontrez le Fellow en science du comportement de l’UII: Arvin Jagayat
Blogue
Rencontrez le Fellow en science du comportement de l’UII: Arvin Jagayat
Impact Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Quelle(s) perspective(s) unique apportez-vous à ce travail, en tant que personne qui arrive à la fonction publique pour la première fois?
Tant dans ma vie personnelle que dans ma carrière universitaire, je suis fasciné par la convergence entre la technologie et le comportement. Les espaces sociaux numériques ont évolué bien plus rapidement que nos espaces physiques, et nos expériences physiques semblent s’intégrer de plus en plus à nos vies numériques. Qu’il s’agisse d’étudier les façons toujours plus nombreuses dont les femmes et les filles sont ciblées en ligne ou d’évaluer comment les plateformes de médias sociaux peuvent être conçues différemment pour réduire l’interaction avec la mésinformation, je suis devenu attentif aux possibilités et aux pièges des espaces sociaux numériques. À tel point que j’ai dirigé une équipe interdisciplinaire chargée de mettre au point l’outil simulateur de site Web de médias sociaux : une méthode permettant aux chercheurs de simuler des plateformes de médias sociaux existantes, modifiées ou entièrement nouvelles, et de mesurer la façon dont les participants les utilisent. Je crois que mes expériences de développement de logiciels de recherche pour les rendre très modulaires, accessibles et pour répondre aux besoins exprimés par les chercheurs du monde entier m’ont apporté des perspectives diversifiées sur la vie numérique des gens que j’espère pouvoir apporter à mon travail avec Impact Canada.
Qu’est-ce qui vous a amené à présenter une demande dans le cadre du programme de Fellowship?
Avant toute chose, le programme de Fellowship m’a semblé être une occasion exceptionnelle de mener des recherches à la fois rigoureuses et significatives, et d’avoir une voie claire vers la politique en faisant partie de la fonction publique. Ma recherche a toujours été plus appliquée, donc la perspective de me joindre à une équipe de chercheurs qui mènent des recherches applicables concrètement était très attrayante pour moi. La cerise sur le gâteau a été d’apprendre que ces équipes étaient interdisciplinaires et que j’avais la possibilité de travailler aux côtés d’experts ayant des antécédents de recherche complètement différents et d’apprendre d’eux. Bon nombre des plus grands enjeux sociétaux sont intersectoriels et interdisciplinaires, alors poser ma candidature était une évidence lorsque j’ai découvert qu’Impact Canada était fondamentalement engagé à favoriser ces diverses perspectives.
De quelle manière pensez-vous que l’application de la science comportementale peut soutenir efficacement la réponse à certains des défis auxquels nous sommes confrontés en tant que société?
Nous nous demandons tous souvent pourquoi les gens font ce qu’ils font, et il est facile de spéculer sur les raisons sous‑jacentes. Cependant, le comportement humain est incroyablement variable, désordonné et souvent influencé simultanément par de nombreux facteurs dispositionnels et circonstanciels. Or, la spéculation seule ne peut nous dire avec certitude lesquels de ces facteurs comptent le plus. Pour lutter efficacement contre nos plus grands problèmes de société, un degré élevé de certitude est nécessaire. Sans cette certitude, les solutions potentielles à ces problèmes sociétaux peuvent se retourner contre nous et potentiellement les aggraver. La science du comportement nous fournit les outils dont nous avons besoin pour remplacer la spéculation par la certitude, afin d’améliorer la vie des gens.
« La science du comportemen nous fournit les outils dont nous avons besoin pour remplacer la spéculation pa la certitude, afin d'améliorer la vie des gens. »
Publié : 2022-12-19
Date de modification : 2025-01-23