Jessica

Soumis par MHABER le

Jessica est dirigeante principale des sciences du comportement. Elle supervise les programmes de recherche appliquée établis de l’équipe de la science du comportement et les efforts visant à continuer d’évoluer et d’intégrer la pratique de la science du comportement au sein de la fonction publique fédérale.

Gabriel

Soumis par LPORTAL le

Gabriel est fellow en mesure de l’impact et travaille présentement à améliorer les données que possède le Gouvernement du Canada sur les personnes en situation de handicap avec le Bureau de l’Accessibilité au sein de la Fonction publique du Secrétariat du Conseil du Trésor.

Dr. Kyle

Soumis par LPORTAL le

Kyle est un scientifique comportemental principal au sein de l’Unité de l’impact et de l’innovation (UII) qui soutient le Programme de recherche appliquée sur l’action pour le climat au Canada (PRAAC). Il travaille pour l’équipe des sciences du comportement de l’UII pour accroître la capacité du gouvernement fédéral à appliquer cette dernière aux défis du changement climatique et de la protection de l’environnement.

Dr. Amanda

Soumis par LPORTAL le

Amanda est spécialiste du comportement et fellow à l’Unité de l’impact et de l’innovation du Bureau du Conseil privé. Elle travaille actuellement à Emploi et Développement social Canada, dans le cadre du Programme canadien pour l’épargne-études, où elle étudie comment la science du comportement peut être utilisée pour sensibiliser les gens et réduire les obstacles à l’accès aux incitatifs à l’épargne-études, comme le Bon d’études canadien.

Étude de cas

Étude de cas Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones

Direction du logement et de la réforme des services en infrastructure, Services aux Autochtones Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Personne sur une échelle à côté d'une maison

1. Sommaire

Lorsqu’on travaille avec des communautés et des organismes autochtones, il faut trouver de nouvelles façons créatives de redéfinir l’approche généralement utilisée dans le cadre des Prix et Défis.

L’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones a pour objectif d’accélérer des changements tangibles en stimulant et en exploitant l’innovation et les connaissances autochtones. On reconnaît ainsi que les meilleures solutions viennent de ceux-là mêmes qui vivent le problème au quotidien. L’Initiative va au-delà des programmes de logement déjà mis en œuvre par le gouvernement du Canada; elle met l’accent sur les priorités des communautés, les idées novatrices et les nouveaux partenariats. Elle préconise également une approche globale à l’amélioration des propositions et des concepts qui portent la promesse de retombées positives, mais qui n’ont pas encore été pleinement développés.

Le présent rapport de cas décrit la façon dont cette initiative est déployée dans le contexte canadien. Il souligne l’ampleur des efforts entrepris par le gouvernement canadien pour réformer les programmes et les services, et montre en quoi le modèle Prix et Défis doit être modifié pour mieux s’adapter au contexte autochtone.

2. Impact Canada et l'approche « Prix et Défis »

2.1 À propos d’Impact Canada

Lancée à l’automne 2017, l’Initiative Impact Canada stimule l’innovation dans le secteur public en appuyant la mise en œuvre de programmes, de projets et de services de grande priorité destinés à faciliter la vie des citoyens. Cette initiative permet au gouvernement du Canada de mettre les innovations à l’épreuve et de déterminer, preuve à l’appui, quels efforts génèrent une plus grande valeur publique dans les secteurs de priorité élevée.

Dirigée par le Bureau du Conseil privé, elle s’inscrit dans une tendance internationale croissante vers la création, au cœur du gouvernement, d’organismes d’innovation centrés sur l’amélioration des résultats pour les citoyens. Elle fait valoir l’application de lignes de conduite axées sur les résultats, qui utilisent des méthodes innovatrices comme les défis, l’introspection comportementale et le financement fondé sur le succès, et qui sont appuyées par des évaluations rigoureuses.

2.2 Pourquoi un Défi

Les prix et défis sont des outils de politique publique novateurs qui permettent aux gouvernements de récompenser la meilleure solution à un problème particulier.

Les défis constituent une stratégie d’innovation ouverte, c’est-à-dire qu’ils sont conçus pour réunir les idées et les solutions novatrices proposées par un éventail d’acteurs et de sources en vue de consolider les capacités de résolution de problèmes du gouvernement. Ils sont conçus de manière à fournir « une image » différente des types de programmes de financement auxquels les gouvernements et leurs parties prenantes ont l’habitude de participer.

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    Les défis prévoient des mesures incitatives (pécuniaires ou autres) afin d’encourager un large éventail d’innovateurs à s’attaquer à des problèmes dont les solutions ne sont pas apparentes ou dont les réponses actuelles n’arrivent pas à produire les résultats escomptés. Ces incitations sont généralement structurées en fonction de l’atteinte de certains jalons, les participants au défi recevant un financement à différentes étapes du défi.

    Les défis visent à résoudre de grands problèmes et à accélérer les progrès menant vers des objectifs ambitieux; ils permettent généralement de réaliser des percées décisives sur le plan des connaissances et des pratiques. Pour ce faire, ils braquent les projecteurs sur un problème ou sur une possibilité et offrent aux innovateurs une incitation à faire de ce problème ou de cette possibilité un objectif prioritaire.

3. Services aux Autochtones Canada et la réforme du logement et de l'infrastructure

3.1 À propos de Services aux Autochtones Canada

Services aux Autochtones Canada (SAC) est le ministère responsable de l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones. SAC travaille en collaboration avec ses partenaires pour améliorer l’accès des communautés des Premières Nations, Inuits et métisses à des services de grande qualité. Sa vision consiste à soutenir les peuples autochtones en leur donnant les moyens d’assurer en toute indépendance la prestation de services et la gestion des conditions socioéconomiques dans leurs collectivités, dans le but de rendre progressivement effectif le transfert de services aux partenaires autochtones.

« [L’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones] est une nouvelle façon de faire des affaires… Ils tendent la main. C’est passionnant parce que nous n’avons jamais été invités auparavant. »
- M. Luugigyoo Patrick Stewart, président du Groupe de travail autochtone de l’Institut royal d’architecture du Canada.
Extrait d’un article paru dans le magazine Canadian Architect, août 2019.

La Direction du logement et de la réforme des services en infrastructure à Services aux Autochtones Canada s’emploie à transformer la prestation des services, des programmes et des ressources d’infrastructure. Elle a travaillé avec des partenaires autochtones au lancement de l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones, dans le but ultime d’appliquer les observations clés qui en découleront aux réformes plus générales engagées dans le logement et l’infrastructure autochtones.

3.1 Pourquoi avoir lancé l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones?

Les Autochtones connaissent des conditions de vie parmi les pires au Canada et n’ont qu’un accès limité à des options de logement de transition ou offrant des services de soutien. Depuis quelques années, il existe un consensus pour dire que les programmes fédéraux de logement autochtone ne fonctionnent pas et doivent subir des transformations substantielles.

Compte tenu des problèmes immédiats que vivent les collectivités autochtones en matière de logement, le financement actuellement offert par SAC dans le cadre du Programme d’immobilisations et d’entretien est principalement utilisé pour pallier les besoins urgents et ériger des constructions rapides dans les collectivités vivant dans des réserves. Dans ce contexte, la conception des bâtiments n’est pas toujours compatible avec le spectre total des particularités géographiques et culturelles des collectivités auxquelles ils sont destinés. Les partenaires autochtones ont reconnu la nécessité de mettre à l’essai des solutions novatrices susceptibles d’insuffler un changement systémique à long terme et d’améliorer les programmes actuels – ce qui s’avère difficilement réalisable étant donné les pressions existantes.

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    Impact Canada a également examiné de nouveaux modèles d’innovation autochtone dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement du Canada visant à trouver de nouvelles façons d’améliorer les résultats de manière pertinente en s’associant aux communautés autochtones. Par exemple, l’ Initiative autochtone pour réduire la dépendance au diesel, dirigée par Ressources naturelles Canada, soutiendra les champions de l’énergie propre et leurs collectivités en leur proposant une formation adaptée en énergie propre, un accès à une expertise et des ressources financières pour élaborer et mettre en œuvre un ambitieux plan de réduction du diesel.

    Les initiatives autochtones permettent d’étudier des moyens de faire progresser la relation de nation à nation avec les peuples autochtones du Canada en s’associant directement à des experts autochtones pour lever les obstacles, d’explorer des moyens de tenir compte des perspectives culturelles en toute sensibilité, humilité et compassion, et de remodeler ainsi les lignes de conduite coloniales qui ont défini le Canada dans l’histoire.

    Empruntant des éléments à des démarches axées sur les défis, les initiatives d’innovation autochtone d’Impact Canada délaissent l’aspect concurrentiel au profit d’un cadre plus général axé sur l’esprit de communauté, qui privilégie les relations et les valeurs communautaires plutôt que les triomphes individuels. Impact Canada passe actuellement en revue les caractéristiques de ces démarches qui sont à la fois semblables et distinctes des programmes traditionnels axés sur les défis.

    Ces initiatives visent à proposer des idées inspirées par les connaissances et les « façons d’être » autochtones, quel que soit le stade de développement de ces idées, tout en trouvant des avenues pour les transformer en solutions durables qui auront des répercussions positives et tangibles sur les communautés autochtones.

    Initialement, l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones a été conçue selon le même modèle que les autres Prix et Défi, un modèle selon lequel les innovateurs soumettent des idées puis rivalisent pour obtenir un prix qui permettra la mise en œuvre de leur solution. Les partenaires autochtones ont rapidement indiqué au gouvernement que ce modèle ne concordait pas avec les priorités et les valeurs autochtones, soulignant le fait que :

    • l’innovation autochtone naît de l’accès à des réseaux collaboratifs et non de la rivalité;
    • plutôt que de récompenser de bonnes idées, il faut mettre davantage l’accent sur l’élaboration de ces idées – le principal obstacle à la construction de logements efficaces est qu’ils ne sont pas conçus par et pour les collectivités autochtones;
    • Les paramètres de cette initiative doivent être définis par les Autochtones plutôt que par le gouvernement du Canada.

    Après avoir intégré ces éléments de conception clés, l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones a été lancée en avril 2019.

4. Conception : Initiative d'innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones

4.1 Mise à contribution des modalités d’Impact Canada

Les modalités établies par Impact Canada constituent le moyen par excellence d’analyser les changements apportés aux programmes de logement de Services aux Autochtones Canada. Plutôt que d’apporter de profonds changements aux autorisations de financement fédérales, on a utilisé les modalités pour inviter les Autochtones à présenter leurs idées dans un environnement de financement souple et collaboratif. L’Initiative Impact Canada a rendu possible l’utilisation des mesures d’assouplissement ci-dessous afin de mettre à l’essai une nouvelle stratégie de prestation de services de logement aux collectivités autochtones :

  • Exemption à la Politique sur les paiements de transfert afin de permettre le financement des résultats plutôt que le financement des projets

    SAC a accordé du financement à des projets menés en collaboration avec des experts autochtones, et ce, en fonction des besoins des responsables du projet en matière de capacités et en fonction du coût prévu du projet plutôt que sur une liste de dépenses admissibles;

  • Nouvelles méthodes d’approbation et d’évaluation des projets

    Alors que les principaux programmes de logement et d’infrastructure de SAC sont assujettis au Système national de classement des priorités, qui met l’accent sur la santé et la sécurité, l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones utilise un simple formulaire de soumission d’idées, qui met l’accent sur les répercussions attendues sur les résultats socioéconomiques;

  • Capacité de financer des projets hors réserve et des projets générateurs de recettes

    Les modalités d’Impact Canada ont été utilisées pour financer des projets qui ne cadraient pas avec les modalités du Programme d’immobilisations et d’entretien de SAC – plus précisément, les projets hors réserve et les projets destinés à générer des revenus pour la collectivité sont interdits dans le cadre du programme principal de SAC;

  • Transfert de la responsabilité du financement à un partenaire autochtone

    Le Plan de projet présenté par SAC à Impact Canada indiquait que ce projet pourrait fonctionner si les fonds étaient fournis par un partenaire autochtone. Tirant parti de cette autorisation, SAC a travaillé à la rédaction d’une entente de contribution spéciale qui plaçait le contrôle et la responsabilité du financement entre les mains d’un de ses principaux partenaires, le Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones (CAADA). C’est ainsi que l’Initiative a pu être administrée avec rapidité et souplesse.

  • Élaboration conjointe et investissements conjoints

    La nature innovante du projet en faisait une occasion idéale pour l’élaboration d’initiatives conjointes avec les partenaires autochtones. SAC s’est associé un comité d’orientation autochtone pour déterminer les domaines d’intérêt, les critères d’admissibilité et d’évaluation de l’Initiative et, ultérieurement, sélectionner les projets à recommander pour approbation. SAC a également collaboré avec des architectes et des universitaires autochtones pour concevoir l’Initiative.

4.2 Objectifs de l’Initiative

Voici les quatre principaux objectifs de l’Initiative :

  • Offrir des avantages sociaux et économiques aux communautés autochtones.
  • Adopter une approche concertée en établissant de nouveaux partenariats entre les communautés autochtones et non autochtones et les organismes, y compris des entités du secteur privé et des organisations à but non lucratif.
  • Mettre en œuvre des projets de tailles et de types variés dans diverses communautés (grandes et petites, dans les réserves et hors réserve, en régions éloignées et urbaines) partout au pays.
  • Faire part des leçons tirées des projets mis en œuvre.

5. Répercussions: À quels résultat nous attendons-nous ?

5.1 Un gouvernement efficace et efficient : le motif de base à l’origine de l’Initiative

5.1.1 Réformer le modèle de prestation des services de logement de SAC

L’approche de financement actuelle de SAC en matière de logement est axée sur les besoins, la santé et la sécurité, et elle se limite au contexte des réserves (pour les Premières Nations). Typiquement, le financement ne peut servir à soutenir des projets qui génèrent un revenu pour la collectivité, et il s’intègre mal aux programmes axés sur le soutien social (p. ex. la prestation de services complets). Dans le cadre de l’Initiative, on utilise une approche du logement axée sur les résultats, qui permet une plus grande marge de manœuvre dans l’affectation du financement – une approche selon laquelle il incombe aux Autochtones de déterminer en quoi la solution qu’ils proposent aboutira à de meilleurs résultats sur le plan du bien-être communautaire, et de dépenser leur financement en conséquence.

L’Initiative s’attache également à trouver des moyens qui faciliteront l’accès des Autochtones à des logements sécuritaires et appropriés à leurs besoins. Par exemple, une proportion importante de membres des Premières Nations vit hors réserve, et une grande partie d’entre eux n’ont pas droit aux programmes fédéraux d’infrastructures ciblés. Pour pallier cette situation, les responsables de l’Initiative ont accepté les demandes d’organismes et de particuliers autochtones qui avaient des idées à proposer pour la création de logements qui répondent aux besoins des membres des Premières Nations vivant dans les réserves ou hors réserve, des Inuits et des Métis.

5.2 Résultats du processus

  • 5.2.1 Sensibilisation accrue du public à un problème ou à un enjeu

    Bien que cela ne faisait pas partie des résultats prévus, la conception initiale de l’initiative en tant que « défi » a déclenché un débat public sur la stratégie du gouvernement fédéral en matière de logement autochtone. Des médias comme CBC ont parlé de Hunger Games pour le logement dans les réserves et des leaders d’opinion comme Pamela Palmater, avocate autochtone et professeure, sont intervenus dans le débat; Palmater a donné une entrevue au Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) et, dans la foulée, le directeur principal du logement et de l’infrastructure dans les réserves, Services aux Autochtones Canada, a également été interviewé. Les chefs, notamment en Ontario, ont exprimé leur point de vue au gouvernement fédéral et dans les médias. Alors qu’en Ontario, le chef Shining Turtle de la Première Nation Whitefish River a fait savoir qu’il s’opposait catégoriquement au défi, le chef Maracle de la nation mohawk de la baie de Quinte annonçait que sa collectivité allait présenter une demande. Le débat public portait principalement sur les niveaux de financement historiques dans le logement autochtone, de même que sur le mécanisme concurrentiel suivant lequel les fonds seraient affectés. Cette situation a amené le gouvernement à prendre un engagement aussi imprévu que difficile, mais, en fin de compte, productif sur la question.

  • 5.2.2 Mobilisation de nouveaux talents

    Il va sans dire que la sélection des 24 innovateurs qui allaient participer au projet a permis la mobilisation de nouveaux talents. Le groupe est composé d’une vaste gamme d’innovateurs de partout au pays : promoteurs de logements expérimentés, chefs autochtones, intervenants dans la prestation de services sociaux, sans oublier des particuliers qui, tout simplement, ont de bonnes idées. Pour les nouveaux venus dans le domaine, les ressources fournies comprennent des fonds pour coordonner le projet, le mentorat d’architectes autochtones et du financement pour mobiliser leur collectivité et peaufiner leurs idées pour en faire une proposition réalisable, tout en développant leurs compétences et leur expertise. Un des projets, notamment, bénéficie du soutien d’étudiants en architecture de l’Université du Manitoba et met un accent particulier sur l’intégration d’éléments d’architecture autochtones.

  • Collaboration et partenariats

    L’Initiative adopte une approche concertée en établissant de nouveaux partenariats avec les collectivités et les organisations autochtones, y compris les secteurs privés et sans but lucratif. Ces nouveaux modèles de partenariat visent à offrir du mentorat, du soutien et du renforcement des capacités. Cette approche a pour but d’accroître la collaboration, les relations de travail et le partage des connaissances entre les innovateurs et leurs collectivités. Parmi les grands partenariats, notons:

    • les relations entre SAC et le Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones (CAADA), une organisation des Premières Nations qui a aidé à coordonner la logistique du lancement de la phase de l’Accélérateur et qui a par la suite assumé la responsabilité de la prestation du programme;
    • le groupe d’orientation autochtone, un groupe d’experts des Premières Nations, inuits et métis, qui a joué un rôle essentiel dans la conception de l’Initiative et sélectionné 24 projets sur les 342 propositions reçues, en utilisant un modèle de prise de décision fondée sur le consensus.
    • la participation du Groupe de travail autochtone de l’Institut royal d’architecture du Canada, qui a conseillé le Comité d’orientation sur les besoins techniques de l’Initiative et dont les membres agissent comme mentors auprès des équipes du projet;
    • le MASS Design Group – Sustainable Native Communities Design Lab, un organisme sans but lucratif établi aux États-Unis, qui se spécialise dans la conception architecturale et son impact sur les collectivités, grâce à une approche axée sur la mobilisation communautaire. Le groupe a établi des partenariats avec un éventail de communautés amérindiennes. Le MASS a participé à l’élaboration d’un atelier intensif de quatre jours qui a permis aux innovateurs d’évaluer l’état de préparation de leur projet; il a fourni des outils et les ressources qui offrent une feuille de route viable pour gérer efficacement l’impact d’une initiative de logement, indépendamment de son ampleur et de sa complexité. Les outils utilisés pendant cet atelier ont été largement mis à la disposition de toutes les collectivités autochtones et ont été diffusés au sein de SAC, en soutien aux programmes existants.
    • Ecotrust Canada est un organisme novateur sans but lucratif qui s’est donné pour mission de bâtir une économie durable en travaillant avec les collectivités rurales, éloignées et autochtones à bâtir une économie qui favorise un environnement naturel sain et résilient; l’existence de ressources énergétiques, alimentaires et de logement durables et abondantes; des moyens de subsistance prospères et utiles, et des cultures dynamiques et inclusives. Un travail conjoint avec le responsable des communications à Ecotrust Canada a permis à l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones d’offrir aux innovateurs des conseils sur la communication narrative à utiliser pendant l’événement de lancement de la phase de l’Accélérateur et d’aider ces derniers à élaborer des histoires dans le but de susciter l’intérêt de bailleurs de fonds potentiels.
    • la Société d’épargne autochtone du Canada (SÉDAC) est une entreprise d’économie sociale sans but lucratif établie au Québec et contrôlée et gérée par des membres des Premières Nations, qui a pour objectif de faire fructifier les épargnes des Premières Nations pour investir dans le logement des collectivités, de la manière la plus efficace et la plus sûre possible. La Société sert de modèle pour le financement de logements dans les réserves grâce à la mobilisation active de la société civile des Premières Nations et des sociétés autochtones de financement.
    • Indigenous Clean Energy (ICE) est une entreprise sociale qui renforce le leadership et la coopération avec les Autochtones pour cheminer vers un avenir énergétique propre. L’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones a permis d’établir un partenariat avec ICE dans le but d’utiliser sa plateforme d’apprentissage pour y héberger le Cercle de l’Initiative, un forum de discussion créé pour appuyer le développement d’une communauté de pratique et promouvoir le transfert des connaissances non seulement au sein des Innovateurs, mais à l’ensemble des candidats au programme et des collectivités autochtones de partout au pays.
    • L’Université Vancouver Island, une université publique canadienne desservant l’île de Vancouver et la côte de la Colombie-Britannique, joue un rôle important dans la vie éducative, culturelle, sociale et économique de la région. L’Université a joué un rôle clé dans la coordination de la participation locale au lancement de la phase de l’Accélérateur, notamment :
      • soutien des aînés et participation communautaire;
      • animation de situations d’apprentissage pour les étudiants, par le soutien d’un événement sur place;
      • recherche et publication d’un recueil sur le logement autochtone;
      • coordination de visites de deux installations locales de logements novateurs, dirigées par des Autochtones.

    L’Université Vancouver Island appuie également les activités liées à l’évaluation des impacts de l’Initiative et travaille de concert avec les innovateurs à l’élaboration de mesures de performance pour leurs projets.

    À l’échelle des projets, soulignons la formation d’un partenariat précoce entre Ecotrust Canada, un spécialiste des communications et le responsable de l’un des projets, portant sur l’élaboration d’argumentaires éclair à l’intention d’investisseurs potentiels dans le projet.

5.3 Des modèles d’affaires durables

  • 5.3.1 Mettre au point des produits et des services novateurs

    En mai 2020, l’Initiative appuyait 24 projets visant à accroître le niveau d’innovation (au chapitre des produits) et de prestation des services en matière de logement autochtone. Une liste complète des projets est fournie en annexe. Les idées les plus remarquables sont les suivantes :

    • le North Bay Friendship Centre a conçu un complexe d’habitation offrant des services complets aux personnes qui sont prêtes à quitter le système des refuges d’urgence;
    • la conception d’un « cœur technique universel » destiné à la construction d’habitations écoénergétiques et abordables, pouvant être fabriqué et expédié rapidement, selon des configurations propres aux besoins particuliers de différentes communautés autochtones;
    • un projet « de l’arbre à la maison » mettant à profit les ressources en bois d’œuvre et les compétences locales pour combler les besoins locaux en matière de logement et créer des emplois;
    • la conception, par une société d’habitation, d’un modèle financier destiné à la création de logements communautaires abordables et adaptés au contexte autochtone.

    Tous les projets en sont actuellement à l’étape de l’Accélérateur, une période pendant laquelle ils sont centrés sur la réalisation d’études de faisabilité, les plans techniques, l’obtention de l’aval de la collectivité et la planification financière.

  • 5.3.2 Renforcer les compétences et les capacités

    L’Initiative a pour objectif d’accroître l’autodétermination, la résilience, la capacité et le développement économique des collectivités et possiblement mobiliser des fonds pour compléter l’investissement maximal du gouvernement du Canada, qui est de deux millions de dollars pour la mise en œuvre de chaque projet sélectionné. L’Initiative vise à appuyer des idées de logement qui réduisent la dépendance aux ressources externes, renforcent les économies locales en utilisant de la main-d’œuvre et des matériaux locaux et créent des emplois. Cela comprend les projets qui utilisent des matériaux de construction de remplacement et réduisent les coûts énergétiques et les répercussions sur l’environnement. À la demande du Comité d’orientation, le développement des compétences et des capacités a été directement intégré dans la conception même de l’Initiative, de deux manières concrètes :

    • un des six domaines d’intérêt de l’Initiative est l’« utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales »;
    • un des critères d’évaluation utilisés pour classer les projets par ordre de priorité est la mesure dans laquelle le projet fait appel aux compétences, au matériel et aux services de la collectivité locale.

    Outre ces caractéristiques liées à l’Initiative, la période de l’Accélérateur constitue en soi une importante occasion de renforcement des capacités. Les innovateurs sont jumelés à des mentors qui les appuient dans le peaufinage de leurs idées pendant cette période maximale de 18 mois.

  • 5.3.3 Investissement accru

    S’il est vrai que l’Initiative permet de financer directement les innovateurs et leurs projets, le Comité d’orientation s’attend cependant à ce que pratiquement tous les responsables de projets complètent leurs fonds en attirant d’autres fonds. L’Initiative prévoit quatre moyens pour faciliter ce processus:

    • le réseau de soutien au logement autochtone qu’entretiennent le Comité d’orientation, les mentors, les innovateurs eux-mêmes et les partenaires fédéraux de SAC;
    • le critère d’évaluation voulant que pour passer de l’étape de l’Accélérateur à celle de la construction, les innovateurs élaborent un plan de viabilité financière et démontrent qu’ils ont obtenu le financement nécessaire pour construire et exploiter le bâtiment et fournir les services précisés dans leur proposition;
    • la « lettre d’intention » cosignée par SAC et le CAADA que les innovateurs peuvent présenter à des partenaires des secteurs privé, sans but lucratif et du gouvernement, démontrant que l’Initiative soutiendra leur projet s’ils répondent à tous les critères techniques, sociaux et économiques et s’ils ont obtenu d’autres sources de financement;
    • l’atelier sur la communication narrative, animé par Ecotrust Canada dans le cadre de l’événement de lancement de l’Accélérateur, dont l’objectif est d’aider les innovateurs à élaborer des histoires et des argumentaires visant à susciter l’intérêt de bailleurs de fonds potentiels.

    De mars 2020 à septembre 2021, les innovateurs et SAC auront l’occasion d’évaluer si cette nouvelle stratégie se traduira par un financement à effet de levier.

5.4 Une valeur publique accrue

  • 5.4.1 Durabilité du logement

    L’Initiative appuie la conception, la construction et l’entretien des habitations qui répondent aux besoins particuliers des collectivités autochtones. Cela comprend l’amélioration de la qualité et de la longévité des habitations, l’augmentation du nombre de conceptions architecturales répondant aux besoins et aux réalités culturelles uniques (c.-à-d. la nécessité d’espaces de vie qui cadrent avec la dimension « communautaire ») et aux contextes géographiques et climatiques; cela comprend également l’amélioration de la durabilité et du cycle de vie des projets en misant sur le renforcement des capacités des collectivités et en mettant l’accent sur la phase de conception préalable à la construction.

  • 5.4.2 Avantages sur le plan social, répercussions environnementales et améliorations économiques

    Le logement étant un élément fondamental de la collectivité, l’Initiative a été conçue de manière à encourager les innovateurs à expliquer comment leur idée contribuerait à l’un des six domaines d’intérêt social, économique et environnemental.

  • 5.4.3 Styles et techniques de construction traditionnels des Premières Nations, des Inuits ou des Métis

    De nombreux partenaires ont indiqué à SAC que les matériaux, le plan et la disposition des pièces d’une maison sont des éléments clés de sa santé et de sa durabilité; en d’autres mots, c’est ce qui fait qu’une maison est un chez-soi. L’Initiative vise à encourager les conceptions et les techniques qui puisent dans les pratiques autochtones traditionnelles; il s’agit de son levier d’action pour promouvoir la construction d’habitations qui favorisent le mieux-être et laissent place aux pratiques culturelles comme la chasse, la vie multigénérationnelle ou les cérémonies propres à chaque collectivité.

  • 5.4.4 Création d’espaces urbains inspirés de la culture pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis

    L’Initiative vise à soutenir des espaces urbains inspirés de la culture pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis; elle compte ainsi renforcer la culture et les traditions et créer un sentiment d’appartenance à la collectivité.

  • 5.4.5 Utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales

    Certains partenaires d’affaires de l’Initiative insistent sur le fait que le logement est le moteur de l’économie d’une collectivité, au même titre qu’il est un moteur de bien-être. L’Initiative vise à encourager les projets qui utilisent des matériaux locaux et font appel à des entreprises locales tout en produisant des sources de revenus, de formation et d’emploi pour les collectivités. En ce sens, l’Initiative se différencie grandement du principal programme de logement de SAC pour les Premières Nations, qui exclut explicitement de nombreux volets du développement économique, notamment les projets qui visent à générer des revenus pour la collectivité.

  • 5.4.6 Sûreté, sécurité et accessibilité

    Un logement stable et sécuritaire est l’un des déterminants sociaux fondamentaux de la santé. La qualité du logement, son abordabilité, son emplacement et son environnement social et communautaire sont autant de facteurs importants pour la santé.

  • 5.4.7 Soutien aux populations vulnérables

    L’importance de soutenir les populations vulnérables est un élément indissociable des concepts de sécurité et d’accessibilité. L’Initiative vise à améliorer la santé et le bien-être communautaires et individuels; elle cherche notamment à améliorer la stabilité du logement et le traitement des troubles liés à la toxicomanie, favoriser la santé mentale et l’accès aux services de santé et aux services sociaux dans les régions urbaines et réduire l’itinérance. À cet égard, il convient de souligner que plusieurs projets ont proposé des conceptions de logements plus abordables ou de complexes d’habitation intégrant des services complets et du soutien communautaire. Dans les principaux programmes de SAC, le financement destiné à soutenir les populations vulnérables relève d’un secteur de programme distinct du logement.

  • 5.4.8 Efficacité énergétique et indépendance

    En matière de logement, la durabilité énergétique revêt une importance capitale, en particulier dans les collectivités rurales ou éloignées. L’initiative souhaitait recevoir des conceptions créatives qui permettent d’économiser l’énergie ou d’exploiter des sources pouvant être utilisées hors réseau.


6. Measure : Quels ont été les résultats de la prestation de services à ce jour ?

6.1 Observations à ce jour

  • 6.1.2 Conception et prestation conjointes

    Le modèle des Prix et Défi a été modifié pour être mieux adapté au contexte autochtone. De la conception à la mise en œuvre, l’élaboration conjointe avec les Autochtones a permis à SAC d’exposer son objectif commun plus général de transférer des services aux collectivités autochtones. Du début à la fin, l’Initiative a été conçue, lancée et mise en œuvre en partenariat avec les Autochtones :

    • L’initiative a été créée de concert avec un comité d’orientation autochtone composé de six éminentes personnalités autochtones de partout au Canada et possédant une expertise en logement autochtone. Les membres du Comité d’orientation autochtone ont participé à la conception de l’Initiative depuis la détermination des domaines d’intérêt jusqu’au processus de candidature, en passant par la définition des critères d’évaluation et du processus décisionnel. Initialement, la participation du Comité directeur devait s’arrêter après que celui-ci ait recommandé au ministre de Services aux Autochtones Canada les projets à financer et à soutenir, mais ses membres ont convenu de continuer à superviser l’Initiative dans sa mise en œuvre.
    • Les cabinets d’experts-conseils autochtones Donna Conna et Minokaw Consulting ont offert des services d’animation afin de réunir le Comité pour ses discussions et ont travaillé avec le Comité d’orientation à l’élaboration d’un modèle de prise de décision fondée sur le consensus.
    • Les membres du Groupe de travail autochtone de l’Institut royal d’architecture du Canada ont prêté main-forte au Comité dans la conception de l’Initiative; ils ont participé au comité technique qui a conseillé le Comité d’orientation sur les coûts et les besoins techniques des projets sélectionnés, et ils agissent maintenant à titre de mentors auprès des innovateurs.
    • Le Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones (CAADA) s’est joint à l’Initiative pour coordonner la logistique des réunions du Comité d’orientation et de l’événement de lancement de l’Accélérateur; il a par la suite assumé le rôle de secrétariat pour le programme (avec le soutien du secrétariat de SAC, Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones, pour ce qui est du transfert des politiques et des connaissances), acheminant le financement aux innovateurs et aux partenaires et assurant la prise de décisions opérationnelles quotidiennes.
  • 6.1.2 Modèle d’investissement échelonné

    L’initiative est conçue pour se dérouler en deux étapes : la première étape est celle de l’« Accélérateur », suivie de l’étape de la construction/mise en œuvre. L’investissement initial dans la conception, l’élaboration d’un dossier de décision et le soutien des capacités tout au long de la phase de l’Accélérateur réduit les obstacles à la participation, encourage un engagement communautaire plus vaste, maximise la probabilité de mise en œuvre et permet d’obtenir un rendement du capital investi à plus long terme.

  • 6.1.3 Incubation et capacité

    Vingt-quatre innovateurs de l’Initiative passeront jusqu’à 18 mois dans la phase de l’Accélérateur; pendant cette période, ils recevront le soutien de mentors ainsi que du financement pour développer leurs idées en propositions réalisables, qui seront prises en considération pour la mise en œuvre et la construction. Les 24 innovateurs se verront offrir la possibilité de travailler avec des architectes autochtones qui agiront à titre de mentors de projet.

  • 6.1.4 Mise à contribution des modalités d’Impact Canada

    L’ensemble de modalités horizontales d’Impact Canada applicables aux paiements de transfert a donné à SAC la marge de manœuvre nécessaire pour assurer la prestation du programme d’innovation. Grâce à son mécanisme de prestation unique, l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones permet à SAC de soutenir des idées qui ne seraient autrement pas admissibles aux programmes de logement existants, par exemple la construction de logements hors réserve ou générateurs de revenus.

6.2 Mise à profit les leçons apprises en vue de réformer les programmes et les services

L’Initiative a été l’occasion, pour SAC et ses partenaires, de mettre à l’essai un certain nombre d’aspects de la prestation de services, qui sont nouveaux pour le Ministère. Le moment est donc propice pour SAC d’apprendre et d’améliorer la prestation de services dans le cadre de son principal programme de logement et d’infrastructure. Les questions essentielles pour lesquelles un suivi sera nécessaire jusqu’en 2023 et ultérieurement comprennent :

  • une initiative conçue par un comité d’orientation autochtone a abouti à la prestation de services qui sont plus susceptibles de répondre aux besoins et aux priorités des collectivités;
  • une plus grande souplesse des modalités a fait en sorte que les innovateurs avaient beaucoup plus de chances d’atteindre les résultats escomptés, en particulier si leurs projets sortaient du cadre prévu par le Programme d’immobilisations et d’entretien de SAC (c.-à-d. s’ils généraient des revenus, concernaient des espaces urbains ou des logements de transition offrant des services de soutien pour les populations vulnérables);
  • le processus de points de contrôle selon lequel l’Accélérateur est établi, qui met l’accent sur l’impact découlant de la conception, a permis l’élaboration de conceptions et de plans d’exploitation et d’entretien qui se démarquent des logements de construction standard sur le plan du nombre d’années d’utilisation, de l’entretien et des besoins énergétiques, ou de l’habitabilité en général;
  • l’approche adoptée par l’Accélérateur, qui consiste à établir des réseaux, a permis de tirer parti de services en nature d’une manière durable qu’il conviendrait de développer à plus grande échelle;
  • le fait de devoir présenter une « lettre d’intention » indiquant le montant potentiel du financement ministériel pour le projet est un moyen efficace de soutenir les efforts visant à trouver du financement auprès du secteur privé ou d’organismes sans but lucratif;
  • une organisation indépendante (dans ce cas-ci, le CAADA) aurait peut-être pu réaliser des gains en efficience si elle avait exécuté le programme; et
  • l’approche fondée sur l’établissement de réseaux, le soutien des innovateurs et les outils ont permis de renforcer la capacité de soutien dans les collectivités (plutôt que de voir celles-ci dépendre des consultants).

7. Aperçu de l'Initiative

L’initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones a pour objectif de trouver et de soutenir des innovateurs des communautés des Premières Nations, Inuits ou métisses, qui ont des idées novatrices à proposer pour la construction de logements dans les collectivités autochtones rurales, urbaines ou éloignées. L’initiative a appuyé des idées de logement innovatrices qui:

  1. relevaient de l’un des six domaines d’intérêt suivants:
    • Styles et techniques de construction traditionnels des Premières Nations, des Inuits ou des Métis;
    • Utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales;
    • Soutien aux populations vulnérables;
    • Création d’espaces urbains inspirés de la culture pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis;
    • Sécurité et accessibilité;
    • Efficacité énergétique et indépendance.
  2. innovaient en présentant des idées, des techniques et des concepts novateurs permettant la construction d’espaces de vie efficaces, durables ou culturellement inspirés pour les peuples autochtones.
  3. étaient dirigées par un demandeur d’une Première Nation, inuit ou métis:
    • vivant dans une réserve ou hors réserve;
    • dans une région rurale, urbaine ou éloignée; et
    • dans n’importe quelle région du pays.

À la suite d’une demande d’idées, 342 demandes ont été présentées. Le Comité d’orientation autochtone a évalué les demandes et recommandé 24 innovateurs autochtones à participer au processus de l’« Accélérateur d’innovation », un processus conçu pour renforcer la capacité et accroître l’équité en offrant du mentorat et des conseils techniques pour aider les innovateurs à transformer leurs idées initiales en projets de construction prêts à être exécutés.

7.1 Critères d’entrée

Les candidats devaient être:

  • une personne d’origine autochtone, inuit ou métisse;
  • un représentant d’un gouvernement des Premières Nations, inuit ou métis;
  • un représentant autochtone d’une entité du secteur privé ou d’une organisation sans but lucratif détenue et exploitée par une collectivité des Premières Nations, des Inuits ou des Métis.

7.2 Critères d’évaluation

Au moment d’évaluer les projets, le Comité d’orientation autochtone s’est penché sur les critères d’évaluation suivants :

Critères d’évaluation
Critère Explication
Idée et objectif du projet La mesure dans laquelle la proposition est susceptible d’avoir une incidence sur la collectivité dans l’un des domaines d’intérêt de l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones et dans quelle mesure il est pertinent de répondre à ce besoin particulier dans la collectivité.
Caractère innovateur du projet La mesure dans laquelle l’approche proposée pour aborder la question du logement communautaire diffère des approches existantes et dans quelle mesure l’idée du projet est inédite.
Durabilité du projet La mesure dans laquelle la stratégie proposée pourra soutenir le projet lorsque l’accord de contribution prendra fin.
Autonomisation et renforcement des capacités locales La mesure dans laquelle le projet fait appel aux ressources et aux talents locaux, notamment le nombre estimatif de personnes touchées et une estimation des ressources ou des répercussions financières.
Engagement communautaire La mesure dans laquelle le projet mobilise et fait participer les ressources locales pendant sa phase de développement et ultérieurement, en intégrant la rétroaction, les traditions, les pratiques et les philosophies communautaires et en encourageant la participation de plusieurs groupes.
  • Exigences techniques supplémentaires

    Pour que les idées passent de l’étape de l’Accélérateur à celle de la construction, les exigences techniques supplémentaires suivantes ont été appliquées :

    1. Une étude de faisabilité du projet, portant le sceau d’un ingénieur ou d’un architecte.
    2. 2. Un document d’approbation officielle de la collectivité dans laquelle le projet sera mis en œuvre. Il pourrait s’agir i) d’une Résolution du conseil de bande, ou ii) d’une lettre d’approbation équivalente émise par un organisme ayant autorité sur le terrain utilisé pour le projet. S’il y a lieu, fournir un dessin ou un schéma de conception montrant le plan du site, le plan d’étage, l’échelle (tracé de l’emplacement et des plaques de plancher) et la forme (perspectives et élévations) et une description des bâtiments, y compris la programmation architecturale et les systèmes pour toutes les disciplines. [Requis pour les estimations de classe « D »]
    3. Une estimation de classe « D » détaillée de la valeur totale du projet, y compris les coûts de construction et les coûts accessoires (postes 1 et 2 de la phase technique). Cette estimation indiquera :
      1. À quelle part des fonds affectés à la construction vous aurez besoin d’accéder.
      2. Comment votre projet pourra aller de l’avant avec ce qui restera des fonds affectés à la construction.
      3. Elle comprendra un dossier de décision :
        • démontrant que pendant la phase de construction, les matériaux, les produits, les services et la main-d’œuvre seront approvisionnés localement;
        • contenant des renseignements détaillés sur les organisations locales et les particuliers qui soutiendront la mise en œuvre du projet;
        • incluant une estimation des coûts pour chaque aspect de la participation communautaire.
    4. Des lettres d’intention d’autres organisations confirmant qu’elles fourniront, à certaines conditions, les fonds manquants nécessaires à la mise en œuvre du projet (le cas échéant) ou une attestation écrite du directeur financier ou son équivalent au sein de la collectivité ou de l’organisation pour l’utilisation de revenus autonomes.
    5. Un plan d’exploitation et d’entretien incluant les coûts et les sources de financement prévus pour l’exploitation et l’entretien continus du projet, et un plan opérationnel comprenant les coûts prévisionnels pour les services complémentaires (le cas échéant) pour les deux premières années d’exploitation.
    6. Tous les éléments et les documents soumis doivent démontrer que le projet respecte l’intention de l’idée initiale de projet soumise dans le cadre de l’appel à candidatures de l’Initiative d’innovation pour la construction des logements dans les communautés autochtones entre le 11 avril 2019 et le 1er août 2019, et qui contient également des renseignements sur le calendrier et les étapes clés de la mise en œuvre du projet. Le Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones (CAADA), avec le Comité d’orientation autochtone du projet, examinera les documents soumis aux fins d’approbation pour le passage à la phase 2, Construction et mise en œuvre.

7.3 Initiative stages

  • Mobilisation : mai 2018 à mars 2019

    SAC a mené ses consultations en adoptant une approche « boule de neige », une approche par laquelle les partenaires de discussion initiaux fournissaient des recommandations quant aux prochains partenaires à approcher. Le processus s’est déroulé comme suit :

    • SAC a mobilisé d’autres ministères sur l’élaboration d’approches axées sur les défis – l’idée initiale d’un vaste défi dans le cadre duquel les participants devaient eux-mêmes cerner un problème et proposer une solution s’inspirait du Défi des villes intelligentes d’Infrastructure Canada; le processus de financement des collectivités autochtones utilisé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada a été une source d’inspiration pour déplacer l’accent de la construction à la mise en marché des idées des Autochtones; quant au concept de l’Accélérateur, dans le cadre duquel le soutien s’articule autour d’un innovateur, il a été emprunté au Défi des femmes en tech propres et de l’Initiative autochtone pour réduire la dépendance au diesel.
    • On a également mobilisé le directeur des services de logement, d’infrastructure et de la gestion des urgences de l’Assemblée des Premières Nations, qui a fourni des recommandations sur la façon de répandre l’idée de l’Initiative dans les collectivités.
    • Rendue publique par un communiqué de presse, l’Initiative a fait couler beaucoup d’encre dans les médias. Services aux Autochtones Canada a saisi l’occasion pour intégrer la rétroaction du public, en particulier sur la langue utilisée dans le cadre du processus;
    • SAC a mobilisé des partenaires autochtones avec lesquels il avait des relations déjà bien établies, notamment la Société d’épargne autochtone du Canada (SÉDAC) et des techniciens en logement de plusieurs conseils tribaux.
    • SAC a fait des appels impromptus aux membres du Groupe de travail autochtone de l’Institut royal d’architecture du Canada ainsi qu’à l’Université Laurentienne, à l’Université du Manitoba, à l’Université Ryerson, au MASS Design Group et à Ecotrust Canada. Ces appels ont débouché sur la création d’un réseau, et le Groupe de travail, l’Université Laurentienne, le MASS Design Group et Ecotrust Canada sont finalement devenus des soutiens clés pour le Comité d’orientation autochtone et les innovateurs.
  • Demande d’idées : avril à août 2019

    • Activité ministérielle organisée dans le cadre du Sommet 2019 sur la croissance du Canada et tenue par le Forum des politiques publiques, à Toronto, en Ontario (avril 2019).
    • Les candidatures en ligne et par la poste ont été acceptées du 11 avril 2019 au 1er août 2019.
    • Connexion à la plateforme Web d’Impact Canada, le site Web centralisé pour les initiatives d’Impact Canada.
  • Présélection de la première étape : automne 2019

    • L’initiative reçoit 342 demandes provenant de partout au pays :
    • Services aux Autochtones Canada examine toutes les demandes et les transmet au Comité d’orientation autochtone.
    • Le Comité d’orientation autochtone examine et recommande 24 candidatures d’innovateurs autochtones au ministère des Services aux Autochtones Canada.
  • Phase de l’Accélérateur : hiver 2020, pour une période allant jusqu’à 18 mois

    • Vingt-quatre (24) innovateurs autochtones sont sélectionnés pour participer au processus de l’Accélérateur. Chaque innovateur recevra un financement et des services de soutien d’une valeur maximale de 350 000 $.
    • La phase de l’Accélérateur s’amorce par un atelier de quatre jours comprenant deux visites de sites de projets de logements innovateurs à Nanaimo, en Colombie-Britannique, en janvier 2020.
    • Pendant la période de l’Accélérateur, les innovateurs autochtones passeront jusqu’à 18 mois à travailler avec un mentor de projet qui les guidera à travers ce processus.
  • Deuxième étape de la sélection et période de mise en œuvre du projet : 2020 à 2022

    • Les innovateurs soumettent les documents qui satisfont aux critères de l’Accélérateur au CAADA, pour approbation.
    • Si le CAADA approuve le projet, le Comité d’orientation autochtone examinera les propositions complètes et déterminera si le projet démontre qu’il respecte de l’idée de projet initiale soumise dans le cadre de l’appel de candidatures de l’Initiative d’innovation pour la construction des logements dans les communautés autochtones, qui s’est tenu du 11 avril au 1er août 2019.

     

    Les projets qui réussissent la période de l’Accélérateur passeront à l’étape de la mise en œuvre du projet et débloqueront des fonds pour la construction.

  • Leçons apprises et mise en commun des connaissances : 2023

    Tout au long de l’Initiative, le Comité d’orientation autochtone et Services aux Autochtones Canada s’efforceront de cerner l’information et les possibilités susceptibles de favoriser la réussite des futurs projets liés aux logements des Autochtones.

7.4 Qui sont les Innovateurs?

  • Yukon

    Carcross/Tagish Management Corporation

    Carcross/Tagish Management Corporation (Carcross, Yukon) travaillera avec 14 collectivités des Premières Nations pour mettre sur pied une usine de fabrication de bâtiments préfabriqués innovatrice. L’usine répondra aux besoins de logement en appuyant la formation, l’innovation, la fabrication et la production. Le projet sera élaboré en étroite collaboration avec Yukon College afin de maximiser les possibilités d’apprentissage dans les domaines du logement et de la recherche et du développement dans le Nord. Domaine d’intérêt : utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales dans les logements autochtones.

  • Territoires du Nord-Ouest

    K’asho Gotine Housing Society

    K’asho Gotine Housing Society (Fort Good Hope, Territoires du Nord-Ouest) concevra et élaborera un programme d’éducation sur l’entretien et la réparation des maisons ainsi qu’un modèle novateur pour l’achat de matériaux de logement. Cette idée novatrice permettra aux gens de métier qualifiés de la région d’acquérir une expérience pratique et de surmonter les obstacles à l’accès au matériel de logement. Domaine d’intérêt : utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales dans les logements autochtones.

  • Nunavut

    Chelsea Singoorie

    Chelsea Singoorie bénéficiera d’une aide pour élaborer un programme d’apprentissage en construction à l’intention des jeunes adultes afin d’appuyer le projet Qaggiq, en Cambrige Bay, au Nunavut, une idée de construire de petites maisons autour d’un lieu de rassemblement communautaire pour remédier au surpeuplement et à la situation des itinérants. Domaine d’intérêt : utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales dans les logements autochtones.

  • Colombie-Britannique

    >Première Nation de Witset

    Première Nation de Witset (Moricetown, Colombie-Britannique) obtiendra du soutien pour développer son idée de la mise sur pied d’un pavillon de ressourcement et d’une résidence pour les jeunes autochtones âgés entre 12 et 18 ans. L’auberge intégrera une approche autochtone pour la réhabilitation des jeunes autochtones, comprenant des cercles de discussion, le soutien des aînés, des huttes de sudation avec du foin d’odeur et des activités culturelles et de plein air en milieu sauvage sur la terre ferme. Il inclura également un volet d’entreprise sociale – le jardinage comme forme de thérapie, mais aussi comme source de nourriture pour les résidents du pavillon. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    Nation Nuxalk

    Nation Nuxalk (Bella Coola, Colombie-Britannique) recevra du soutien pour concevoir un village pour les aînés, une communauté d’habitation axée sur la famille qui favorise la vie entre générations, des espaces communautaires flexibles ainsi que l’art traditionnel, la culture et le paysage naturel dans la conception. L’idée s’éloigne du logement nucléaire occidental et met en avant les pratiques communautaires utilisées par les modes de vie ancestraux des Nuxalkmc. Domaine d’intérêt : styles et techniques de construction traditionnels des Premières Nations, des Inuits ou de la Nation métisse.

    Lu'ma Native Housing Society

    Lu'ma Native Housing Society (Vancouver, Colombie-Britannique) bénéficiera de l’aide pour construire un complexe de logements abordables à usage mixte dirigé et appartenant à des autochtones pour la communauté autochtone du Downtown Eastside de Vancouver. Le complexe comprend un centre de guérison, un centre d’alimentation, un centre de santé et de bien-être, des logements subventionnés pour adultes et des logements locatifs abordables pour les familles à faible revenu. Le complexe intégrera des éléments culturels tels que la forme de la maison longue avec un motif de couverture salish du littoral élaboré par des artistes autochtones locaux. Domaine d’intérêt : création d’espaces urbains culturellement inspirés pour les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse.

    Centres pour le développement durable des collectivités autochtones

    Centres pour le développement durable des collectivités autochtones (Nation T'Sou-ke), Nation ʔaq̓am, Nation Tseycum Nation), Eli Enns (Nation Tla-o-qui-aht, Sooke, Cranbrook et Saanich, Colombie-Britannique) obtiendront du financement pour construire des logements pour une population qui vieillit afin de leur éviter de devoir quitter leur collectivité en vieillissant. Cette idée novatrice vise également à renforcer les capacités et à autonomiser les membres de la communauté par l’élaboration d’un programme de formation avec des partenaires universitaires et techniques. Domaine d’intérêt : utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales.

  • Alberta

    The Changing Horses NPF Society

    Changing Horses NPF Society (Tribu des Blood, Kainai, territoire visé par le Traité nº 7, Sud de l’Alberta) recevra de l’aide pour concevoir et aménager un complexe de logements avec services de soutien comprenant des maisons individuelles placées autour d’un lieu de rassemblement central. Le complexe comprendra un centre communautaire pour fournir des services de réduction des méfaits et un tipi pour les cérémonies et les enseignements culturels qui répondent aux besoins thérapeutiques des membres de la communauté. Le projet adoptera une approche axée sur le logement d’abord en utilisant les enseignements culturels des Pieds-Noirs pour bâtir et renforcer la collectivité et en favoriser la guérison. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    Première Nation de Whitefish Lake

    Première Nation de Whitefish Lake (Standoff, Alberta) bénéficiera de l’aide pour mettre sur pied une société d’aménagement domiciliaire et une société hypothécaire appartenant à la bande qui permettront à la nation de financer la conception et la construction de maisons sur son territoire. Cette idée appuiera la vision de la collectivité en matière d’autosuffisance et de viabilité économique et aidera à retenir les jeunes générations dans la collectivité en leur offrant des options de logement. Domaine d’intérêt : utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales.

    Rodrick Saddleback de la Nation crie de Samson

    Rodrick Saddleback de la Nation crie de Samson (Maskwacis,Alberta) bénéficiera de l’aide pour développer un prototype de maison multigénérationnelle comprenant un espace de vie autonome pour les aînés et un espace communautaire pour soutenir des cérémonies et des pratiques spirituelles. Ce type de dessin cherche à maximiser l’efficacité énergétique en intégrant l’énergie solaire et à prolonger la durée de vie de la maison en sélectionnant des matériaux durables tels que les murs en béton de chanvre. Domaine d’intérêt : styles et techniques de construction traditionnels des Premières Nations, des Inuits ou de la Nation métisse.

  • Saskatchewan

    Première Nation Muskowekwan

    Première Nation Muskowekwan (territoire visé par le Traité nº 4, Saskatchewan) recevra une aide pour mettre sur pied un centre de guérison et de mieux-être pour les familles touchées par un traumatisme intergénérationnel. Cette idée créera un environnement où les familles des Premières Nations pourront rester ensemble et guérir grâce à une approche adaptée à leur culture. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    The Central Urban Métis Federation Inc.

    The Central Urban Métis Federation Inc. (Saskatoon, Saskatchewan) recevra une aide pour mettre sur pied une résidence pour aînés adaptée à leur culture et offrant un soutien global en matière de santé et de culture. La résidence permettra aux aînés métis de vivre de façon autonome dans un milieu qui offre des services pour relever les défis liés à l’âge. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    Saskatchewan Indian Institute of Technologies

    Saskatchewan Indian Institute of Technologies (Saskatchewan) bénéficiera d’une aide pour concevoir et aménager un complexe à logements multiples à Saskatoon ou à Regina afin d’offrir un logement loin du foyer et des espaces de vie sûrs et culturellement pertinents aux étudiants autochtones qui suivent des cours à Saskatchewan Indian Institute of Technologies et de leur fournir un soutien culturel global. La conception comprendra des matériaux novateurs, durables et écoénergétiques. Domaine d’intérêt : création d’espaces urbains culturellement inspirés pour les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse.

  • Manitoba

    The Manitoba Metis Federation

    The Manitoba Metis Federation obtiendra du financement pour construire un complexe d’habitation destiné à accueillir temporairement les citoyens métis qui se rendent à Winnipeg pour avoir accès aux soins de santé. Le complexe aura la capacité d’accueillir simultanément plusieurs familles dans des pièces d’habitation privées en partageant une cuisine et d’autres espaces de vie communs. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    Nation crie d’Opaskwayak

    Nation crie d’Opaskwayak (territoire visé par le Traité nº 5, Manitoba) bénéficiera de l’aide pour la conception d’un « cœur technique universel » destiné aux maisons locales et d’une usine pour les produire. L’idée novatrice d’un « cœur technique universel » permettrait de regrouper tous les éléments de chauffage, de ventilation, de plomberie et d’électricité des maisons. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    The Manitoba Metis Federation

    The Manitoba Metis Federation recevra du soutien pour mettre sur pied un centre de transition urbain culturellement sécuritaire afin de desservir les jeunes métis qui ne bénéficient pas du programme des Services à l’enfance et à la famille des Premières Nations. Le projet prévoit un complexe de style-dortoir avec des chambres individuelles, une buanderie et une cuisine communes, une salle à manger et un espace de vie. Des services de soutien complets seront offerts pour aider les jeunes à se remettre d’un traumatisme, à renouer avec la culture et à faire la transition vers une vie autonome. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

  • Ontario

    Thunder Woman Healing Lodge Society

    Thunder Woman Healing Lodge Society (Toronto, Ontario) obtiendra de l’aide pour faire avancer la conception et le développement du Thunder Woman Healing Lodge, un complexe qui offrira des services en consultation psychologique, du soutien et des logements à long terme aux femmes en transition entre un établissement correctionnel et la collectivité. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    L’autorité sanitaire de la Première Nation de Pikangikum

    L’autorité sanitaire de la Première Nation de Pikangikum – en partenariat avec Indigenous Innovations Corporation (Ontario) recevra un appui pour la conception et le développement de son « village communautaire sécuritaire ». L’idée vise à fournir des logements transitoires et d’urgence sûrs ainsi qu’un soutien professionnel et culturellement adapté aux membres de la communauté qui fuient la violence. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    Wahkohtowin Development General Partnership Incorporated

    Wahkohtowin Development General Partnership Incorporated (Chapleau, Ontario) recevra du soutien pour développer son idée d’une chaine logistique « de l’arbre à la maison » qui utilise des ressources et des travailleurs locaux pour combler les besoins locaux et des besoins en logement grâce à des maisons adaptées, écoénergétiques et conçues sur mesure. Le projet permettra de concevoir des maisons sur mesure grâce à un partenariat avec Boreal Products et Hornepayne Lumber. Les maisons seront construites à l’aide de la technologie « thermo-log ». Domaine d’intérêt : utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales.

    Indigenous Clean Energy Social Enterprise

    Indigenous Clean Energy Social Enterprise recevra un appui pour une idée novatrice visant à transformer la façon dont les maisons sont construites dans les collectivités de Fisihing Lake Métis Settlement (Alberta), de la bande indienne de Red Rock (Ontario) et des nouvelles terres d’Animbiigoo Zaagi'igan Anishinaabek (Ontario) pour qu’elles soient saines, efficaces sur le plan énergétique, adaptées à la culture et durables. lLes expériences seront partagées dans le cadre de l’initiative plus vaste Bringing it Home. Cette idée est axée sur trois résultats clés: des normes de construction à haute efficacité, de la formation dans les domaines de la construction et des métiers, et de l’habitation. Domaine d’intérêt : efficacité et indépendance énergétiques.

  • Québec

    Waseskun Healing Community

    Waseskun Healing Community (Saint-Alphonse-Rodriguez, Québec) recevra de l’aide pour aménager un nouveau complexe d’habitation pour accueillir les hommes autochtones âgés qui sont transférés d’un établissement correctionnel à un autre et pour leur fournir des services complets afin de faciliter leur transition vers la vie communautaire. Domaine d’intérêt : soutien aux populations vulnérables.

    Nation naskapie de Kawawachikamach

    Nation naskapie de Kawawachikamach (Québec) bénéficiera du soutien pour développer son idée d’un bâtiment à usage mixte qui combine des usages résidentiels et commerciaux avec le rez-de-chaussée réservé aux entreprises locales et le deuxième étage pour des petits appartements destinés aux jeunes ou des parents seuls. Domaine d’intérêt : utilisation de la résidence pour l’autonomisation, le renforcement des capacités et le soutien aux entreprises locales.

  • Atlantique

    Première Nation Abegweit

    Première Nation Abegweit (Réserve Scotchfort, Île-du-Prince-Édouard) recevra de l'aide pour la conception et la construction d'un complexe de maisons solaires passives à unités multiples pour jeunes adultes célibataires et trois ou quatre familles. La construction vise à soutenir l'indépendance énergétique et à incorporer l'efficacité énergétique afin de minimiser les coûts énergétiques. L'idée vise à faire certifier le complexe pour qu'il réponde aux normes canadiennes en matière de maisons passives. Domaine d’intérêt : efficacité et indépendance énergétiques.

7.5 Rencontrez les membres du Comité d’orientation autochtone

L’initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones est dirigée par le Comité d’orientation autochtone avec l’appui du gouvernement du Canada et du CAADA. Le Comité est composé d’éminentes personnalités autochtones de partout au Canada.

De gauche à droite : Sean Willy, Will Goodon, Pamela Glode-Desrochers, Marcel Lawson-Swain, Dawn Madahbee Leach. Terry Audla n’apparaît pas sur la photo.
  • Sean Willy, Chef de la direction, Des Nedhe Development

    En août 2017, après vingt ans dans l’industrie du secteur primaire et à la suite d’une longue expérience à des postes de haute direction et dans le domaine du développement communautaire et des ressources humaines, Sean Willy a été nommé chef de la direction de la société Des Nedhe Development. Sean s’est joint à Des Nedhe en juillet 2016 en tant que vice-président; il a mené de nombreuses initiatives d’expansion commerciale pour cette organisation. Son expérience auprès des communautés et des entreprises autochtones lui permet de nouer de solides liens entre nos entreprises et nos nombreux partenaires autochtones et non autochones.

  • Will Goodon, Ministre de la Gestion des propriétés et du Logement, Fédération des Metis du Manitoba (Coprésident)

    Will Goodon a bâti sa carrière grâce à une combinaison d’entrepreneuriat et de services communautaires. Encouragé par ses parents à chercher des possibilités d’affaires, Will a saisi l’occasion de travailler pour la Nation métisse au gouvernement métis, où il a occupé diverses fonctions. Ajoutons qu’en partenariat avec son père, Will détient des parts dans des projets de motels dans le sud-ouest du Manitoba; il possède des établissements à Deloraine, à Boissevain et à Killarney.

  • Pamela Glode-Desrochers, Directrice générale, Mi'kmaw Native Friendship Centre (Halifax, Nouvelle-Écosse)

    Pamela Glode-Desrochers travaille pour le MicMac Native Friendship Centre depuis 22 ans. D’origine micmaque, Pamela comprend parfaitement bien le point de vue des Premières Nations et elle a à cœur d’aider les Autochtones vivant en milieu urbain à accéder à du soutien et à des conseils sur le plan social et dans le domaine des soins de santé, de la justice et de l’éducation pour apporter un appui concret dans l’amélioration de la sécurité, de la santé et du dynamisme de la communauté autochtone urbaine.

  • Marcel Lawson-Swain, LL.B, Directeur général, Lu’ma Native Housing Society

    Marcel Lawson-Swain occupe depuis 32 ans le poste de directeur général du groupe Lu’ma, qui comprend la Lu’ma Native Housing Society, la Lu’ma Native BCH Housing Society, la First Funds Society, la Lu’ma Medical Centre Society, l’Aboriginal Land Trust et Lu’ma Development Management LTD. Marcel est d’ascendance ojibwée, crie et métisse. Détenteur d’un diplôme en droit et d’un diplôme en administration des affaires, il a pratiqué le droit à Vancouver après avoir été admis au Barreau de la Law Society of British Columbia.

  • Dawn Madahbee Leach, Directrice générale, Waubetek Business Development Corporation

    Dawn Madahbee Leach est fière de faire partie de la Première Nation Aundeck Omni Kaning, sur l’île Manitoulin, dans le nord de l’Ontario, où elle a siégé comme membre du conseil de sa communauté. Depuis 1988, elle occupe le poste de directrice générale de la Waubetek Business Development Corporation, une institution financière autochtone qui offre du financement et des services aux entrepreneurs autochtones et aux Premières Nations du nord-est et du sud de l’Ontario. Cette organisation offre également des services aquacoles aux Autochtones du centre du pays. Sous la direction de Dawn, Waubetek a fièrement investi plus de 80 millions de dollars dans 3 600 entreprises autochtones, qui affichent un taux de réussite de 94 %. Diplômée en développement économique de l’Université de Waterloo, Dawn a également poursuivi des études à l’Université York et à l’Université Laurentienne, où elle a obtenu un diplôme en sciences politiques et en droit.

  • Terry Audla, Président-directeur général de la Société d’habitation du Nunavut

    Terry Audla a été nommé président-directeur général de la Société d’habitation du Nunavut en janvier 2016. À ce titre, il est responsable de plus de 5 500 maisons et logements sociaux au Nunavut et s’efforce de remédier à la pénurie de logements abordables et de combler les lacunes dans le continuum du logement à l’échelle du territoire. De 2012 à 2015, M. Audla a assumé les fonctions de président et dirigeant inuit national de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), une organisation nationale représentant 55 000 Inuits au Canada. Fils d’exilés de l’Extrême-Arctique déplacés d’Inukjuak au Québec au début des années 1950, il est né à Frobisher Bay (renommée Iqaluit) et il a grandi à Resolute Bay.

7.6 Rencontrez les partenaires

  • Services aux Autochtones Canada

    La Direction du logement et de la réforme des services en infrastructure appuie les activités du Comité d’orientation autochtone, du comité technique et du CAADA. SAC est responsable des décisions stratégiques et des rapports internes du gouvernement du Canada; il lui incombe également de fournir des conseils stratégiques à l’ensemble des partenaires de l’Initiative.

  • Infrastructure Canada

    La direction du Défi des villes intelligentes d’Infrastructure Canada a fourni à SAC des conseils clés relativement à la structuration de l’Initiative d’innovation pour les logements destinés aux Autochtones. Le Défi des villes intelligentes d’Infrastructure Canada s’était également engagé à lancer un défi de 15 millions de dollars expressément pour les Autochtones; ce montant de 15 millions de dollars a été transféré à SAC en vue d’améliorer l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones, ce qui a permis d’offrir des fonds supplémentaires dans le cadre de l’Accélérateur et de la construction.

  • Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones (CAADA)

    Le CAADA est un organisme consacré au perfectionnement professionnel des agents de développement économique autochtones. Le CAADA assure la prestation de l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones depuis janvier 2020. Il conclut des ententes avec des innovateurs, des mentors et d’autres partenaires clés, ce qui comprend la prestation de conseils à mesure que les projets avancent et le versement de fonds à toutes les parties au projet. Le CAADA fournit également du soutien logistique et du soutien aux déplacements et à la tenue de réunions au Comité d’orientation autochtone. Le Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones passera en revue tous les documents et les exigences techniques soumis par les innovateurs qui sont prêts à passer à l’étape de la construction/mise en œuvre.

  • Université Vancouver Island

    L’Université Vancouver Island accorde une grande priorité au soutien des étudiants autochtones et à l’intégration des connaissances et de la culture autochtones dans ses programmes et dans les divers aspects de la vie étudiante. L’Université a fourni des orientations clés tout au long de la phase d’élaboration de l’Initiative. L’Université a également facilité le lancement de l’Accélérateur; innovateurs, mentors, membres du Comité d’orientation et autres intervenants ont reçu une séance d’orientation d’une semaine à Parksville, en Colombie-Britannique, semaine pendant laquelle les participants ont pu effectuer plusieurs visites dans une collectivité des Premières Nations voisine. De plus, l’Université avait prévu la présence d’étudiants ambassadeurs afin que les innovateurs se sentent bien accueillis et soutenus pendant les activités de lancement. L’Université appuie également les activités liées à l’évaluation des impacts et travaille de concert avec les innovateurs à l’élaboration de mesures de performance pour leurs projets.

  • MASS Design Group/Sustainable Native Communities Design Lab (MASS/SNCDL)

    Le MASS Design Group/Sustainable Native Communities Design Lab est un organisme sans but lucratif établi aux États-Unis, qui se spécialise dans l’infrastructure spécialisée, soit l’infrastructure conçue avec et pour les collectivités. Le groupe a pour priorité de travailler en collaboration avec diverses tribus amérindiennes afin de développer leurs portefeuilles de logements. Le MASS/SNCDL appuie l’Initiative depuis sa création en offrant des conseils sur la façon de faire participer les collectivités à la finalité et à la conception de leur infrastructure. Le MASS/SNCDL a joué un rôle clé dans l’élaboration de programmes permettant de soutenir les innovateurs à mesure que ceux-ci peaufinent leurs idées.

  • Groupe de travail autochtone de l’Institut royal d’architecture du Canada

    Le Groupe de travail autochtone de l’Institut royal d’architecture du Canada appuie l’Initiative depuis sa phase de conception en conseillant le Comité d’orientation sur la façon de structurer les critères d’évaluation et les besoins techniques. Maintenant que les innovateurs ont été sélectionnés et travaillent à l’avancement de leurs projets, les membres du Groupe de travail collaborent directement avec les innovateurs à titre de mentors pour les aider à parfaire leurs idées et à les rendre prêtes à être exécutées.

  • École d’architecture McEwen de l’Université Laurentienne

    L’École d’architecture McEwen est dirigée par l’architecte David Fortin, citoyen de la Nation métisse; l’École met fortement l’accent sur les philosophies et les enseignements autochtones. L’établissement a prêté main-forte au Comité d’orientation dans la conception de l’Initiative; les étudiants sont jumelés à des innovateurs et à des mentors pour les aider à peaufiner leurs idées et à les amener à l’étape de l’exécution.

  • Société d’épargne des Autochtones du Canada (SÉDAC)

    La SÉDAC se spécialise dans la proposition de solutions de financement de maisons des Premières Nations dans le contexte unique des réserves. La SÉDAC a appuyé le lancement de l’Accélérateur en offrant des ateliers sur le financement et le développement d’entreprises, afin d’aider les innovateurs à rendre leurs idées financièrement viables une fois qu’elles seront opérationnelles.

  • Ecotrust Canada

    Ecotrust Canada travaille avec les collectivités à l’adoption de pratiques durables qui englobent l’environnement, la santé, l’économie et le bien-être communautaires. Ecotrust a appuyé le lancement de l’Accélérateur; tout au long de l’Initiative, par l’intermédiaire de son réseau, l’organisme s’emploie à réunir des connaissances sur les expériences vécues par les innovateurs, en réalisant des études de cas sous forme de documentaires et de balados.

  • Minokaw Consulting

    Michelle Sault de Minokaw Consulting a été une ressource clé dans l’élaboration et le lancement de l’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones. Reconnue pour ses compétences d’animatrice, Michelle a travaillé de concert avec le Comité d’orientation pour élaborer un modèle de prise de décision fondée sur le consensus et consolider les domaines d’intérêt et les critères d’admissibilité et d’évaluation de l’Initiative. Elle a guidé le Comité à travers son processus de sélection des projets et facilité le lancement de l’Accélérateur de manière à ce que tous les innovateurs, mentors et autres soutiens clés éprouvent un sentiment d’appartenance à une communauté.

  • Indigenous Clean Energy (ICE)

    ICE est une entreprise sociale qui renforce le leadership et la coopération avec les Autochtones pour cheminer vers un avenir énergétique propre. L’Initiative d’innovation pour la construction de logements dans les communautés autochtones a permis d’établir un partenariat avec ICE afin d’utiliser sa plateforme d’apprentissage pour y héberger le Cercle de l’Initiative, un forum de discussion créé pour appuyer le développement d’une communauté de pratique et faciliter le transfert des connaissances grâce à des webinaires et à la mise en commun de ressources, non seulement au sein des Innovateurs, mais à l’ensemble des candidats du programme et des collectivités autochtones de partout au pays.

Publié : 2021-04-22
Date de modification : 2024-11-21
Étude de cas

Étude de cas Défi des technologies de vérification des drogues

Bureau de la politique et de la science sur les drogues, Santé Canada
Programme sur l’usage et les dépendances aux substances, Santé Canada
Service d’analyse des drogues, Santé Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
equipe de verification des drogues

1. Sommaire

Le Défi des technologies de vérification des drogues a été conçu pour améliorer la technologie de vérification des drogues. Cette amélioration permettra à la communauté des utilisateurs de drogues et aux personnes qui les soutiennent de prendre des décisions plus éclairées en fonction de la composition des drogues et ainsi de réduire les méfaits.

La présente étude de cas introduit le lecteur au déroulement de ce défi et à sa conception par étapes. Même si le vainqueur final du Défi ne sera pas connu avant le printemps 2021, ce dernier a déjà donné lieu à un ensemble impressionnant d’inventions et les aperçus préliminaires sur son impact global sont positifs.

Les principaux points du Défi sont présentés à l’aide du modèle logique et portent à la fois sur le processus et les résultats économiques, sociaux et environnementaux. Ils nous aident à déterminer si l’utilisation d’une méthodologie de défi peut contribuer à faire progresser les domaines prioritaires en matière de politique gouvernementale et avoir une incidence sociale, économique et environnementale significative et mesurable pour les Canadiens et, si c’est le cas, dans quelle mesure. L’étude de cas donnera également un aperçu des objectifs et de la structure du Défi et présentera au lecteur les finalistes et le jury du Défi.

2. Principaux points

2.1 Résultats du processus

  • 2.1.1 Sensibilisation accrue du public à un problème ou à une question

    Les prix et défis se présentent et fonctionnent très différemment des programmes de financement que les gouvernements et leurs partenaires courants ont coutume de gérer ou auxquels ils participent habituellement. Cette stratégie d’ouverture et de transparence a le double objectif d’attirer de nouveaux talents (et par conséquent, de nouvelles idées voir cidessous) et de susciter la participation du grand public sur les questions de politique plus générales qui sont soulevées. En travaillant avec transparence dans le cadre des prix et défis, l’hôte d’un défi crée des occasions de communiquer de façon stratégique avec le public sur des questions qui concernent l’essentiel de son mandat, d’une manière qui peut s’avérer plus attrayante pour le grand public que les démarches de communication traditionnelles. Ainsi, on peut considérer les prix et défis comme des initiatives « phares » pouvant en soi avoir une portée étroite, mais qui sont susceptibles de faire la lumière sur les grandes questions à l’étude sur les plans social et environnemental.

    La crise des surdoses d’opioïdes continue d’avoir des répercussions importantes sur les communautés et les familles canadiennes. Il y a eu en moyenne 11 décès et 13 hospitalisations par jour entre janvier 2016 et juin 2020, ce qui fait de la crise des surdoses d’opioïdes l’une des plus graves crises de santé publique de l’histoire récente du Canada.

    Nous avons lancé le Défi des technologies de vérification des drogues en 2018 pour « améliorer les technologies de vérification des drogues et ainsi permettre aux personnes qui consomment des drogues et à celles qui les soutiennent de prendre des décisions plus éclairées, en tenant compte de la composition de la drogue ». Cette déclaration préliminaire reflète le soutien du gouvernement du Canada à la réduction des risques, notamment par la prise de mesures visant à réduire les effets négatifs des drogues et des substances sur les individus et les communautés, sans exiger l’arrêt de la consommation. En fait, la réduction des risques est l’un des quatre piliers de la Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances (SCDS), au même titre que la prévention, le traitement et l’application de la loi. La SCDS oriente la politique, les programmes et les mesures du gouvernement fédéral pour traiter les questions de consommation problématique de substances, y compris la crise des surdoses d’opioïdes.

    Le lancement d’un défi visant à créer un appareil ou un instrument de test rapide, précis, facile à utiliser et peu coûteux pouvant être utilisé avec un minimum de formation et de travail de préparation montre clairement que le gouvernement s’est fixé comme priorité de soutenir les personnes qui consomment des drogues et d’éviter les méfaits liés à l’approvisionnement néfaste en drogues de rue.

  • 2.1.2 Mobilisation de nouveaux talents

    Les prix et défis visent à mobiliser divers acteurs et à attirer de nouveaux participants dans un domaine de travail existant. La plupart des 24 candidats au Défi étaient nouveaux au gouvernement, n’ayant jamais reçu de financement dans le cadre du Programme sur l’usage et les dépendances aux substances de Santé Canada. Le bassin de demi-finalistes et de finalistes constituait un échantillon représentatif d’établissements universitaires et de recherche bien établis et de jeunes entreprises de nouvelles technologies. À la deuxième étape de la sélection, le bassin de trois finalistes était formé presque exclusivement d’entreprises de la dernière catégorie de petites entreprises en démarrage cherchant à faire une percée sur le marché des technologies de vérification des drogues.

  • 2.1.3 Établissement de réseaux et de partenariats de collaboration

    Engagement : Après un engagement important et réfléchi des parties prenantes et des citoyens, l’objectif du Défi s’est éloigné de l’orientation initiale et est passé du développement de nouvelles technologies à des fins d’application de la loi (p. ex. à l’usage des policiers) à la création de dispositifs de vérification des drogues pour les environnements de prestation de services de première ligne (p. ex. sites de consommation supervisés, sites de prévention des surdoses, centres de santé publique, etc.). Tout au long des étapes Compréhension et Conception de la planification du Défi, il est apparu clairement qu’il était possible et même nécessaire d’intervenir : nous allions lancer un défi pour fournir de plus amples renseignements aux personnes qui consomment des drogues et à celles qui les soutiennent, afin qu’elles puissent faire des choix éclairés.

    Intégrer la perspective de l’utilisateur final : Pour s’assurer que les solutions respectaient le point de vue de l’utilisateur final (les personnes qui consomment des drogues et celles qui les soutiennent), le Défi a eu recours à plusieurs méthodes. Premièrement, les candidats devaient démontrer comment ils intégraient la perspective de l’utilisateur final lors du développement de leur technologie de vérification des drogues tout au long du Défi. Deuxièmement, des personnes ayant une expérience vécue passée ou présente ont également été intégrées dans les discussions du jury et dans la prise de décision. Finalement, lorsque la COVID19 a obligé l’équipe de planification à renoncer aux démonstrations en personne prévues pour les trois derniers dispositifs, un processus d’examen pratique a été mis en place, dans le cadre duquel quatre membres de la communauté de vérification des drogues ayant une expérience vécue passée ou présente ont participé à des démonstrations virtuelles avec des innovateurs et ont fourni une rétroaction tant aux innovateurs qu’au jury, alors qu’ils s’engageaient dans les délibérations de l’étape 3. Ces mesures ont permis de garantir un engagement continu, de la conception à la mise en œuvre et au-delà.

    Exploiter les ressources horizontales : Des partenariats ont été établis avec le Service d’analyse des drogues (SAD) de Santé Canada et le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches du Canada pour soutenir l’évaluation des réponses au Défi et la validation des résultats. Le SAD a mis au point un processus pour évaluer la capacité des appareils de vérification des drogues des finalistes à détecter avec précision les substances pertinentes en utilisant des échantillons préparés à l’avance à tester au moyen des dispositifs de vérification des drogues des finalistes, permettant de produire un rapport sur les résultats à l’intention du jury. Le PARI soutient Santé Canada en effectuant des examens techniques supplémentaires des appareils de vérification des drogues. Le PARI utilise sa vaste connaissance technique de l’état de la recherche et développement (R. et D.) dans un marché donné et son expérience en matière de soutien à la capacité d’innovation et de commercialisation des petites et moyennes entreprises canadiennes pour faire en sorte que le jury dispose d’une expertise technique impartiale.

2.2 Résultat à moyen terms : Modèles de gestion durable

  • 2.2.1 Investissement accru

    Accélérer le progrès : Le calendrier du Défi des technologies de vérification des drogues a motivé les innovateurs à faire progresser rapidement leur technologie vers le stade de préparation technique nécessaire pour tester leurs prototypes sur le terrain. En lançant le Défi, Santé Canada a entraîné l’augmentation de l’investissement dans le domaine de la technologie de vérification des drogues, favorisant ainsi l’élaboration de nouvelles solutions plus propices à attirer divers nouveaux venus dans ce marché et la mobilisation des ressources financières et non financières des équipes participantes.

    Les défis visent à établir une communauté de solutionneurs et à accroître l’investissement dans le secteur et le marché en général. Le Défi des technologies de vérification des drogues a réuni une cohorte de neuf solutionneurs, qui ont reçu un soutien progressif pour favoriser et accélérer la R. et D. de leur technologie de vérification des drogues. Bien qu’il n’y ait finalement qu’un seul grand gagnant, il y a eu un investissement accru pour tous les solutionneurs grâce aux prix décernés aux diverses étapes, dont les effets peuvent se poursuivre au-delà du défi. L’un de ces exemples est un demi-finaliste du défi, Greenlight Analytical. Bien qu’elle n’ait pas été sélectionnée par le jury pour faire partie des trois finalistes, l’entreprise a reçu le soutien du gouvernement du Canada par l’intermédiaire de l' Agence de promotion économique du Canada atlantique et d'un organisme de capital-risque en démarrage de la Nouvelle-Écosse, afin de commercialiser son appareil (désormais plus particulièrement axé sur le cannabis). En outre, la ville de Kingston a approuvé une dépense d’environ 270 000 $ pour soutenir un projet pilote utilisant l’appareil de vérification des drogues de l’un des finalistes.

  • 2.2.2 Amélioration des compétences et des capacités

    L’amélioration des compétences et des capacités de la communauté des solutionneurs est l’une des retombées importantes des défis. Les défis sont très souvent progressifs, de telle sorte que les solutionneurs doivent franchir une série d’étapes successives qui mènent à l’obtention du prix final. Bien que l’amélioration des compétences et des capacités au sein des organisations soit généralement considérée dans la documentation comme une retombée connexe et qu’elle ne soit pas prise en compte par les commanditaires des défis (McKinsey & Company, 2009), il s’agit pour Impact Canada d’une retombée essentielle. En général, les défis d’Impact Canada sont conçus intentionnellement de façon progressive, ce qui offre à l’ensemble des solutionneurs des occasions de renforcer concrètement leurs capacités.

  • 2.2.3 Technologies, produits et services novateurs

    Il s’agit également d’un résultat clé pour de nombreux défis d’Impact Canada. Par exemple, le Défi des technologies de vérification des drogues de Santé Canada vise à encourager la mise au point d’une technologie qui permettra aux consommateurs de drogues de prendre des décisions éclairées sur leur consommation en fonction de la composition du stupéfiant. Ces types de défis sont en grande partie perçus comme un moyen pour le gouvernement d’intervenir lorsque le marché offre peu ou pas d’incitatifs au développement de technologies qui amélioreraient les résultats sur le plan socioéconomique ou environnemental et qui comportent une valeur publique. Le présent défi a permis de mettre au point un certain nombre d’appareils prometteurs utilisant une gamme de solutions technologiques inédites ayant une applicabilité dans le monde réel. En voici des exemples :

    • Un appareil portatif de vérification des drogues utilisant le téléphone intelligent qui effectue une interrogation électronique non destructive de l’échantillon et qui transmet ensuite les données à une application aux fins d’analyse;
    • Un spectromètre double d’avant-garde qui utilise les spectres Raman et quasi infrarouge pour fournir des rapports instantanés et en temps réel au moyen d’une interface conviviale conçue pour les travailleurs de la santé;
    • Une technologie portative fondée sur le spectre Raman ne nécessitant qu’une formation minimale et permettant aux opérateurs de détecter le fentanyl et d’autres additifs en quelques minutes.

2.3 Résultats à plus long terme

  • Retombées sociales, environnementales et économiques

    Le présent Défi démontre l’engagement du gouvernement du Canada à investir dans la réduction des risques et à soutenir les personnes qui consomment des drogues. La conception d’une nouvelle technologie de vérification des drogues pourrait permettre à une communauté de bénéficier des résultats du Défi. L’appareil pourrait être utilisé par des organisations sociales pour aider à atteindre l’objectif de réduction des méfaits associés à la consommation de drogues.

  • Un gouvernement efficace et efficient

    • Tirer parti des modalités d’Impact Canada : L’ensemble des modalités horizontales d’Impact Canada pour les paiements de transfert a donné à Santé Canada la souplesse nécessaire pour émettre des paiements fondés sur les résultats et pour élargir sa liste de candidats admissibles, afin d’inclure le secteur privé (pour les entreprises comme les entreprises technologiques). L’application de ces modalités a permis au Ministère d’attirer de nouveaux candidats et de mettre l’accent sur l’obtention de résultats et les paiements en fonction des résultats, et non sur les produits ou les coûts de mise en œuvre.
    • Susciter une validation externe positive de l’utilisation par le Canada des défis pour résoudre les problèmes : Nesta Challenges, le leader en matière de développement et de distribution de prix et défis au RoyaumeUni, a reconnu et présenté le DCTC comme un exemple de classe mondiale dans leur Challenge Practice Guide, et dans des articles d’opinion sur l’innovation canadienne (ajouter une citation ici). Cette forme de validation externe de l’approche par des organisations internationales et l’obtention d’une couverture médiatique positive concernant l’approche peuvent être considérées comme un indicateur de l’efficacité du gouvernement (p. ex. une meilleure réputation internationale).

3. À propos d’Impact Canada

Impact Canada fait partie d’un ensemble exhaustif d’initiatives lancées par le gouvernement du Canada en 2017 visant à résoudre des problèmes politiques complexes en utilisant le concept des prix et défis, des modèles de rémunération à la réussite et des modèles fondés sur le comportement. Impact Canada permet d’utiliser les prix et défis à condition d’observer un ensemble de modalités souples concernant les subventions et les contributions afin d’établir un lien entre le financement et les résultats obtenus et de financer des évaluations rigoureuses fondées sur la recherche.

L’Unité de l’impact et de l’innovation du Bureau du Conseil privé aide les ministères à élaborer des possibilités de financement novatrices qui réunissent les meilleures idées et les plus brillants talents, et qui récompensent les organisations et les personnes qui produisent des résultats très positifs pour les Canadiens.

3.1 Qu’est-ce qu’un défi?

Les défis visent à résoudre de grands problèmes et à accélérer les progrès vers la réalisation d’objectifs ambitieux. Ils produisent habituellement des percées majeures dans le domaine des connaissances et des pratiques humaines. Ils y parviennent en mettant en lumière un problème ou une opportunité et en incitant les innovateurs et les investisseurs à faire du défi une priorité.

Les défis sont des approches d’innovation ouvertes conçues pour fournir des incitatifs (financiers et autres) pour convaincre un large éventail d’innovateurs de s’attaquer à des problèmes pour lesquels les solutions ne sont pas apparentes. Les défis comportent généralement une série d’étapes visant à mener les innovateurs au but ultime, qui est de résoudre un problème donné. Au lieu de prescrire un ensemble précis de caractéristiques, les responsables qui lancent les défis dans le secteur public cherchent le plus souvent les solutions les plus prometteuses en réponse à un ensemble de critères définis. Les défis peuvent agir comme un « mécanisme de déclenchement » dans lequel une organisation de parrainage, comme le gouvernement, reconnait un problème, publie des critères et récompense les innovateurs si et quand ils peuvent améliorer de façon mesurable un résultat donné que l’organisation cherche à atteindre.

Le Défi des technologies de vérification des drogues est un exemple de prix et défis. Les prix et défis offrent un financement fondé sur les résultats à quiconque peut le premier ou le plus efficacement relever un défi précis ou résoudre un problème particulier selon un ensemble de critères vérifiables et prédéterminés. Ils visent à attirer les innovateurs afin de contribuer à accélérer les progrès pour combler une lacune reconnue, telle qu’un manque d’innovation dans un domaine particulier du marché.

4. À propos de Santé Canada

Santé Canada (SC) dirige le Défi des technologies de vérification des drogues d’Impact Canada. SC est responsable d’aider les Canadiens à maintenir et à améliorer leur santé. Il veille à ce que des services de santé de haute qualité soient accessibles et s’efforce de réduire les risques pour la santé.

4.1 Pourquoi a-t-on créé le Défi des technologies de vérification des drogues?

Le nombre de surdoses et de décès causés par les opioïdes, dont le fentanyl, a fortement augmenté et continue d’augmenter : entre janvier 2016 et juin 2020, 17 602 décès liés aux opioïdes sont survenus. Entre janvier et juin 2020, 75 % des décès accidentels liés aux opioïdes concernaient le fentanyl ou des analogues du fentanyl. Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les professionnels de la santé et de la sécurité publique et les Canadiens de tout le pays ont réagi à cette crise pour tenter de sauver des vies.

  • Continuer de lire

    L’un des principaux piliers de l’approche du gouvernement du Canada face à la crise des surdoses d’opioïdes est l’utilisation d’une approche de réduction des risques par la prise de mesures réduisant les effets négatifs des drogues et des substances sur les individus et les communautés, sans exiger l’arrêt de la consommation. La vérification des drogues est une mesure de réduction des conséquences négatives des drogues par laquelle on détermine ce qu’elles contiennent, notamment pour s’assurer qu’elles ne contiennent pas de substances toxiques ou de drogues puissantes comme le fentanyl.

    En octobre 2018, le Défi des technologies de vérification des drogues a été lancé pour améliorer les technologies de vérification des drogues et permettre aux personnes qui consomment des drogues et à celles qui les soutiennent de prendre des décisions plus éclairées en fonction de la composition de la drogue et ainsi de réduire les méfaits.

    Comme le montre le blog vidéo d’Impact Canada sur le Défi des technologies de vérification des drogues, l’objectif est passé de la détection des drogues à la vérification des drogues suite à l’engagement des parties prenantes dans les phases de recherche et de planification du Défi. Le but de ce défi est de réduire les méfaits pour les consommateurs de drogues.

4.2 Objectifs du Défi

Les trois principaux objectifs suivants résument ce Défi :

  • Accélérer l’innovation afin de mettre au point un appareil ou un instrument idéal de vérification des drogues à utiliser dans un environnement contrôlé (p. ex. sites de consommation supervisés, sites de prévention des surdoses, centres de santé publique, etc.);
  • Fournir des renseignements plus utiles aux consommateurs de drogues et à ceux qui les soutiennent afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées, ce qui peut contribuer à réduire le risque de décès par surdose;
  • Accroître le recours aux services de vérification des drogues en fournissant des renseignements de meilleure qualité et plus utiles aux consommateurs de drogues.

4.3 Critères d’évaluation

Critères d’évaluation pour le Défi des technologies de vérification des drogues
Critère Explication
Exactitude / fiabilité Résultats cohérents et fiables comportant le moins de faux résultats possible.
Sensibilité Capacité de détecter le plus grand nombre possible de substances, y compris le fentanyl et les analogues du fentanyl, même à l’état de traces, ainsi que de divers autres opioïdes.
Adaptabilité Capacité de détecter des substances supplémentaires/inconnues, y compris des substances non opioïdes.
Rapidité Capacité de fournir des résultats rapidement.
Abordabilité Prix convenant à un large déploiement dans des environnements à ressources limitées.
Facilité d’utilisation Utilisable par l’ensemble de la population après une très courte formation, ne nécessite qu’un faible échantillon et un travail de préparation des appareils/instruments minimal.
Pertinence / portabilité Convient pour une utilisation dans des environnements de prestation de services de première ligne, de préférence portatif.
Quantification Capacité à fournir la quantité ou la quantité relative de chaque composant dans un échantillon.
Examen non destructif Dans la mesure du possible, ne pas consumer, détruire ou contaminer avec un réactif toute partie de l’échantillon de drogue testé.
Robustesse Sûr et résistant aux dysfonctionnements.
En réseau Capacité d’enregistrer et de produire des rapports sur les données relatives à la prévalence de différents types de drogues et de « mauvais lots ».
Consultation Développé en consultation avec les utilisateurs finaux.
Adoption Adoption prévue pour un large déploiement parmi les utilisateurs finaux visés.
Prototype Plan de travail du projet visant à produire un prototype fonctionnel qui pourra être testé d’ici juillet 2019.

5. Aperçu du Défi

5.1 Critères d’entrée

Les candidats doivent respecter les critères suivants :

  • Ce défi est ouvert à tous les organismes à but lucratif et à but non lucratif, comme les entreprises, les associations industrielles, les organisations autochtones, les associations de recherche et les établissements postsecondaires;
  • Les candidats doivent être en mesure de démontrer qu’ils détiennent la propriété intellectuelle utilisée dans le cadre du Défi;
  • Ils doivent avoir la volonté de posséder une autorisation en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances afin d’être protégés contre des accusations criminelles;
  • Ils doivent faire preuve de respect envers les personnes qui consomment des drogues et celles qui les soutiennent tout au long du processus du Défi;
  • Ils doivent être disposés à suivre toute formation nécessaire pour travailler avec les personnes qui consomment des drogues et celles qui les soutiennent, s’ils interagissent directement avec celles-ci ou s’ils travaillent dans un site de consommation supervisée ou un site de prévention des surdoses pendant le Défi.

5.2 Challenge stages

  • 5.2.1 Phase de consultation et lancement du défi

    Chronologie Phase
    Octobre-décembre 2017 Recherche sur les défis et la portée à l’interne
    Janvier-septembre 2018 Mobilisation et consultation des parties prenantes et des informateurs clés, y compris une consultation en ligne sur la plateforme d’Impact Canada pendant les mois de juillet et d’août.
    N.B.: L’objectif a évolué, il est passé de la mise au point d’une technologie de détection des drogues à celle d’une technologie de vérification des drogues sur la base de la participation des parties prenantes, notamment d’entretiens en personne, d’entretiens avec des informateurs clés et d’ateliers.
    2 octobre 2018 Lancement du Défi. 24 candidats de trois pays.
  • 5.2.2 Première phase de sélection

    Chronologie Phase
    Avril 2019 Le jury a évalué les candidatures en fonction des objectifs et des critères d’évaluation du défi.
    Avril 2019 Au stade de la demi-finale, le jury a sélectionné neuf innovateurs pour passer à la deuxième étape, le développement de prototypes perfectionnés, en vue d’un essai pilote. Ces neuf demi-finalistes ont reçu un financement de 25 000 dollars pour poursuivre le développement de leurs prototypes.
  • 5.2.3 Période d’incubation

    Chronologie Phase
    D’avril à septembre 2019 Les demi-finalistes ont poursuivi le développement de leurs prototypes.
  • 5.2.4 Deuxième phase de sélection

    Chronologie Phase
    Décembre 2019 Le jury délibère pour choisir jusqu’à cinq finalistes parmi les neuf demi-finalistes, qui recevront une somme estimée à 100 000 $ pour le projet pilote concernant leurs prototypes.
    Décembre 2019 Le jury a sélectionné trois finalistes, dont les idées représentent véritablement des innovations révolutionnaires dans le domaine des technologies de vérification des drogues. Après la deuxième étape de sélection par le jury, ils ont été choisis pour faire tester leurs prototypes sur le terrain, et ont reçu chacun 166 000 $ pour soutenir la poursuite de la R. et D. sur leurs appareils.
  • 5.2.5 Étape du projet pilote

    En raison de la COVID19, Santé Canada a apporté quelques modifications au processus d’évaluation. Au lieu d’exiger des essais pilotes sur le terrain, Santé Canada a formé un groupe de travailleurs de première ligne et de personnes ayant une expérience vécue, pour effectuer un « examen pratique » virtuel des appareils. Le but de cet examen est d’évaluer :

    • La pertinence des appareils dans un environnement de première ligne. (p. ex. facilité d’utilisation, portabilité, rapidité d’obtention des résultats, résistance aux dysfonctionnements);
    • La mesure dans laquelle l’appareil répond aux besoins des utilisateurs finaux (c’est-à-dire les personnes qui consomment des drogues).

    Les finalistes se sont également rendus dans un laboratoire du Service d’analyse des drogues (SAD) de Santé Canada pour un « processus de vérification des données ». Les employés du SAD ont préparé un certain nombre d’échantillons. Les finalistes ont chacun disposé d’un bloc de temps pour déterminer la composition de l’échantillon au moyen de leur appareil de vérification des drogues. Un rapport sur les résultats a été fourni au jury. Ce processus a permis de vérifier le rendement des appareils des finalistes par rapport à certains des critères techniques de jugement (p. ex. la précision et la quantification).

    Les finalistes soumettront également un rapport final à l’étape 3, lequel comprendra un plan d’affaires, et feront une présentation finale (virtuelle, en raison des restrictions liées à la COVID19) devant le jury en février 2021.

  • Sélection et annonce du gagnant du grand prix

    Le gagnant du grand prix sera annoncé au printemps 2021.Il recevra un prix estimé à un million de dollars pour poursuivre la recherche et le développement de son innovation, en vue de rendre le produit disponible pour l’adoption et l’utilisation.

5.3 Rencontrez les finalistes

Malcolm Eade

Spectra Plasmonics

Trousse d’identification de substances à l’état de trace comprenant un spectromètre Raman portable avec amplificateur - La solution de Spectra permet l’identification précise des composants présents dans une substance, y compris les substances de frelatage et les analogues du fentanyl, grâce à un processus aussi portable et simple à utiliser qu’une trousse de réactifs. La solution offre la rapidité, la facilité d’utilisation et des résultats précis, et fournit des données en temps quasi réel sur les substances présentes dans la communauté, ce qui permet de prendre des mesures proactives avec les groupes régionaux de stratégie antidrogue.

Alexander Boukin and Ari Forman

Scatr

Scatr Série Un - Alex Boukin et Ari Forman (Ontario) mettent au point un spectromètre double de pointe qui remettra en question la norme de prévention des surdoses. En obtenant et en analysant à la fois les spectres Raman et du proche infrarouge, l’appareil fournira des rapports instantanés et en temps réel sur l’identité et la concentration des mélanges de drogues et de leurs analogues. À l’aide d’une infrastructure d’apprentissage automatique en nuage, la Série Un sera continuellement mise à jour pour tenir compte de la taille croissante de l’échantillon et des dernières découvertes en spectroscopie. Les données seront présentées dans une interface conviviale conçue pour les travailleurs de la santé sur le terrain sans qu’il soit nécessaire de suivre une formation en analyse chimique.

Dr. Dan Werb and Dr. Drew Hall

DoseCheck Technologies

Une technologie de vérification des drogues par téléphone intelligent et un outil de diffusion des données - Dan Werb et Drew Hall mettent au point une technologie de vérification des drogues mobile sur téléphone intelligent pour détecter les adultérants toxiques dans les drogues illicites. Le dispositif utilise l’interrogation électronique non destructive de l’échantillon, puis transmet les données à une application aux fins d’analyse, laquelle fournit aux utilisateurs des renseignements quantitatifs sur l’échantillon de drogue. Ces renseignements sont ensuite regroupés pour fournir des renseignements sur les tendances de la composition du marché des drogues illicites. Étant donné que la technologie utilise des capteurs jetables, elle peut être continuellement adaptée pour tenir compte de l’émergence de nouveaux adultérants et de produits chimiques toxiques dans l’approvisionnement en drogues de rue.

5.4 Rencontrez le jury

  • Steve Cody, président

    Steve est un entrepreneur d’Ottawa qui est le PDG de Marketplace Studio. Steve Cody est père de cinq enfants, mari d’une femme formidable et grand-père de deux petits bambins très cool. Steve et son épouse Natalie ont perdu leur fils Nicholas en 2013, et son décès a été causé par la drogue. Quand il a constaté la passion de Sharon et Tony House et leur engagement à aider les autres par l’entremise de Kaleidoscope of Hope*, Steve a su qu’il voulait faire partie de cette aventure et aider les autres dans sa collectivité. Il est extrêmement touché de savoir qu’il peut avoir une incidence directe sur la sensibilisation aux drogues ainsi que sur la santé mentale et l’éducation des enfants.

  • Alexandra de Kiewit

    Alexandra de Kiewit fait la promotion du travail communautaire depuis 2010 et travaille auprès des consommateurs de drogues et des travailleurs de l’industrie du sexe. Elle est cofondatrice de l’Association canadienne des personnes qui utilisent des drogues (CAPUD). Alexandra est également animatrice à l’Institut de développement du leadership positif (IDLP) au Québec, et membre du conseil d’administration de CATIE.

  • Rob Boyd

    Rob Boyd travaille dans le domaine de la santé mentale, des troubles liés à la toxicomanie et de l’itinérance à Ottawa depuis près de 30 ans. Il a commencé au refuge pour jeunes de l’Armée du Salut en 1990, puis il est passé au YMCA/YWCA, où il a géré les programmes d’hébergement, avant de devenir directeur du programme Oasis au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable en 2004. À l’origine, ce programme n’était qu’une clinique sans rendez-vous aux capacités d’intervention limitées, mais Rob et l’équipe du CSC Côte-de-Sable ont élargi la gamme de services offerts afin de répondre aux besoins évolutifs des personnes qui consomment des drogues à Ottawa.

  • Rick Lees

    Rick Lees est le directeur général de Main Street Project. Fort de plus de 25 ans d’expérience en santé communautaire, Rick défend les intérêts des populations marginalisées grâce à ses divers postes : directeur du développement organisationnel au centre de soins de santé Sherbourne, directeur des programmes et des services à la Toronto People with AIDS Foundation (TPWAF) et directeur des services généraux de Street Health, à Toronto.

  • Stéphanie Lessard

    Stéphanie Lessard est spécialiste de laboratoire à la Direction générale des opérations réglementaires et de l’application de la loi de Santé Canada depuis 2018. Elle fait partie de l’équipe de recherche et de développement scientifique du Service d’analyse des drogues. Auparavant, Stéphanie a travaillé pendant huit ans comme chimiste des médicaments dans l’industrie pharmaceutique. Elle a obtenu une maîtrise en chimie organique à l’Université de l’Alberta en 2009. Après avoir fait ses débuts dans la recherche de nouveaux médicaments, elle participe maintenant à des projets liés à la crise des opioïdes et à l’abus de drogues, ainsi qu’à des approches novatrices d’analyse des drogues.

  • Dr. Roman Szumski

    Roman Szumski est vice-président, Sciences de la vie au Conseil national de recherches depuis juillet 2005. » with «Dr. Roman Szumski est actuellement en mission à l'Agence de la santé publique du Canada en tant que vice-président principal des acquisitions de vaccins Covid. Auparavant, il était vice-président, Sciences de la vie au Conseil national de recherches depuis juillet 2005. Médecin et pathologiste de formation, M. Szumski est considéré comme un leader visionnaire et un gestionnaire novateur. Il possède une expérience unique dans la création d’alliances stratégiques entre les secteurs public et privé dans le domaine des sciences de la vie. Ancien chef de direction fondateur des Calgary Laboratory Services, il assurait encore récemment la vice-présidence en science et en technologie de MDS inc.

  • Dr. Mark Lysyshyn

    Mark Lysyshyn travaille pour Vancouver Coastal Health en tant que médecin hygiéniste et responsable médical des programmes de réduction des méfaits de l’autorité sanitaire. Il codirige la lutte de l’autorité sanitaire contre les surdoses et enquête sur la vérification des drogues comme réaction possible à la crise. Spécialiste de la santé publique, de la médecine préventive et de la médecine interne, il a travaillé comme médecin spécialisé en toxicomanie à l’hôpital St. Paul de Vancouver. Il est également professeur adjoint d’enseignement clinique à l’École de santé publique et des populations de l’Université de la Colombie-Britannique.

  • Dr. Shahab Shahnazari

    Dr. Shahab Shahnazari dirige l’équipe des défis d’innovation de MaRS, qui travaille avec des gouvernements, des organismes, des fondations et des organisations du secteur privé afin de faire participer la communauté mondiale à l’identification et à l’analyse de concepts, de méthodologies et de produits novateurs pouvant combler les lacunes et les besoins en matière d’innovation organisationnelle. Il est titulaire d’un baccalauréat en biochimie de l’Université McMaster et d’un doctorat en génétique moléculaire de l’Université de Toronto.

  • Malcolm Birbeck

    Malcolm Birbeck est un représentant de la communauté pour laquelle ce défi est destiné à aider. Son expérience personnelle l’a amené à jouer de nombreux rôles au sein de la communauté de la réduction des méfaits. Il a travaillé dans des centres de santé communautaire, sur des projets de recherche pour l’Université d’Ottawa (I-Track), et il défend activement les services et les approches de réduction des méfaits. Malcolm est actuellement employé comme travailleur communautaire à Ottawa, où il travaille aux premières lignes de l’épidémie d’offre de drogues toxiques mortelles. Son expérience l’a amené à se passionner pour trouver des façons novatrices d’aider sa communauté et, espérons-le, de réduire le nombre de décès inutiles. Auparavant, Malcolm a travaillé dans les industries de l’aérospatiale et de l’automobile à titre de technicien/vérificateur de la qualité certifié, certifié par l’ASQ et ayant une formation en métrologie/statistique pendant 25 ans. Il aime aussi travailler à divers projets de bois noble dans ses temps libres.

  • Ashley Smoke (Stage 3)

    Ashley Smoke est une femme autochtone de la Première Nation d’Alderville et vit à Brampton, en Ontario. Elle a un diplôme en services communautaires et judiciaires et travaille beaucoup dans le domaine de la réduction des méfaits et des services aux populations autochtones. Ashley fait également du travail de conseil pour divers projets de recherche sur les personnes qui consomment des drogues et défend leurs intérêts aux niveaux régional, provincial et national. Ashley effectue ce travail à partir d’une expertise de vie et est motivée par l’expérience qu’elle a acquise au fil des ans en tant que consommatrice de drogues et ayant elle-même eu accès à des services de réduction des méfaits tels que la méthadone et l’approvisionnement sûr. Ashley a un fils d’un an et demi qui s’appelle Austin. Elle fait ce travail dans l’espoir que l’avenir de celui-ci sera brillant et qu’il n’aura pas à enterrer ses amis au même rythme, ainsi que pour rendre hommage à tous ces amis, famille, collègues et clients qui ont été perdus pendant la crise des opioïdes.

5.5 Partenaires

Santé Canada (dirige le Défi)

  • Santé Canada - Bureau de la politique et de la science sur les drogues
  • Santé Canada - Programme sur l’usage et les dépendances aux substances
  • Santé Canada - Service d’analyse des drogues

Conseil national de recherches Canada

  • Conseil national de recherches du Canada - Programme d’aide à la recherche industrielle
Publié : 2021-04-16
Date de modification : 2024-11-21