Rapport

Comprendre les obstacles et les facteurs déterminants de l’adoption de comportements de prévention des piqûres de tiques chez les visiteurs des parcs canadiens

Bureau des sciences comportementales (BSC) | Agence de la santé publique du Canada (ASPC)
Division des zoonoses, Agence de la santé publique du Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Deux personnes se promenant dans un parc boisé avec un panneau affichant une coche.

Points importants

  • Les communications devraient viser à accroître l’adoption de mesures précises de prévention des piqûres de tiques (c.-à-d. celles prises précisément pour prévenir les piqûres d’insectes, plutôt que de servir à une double fonction), comme vérifier la présence de tiques sur tout le corps. Ces mesures sont plus efficaces, mais utilisées moins fréquemment que les mesures générales (c.‑à‑d. les mesures qui servent à une double fonction), comme le port de chaussures fermées.
  • Les connaissances autodéclarées sur les tiques et les maladies transmises par les tiques constituent l’un des principaux indicateurs prévisionnels du comportement de prévention des piqûres de tiques, ce qui fait ressortir la nécessité de maintenir les activités de sensibilisation au risque de piqûres de tiques à l’extérieur.
  • Les visiteurs du parc qui déclarent avoir plus de difficulté à planifier ont tendance à adopter moins fréquemment des comportements de prévention des piqûres de tiques, ce qui suggère que des messages opportuns (p. ex. des alertes à l’arrivée dans un parc ou à la guérite de stationnement) peuvent être une solution efficace et peu coûteuse.
  • Les normes sociales perçues sont le meilleur indicateur prévisionnel des comportements de prévention des piqûres de tiques. Le renforcement des normes sociales explicites (p. ex. panneau indiquant de rester sur les sentiers) ou l’accent sur les normes sociales dynamiques (p. ex. combien de Canadiens de plus ont pris des mesures cette année par rapport à l’an dernier) pourrait contribuer à stimuler l’adoption des mesures.
  • LLes travailleurs de la santé et les pharmaciens sont des sources fiables d’information sur les tiques et les maladies transmises par les tiques, ce qui suggère qu’ils devraient être mis à contribution pour les communications au sujet des tiques et des maladies transmises par les tiques.

Contexte

Les parcs et les espaces naturels ont gagné en popularité au cours des dernières années (Eykelbosh et Chow, 2022; PRAAC Vague 6 , 2022) car bon nombre de personnes reconnaissent les avantages qu’ils procurent sur les plans physique et psychologique (Crouse et coll., 2021; Lemieux et coll., 2015; Reining et coll., 2021) et leur contribution à la résilience aux changements climatiques (p. ex. amélioration de la qualité de l’air, atténuation des inondations). Bien que les Canadiens passent plus de temps dans les espaces naturels, leurs collectivités se sont également concentrées sur le développement d’infrastructures vertes en zone urbaine afin de maximiser les avantages pour la santé et le climat. Compte tenu de ses contacts croissants avec la nature, il est important que la population canadienne comprenne les risques qui s’y trouvent et prenne des mesures de protection afin de pouvoir en profiter en toute sécurité.

Notamment, les changements climatiques entraînent une hausse des températures et une réduction de la durée de l’hiver, une augmentation de la survie, de l’aire de répartition et de l’abondance des tiques et une accentuation de la propagation des maladies infectieuses transmises par les tiques au Canada (Gage et coll., 2008; Ogden et coll., 2009). Par exemple, l’incidence annuelle nationale de la maladie de Lyme a considérablement augmenté au cours des dernières années – atteignant 2 634 cas enregistrés en 2019 (Gasmi et coll., 2022) – et il s’agit de la maladie à transmission vectorielle la plus répandue dans les régions tempérées (Githeko et coll., 2000). Les efforts visant à atténuer l’exposition humaine et l’infection sont donc essentiels pour gérer efficacement le risque de maladie pour la population canadienne. L’une des façons d’atteindre cet objectif est de donner aux personnes les moyens de prendre des mesures préventives personnelles qui réduisent le risque de piqûres de tiques ou de transmission de maladies.

Les interventions antérieures visant à accroître l’adoption des mesures de prévention des maladies infectieuses (p. ex. l’utilisation de répulsifs et de vêtements de protection) ont principalement été de nature éducative (Coderre-Ball et coll., 2021; Mowbray et coll., 2012), et des recherches sur l’opinion publique ont démontré que les Canadiens et Canadiennes possèdent généralement des niveaux élevés de sensibilisation et de connaissance à ce sujet. Par exemple, 89 % des répondants ont déclaré avoir entendu parler de la maladie de Lyme, 67 % ont indiqué à juste titre que les tiques se trouvent dans leur région, 91 % ont reconnu que les activités en plein air les exposent à un risque de piqûre de tique et 60 % ont déclaré savoir comment se protéger contre les piqûres de tiques. Les taux d’utilisation des mesures de prévention sont toutefois beaucoup plus faibles (Aenishaenslin et coll., 2017; Brady et coll., 2022), ce qui indique qu’il existe d’autres obstacles qui ont créé un écart persistant entre les connaissances et la sensibilisation et les mesures de prévention.

Le Bureau des sciences comportementales et le Programme de maladies infectieuses et de changements climatiques de l’Agence de la santé publique du Canada ainsi qu’Impact Canada (au sein du Bureau du Conseil privé) ont donc mené un sondage en ligne sur les obstacles et les facteurs liés à la prévention des piqûres de tiques afin de mieux comprendre comment donner les moyens aux visiteurs des parcs canadiens de prendre des mesures pour se protéger et protéger leur famille lorsqu’ils sont en plein air.

Méthodologie

Le sondage a été mené en février et mars 2024 auprès d’un échantillon de 3 171 visiteurs de parcs canadiens en utilisant Qualtrics - une plateforme de sondage en ligne qui recrute les participants à partir des bassins existants de participants qui ont accepté d’être contactés pour des projets de recherche. Les seuls répondants autorisés étaient les personnes âgées de 18 ans ou plus vivant au Canada et ayant visité un parc ou un espace naturel au moins trois fois au cours de la dernière saison des tiques (d’avril à octobre 2023) pour pratiquer au moins l’une des activités de plein air suivantes : randonnée, promenades en nature, course à pied ou jogging, camping, vélo de montagne, golf, observation des oiseaux ou pêche (depuis la berge; voir la figure 1). Aux fins de ce sondage, on entend par « un parc ou un espace naturel » tout espace vert urbain, toute forêt privée, tout sentier de randonnée, tout parc communautaire ou municipal ou toute terre de la Couronne, et pas nécessairement un parc national ou provincial. Parmi les trois types de parcs officiels examinés (c.‑à‑d. nationaux, provinciaux ou territoriaux et municipaux), les parcs municipaux étaient les plus populaires, car 75 % des répondants ont déclaré avoir visité un parc municipal au cours de la dernière année.

Plus de la moitié (56 %) des répondants ont déclaré vivre dans un grand centre urbain (c.-à-d. 100 000 habitants et plus), et 69 % ont été classés comme résidant dans une région à risque élevé en fonction de leur code postal (plus précisément, leur région de tri d’acheminement) et des données de surveillance de la maladie de Lyme pour 2023). Différentes fourchettes d’âges de répondants étaient également représentées : 18-34 ans (26 %), 35-54 ans (36 %), 55-64 ans (15 %) et 65 ans et plus (23 %). Un peu plus de la moitié (53 %) des répondants se sont identifiés comme des femmes, 46 % comme des hommes et 0,4 % ont choisi une autre identité de genre. De plus, 18 % se sont identifiés comme membres d’une minorité visible, 11 % comme une personne en situation de handicap et 5 % comme un Autochtone (4 % membres des Premières Nations, 2 % Métis et 0,2 % Inuk).

Le sondage comprenait également un suréchantillon de 1 143 parents. Au moment du sondage, 32 % des parents répondants avaient au moins un enfant de moins de 6 ans, 45 % avaient au moins un enfant entre 6 et 11 ans et 40 % avaient au moins un enfant entre 12 et 17 ans. Environ la moitié des parents répondants (51 %) se sont identifiés comme des hommes, et la majorité ont été catégorisés comme résidant dans une zone à risque élevé pour les tiques (71 %). D’avril à octobre 2023, la plupart des parents (71 %) ont visité un parc ou un espace naturel avec leurs enfants.

Tous les répondants au sondage ont reçu une liste des comportements recommandés pour la prévention des piqûres de tiques et on leur a demandé d’indiquer la fréquence à laquelle ils avaient utilisé chaque mesure lorsqu’ils visitaient des parcs ou des espaces naturels d’avril à octobre de l’année précédente. On a également demandé aux répondants d’indiquer une série de facteurs et d’obstacles à leur comportement de prévention des piqûres de tiques, comme leurs connaissances subjectives et objectives, leurs difficultés de planification, leurs perceptions des normes sociales, leurs contraintes en matière de ressources et leurs perceptions en matière d’efficacité. Ces obstacles et ces facteurs ont été organisés selon le COM-B Model, qui est un cadre de changement de comportement. Le modèle COM-B indique que les facteurs suivants influent sur le comportement (B) : la Capacité (la capacité physique et psychologique d’une personne à adopter un comportement), l’Occasion (l’environnement et les facteurs externes qui permettent un comportement) et la Motivation (les processus cognitifs internes qui déterminent le comportement à un moment donné).

Constatations

Les comportements particuliers de prévention des tiques sont moins fréquents que les comportements généraux

Dans l’ensemble, les répondants ont déclaré avoir utilisé une gamme de mesures de prévention pour se protéger des piqûres de tiques lorsqu’ils visitaient des parcs ou des espaces naturels pendant la saison des tiques. Comme le montrent les figures 2 et 3, les trois mesures les plus fréquentes étaient le port de chaussures fermées (83 % l’utilisent « souvent » ou « toujours »), la marche uniquement sur des chemins dégagés ou des sentiers (79 %) et la prise d’une douche ou d’un bain au retour de l’extérieur (62 %). Les trois mesures les moins fréquentes consistaient à porter des vêtements traités à la perméthrine (17 %), à mettre des vêtements dans une sécheuse à haute température (33 %) et à rentrer le pantalon dans les chaussettes (35 %).

Les répondants étaient plus susceptibles d’adopter des comportements généraux de prévention des piqûres de tiques (c.-à-d. des mesures qui remplissent une double fonction, comme le port d’un chapeau ou de vêtements à manches longues) que des comportements particuliers de prévention (c.-à-d. des mesures qui sont intentionnellement prises dans le but de prévenir les piqûres d’insectes et les maladies infectieuses, plutôt que de servir à une double fonction).

Les parents déclarent également utiliser moins fréquemment des comportements particuliers de prévention des piqûres de tiques que des mesures générales pour protéger leurs enfants

Les parents répondants ont également déclaré avoir utilisé une gamme de mesures préventives pour protéger leurs enfants lorsqu’ils visitaient des parcs ou des espaces naturels. Parmi les trois mesures les plus fréquentes, mentionnons faire porter à leurs enfants des chaussures fermées (78 %), s’assurer que leurs enfants portent un chapeau (72 %) et s’assurer que leurs enfants couvrent la peau exposée (64 %). Les trois réponses les moins fréquentes étaient de mettre les vêtements de leurs enfants dans une sécheuse à haute température (42 %), de rentrer le pantalon de leurs enfants dans leurs chaussettes (49 %) et d’habiller leurs enfants avec des vêtements de couleur claire (51 %; voir les figures 4 et 5). À l’instar des visiteurs du parc en général, les parents répondants ont déclaré une plus grande adoption de comportements particuliers de prévention contre les piqûres de tiques que de comportements généraux.

Les problèmes autodéclarés en matière de connaissances et de planification sont associés à une adoption réduite de comportements de prévention des tiques

Les répondants ont évalué leur niveau de connaissance des tiques et des maladies transmises par les tiques sur une échelle de 7 points. Dans l’ensemble, 47 % ont indiqué avoir des connaissances subjectives élevées (c.-à-d. une note de 5 à 7), tandis que 28 % ont indiqué avoir des connaissances subjectives faibles (c.-à-d. une note de 1 à 3). Il convient de souligner que les répondants qui se sont dits peu informés sur les tiques et les maladies transmises par les tiques étaient moins susceptibles de prendre fréquemment des mesures de prévention (voir la figure 6).

Nous avons également examiné la sensibilisation des répondants au risque de maladie de Lyme dans leur province ou territoire. Dans l’ensemble, 32 % des répondants n’étaient pas certains du niveau de risque dans leur province ou territoire et, parmi ceux qui ont indiqué connaître leur niveau de risque (c.-à-d. ceux qui ont choisi un niveau de risque; n = 2 149), seulement 46 % avaient fourni une évaluation exacte. Parmi toutes les régions, la région de l’Atlantique comptait une plus faible proportion de répondants ayant fourni une réponse exacte, suivie des Prairies et de la Colombie-Britannique.

Un autre facteur qui peut avoir une incidence sur le comportement de prévention des piqûres de tiques est la capacité de planification des personnes. Étant donné que plusieurs comportements de prévention des piqûres de tiques nécessitent de l’équipement ou des vêtements particuliers (p. ex. insectifuge, vêtements à manches longues) ou doivent être adoptés à un moment précis (c.-à-d. lorsqu’on revient de l’extérieur), il est important que les visiteurs du parc soient en mesure de planifier. Par conséquent, on a demandé aux répondants d’évaluer leur accord avec deux énoncés – l’un évaluant la difficulté de se préparer pour les activités en plein air et l’autre évaluant la difficulté de prendre des mesures de prévention après avoir été à l’extérieur. Environ le tiers des répondants (36 %) ont mentionné qu’ils avaient des difficultés à se préparer aux activités extérieures, tandis que 42 % ont reconnu qu’ils avaient des difficultés à prendre des mesures de prévention après avoir été à l’extérieur.

En moyenne, les répondants sous-estiment le pourcentage d’autres visiteurs du parc qui prennent des mesures pour se protéger des piqûres de tiques et des maladies transmises par les tiques

De nombreuses enquêtes ont montré que les gens sont particulièrement influencés par leur contexte social et leur perception des normes sociales. Les normes sociales sont des attentes collectives ou des règles de comportement au sein d’un groupe qui peuvent être explicites (p. ex. un panneau demandant de rester sur un sentier) ou implicites (p. ex. constater que la plupart des visiteurs du parc restent sur le sentier). Dans notre sondage, les répondants ont évalué leur niveau d’accord avec deux énoncés sur les normes sociales : le premier portait sur les normes descriptives (c.-à-d. la perception du comportement de prévention des piqûres de tiques d’autrui) et le second sur les normes injonctives (c.-à-d. la perception de l’approbation ou de la désapprobation par les autres du comportement de prévention des piqûres de tiques). En réponse à l’énoncé sur les normes descriptives, 44 % des répondants étaient d’accord pour dire que la plupart de leurs amis et de leur famille prennent des mesures pour se protéger, tandis que 29 % étaient en désaccord. En réponse à l’énoncé sur les normes injonctives, 51 % des répondants étaient d’accord pour dire que leurs proches s’attendent généralement à ce qu’ils prennent des mesures pour se protéger, alors que seulement 21 % étaient en désaccord. Il convient de souligner que les répondants qui prennent le moins fréquemment des mesures préventives (c.-à-d. « jamais » ou « rarement ») étaient moins susceptibles de percevoir la prévention contre les piqûres de tiques comme une norme généralisée (voir la figure 7).

La perception du consensus social (c.‑à‑d. la perception des croyances des autres et leur adoption de certains comportements) est une autre influence sociale importante qui s’exerce sur le comportement. Par exemple, lorsqu’on leur a demandé d’estimer le pourcentage de Canadiens qui ont pris des mesures préventives pour se protéger des tiques et des maladies transmises par les tiques entre avril et octobre de l’année dernière, l’estimation moyenne des répondants au sondage était de 32,4 % (écart-type = 21,7 %). Ce taux perçu de comportement de prévention des piqûres de tiques est beaucoup plus faible que le taux réel d’adoption. Lorsqu’on a d’abord demandé aux répondants s’ils avaient pris des mesures préventives contre les tiques et les maladies transmises par les tiques au cours de la dernière année, 50 % ont répondu « souvent » ou « toujours » en utilisant au moins une mesure de prévention particulière, tandis que les taux pour les mesures générales étaient encore plus élevés.

L’adoption des comportements de prévention des piqûres de tiques est limitée par des facteurs externes, comme la disponibilité, les coûts et la surabondance des choix

En plus de l’environnement social, le comportement de prévention des piqûres de tiques peut être influencé par des facteurs externes ou des rappels dans l’environnement physique. Par exemple, 36 % des répondants ont déclaré que l’équipement approprié est difficile à trouver ou qu’il n’est pas disponible dans leur région, 36 % ont déclaré que l’équipement approprié est trop cher et 57 % ont déclaré qu’il fait souvent trop chaud à l’extérieur pour porter des vêtements de protection dans les parcs. De plus, le tiers des répondants ont indiqué une surabondance de choix (36 %) ou l’impression qu’il y a trop de stratégies de prévention pour toutes les adopter. Malheureusement, la surabondance de choix peut entraîner une paralysie à cet égard, car un excès de solutions pourrait dissuader les gens d’adopter la moindre mesure préventive.

La plupart des répondants font confiance au gouvernement du Canada comme source d’information sur les tiques et les maladies transmises par les tiques

Un autre facteur qui peut avoir une incidence sur l’adoption du comportement de prévention des piqûres de tiques est le niveau de confiance que l’on éprouve à l’égard de la source des mises en garde sur les tiques et les maladies transmises par les tiques. On a demandé aux répondants d’évaluer dans quelle mesure ils font confiance à une gamme de sources d’information sur ce sujet, et bien que les professionnels de la santé (89 %) et les pharmaciens (87 %) soient les sources les plus fiables d’information sur les tiques et les maladies transmises par les tiques, 78 % des répondants ont également déclaré faire confiance au gouvernement du Canada comme source d’information sur les tiques et les maladies transmises par les tiques. En revanche, les sources des médias sociaux, comme TikTok (taux de méfiance de 53 %) et Twitter/X (taux de méfiance de 47 %), ont suscité la méfiance chez un plus grand nombre de répondants que la confiance, soulignant que l’origine du message est importante.

La plupart des répondants se sentent capables de prendre des mesures préventives

Pour adopter un comportement de prévention des piqûres de tiques, il faut également se sentir capable de le concrétiser (c.-à-d. avoir une autoefficacité). En particulier, lorsqu’on a demandé aux répondants à quel point ils se sentaient capables de se protéger contre les tiques et les maladies transmises par les tiques lorsqu’ils visitaient des parcs, seulement 10 % ont déclaré se sentir incapables. Toutefois, les personnes qui ont déclaré prendre des mesures de prévention moins fréquemment affichaient des cotes d’autoefficacité beaucoup plus faibles que celles qui ont déclaré prendre des mesures plus fréquemment (voir la figure 8).

Les normes sociales perçues et les connaissances subjectives ont les plus grandes répercussions uniques sur la fréquence des mesures de prévention contre les tiques

Nous avons exploré les données à l’aide d’un modèle de régression linéaire multivariable pour déterminer les facteurs ayant les plus grandes répercussions uniques sur la fréquence de l’adoption de comportements de prévention des piqûres de tiques (c.-à-d. qu’un score moyen de fréquence a été calculé en combinant les cotes de fréquence pour tous les comportements particuliers et généraux de prévention des piqûres de tiques). Ce modèle (voir la figure 9), comportant 10 obstacles ou facteurs, représentait 41 % des différences observées dans la prévention des piqûres de tiques. Les principaux indicateurs prévisionnels positifs de notre modèle étaient les normes sociales perçues et les connaissances subjectives. Plus particulièrement, plus les répondants percevaient les mesures de prévention contre les tiques comme un choix socialement normatif, et plus leur connaissance subjective des tiques et des maladies transmises par les tiques était grande, plus ils adoptaient eux-mêmes des comportements de prévention des piqûres de tiques.

Figure 9. Régression multivariable déterminant les principaux facteurs qui influent sur la fréquence à laquelle les gens adoptent des comportements de prévention des piqûres de tiques.

Version texte

Figure 9. Un diagramme en forêt illustrant l'association entre divers facteurs psychologiques et situationnels et la fréquence d'utilisation des mesures de prévention contre les tiques. L’axe des x représente la taille de l'effet (B), variant approximativement de -0,2 à 0,4. Une ligne verticale rouge à 0 indique l'absence d'effet. L’axe des y répertorie les facteurs regroupés en trois catégories : Capacité (fond vert), Opportunité (fond rose) et Motivation (fond bleu). Chaque facteur est accompagné d'une barre horizontale représentant l'intervalle de confiance.

Les perceptions des normes sociales (B = 0,347, IC à 95 % [0,32, 0,374]), les connaissances subjectives (B = 0,14, IC à 95 % [0,122, 0,158]) et les contraintes liées aux ressources (B = 0,094, IC à 95 % [0,066, 0,122]) montrent les associations positives les plus fortes, tandis que les difficultés de planification (B = -0,057, IC à 95 % [-0,084, -0,029]) montrent une association négative.

Discussion et prochaines étapes

Cette étude a révélé que de nombreux visiteurs des parcs canadiens ne prennent pas systématiquement des mesures de prévention des tiques, notamment les mesures particulières qui sont les plus efficaces (p. ex. application d’insectifuge synthétique, contrôle des tiques). Heureusement, les résultats du sondage mettent également en lumière les possibilités d’avoir recours aux principes des sciences comportementales pour favoriser l’adoption de comportements de prévention.

Pour souligner l’importance de la prévention des maladies transmises par les tiques et renforcer les connaissances subjectives sur les tiques, il est préférable de faire coïncider la communication des risques avec l’ouverture des parcs et de mettre l’accent sur les risques locaux. Par exemple, rendre cette information plus visible dans les parcs locaux favoriserait l’apprentissage passif chez les visiteurs, ce qui contribuerait à accroître la sensibilisation globale. De même, pour remédier aux difficultés de planification, des rappels en temps opportun – comme des messages à l’arrivée dans un parc ou à la guérite de stationnement, des renseignements sur les tiques inscrits sur les articles remis dans les parcs (p. ex. reçus, laissez-passer de stationnement, cartes) ou des affiches sur les vérifications des tiques à la fin d’un sentier – peuvent être des solutions peu coûteuses, mais efficaces.

Pour éliminer les obstacles liés aux ressources, des outils de prévention comme des pinces à tiques pourraient être mis à la disposition des visiteurs dans les parcs, et la communication sur les risques pourrait insister sur les mesures ne nécessitant aucun équipement spécial. De même, pour réduire la surabondance de choix, il est recommandé que la communication sur les risques mette l’accent sur quelques mesures de prévention simples qui sont les plus efficaces (p. ex. le contrôle des tiques) ou organise les mesures de prévention selon leur incidence (p. ex. obligatoires, souhaitables). La mise à profit des stratégies susmentionnées ainsi que des messagers de confiance, comme les professionnels de la santé et les pharmaciens, contribuerait à éliminer les principaux obstacles chez les visiteurs de parcs et notamment les parents accompagnés d’enfants.

Fait important, nous avons constaté que le fait de percevoir la prévention des tiques comme une norme sociale (c.-à-d. ce que font la plupart des autres) est fortement associé à un comportement accru de prévention des tiques. L’utilisation de panneaux qui mettent l’accent sur les signaux sociaux (p. ex. rester sur des sentiers dégagés) ou de messages sociaux qui soulignent que la prévention des tiques est un comportement courant (p. ex. pourcentage de Canadiens ayant pris des mesures de protection pendant qu’ils étaient dans un parc l’an dernier) pourrait être un moyen efficace de surmonter les principaux obstacles comportementaux et d’accroître l’adoption des mesures de prévention contre les tiques chez les personnes particulièrement à risque.

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur ce projet ou les autres activités de l’équipe de l’Unité de l’impact et de l’innovation, veuillez écrire à iiu-uii@pco-bcp.gc.ca

Ressources connexes

Maladie de Lyme : Ressources de sensibilisation

Tiques – Petites bibittes, gros problèmes!

Avoiding bugs and germs outdoors (en anglais seulement)

Fiches d’information : Tick bite diseases and symptoms attributed to tick bites (en anglais seulement)

Educational Materials on Lyme (en anglais seulement)

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Comprendre les obstacles et les facteurs déterminants de l’adoption de comportements de prévention des piqûres de tiques chez les visiteurs des parcs canadiens

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This publication is also available in English: Understanding barriers and drivers of tick prevention behaviours among Canadian park visitors

ISBN: 978-0-660-76667-6
CP22-231/2025F-PDF

Publié : 2025-07-10
Date de modification : 2025-07-10
Blogue

Élimination du sludge au sein de l’administration publique

Sarah Hackett, Behavioural Science Fellow
Jay Olson, Behavioural Science Fellow
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Une calculatrice et des papiers sur une table

Alors que des gouvernements de partout dans le monde sont confrontés à des crises économiques, sociales, environnementales et géopolitiques qui s’intensifient, la confiance à l’endroit des institutions publiques demeure une grande priorité. Et à l’instar d’autres démocraties, le Canada doit aussi composer avec ces problèmes.

Tandis que le discours continue d’évoluer quant à la façon de s’attaquer à ces problèmes urgents alors que le contexte politique se complexifie, des recherches d’Impact Canada montrent que les Canadiens qui sont satisfaits de leur dernière interaction avec des représentants d’un programme ou service fédéral – qu’il s’agisse de demander des prestations d’assurance-emploi ou de s’adresser à un agent des services frontaliers – sont plus de deux fois plus susceptibles de faire confiance au gouvernement que ceux qui en sont insatisfaits. Des corrélations similaires ont été établies entre la confiance à l’égard de l’impartialité des fonctionnaires et la confiance globale à l’égard de la démocratie au pays. Bien que cela puisse être attribuable à de nombreuses raisons, il importe de tenir compte du fait que ce genre d’expériences – positives ou négatives – peut exercer une influence cumulative sur la confiance de la population au fil du temps. Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance que revêt l’excellence des services offerts.

Les fardeaux administratifs excessifs ou injustifiés, souvent qualifiés de sludge en science du comportement, peuvent imposer des coûts importants (p. ex. en temps et en efforts) aux citoyens et, en fin de compte, éroder leur confiance à l’endroit du gouvernement. Grâce à l’adoption de méthodes novatrices, comme les audits du sludge, Impact Canada travaille avec des partenaires de l’ensemble de la fonction publique fédérale pour cerner et éliminer ce sludge et ainsi améliorer la prestation des programmes et services aux Canadiens.

En quoi consiste le sludge?

Popularisé par Cass Sunstein, professeur à la Faculté de droit de l’Université Harvard, le terme anglais sludge décrit les irritants et obstacles excessifs ou injustifiés qui compliquent la tâche aux citoyens. Bien que cela puisse s’apparenter à quelque chose de voulu, le sludge dans le cadre des processus gouvernementaux n’est pas intentionnel. Il peut par exemple s’agir d’information difficile à trouver, de formulaires répétitifs et difficiles à remplir, de délais d’attente excessifs sans que les citoyens soient informés de quoi que ce soit, et de points de décision complexes. Le sludge existe dans le cas des demandes qui exigent de signer des documents à la main et de les télécopier ainsi que dans le cas de formulaires fiscaux où les citoyens doivent s’adresser à un expert et payer des honoraires pour comprendre de quoi il s’agit. Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi un processus était si compliqué, vous avez probablement déjà eu maille à partir avec du sludge. Il convient également de souligner que même si les gouvernements prennent les mesures nécessaires pour améliorer leurs programmes, services et processus, il arrive que l’accumulation de ce sludge vienne atténuer les avantages nets que procurent ces améliorations.

Pourquoi existe-t-il autant de sludge dans l’administration publique?

Plusieurs facteurs structurels et conjoncturels contribuent à la persistance et à la prolifération du sludge dans l’administration publique :

  • Anciens programmes et systèmes : Les programmes gouvernementaux sont souvent modifiés progressivement après leur instauration. Dans un contexte où les politiques évoluent rapidement et constamment, l’accumulation au fil du temps de ces modifications, petites ou grandes, peut finir par engendrer du sludge. À défaut de surveiller systématiquement et d’évaluer continuellement les programmes, il arrive que les irritants demeurent insaisissables et que les programmes continuent à fonctionner, parce que les gens se disent que « c’est ainsi qu’on a toujours procédé ».
  • Problèmes quant à l’accès aux données et à leur collecte : Un grand nombre de politiques et de programmes font appel à plusieurs parties prenantes qui travaillent en vase clos. Entre autres, il arrive que la réglementation sur la protection des renseignements personnels oblige les citoyens à fournir à de multiples reprises les mêmes renseignements à différents ministères et organismes, ce qui fait doubler les renseignements à fournir et engendre un fardeau administratif excessif. De plus, les limitations techniques peuvent contribuer au sludge quand les logiciels en place ne permettent pas de recueillir de données et d’en faire le suivi. Lorsqu’il est possible de faire le suivi des données, il arrive que rien n’incite la seule équipe qui a accès aux données à analyser ces dernières ou que l’équipe responsable des données ne soit pas celle qui soit responsable des politiques ou de leur mise en œuvre. À défaut d’intervenir, le nombre des parties prenantes, des équipes responsables et des exigences rend souvent les processus gouvernementaux plus compliqués que ce qu’il faudrait.

Ce sludge oblige les citoyens à consacrer beaucoup de temps aux processus gouvernementaux. Au niveau fédéral, cela peut avoir une grande incidence cumulative. Au Canada par exemple, 28 millions de personnes produisent leur déclaration de revenus chaque année. Même si chaque personne y consacre seulement une heure, soit pour rassembler les documents nécessaires ou pour consulter un comptable, cela représente en tout des milliers d’années. En d’autres termes, les Canadiens passent des millénaires à produire leur déclaration de revenus chaque année. Cette estimation est encore pire dans les grands pays où le régime fiscal est complexe.

En plus du temps que cela exige des citoyens, les fardeaux administratifs excessifs comportent d’autres inconvénients. En effet, les processus complexes nécessitent souvent grandement le soutien des fonctionnaires, ce qui signifie que l’on consacre encore plus de temps et plus de fonds publics pour doter et outiller des équipes qui pourraient autrement travailler sur d’autres initiatives prioritaires du gouvernement.

Enfin, le sludge a des répercussions disproportionnées sur les groupes en quête d’équité. Par exemple, les personnes à faible revenu sont plus susceptibles que les autres de présenter une demande dans le cadre d’un programme d’aide gouvernementale, mais elles n’ont parfois ni le temps de s’y retrouver parmi les processus complexes ni les ressources financières pour consulter des professionnels qui pourraient les aider. Par conséquent, les personnes à faible revenu subissent les contrecoups du sludge et ont à la fois peu de ressources pour obtenir de l’aide.

Élimination du sludge

Pour s’attaquer à ce problème, des gouvernements de partout dans le monde effectuent des audits du sludge. Ces audits se fondent sur le comportement des gens et visent à calculer systématiquement le temps, les efforts et les montants qu’ils consacrent aux processus bureaucratiques.

Au départ, ces audits décomposent les étapes à suivre pour mener à bien les processus (comme remplir une demande en ligne) en leurs composantes comportementales (p. ex. chercher le formulaire, lire les instructions dans la page Web, rassembler les documents nécessaires et remplir chaque page du formulaire de demande). On établit ensuite le parcours comportemental qui correspond à l’expérience des principaux acteurs (citoyens, fonctionnaires, etc.) qui prennent part au processus évalué. On établit par la suite pour chaque « comportement » ou étape le temps consacré, les coûts financiers (comme l’abandon du processus par des demandeurs et le soutien dans le cadre du programme) et les considérations quant à l’accès et à l’équité, qui comprennent les coûts sur le plan psychologique (anxiété, frustration, etc.). Après avoir déterminé ce qui constitue du sludge, les connaissances de la science du comportement peuvent servir à l’éliminer ou à en atténuer les effets.

Les audits du gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud, un chef de file dans le monde de l’élimination du sludge au sein de l’administration publique, permettent de réduire considérablement les délais de traitement et de répondre aux demandes de renseignements dans le cadre de différents processus. De cette façon, la réduction du sludge fait économiser temps et argent aux citoyens et au gouvernement à la fois. En collaboration avec la Nouvelle-Galles du Sud et l’OCDE, Impact Canada a participé aux activités de la première International Sludge Academy pour mettre à l’essai et employer la méthode d’élimination du sludge afin d’améliorer la prestation des services aux Canadiens. Aujourd’hui, Impact Canada effectue des audits en partenariat avec divers ministères pour réduire le sludge dans le cadre de la conception des politiques, de l’administration des programmes et de la prestation des services des ministères, tout en veillant à ce que ces audits et les interventions qui en découlent fassent économiser collectivement aux Canadiens au moins quelques millénaires.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sludge et effectuer des audits pour le déceler dans votre secteur d’activité, veuillez contacter Luke Babad.

Publié : 2025-03-04
Date de modification : 2025-06-16
Rapport

SACC Vague 3

Résultats détaillés des domaines d'intérêt de la Vague 3 : santé mentale et bien-être

Bureau des sciences comportementales, Agence de la santé publique du Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Une paire de mains tenant délicatement une découpe en papier d'une tête humaine, avec une illustration artistique d'un cerveau rempli de fleurs, symbolisant la santé mentale et le bien-être, sur un fond turquoise pastel.

Aperçus clés

Une grande partie des répondants – en particulier ceux qui sont plus jeunes et qui gagnent un faible revenu – déclarent éprouver des difficultés à se sentir bien : Près d’un répondant sur trois (29 %) estime que sa santé mentale est « passable » ou « mauvaise », et près de la moitié des répondants déclarent avoir parfois ou souvent le sentiment de manquer de compagnie (46 %), d’être isolés (48 %) ou d’être laissés de côté (48 %). Les personnes âgées de moins de 55 ans sont plus nombreuses à déclarer que leur santé mentale est « mauvaise » ou « passable » (34 %), tout comme les répondants à faible revenu (47 %). Les femmes, les jeunes adultes et les personnes dont le revenu du ménage est faible sont plus susceptibles de déclarer un sentiment de manque de compagnie, d’isolement ou d’être laissés pour compte.

Près de deux tiers des répondants ont éprouvé des problèmes de santé mentale à un moment donné de leur vie, et un tiers d’entre eux ont été confrontés à des difficultés au cours de la dernière année : La moitié des participants (50 %) pensent avoir souffert d’un problème de santé mentale à un moment donné de leur vie et un tiers (33 %) ont reçu un diagnostic officiel. Les obstacles à l’accès aux services de soins en matière de santé mentale ont été signalés par 12 % des répondants au cours de l’année écoulée. Les principaux obstacles mentionnés sont le coût (57 %), les longs délais d’attente (46 %) et les difficultés à se rendre à un rendez-vous (38 %).

Bien que la majorité des répondants bénéficient d’un soutien social personnel fort, certains d’entre eux – en particulier ceux qui vivent dans de grandes zones urbaines – déclarent se sentir déconnectés de leur collectivité locale : La plupart des répondants (89 %) estiment qu’ils peuvent compter sur des personnes en cas d’urgence et pour obtenir du soutien émotionnel. Cependant, l’évaluation de la cohésion sociale est généralement plus faible pour les répondants vivant dans les grandes villes, qui sont moins nombreux à reconnaître que leurs voisins sont dignes de confiance (43 % comparativement à 53 % de ceux qui vivent dans de plus petites collectivités), et plus nombreux à reconnaître que leurs voisins ne partagent pas les mêmes valeurs (27 % comparativement à 20 % de ceux qui vivent dans de plus petites collectivités).

Un quart des répondants déclarent être fréquemment victimes de discrimination : 27 % des répondants ont déclaré avoir souvent été victimes de discrimination au cours de la dernière année, notamment parce qu’ils ont été traités comme n’étant pas intelligents (16 %), qu’ils ont reçu des services moins bons (8 %) et qu’ils se sont sentis menacés (7 %). Les taux des expériences de discrimination vécues sont plus élevés chez les répondants des minorités visibles (35 %) et des répondants autochtones (62 %). L’âge (29 %), le sexe (22 %) et le poids (18 %) sont les raisons de discrimination les plus souvent invoquées.

De nombreux répondants connaissent peu les services et les programmes gouvernementaux : Plus du tiers des répondants (37 %) connaissent assez bien les services téléphoniques de soutien à la santé mentale, tandis que seulement un cinquième (22 %) connaissent de la même façon la Ligne d’aide en cas de crise de suicide, 9-8-8, soit une baisse par rapport à 28 % en décembre 2023. Les personnes qui n’ont bénéficié d’aucune aide financière du gouvernement pour les personnes en situation de handicap (64 % des personnes en situation de handicap) ont invoqué en premier lieu le fait qu’elles n’étaient pas sûres d’y être admissibles (35 %).

Certains répondants font état de mauvaises expériences avec les services gouvernementaux offerts aux personnes en situation de handicap : Un tiers des répondants en situation de handicap (32 %) ont bénéficié d’une aide financière du gouvernement pour les personnes en situation de handicap. Parmi les répondants qui ont bénéficié d’une aide financière, un cinquième (18 %) ont qualifié leur expérience de « mauvaise ».

Contexte

L’enquête intitulée Tendances en matière de santé, d’attitudes et d’analyses comportementales (HABIT) est un outil de collecte de données qui permet de prendre connaissance des perspectives et des résultats en matière de santé publique au Canada à l’échelle individuelle, interpersonnelle et systémique. Codirigée par Impact Canada et par le Bureau de la science du comportement de l’Agence de la santé publique du Canada, cette enquête vise à définir les obstacles et les facteurs qui déterminent l’état de santé et le bien-être des répondants.

L’enquête HABIT fournit une infrastructure de recherche souple et évolutive qui permet de recueillir des données en fonction des nouvelles priorités dans le secteur de la santé. Chaque vague de l’enquête vise à recueillir des données auprès d’un échantillon représentatif de répondants à l’échelle nationale et donne lieu à l’étude approfondie d’une ou de deux questions pertinentes en santé publique.

Cette enquête complète le cadre de recherche et de surveillance de l’Agence en venant s’ajouter aux recherches en cours, en recueillant des données sur des sujets peu étudiés et en diffusant ouvertement les données recueillies aux partenaires de l’administration fédérale et des universités ainsi qu’aux intervenants communautaires.

Méthodologie

Données recueillies : Du 8 au 16 mars 2024
Taille de l’échantillon : 2 021

Chaque vague de l’enquête permet de recueillir des données auprès d’un échantillon de 2 000 répondants et de prendre ainsi connaissance des points de vue de différentes personnes à chaque fois. Les répondants sont représentatifs des adultes répondants âgés de 18 ans et plus, et les résultats sont ajustés à l’aide des données du Recensement de 2021 de Statistique Canada afin de refléter avec précision la répartition de la population au Canada. De plus, l’enquête englobe intentionnellement des participants supplémentaires issus de groupes difficiles à rejoindre ou sous-représentés, comme des communautés et des segments de la population précis, qui diffèrent d’une vague à l’autre.

Bien-être

Un tiers des répondants évaluent leur santé mentale comme étant « très bonne » ou « excellente »

Bien que la majorité des répondants évaluent leur santé mentale comme étant « bonne », « très bonne » ou « excellente » – 33 % d’entre eux ayant déclaré des niveaux élevés de santé mentale (« très bonne » ou « excellente ») – près du tiers ont déclaré que leur santé mentale était « passable » ou « mauvaise ». Les répondants plus âgés (âgés de 55 ans et plus) sont plus susceptibles de déclarer des niveaux élevés de santé mentale (45 %), tandis que les jeunes adultes (âgés de 18 à 34 ans) sont moins susceptibles (23 %) de déclarer des niveaux élevés de santé mentale. Les hommes sont plus susceptibles de déclarer des niveaux élevés de santé mentale (37 %), que les femmes (30 %), tout comme les répondants dont le revenu du ménage est supérieur à 100 000 $ (39 %).

La santé mentale autoévaluée était relativement stable de septembre à mars

Lors de la vague 3 de l’enquête SACC, 71 % des répondants déclarent que leur santé mentale est « bonne », « très bonne » ou « excellente ». La santé mentale autodéclarée était relativement stable au cours des trois vagues de collecte de données de l’enquête SACC.

La plupart des répondants déclarent une satisfaction assez élevée à l’égard de la vie

La majorité des répondants (56 %) se déclarent très satisfaits de leur vie (note de 7 ou plus sur une échelle de 0 à 10). Les répondants plus âgés (de 55 ans et plus) sont plus susceptibles de déclarer une satisfaction à l’égard de la vie élevée (67 %) et très élevée (notes de 9 et 10; 26 %), tandis que les jeunes adultes (de 18 à 34 ans; 51 %) et les chômeurs (74 %) sont plus susceptibles d’évaluer leur satisfaction à l’égard de la vie inférieure à 6 sur l’échelle comparativement à la moyenne (30 %).

Près de la moitié des répondants déclarent ressentir de la solitude

Près de la moitié des répondants ont déclaré ressentir un manque de compagnie (46 %), se sentir comme mis à l’écart et se sentir isolés des autres (48 %) « parfois » ou « souvent ». La plupart des répondants (62 %) déclarent ressentir au moins l’un de ces sentiments. Les femmes sont plus susceptibles de déclarer au moins un de ces sentiments (66 %), comparativement aux hommes (58 %), tout comme les jeunes adultes (âgés de 18 à 34 ans; 73 %) et les répondants dont le revenu du ménage est inférieur à 40 000 $ (78 %).

La moitié des répondants estiment qu’ils parviennent à gérer les problèmes de manière satisfaisante

La plupart des répondants (52 %) ont déclaré parvenir souvent ou toujours à bien gérer les problèmes, tandis que de plus faibles pourcentages ont déclaré s’être sentis détendus (41 %) et optimistes quant à l’avenir (38 %) au cours des deux dernières semaines.

Comportements en matière de santé mentale et de recherche d’aide

Plus du tiers des répondants indiquent que leurs habitudes actuelles nuisent à leur santé mentale

La plupart des répondants sont « plutôt d’accord » ou « fortement d’accord » pour dire qu’il est important pour eux de prendre soin de leur santé mentale (86 %). Les trois quarts des répondants (73 %) affirment savoir comment prendre soin de leur santé mentale et les deux tiers (66 %) disent savoir comment accéder à des services pour améliorer leur santé mentale. Plus du tiers (42 %) indiquent que leurs habitudes actuelles nuisent à leur santé mentale. Les jeunes répondants (57 %) et ceux d’âge moyen (48 %) sont nettement plus susceptibles que les répondants plus âgés (28 %) de dire que leurs habitudes nuisent à leur santé mentale.

La plupart des répondants trouvent que le sommeil et le temps passé avec leur famille et leurs amis sont importants pour leur santé mentale

La plupart des répondants (64 %) estiment que le sommeil est important pour les aider à améliorer ou à maintenir leur santé mentale. Passer du temps avec des membres de la famille et des amis, faire de l’exercice physique et regarder la télévision ou des films figurent parmi les autres principales stratégies rapportées. Les stratégies privilégiées diffèrent selon le revenu du ménage : les répondants dont le revenu du ménage est élevé (plus de 100 000 $) sont plus susceptibles de choisir l’exercice physique (59 %) et la recherche d’un emploi valorisant (27 %), tandis que les répondants dont le revenu du ménage est inférieur à 40 000 $ sont plus susceptibles de choisir l’utilisation des médias sociaux (26 %) ou la consommation d’alcool et de drogues (14 %).

Un tiers des répondants ont eu des problèmes de santé mentale au cours de la dernière année

Les deux tiers des répondants (61 %) déclarent avoir eu des problèmes de santé mentale à un moment donné de leur vie. Les répondants plus jeunes (âgés de 18 à 34 ans, 72 %) sont plus susceptibles que ceux âgés de 35 à 54 ans (65 %) et de 55 ans et plus (50 %) de déclarer avoir éprouvé des difficultés à un moment donné de leur vie. Parmi les répondants qui ont déclaré avoir eu des problèmes de santé mentale à un moment donné de leur vie (61 % de l’échantillon), 55 % ont déclaré avoir demandé de l’aide à un professionnel de la santé, 45 % à des amis et 44 % à des membres de leur famille. 10 % ont déclaré ne pas avoir cherché à obtenir de l’aide.

Un quart des répondants disent avoir parlé de leur santé mentale à un professionnel au cours de la dernière année

Le quart des répondants (26 %) disent avoir consulté un professionnel au sujet de leur santé mentale ou émotionnelle au cours des 12 derniers mois. Les professionnels les plus souvent consultés pour la santé mentale étaient les médecins de famille ou les médecins généralistes (32 %), les psychologues ou les thérapeutes (32 %) et les psychiatres (19 %). 14 % déclarent avoir consulté des professionnels par l’intermédiaire de services de santé mentale en ligne ou de services communautaires.

La moitié des répondants pensent (ou ont pensé) qu’ils pourraient avoir un problème de santé mentale

La moitié des répondants (50 %) disent qu’ils pensent ou ont déjà pensé qu’ils pourraient avoir un problème de santé mentale, et 28 % l’ont pensé au cours de l’année écoulée. Parmi les répondants qui ont pensé avoir un problème de santé mentale à un moment donné (50 % de l’échantillon), plus des deux tiers (70 %) disent avoir essayé d’obtenir une évaluation de leur état.

La principale raison de ne pas demander une évaluation de sa santé mentale est le fait de ne pas la considérer comme étant une priorité

Parmi les répondants qui ont déclaré avoir soupçonné qu’ils pouvaient avoir un problème de santé mentale, mais qui n’ont pas essayé d’obtenir une évaluation de leur état (14 % de l’échantillon), les principales raisons pour lesquelles ils n’ont pas cherché à obtenir une évaluation étaient qu’ils ne considéraient pas qu’il s’agissait d’une préoccupation urgente ou d’une priorité (48 %), qu’ils ne savaient pas comment accéder aux services (31 %) et qu’ils avaient peur de ne pas être pris au sérieux (25 %).

Un tiers des répondants ont reçu un diagnostic de trouble de la santé mentale

Un tiers des répondants (33 %) déclarent avoir reçu un diagnostic de problème de santé mentale à un moment donné de leur vie. Les troubles les plus courants sont les troubles dépressifs (60 %) et les troubles anxieux (58 %).

La grande majorité des personnes ayant reçu un diagnostic de trouble de la santé mentale ont bénéficié d’un traitement

Neuf répondants sur dix (91 %) qui ont reçu un diagnostic de problème de santé mentale ont bénéficié d’un traitement à un moment donné de leur vie, et 40 % ont reçu un traitement au cours de la dernière année.

Un grand nombre de répondants soupçonnent qu’ils ont des problèmes de santé mentale qui n’ont pas été diagnostiqués

Parmi les répondants qui pensent souffrir d’un problème de santé mentale, mais n’ont pas reçu de diagnostic à cet égard, les principaux troubles suspectés sont l’anxiété (37 %) et les troubles dépressifs (24 %).

Plus d’un tiers des répondants ont pris des médicaments sur ordonnance pour leur santé mentale

Plus du tiers des répondants (37 %) déclarent avoir pris des médicaments sur ordonnance pour leur santé mentale à un moment donné, et 19 % ont pris des médicaments au cours de la dernière année. Une personne sur dix (11 %) déclare avoir pris des médicaments qui ne lui ont pas été prescrits pour améliorer sa santé mentale.

Au cours de la dernière année, une personne sur dix a fait face à des obstacles pour accéder à des services de soins en matière de santé mentale

Un répondant sur dix (12 %) a déclaré avoir fait face à des obstacles ou à des difficultés pour tenter d’accéder à des services de soins en matière de santé mentale au cours de la dernière année. Les principaux obstacles mentionnés sont le coût (57 %), les longs délais d’attente (46 %) et les difficultés à se rendre à un rendez-vous (38 %).

Soutien social et expériences de discrimination

Un quart des répondants ont reçu un soutien en matière de santé mentale de la part d’un proche au cours de la dernière année

Alors que la moitié des répondants (48 %) n’ont jamais reçu de soutien en matière de santé mentale de la part d’un proche, un quart (23 %) déclarent avoir reçu un tel soutien au cours de la dernière année. Les hommes (55 %) sont plus nombreux à déclarer n’avoir jamais reçu de soutien en matière de santé mentale, tout comme les adultes de plus de 55 ans (59 %).

Plus d’un tiers des répondants pensent qu’une personne dont ils sont proches a un problème de santé mentale non diagnostiqué

Plus du tiers des répondants (36 %) disent qu’un membre de leur famille immédiate a reçu un diagnostic de trouble de la santé mentale, et 11 % déclarent que le diagnostic a été posé au cours de la dernière année. De même, plus du tiers (36 %) déclarent soupçonner un proche d’être atteint d’un problème de santé mentale qui n’a pas été diagnostiqué.

La plupart des répondants qui soupçonnent un proche d’être atteint d’un problème de santé mentale lui ont conseillé de demander de l’aide

La plupart (79 %) des répondants qui pensent qu’un de leurs proches souffre d’un problème de santé mentale non diagnostiqué ont conseillé à ce dernier de demander de l’aide. Un tiers (33 %) ont déclaré que leur proche avait cherché à obtenir de l’aide après leur suggestion. Parmi les répondants qui ont déclaré soupçonner un proche d’être atteint d’un problème de santé mentale non diagnostiqué, mais qui ne lui ont pas conseillé de demander de l’aide (9 % de l’échantillon), les principales raisons invoquées pour justifier cette décision sont la crainte que la conversation ne suscite des émotions négatives chez cette personne (35 %), la volonté de respecter sa vie privée (35 %) et le fait de ne pas savoir comment l’aider (34 %).

La plupart des répondants estiment avoir des relations fortes

Une forte majorité de répondants sont d’accord ou tout à fait d’accord pour dire qu’ils ont des personnes sur lesquelles ils peuvent compter en cas d’urgence (89 %), avec lesquelles ils peuvent discuter des décisions importantes de leur vie (86 %), qui reconnaissent leurs compétences (83 %) et qui leur apportent une sécurité émotionnelle et un bien-être (83 %).

Plus de la moitié des répondants se sentent soutenus par leurs voisins

Plus de la moitié des répondants (58 %) conviennent que les habitants de leur quartier sont prêts à s’entraider, tandis que la moitié (50 %) conviennent que leurs voisins sont dignes de confiance. Cependant, le quart des répondants (24 %) estiment que les habitants de leur quartier ne partagent pas les mêmes valeurs, et 12 % estiment que leurs voisins ne s’entendent généralement pas. L’évaluation de la cohésion sociale entre voisins est généralement plus faible pour les répondants vivant dans les grandes villes, qui sont moins nombreux à estimer que leurs voisins sont dignes de confiance (43 %) et plus nombreux à estimer que leurs voisins ne partagent pas les mêmes valeurs (27 %).

La moitié des répondants indiquent entretenir des liens étroits avec leur communauté locale

La moitié des répondants (48 %) ont déclaré avoir un sentiment d’appartenance à leur communauté locale « assez fort » ou « très fort ». Les sentiments d’appartenance forts sont plus courants chez les immigrants de première génération (53 %) et moins courants chez les ménages gagnant moins de 40 000 $ (39 %).

Un quart des répondants sont victimes de discrimination dans la vie quotidienne quelques fois par mois ou plus

Dans l’ensemble, le quart des répondants (27 %) déclarent être fréquemment victimes d’au moins une forme de discrimination (« quelques fois par mois » ou « une fois par semaine »). Ces expériences comprennent le fait d’être traité comme n’étant pas intelligent (16 %), de recevoir un service moins bon (8 %) et de se sentir menacé ou harcelé (7 %). Dans l’ensemble, les taux de discrimination subie sont plus élevés chez les minorités visibles (35 %) et chez les Autochtones (62 %).

Environ un quart des répondants déclarent avoir été victimes de discrimination fondée sur l’âge ou le genre

Parmi les répondants qui déclarent avoir été victimes de discrimination au moins une fois dans leur vie, l’âge (29 %), le genre (22 %), le poids (18 %) et d’autres aspects liés à l’apparence physique sont les principales raisons qu’ils perçoivent. Les femmes sont plus susceptibles de déclarer avoir été victimes de discrimination fondée sur le genre (31 %) et l’âge (32 %), tandis que les minorités visibles sont beaucoup plus susceptibles de déclarer avoir subi une discrimination fondée sur la race et l’origine ethnique (47 % pour chacune d’entre elles).

Services de soins en matière de santé physique et mentale

Un répondant sur cinq n’a pas de prestataire de soins primaires, le taux variant selon l’âge.

La plupart des répondants (80 %) ont accès à un prestataire de soins primaires, tandis qu’un cinquième (20 %) n’y ont pas accès. Les personnes âgées de 18 à 34 ans sont moins susceptibles d’avoir un prestataire de soins primaires (71 %) que celles âgées de 35 à 54 ans (79 %) et de 55 ans et plus (85 %). Les résidents du Québec (74 %) sont également moins susceptibles que la moyenne nationale (80 %) d’avoir un prestataire de soins primaires. Remarque : Les résultats pour cette question étaient inchangés entre les vagues 1, 2 et 3 de l’enquête SACC.

Seulement un tiers des répondants ont une assurance couvrant les soins en matière de santé mentale

Les prestations et assurances complémentaires les plus courantes en matière de santé concernent les médicaments sur ordonnance (64 %), les soins dentaires (56 %), l’assurance-vie (49 %) et les soins de la vue (49 %). Un tiers (35 %) des répondants déclarent bénéficier d’une assurance couvrant les problèmes psychologiques ou de santé mentale, et un quart (28 %) d’une assurance invalidité. Seulement un quart (23 %) déclarent disposer de plus de cinq jours de congé de maladie payés par année. Un cinquième des répondants (19 %) déclarent ne pas avoir de prestations ou d’assurance complémentaire en matière de santé.

Environ une personne sur cinq a déclaré connaître moyennement bien la nouvelle ligne d’assistance téléphonique 9-8-8 pour la prévention du suicide

Plus d’un tiers des répondants (37 %) disent connaître « moyennement bien », « bien » ou « extrêmement bien » au moins une ligne d’assistance téléphonique en santé mentale. ​ Un cinquième des répondants (22 %) ont déclaré connaître « moyennement bien », « bien » ou « extrêmement bien » la ligne d’assistance téléphonique 9-8-8 pour la prévention du suicide, tandis que 30 % ne la connaissent « pas du tout » et 32 % la connaissent « un petit peu ». Bien que les vagues de l’enquête SACC ne soient pas directement comparables, il est possible que le niveau de connaissance ait augmenté en décembre, lors du lancement de la ligne 9-8-8, et qu’il ait diminué en mars, après que la couverture médiatique s’est atténuée.

Parmi les répondants ayant bénéficié d’une aide financière pour invalidité, un cinquième ont qualifié l’expérience de « médiocre »

Un tiers des répondants en situation de handicap (32 %) ont déclaré avoir bénéficié d’une aide financière au titre d’un programme d’invalidité du gouvernement en 2023, tandis que les deux tiers (64 %) n’y ont pas eu accès. Parmi les répondants qui ont bénéficié d’une aide financière pour les personnes en situation de handicap, 57 % ont qualifié leur expérience d’accès aux prestations de « bonne » ou « excellente », tandis que 43 % ont déclaré que leur expérience avait été « passable » ou « médiocre ».

Parmi les répondants qui n’ont bénéficié d’aucune aide financière pour invalidité, un tiers n’étaient pas sûrs d’y être admissibles

Parmi les répondants qui n’ont bénéficié d’aucune aide financière du gouvernement (64 % des personnes en situation de handicap), les principales raisons invoquées sont les suivantes : ne pas avoir essayé de présenter une demande (42 %), ne pas être sûr de son admissibilité (35 %) et ne pas être admissibles (34 %). Dans l’ensemble, 15 % des répondants ont déclaré avoir fait face à des obstacles lorsqu’ils ont essayé d’accéder au programme, 4 % d’entre eux ayant rencontré des obstacles multiples. Parmi ces obstacles, 10 % ont trouvé le processus trop compliqué, 7 % ont eu des interactions négatives avec les représentants du gouvernement et 5 % ont dû soumettre à nouveau leur demande. Il est à noter que, dans la mesure où les répondants pouvaient sélectionner plusieurs obstacles, les pourcentages totaux sont supérieurs à 15 %.

Un répondant sur dix a eu recours à une banque alimentaire au cours de la dernière année

Un dixième des répondants (11 %) déclarent avoir eu recours à une banque alimentaire au cours des 12 derniers mois. Les répondants à faible revenu (moins de 40 000 $) sont plus susceptibles de déclarer avoir eu recours à une banque alimentaire (24 %) que la moyenne (11 %).

Consommation de substances

Les deux tiers des répondants déclarent avoir consommé de l’alcool au cours de la dernière année

Au cours de la dernière année, les deux tiers des répondants (64 %) ont déclaré avoir consommé de l’alcool, un quart (24 %) du cannabis et un cinquième (20 %) du tabac ou de la nicotine. Près des trois quarts des répondants (71 %) ont déclaré avoir consommé au moins une de ces substances au cours de la dernière année, tandis que 29 % ont déclaré s’être abstenus de consommer les trois substances au cours de la dernière année.

Un tiers des consommateurs d’alcool boivent de l’alcool de manière excessive au moins une fois par mois

Parmi les consommateurs d’alcool, plus d’un tiers des hommes (38 %) et près d’un tiers des femmes (30 %) ont une consommation excessive d’alcool au moins une fois par mois, c’est-à-dire qu’ils consomment au moins quatre (pour les femmes) ou cinq (pour les hommes) boissons au cours d’une même journée.

La majorité des consommateurs de tabac et de nicotine en prennent quotidiennement

Plus du tiers des répondants (37 %) qui ont consommé du cannabis au cours de la dernière année en ont consommé une fois par mois ou moins fréquemment. Plus de la moitié (59 %) des répondants qui ont consommé des produits à base de tabac ou de nicotine au cours de la dernière année en ont consommé quotidiennement, tandis qu’un tiers des consommateurs de cannabis (30 %) en consommaient quotidiennement.

Le cannabis est perçu par de nombreux consommateurs comme ayant des effets positifs sur la santé mentale

À la question de savoir si les substances ont eu une incidence sur leur santé mentale, les répondants étaient plus susceptibles de répondre que le cannabis avait eu un effet positif (46 %), comparativement à l’alcool (14 %) et au tabac ou à la nicotine (14 %). Les consommateurs de tabac et de nicotine étaient les plus susceptibles de dire que la substance avait un effet négatif sur leur santé mentale (23 %), suivis des consommateurs d’alcool (14 %) et de cannabis (9 %).

Résultats en matière de santé physique et comportements liés à la promotion de la santé

L’autoévaluation de la santé physique a été relativement constante et a connu quelques changements mineurs lors de la vague la plus récente

Lors de la vague 3 de l’enquête SACC, les deux tiers (66 %) des répondants ont déclaré que leur santé physique était bonne, très bonne ou excellente. Bien que les tendances générales soient stables, une proportion légèrement plus faible de personnes ont déclaré être en bonne santé physique lors de la troisième vague par rapport aux première et deuxième vagues, où respectivement 69 % et 72 % des répondants estimaient que leur santé physique était généralement bonne.

Plus de la moitié des répondants ont reçu un diagnostic d’état de santé chronique

Dans l’ensemble, 56 % des répondants ont déclaré avoir reçu un diagnostic d’au moins un problème de santé chronique. Les répondants ont fait état d’un large éventail de diagnostics d’affections chroniques, l’hypertension artérielle et l’arthrite étant les deux maladies les plus fréquemment signalées (21 % et 19 % respectivement). La proportion d’entre eux souffrant d’au moins une affection augmente régulièrement avec l’âge : 34 % des 18 à 34 ans ayant déclaré au moins une affection, suivis de 51 % des 35 à 54 ans et de 79 % des 55 ans et plus.

Un quart des répondants déclarent ne pas avoir fait d’exercice au cours de la dernière semaine*

Si la plupart des répondants (75 %) ont déclaré avoir pratiqué une activité physique modérée à vigoureuse au moins un jour au cours de la dernière semaine, un quart d’entre eux (2 %) ont déclaré ne pas avoir fait d’exercice du tout. Les adultes âgés de 18 à 34 ans étaient plus susceptibles d’avoir fait de l’exercice au moins un jour au cours de la dernière semaine (84 %).

Les répondants déclarent avoir des habitudes sédentaires semblables les jours de semaine et les fins de semaine*

La plupart des répondants (57 %) déclarent consacrer six heures ou plus par jour à des activités sédentaires telles que regarder la télévision, utiliser un ordinateur, lire et conduire. Au moment de l’enquête (début mars 2024), les tendances en matière d’activités sédentaires durant les jours de fin de semaine n’étaient pas très différentes de celles des jours de semaine, ce qui pourrait s’expliquer par les possibilités limitées de loisirs actifs et en plein air pendant les mois d’hiver.

Plus d’un tiers des répondants déclarent avoir dormi moins de sept heures par nuit

Plus du tiers des répondants (37 %) déclarent dormir moins de sept heures par nuit en moyenne. Les répondants dont le revenu du ménage est inférieur à 40 000 $ sont moins susceptibles de déclarer dormir de 7 à 9 heures par nuit (50 %). La qualité du sommeil est très variable, 44 % des répondants ayant déclaré avoir un sommeil de grande qualité, c’est-à-dire une note de 7 ou plus. Les répondants dont le revenu du ménage est inférieur à 40 000 $ sont moins susceptibles de déclarer avoir un sommeil de grande qualité (39 %), tout comme ceux qui sont au chômage (30 %). Les répondants dont le revenu du ménage est élevé (plus de 100 000 $) avaient tendance à déclarer des taux plus élevés de sommeil de grande qualité (environ 50 %).

Un quart des répondants considèrent que leur alimentation est très bonne ou excellente

Alors qu’un quart des répondants (24 %) estiment que leur alimentation est « très bonne » ou « excellente », près d’un tiers (30 %) la considère comme étant « passable » ou « médiocre ». Les répondants plus âgés (55 ans et plus) sont plus susceptibles d’estimer que leur alimentation est bonne (30 %), tandis que les répondants plus jeunes sont moins susceptibles de le faire (19 %). La qualité de l’alimentation mentionnée augmente avec le revenu du ménage, 14 % des ménages à faible revenu (moins de 40 000 $) déclarant avoir une alimentation de grande qualité, contre 40 % pour les ménages aux revenus les plus élevés.

Plus d’un tiers des répondants passent six heures ou plus par jour devant un écran

Alors qu’un quart des répondants (24 %) déclarent passer peu de temps devant un écran (moins de trois heures par jour), la même proportion (24 %) passe huit heures ou plus par jour devant un écran. Les répondants plus âgés ont tendance à avoir des taux d’utilisation d’écrans plus élevés, seulement 16 % des répondants de 55 ans et plus ayant déclaré un temps d’écran minimal, comparativement à 27 % pour les 18 à 34 ans.

Vaccination

La moitié des répondants ont été vaccinés contre la grippe ou la COVID-19 à l’automne et à l’hiver 2023

Dans l’ensemble, 41 % des répondants ont reçu un vaccin contre la COVID-19 entre septembre 2023 et mars 2024, et 41 % ont reçu un vaccin contre la grippe. ​ 48 % des répondants n’ont reçu ni le vaccin contre la COVID-19 ni le vaccin contre la grippe. Les répondants plus âgés (55 ans et plus) sont beaucoup plus susceptibles d’avoir reçu au moins un vaccin (65 %) que les répondants âgés de 54 ans et moins (43 %).

Les deux tiers des répondants ont entendu parler du virus respiratoire syncytial (VRS)

En mars 2024, 27 % des répondants ont indiqué qu’ils comprenaient ce qu’était le VRS, et 43 % avaient entendu parler du VRS, mais n’en savaient peu à ce sujet. Le tiers des répondants (30 %) n’avaient pas entendu parler du VRS. Bien que les vagues de l’enquête SACC ne soient pas directement comparables, la connaissance du VRS était plus élevée lors des vagues 2 et 3 que lors de la vague 1. Cela laisse supposer une augmentation potentielle de la connaissance au sein de la population, probablement en raison de la couverture médiatique plus élevée du VRS et du vaccin contre le VRS pendant la saison des maladies infectieuses saisonnières.

La moitié des répondantes enceintes disent qu’elles obtiendraient un vaccin contre le VRS

Au cours des deux vagues de l’enquête SACC, environ la moitié des répondantes qui étaient enceintes, qui l’avaient été récemment ou qui prévoyaient le devenir ont indiqué qu’elles obtiendraient un vaccin contre le VRS afin de protéger leur nourrisson*.

Seulement un adulte sur dix âgé de 60 ans et plus déclare avoir reçu un vaccin contre le VRS

En mars 2024, 10 % des répondants âgés de 60 ans et plus ont indiqué avoir été vaccinés contre le VRS, comparativement à 7 % en décembre 2023.

Les intentions de se faire vacciner contre le VRS chez les personnes âgées demeurent élevées

Dans les trois vagues de l’Enquête, plus de la moitié des répondants âgés de 60 ans et plus ont indiqué qu’ils obtiendraient un vaccin contre le VRS. Cependant, seulement 10 % des répondants âgés de 60 ans et plus ont indiqué qu’ils avaient reçu un vaccin contre le VRS en mars 2024 (diapositive précédente). La connaissance du VRS chez les personnes âgées de 60 ans et plus était relativement élevée, 78 % d’entre elles ayant au moins entendu parler du VRS. Cela donne à penser que, malgré une grande volonté de se faire vacciner contre le VRS, les aînés pourraient faire face à des obstacles à l’adoption de la vaccination. Remarque : Les vaccins contre le VRS n’étaient pas disponibles gratuitement dans la plupart des provinces et des territoires au moment de la collecte des données.

Confiance dans les institutions publiques

Un tiers des répondants utilisent les moteurs de recherche en ligne pour obtenir de l’information sur les services de soins en matière de santé mentale

Dans l’ensemble, 34 % des répondants ont déclaré qu’ils se servaient le plus souvent des moteurs de recherche en ligne pour obtenir des renseignements sur les services de soins en matière de santé mentale. Par ailleurs, 33 % des répondants s’adressent à leur prestataire de soins de première ligne, et 28 % à leur famille et à leurs amis. Les jeunes adultes (âgés de 18 à 34 ans) étaient moins susceptibles de consulter leur prestataire de soins de première ligne (27 %) et plus enclins à se fier aux médias sociaux (26 %) ou aux moteurs de recherche en ligne (44 %).

La confiance dans le gouvernement en matière de soins de santé a légèrement diminué en mars 2024

La confiance des répondants envers le leadership en santé publique varie d’un ordre de gouvernement à l’autre. Dans l’ensemble, 48 % des répondants déclarent faire fortement ou plutôt confiance à l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). 38 % des répondants font confiance au gouvernement du Canada en matière de soins de santé publics (en baisse par rapport à 45 % en décembre). Dans l’ensemble, les gouvernements provinciaux et territoriaux ont le taux de confiance le plus faible (37 %, en baisse par rapport à 42 % en décembre).

Faible connaissance du rôle de l’Agence de la santé publique du Canada

Dans les vagues 1 et 3, 17 % des Canadiens disent connaître « bien » ou « extrêmement bien » le rôle de l’Agence de la santé publique du Canada, 29 % estiment le connaître « moyennement bien », et plus de la moitié (54 %) disent le connaître « un petit peu » ou « pas du tout ».

Les répondants connaissent le mieux le rôle de l’ASPC en tant que source d’information sur la vaccination

La connaissance du rôle de l’ASPC en tant que source d’information varie d’un domaine à l’autre. Les répondants connaissent le plus souvent l’ASPC en tant que source d’information sur la vaccination (au moins « moyennement bien » pour 64 %), puis sur les maladies infectieuses (55 %). Les répondants connaissent moins bien l’ASPC en tant que source d’information sur la préparation aux situations d’urgence (47 %), les habitudes de vie saines (46 %) et la santé mentale (45 %).

Échantillon d'étude

Profil régional Canada (n = 2 021) C.-B./Yn (n = 279) Alb./T.N.-O. (n = 233) Man./Sask./Nt (n = 136) Ont. (n = 765) Qc (n = 475) Atl. (n = 133)
Âge
De 18 à 34 ans 27 % 26 % 29 % 29 % 28 % 25 % 23 %
De 35 à 54 ans 32 % 32 % 36 % 32 % 32 % 32 % 30 %
55 ans et plus 41 % 42 % 35 % 39 % 40 % 44 % 47 %
Genre
Homme 48 % 48 % 48 % 49 % 48 % 49 % 48 %
Femme 51 % 51 % 51 % 51 % 52 % 51 % 52 %
Autre 1 % 1 % 2 % 0 % 1 % 0 % 0 %
Éducation
Études secondaires ou moins 23 % 19 % 24 % 34 % 21 % 24 % 24 %
Études collégiales/formation professionnelle 46 % 49 % 43 % 40 % 46 % 47 % 47 %
Études universitaires/de deuxième cycle 31 % 32 % 33 % 26 % 33 % 28 % 29 %
Taille de la collectivité
Grande ville 33 % 32 % 47 % 50 % 35 % 25 % 16 %
Banlieue proche d’une grande ville 26 % 31 % 17 % 9 % 28 % 35 % 13 %
Petite ville ou village 25 % 26 % 22 % 26 % 24 % 23 % 39 %
Région rurale ou éloignée 15 % 11 % 13 % 15 % 12 % 16 % 32 %
Profil régional Canada (n = 2 021) C.-B./Yn (n = 279) Alb./T.N.-O. (n = 233) Man./Sask./Nt (n = 136) Ont. (n = 765) Qc (n = 475) Atl. (n = 133)
Emploi
À temps plein (30 heures ou plus par semaine) 42 % 37 % 40 % 41 % 43 % 47 % 37 %
À temps partiel (moins de 30 heures par semaine) 8 % 10 % 9 % 9 % 9 % 4 % 6 %
Travailleur autonome 6 % 7 % 8 % 9 % 5 % 5 % 5 %
Sans emploi 5 % 4 % 5 % 4 % 6 % 4 % 5 %
Étudiant(e) à temps plein 6 % 6 % 7 % 7 % 6 % 6 % 6 %
Retraité 26 % 29 % 22 % 27 % 25 % 28 % 31 %
Autre 6 % 5 % 6 % 3 % 6 % 6 % 10 %
Revenu
Moins de 40 000 $ 21 % 17 % 23 % 19 % 24 % 19 % 28 %
De 40 000 $ à moins de 80 000 $ 29 % 27 % 30 % 30 % 29 % 28 % 28 %
De 80 000 $ à moins de 100 000 $ 12 % 12 % 10 % 15 % 10 % 13 % 13 %
De 100 000 $ à moins de 200 000 $ 24 % 25 % 21 % 24 % 24 % 26 % 18 %
200 000 $ ou plus 5 % 6 % 7 % 3 % 5 % 4 % 3 %
Profil régional Canada (n = 2 021) C.-B./Yn (n = 279) Alb./T.N.-O. (n = 233) Man./Sask./Nt (n = 136) Ont. (n = 765) Qc (n = 475) Atl. (n = 133)
Enfants de moins de 18 ans
Oui 24 % 24 % 27 % 20 % 24 % 23 % 24 %
Femmes enceintes (y compris les femmes qui prévoient de l’être ou qui l’ont récemment été)
Oui 12 % 10 % 18 % 17 % 12 % 10 % 8 %
Génération d’immigration
Première génération 19 % 24 % 22 % 17 % 24 % 8 % 15 %
Deuxième génération 19 % 25 % 20 % 20 % 26 % 7 % 10 %
Troisième génération 29 % 29 % 34 % 42 % 26 % 27 % 36 %
Quatrième génération ou plus 32 % 22 % 25 % 21 % 24 % 58 % 39 %
Ethnicité et statut d’Autochtone
Blancs 72 % 61 % 69 % 75 % 66 % 88 % 82 %
Minorités visibles seulement 19 % 28 % 19 % 17 % 25 % 6 % 9 %
Blancs + minorités visibles 2 % 3 % 3 % 1 % 3 % 0 % 1 %
Statut d’Autochtone 5 % 5 % 8 % 6 % 5 % 3 % 6 %
Membre de la communauté 2ELGBTQIA+
Oui 11 % 14 % 13 % 5 % 11 % 11 % 11 %
Personne en situation de handicap
Oui 27 % 28 % 32 % 22 % 27 % 21 % 39 %